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Diogène

2005/1 (n° 209)



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Parmi les nombreux ouvrages du socialiste utopiste Charles Fourier (1772-1837), ce sont : la Théorie de l’unité universelle (1822) et Le Nouveau Monde industriel et sociétaire (1829) qui ont le plus de pertinence en ce qui concerne notre propos.

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L’utopie de Fourier recherchait le bonheur, l’harmonie et la réconciliation de tous. Le moyen de réaliser ces objectifs était ce que Fourier appelait « la phalange », une unité sociale de 1500 à 1 600 [1]  Ce chiffre est le résultat d’un calcul très rigoureux... [1] personnes bien équipées pour la vie et le travail, dont la tâche était d’élever le niveau de civilisation du peuple encore immergé dans la barbarie. Ces personnes devaient être logées dans un grand bâtiment, le « Phalanstère », un palais du peuple inspiré par les grands châteaux français, tels ceux de Vincennes ou de Versailles.

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Cette société nouvelle était aussi modelée sur la « phalange » de Philippe de Macédoine, qui avait organisé ses soldats en unités de combat capables de pénétrer rapidement les colonnes ennemies. Dans l’utopie de Fourier, les phalanges et les phalanstères [2]  Phalanstère, mot créé par Fourier à partir du radical... [2] s’élanceraient de même dans les territoires et les sociétés d’Europe et d’Amérique afin de les restructurer de l’intérieur.

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Le travail était envisagé comme une proportion arithmétique de capital, de talent et de labeur (4/12 ; 3/12 ; 5/12 respectivement). Les enfants (dès l’age de trois ans), les hommes et les femmes travailleraient ensemble pour gagner leur vie en cultivant la terre et en s’engageant dans les occupations artisanales les plus variées.

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Les phalanstères [3]  Légende de l’illustration : A. Grande place de parade... [3] devraient être situés dans des régions rurales les plus variées possibles, à proximité d’une grande ville, pour des raisons logistiques mais aussi pour offrir au grand nombre des curieux la possibilité de visiter le Phalanstère [4]  Pierre Mercklé : Le socialisme, l’utopie ou la science ?... [4] . Les fermes, les manufactures et les fabriques entoureraient ce « palais », reliées par des avenues et des arcades formant trois cercles concentriques. Au centre se trouverait le « palais du people », comprenant les logis des travailleurs et les salles communautaires aux fonctions multiples, consacrées – selon la description de Bebel [5]  August Bebel, Utopischer Sozialismus. Charles Fourier,... [5] – aux réunions politiques, aux cérémonies religieuses et aux activités de travail ainsi qu’à l’éducation et la récréation des enfants et des jeunes gens. Le rez-de-chaussée abriterait les ateliers ainsi que les salles de séjours et les dortoirs des enfants, les salles à manger et les cuisines collectives. Les repas collectifs offriraient l’avantage d’économiser espace, temps et travail, mais ceux qui préféreraient manger seuls n’en seraient pas empêchés. Le principe des cuisines collectives était de réduire les accidents et les dépenses, réalisant ainsi des économies pour la communauté.

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La circulation dans le grand palais se ferait à travers des arcades de verre qui seraient chauffées l’hiver et ventilées l’été. Ce système offrirait un confort accru aux piétons car la pluie ne mouillerait pas leurs vêtements et la boue ne souillerait pas leurs chaussures. Cette circulation s’opèrerait sur le modèle des arcades du Palais Royal. Cette idée de passages couverts allait effectivement influencer l’architecture du xixe siècle à Paris ou à Londres où se construisirent les « arcades » (« Passagen ») qui attirèrent tant Walter Benjamin et inspirèrent son œuvre la plus connue, Das Passagenwerk [6]  Voir Miguel Abensour, « Benjamin » dans Riot-Sarcey... [6] .

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Victor Considérant (1808-1893) et Jean Baptiste André Godin (1817-1888) étaient des disciples de Charles Fourier. Le « Familistère » de Godin à Guise, dans le nord de la France, était d’après Friedrich Engels le seul projet utopique à avoir réussi, qui rejeta néanmoins l’idée d’une union entre capital et travailleurs, tandis que d’autres critiques dénoncèrent cette fausse compassion pour les travailleurs, la qualifiant de paternaliste et de tentative d’apaisement de la classe ouvrière afin de la détourner de l’action révolutionnaire.

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D’après Lore Fortes, existent des documents relatant une tentative de création d’un phalanstère dans l’État de Santa Catarina au Brésil dans la première moitié des années 1840, avant la construction du Familistère de Guise en France. Cette tentative est attribuée à Benoît Jules Mure, un docteur homéopathe qui amena plus de 100 familles françaises au Brésil dans le but de fonder un phalanstère et de pratiquer la médicine homéopathique. L’empereur Dom Pedro II donna aux émigrants Français un terrain près de Joinville où ils établirent à Sahy/Saí, le seul phalanstère du Brésil. Le projet marcha parfaitement pendant trois ans mais le combat auquel se livra Mure contre la médecine allopathique compromit le succès du phalanstère et força Mure à quitter le Brésil.

De l’utopie à la réalité : le Familistère de Godin à Guise

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Jean Baptiste André Godin (1817-1888) provenait d’un milieu modeste. Travaillant dès l’âge de onze ans aux côtés de son père dans l’atelier de serrurerie familial, il y découvrit sa vocation : le travail de la fonte. En dépit de sa brève scolarité, il développa néanmoins un intérêt sérieux pour les études. Adolescent, il découvrit les œuvres de Rousseau, Diderot et Voltaire qu’il achetait à des colporteurs. Plus tard il étudia les livres de Charles Fourier, dont l’influence fut déterminante dans la réalisation de son projet politique, le « Familistère de Guise », fortement inspiré par le phalanstère du socialiste utopique.

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Pendant les deux années qu’il passa à accompagner son cousin Moret à travers la France, il découvrit la misère d’un prolétariat naissant. L’injustice de la distribution des fruits du travail et la détresse extrême des conditions de vie dans les régions urbaines furent les principaux objets de ses pensées et de ses efforts. En 1837, il rejoignit l’atelier paternel mais gagna bientôt son indépendance, se tournant vers la manufacture d’appareils de chauffage. En 1846, il transféra sa propre entreprise de 30 ouvriers à Guise au nord de Paris. En 1857, son entreprise s’était agrandie jusqu’à avoir 300 ouvriers et doubler le nombre d’employés en 1861. En 1881, sa manufacture de poêles était devenue si profitable qu’il put y employer 2 000 travailleurs.

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Son succès économique était basé sur sa constante recherche de l’innovation. « Dans le champ de l’industrie, Godin était un génie de l’invention, déposant patente sur patente pour améliorer l’aspect de ses poêles et leur qualité technique, assurant ainsi à sa société une position de pointe dans le marché [7]  Guy Delabre, Jean Baptiste André Godin : His life –... [7] . »

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En 1857, Godin acheta 18 hectares de terrain dans le voisinage de Guise et commença à bâtir ce qu’il appela plus tard « le Familistère. » Il ne le considérait pas seulement comme un toit offert à ses ouvriers et supérieur à l’habitat individuel, mais comme une sorte d’instrument pour assurer le bien-être, la dignité et le progrès individuel. En 1867, l’année ou Marx produisait le premier volume du Kapital, Godin inaugurait l’aile gauche et le bâtiment central du Familistère avec une grande fête : « Les festivités des travailleurs ». En 1869, il finissait la construction d’un théâtre, d’une école, de magasins et d’une piscine chauffée à fond ajustable pour permettre aux enfants de recevoir des leçons de natation. En 1877, l’aile droite du bâtiment principal était achevée, tandis que de nouveaux bâtiments étaient construits pour élargir le complexe urbain dans son entier.

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Godin introduisit simultanément un système de sécurité sociale (1860), l’éducation obligatoire pour tous (laïque, mixte et gratuite). Et en 1868, Godin emménagea lui-même dans un des appartements du corps principal de son Familistère. Sa première femme refusant de le suivre, il divorça et épousa quelques années plus tard Marie Moret, responsable de la coordination de la garderie infantile, de la maternelle et de l’éducation scolaire.

Papier d’emballage de la boucherie des économats du Familistère de Guise, deuxième tiers du XIXe s. (coll. Familistère de Guise © Familistère de Guise / Syndicat Mixte du Familistère Godin)

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Godin semblait avoir incorporé toutes les idées apparemment « surréalistes » de Fourier dans la structure architectonique du Familistère : chauffage l’hiver (dans ces appartements de deux ou trois pièces, chacune des pièces était chauffée par un des modèles de poêles Godin), ventilation l’été, par un système apportant l’air frais des caves aux salles principales des bâtiments. De plus, chaque étage était pourvu d’eau chaude et froide et de cabinets de toilette, placés aux quatre coins du bâtiment, une équipe de nettoyage assurant l’hygiène des lieux. Les ouvriers sortant de l’usine disposaient de douches chaudes ou froides, dont le chauffage provenait du recyclage de l’eau utilisée dans les fournaises de fonte. Ils pouvaient ensuite se délasser en se promenant dans l’agréable parc qui séparait les bâtiments industriels des bâtiments d’habitation. Pour éviter d’avoir à payer les prix exorbitants des magasins du village, Godin construisit dans la zone urbaine du Familistère des magasins et même des bars et des restaurants à bas prix, que les ouvriers géraient eux-mêmes. Les activités sportives, les fêtes et les réunions prenaient généralement place dans de grandes salles aux toits de verrières, parfois dans le théâtre [8]  Roger Quilliot, Le Familistère Godin à Guise, Édition... [8] .

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En 1878, Godin réduisit à dix heures la journée de travail qui était alors de 14 à 16 heures dans le reste de la France et de l’Europe. En 1880, il créa « l’Association Capital/Travail » par le biais de laquelle l’organisation, le contrôle et la propriété de l’entreprise et du Familistère passèrent aux mains des ouvriers et des habitants du Familistère, huit ans avant sa mort. Sans l’aide de Godin ni de quelque autre agent extérieur, l’association fut capable de tout gérer jusqu’en 1968, c’est à dire, pendant une période de 80 ans. Ce fut à partir de cette date, que cette « expérience » cessa d’être viable, se trouvant confrontée à la compétition intense du marché global, à une hausse des prix et aux coûts onéreux de nouvelles patentes.

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L’usine est cependant restée active, employant 350 ouvriers, si bien qu’il est encore possible d’acheter son poêle Godin soit sur place ou par internet. Aujourd’hui 300 personnes vivent encore dans les bâtiments du Familistère en tant que propriétaires. [9]  Depuis 1996, le contrôle de l’administration du complexe... [9]

Les différences entre l‘utopie et la réalité : Fourier et Godin.

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Nous pourrions dire que Fourier représentait le projet utopique, tandis que Godin, ayant réussi à construire un projet social concret, représentait l’effort de sa réalisation dans tous les détails. L’utopie de Fourier était ancrée dans des principes socialistes, Godin dans des principes capitalistes.

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Godin était un entrepreneur prospère qui donna un aspect social à sa propriété, à son capital et à ses revenus par le biais d’une petite communauté de deux ou trois mille personnes qu’il associa à son entreprise. Son modèle n’a pas été appliqué (et n’était probablement pas applicable) au reste de la France et de l’Europe. Fourier, lui, n’avait pas l’intention de tester son modèle dans la réalité. Il laissa ce genre de détails à ses disciples (Considérant, Godin, Mure, et autres).

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Le concept du Phalanstère était basé sur le travail et la vie collectives (cuisines, ateliers, fermes, loisirs collectifs). Le concept du Familistère, lui, était de préserver la vie familiale (chaque famille avait son propre appartement) et de baser l’économie domestique sur la cellule familiale. Le blanchissage par exemple était organisé à la fois collectivement (lavoirs communaux) et individuellement : pour des raisons d’hygiène chaque famille avait aussi son propre lavoir. Ce fut cette différence fondamentale qui inspira la transition sémantique du Phalanstère de Fourier au Familistère de Godin.

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Fourier était influencé par les idées Rousseauistes sur la campagne et les travaux agricoles; Godin par les idées industrielles dans les régions urbaines. Alors que Fourier apparaissait comme un penseur romantique et traditionnel, Godin était un directeur de société dynamique et moderne.

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Fourier, en tant que rentier, dépensa la fortune et l’héritage de son père; Godin, fils d’artisan, bâtit sa propre fortune et l’utilisa comme l’outil nécessaire à la transformation de ses convictions utopiques en réalités. Son « Familistère » dura 110 ans (le marxisme soviétique, lui, n’en dura que 70 !).

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Godin était conscient du besoin de développer le sens des responsabilités chez ses ouvriers en leur donnant la possibilité de gérer leur propre entreprise de fabrication de poêles ainsi que leur bâtiment d’habitation. Ils démontrèrent au monde qu’ils étaient capables de le faire pendant 80 ans sans avoir besoin de la présence de Godin. Mais ce fut finalement quand les macro-processus prirent le dessus (1968) que le Projet ne fut plus à même de préserver son autonomie.

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L’expérience de Godin était un succès en soi, mais ne se révéla pas avoir la force de changer la société environnante, ce qui était un des objectifs de Fourier, avec son concept de phalanges : pénétrant, telles celles d’Alexandre, dans le territoire ennemi pour le conquérir et le transformer. En conclusion, nous pourrions dire que cela a été le capitalisme à l’échelle globale qui, dans la « réalité de son existence », est arrivé à détruire le capitalisme utopique basé sur des structures locales.

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Malgré cette conclusion apparemment pessimiste, nous pouvons tirer au moins cinq leçons de ce projet utopique qui arriva presque à se réaliser :

  • le Familistère montra qu’il était possible de créer un modèle politique et démocratique dans lequel l’autogestion peut se pratiquer et être économiquement viable en tant qu’entreprise de travailleurs-propriétaires ;

  • le Familistère introduisit un nouveau modèle économique qui fit la preuve qu’il était possible de combiner compétitivité et bénéfices sociaux pour des travailleurs organisés de façon coopérative ;

  • le Familistère anticipa les préoccupations écologiques contemporaines par l’attention particulière donnée au recyclage des eaux chauffées par les fournaises et à l’ aménagement d’un espace vert palliant la pollution engendrée par le complexe industriel ;

  • le Familistère démontra qu’il était possible de combiner l’efficacité économique et la tolérance religieuse, une morale sexuelle non-répressive et un système éducatif éclairé, laïc et mixte ;

  • après l’échec du socialisme utopique de Fourier et l’effondrement du marxisme soviétique, le « capitalisme utopique » de Godin pourrait bel et bien fournir le schéma directeur d’une alternative possible.

Traduit de l’anglais par Camille Dressler.

Notes

[*]

Barbara Freitag : professeur titulaire à l’Université de Brasília, ancienne élève de Adorno et Horkheimer à Francfort, elle a poursuivi à Berlin ses études de maîtrise, doctorat et agrégation (Universités Libre et Technique, 1972 et 1983). Elle est l’auteur, avec Sergio Paulo Rouanet, de Jürgen Habermas, 1980 et de Habermas : 60 Ans, 1989 ; Habermas : 70 ans, 1999 ; Teoria crítica: ontem e hoje, 1994 ; Itinerários de Antígona, 2002, A cidade dos homens, 2003 ; Adorno : 100 ans, 2003 et aussi de Itinerâncias Urbanas, 2004. Son œuvre est publiée en portugais et allemand. Elle est chargée de la Chaire Unesco « Ville et Environnement ».

[1]

Ce chiffre est le résultat d’un calcul très rigoureux sur l’harmonie des différentes attitudes et passions humaines. Voir Théorie de l’unité universelle, Œuvres Complètes, vol. 3, Paris, éd. Anthropos, 1967-68, p.427 : « on rassemblera 1500 à 1600 personnes, d’inégalité graduée en fortune, âges et caractères, en connaissances théoriques et pratiques… ». Encore plus précisément, Fourier propose un groupe auto-suffisant de 1620 personnes…ce groupe, appelé phalange, devra posséder un terrain de 250 hectares, et habiter un grand bâtiment, le Phalanstère… ». Ce chiffre joue un rôle pour l’harmonie de la phalange : Fourier a identifié 81 types de caractères, dont il doit y avoir un exemplaire masculin et féminin, etc. L’œuvre de Fourier est difficile à lire, tant elle est remplie de catégories et de typologies qui se combinent sans fin jusqu’à composer une arithmétique en même temps arbitraire et précise… (N.d.l.R.)

[2]

Phalanstère, mot créé par Fourier à partir du radical phalan(ge) et du suffixe emprunté à (mona)stère.

[3]

Légende de l’illustration : A. Grande place de parade au centre du Phalanstère. B. Jardin d’hiver, planté d’arbres verts, environné de serres chaudes, etc. C, D. Cours intérieures de service , avec arbres, jets d’eau, bassins, etc. E. Grande entrée, grand escalier, tour d’ordre, etc. F. Théâtre. G. Église. H, I. Grands ateliers, magasins, greniers, hangars, etc. J. Étables, écuries et bâtiments ruraux. K. Basse-cour.

[4]

Pierre Mercklé : Le socialisme, l’utopie ou la science ? - La « science sociale » de Charles Fourier et les expérimentations sociales de l’École sociétaire au 19e siècle, thèse de doctorat (nouveau régime) sous la direction de M. Yves Grafmeyer soutenue à l’Université Lyon-II le 17 décembre 2001.

[5]

August Bebel, Utopischer Sozialismus. Charles Fourier, sein Werk und sein Leben, Leipzig, 1880. Voir aussi Carl J. Guarnieri, « Fourier », dans Riot-Sarcey, Bouchet et Picon, Dictionnaires des Utopies, Paris, Larousse 2002, p. 98-102.

[6]

Voir Miguel Abensour, « Benjamin » dans Riot-Sarcey et al., Dictionnaire des Utopies, op. cit., p. 22-28.

[7]

Guy Delabre, Jean Baptiste André Godin : His life – his work, Guise, s. d., p. 3.

[8]

Roger Quilliot, Le Familistère Godin à Guise, Édition de la Villette 1982. Pour l’illustration ci-dessus : Collection Familistère de Guise (Syndicat Mixte du Familistère Godin) / Copyright Familistère de Guise.

[9]

Depuis 1996, le contrôle de l’administration du complexe tout entier a été prise en charge par l’Union Européenne, afin de le transformer en « musée vivant » et en centre de recherche avec logis attenants pour chercheurs scientifiques et touristes. Depuis 2000, le Conseil Général du Département de l’Aisne avec la ville de Guise portent au travers d’un syndicat mixte ce projet qui s’étalera en deux phases sur six ans, avec le concours financier de l’État, de la Région Picardie et de l’Union Européenne.

Résumé

Français

Projet réalisé au nord de Paris par Jean-Baptiste André Godin, (1817-1888), s’inspirant de l’idée utopique de Charles Fourier (1772-1837), le Familistère de Guise a mis en œuvre un modèle : (a) politico-démocratique d’autogestion par les ouvriers d’une usine de fourneaux ; (b) socio-économique qui alliait pour la première fois compétitivité internationale et bénéfices sociaux; (c) qui anticipait le raisonnement écologique dans le développement des processus d’industrialisation; (d) de tolérance religieuse (e) ayant survécu au socialisme réel inspiré de Marx. Le Palais Social de Godin à Guise, habité à ce jour par environ 300 descendants des ouvriers, a été déclaré Patrimoine de l’humanité et confié à l’Union Européenne en 1991.

Plan de l'article

  1. De l’utopie à la réalité : le Familistère de Godin à Guise
  2. Les différences entre l‘utopie et la réalité : Fourier et Godin.

Pour citer cet article

Freitag Barbara, « Le familistère de guise un projet utopique réussi », Diogène 1/ 2005 (n° 209), p. 101-108
URL : www.cairn.info/revue-diogene-2005-1-page-101.htm.
DOI : 10.3917/dio.209.0101


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