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2013/2 (n° 176)


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Quel genre de pères deviennent les hommes après la rupture de leur couple ? Les recherches menées depuis quelques décennies identifient trois figures de pères divorcés qui illustrent l’évolution de la paternité contemporaine autant que sa place dans les discours : après avoir été « absents », puis « intermittents », les pères se voient aujourd’hui reconnaître une place nouvelle auprès de leurs enfants.

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L’étude socio-anthropologique des normes, des pratiques et des représentations permettant de dessiner l’évolution de la paternité demeure, en France, relativement discrète (Castelain-Meunier, 2002 ; Neyrand, 2009). Les recherches sur les conséquences des ruptures conjugales notamment, plutôt centrées sur les foyers monoparentaux féminins ou les recompositions familiales, ne se penchent guère sur les relations paternelles. Divorces et séparations créent pourtant des situations nouvelles, offrant un lieu d’analyse fécond pour l’étude de l’évolution des conceptions de la paternité. Nous tenterons ici d’en relever les traits principaux, au fil des débats politiques et des évolutions législatives, ainsi que dans la littérature scientifique française et anglo-saxonne. Trois grandes figures de pères se dégagent des travaux et discours portant sur l’après-rupture depuis le milieu des années 1980. Leur apparition successive témoigne de l’évolution des conceptions relatives à la paternité contemporaine, qu’il importe d’analyser dans ses relations à la maternité.

Des pères absents ?

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Dès la fin des années 1980, le divorce est associé à l’affaiblissement ou à la rupture des liens père-enfants, conduisant à l’augmentation du nombre d’enfants « privés » ou « manquant » de père, quand bien même ce dernier existe légalement. En 1994, 15 % de l’ensemble des enfants en France ne vivaient pas avec leur père et, parmi ces enfants, un sur trois ne le voyait jamais (Villeneuve-Gokalp, 1999). Vingt ans plus tard, en 2005, ce sont 40 % des enfants de moins de 25 ans issus d’une union rompue qui ne voient leur père que rarement ou jamais (Chardon, Daguet et Vivas, 2008). Cette fragilisation des relations père-enfants est marquée par de fortes variations sociales et se révèle plus importante dans les milieux modestes ou défavorisés. À la lumière de ce premier constat émerge, dans la décennie 1990, au fil des recherches comme des débats sociaux et politiques, une première figure paternelle de l’après-divorce, particulièrement débattue dans les pays anglo-saxons : le père « absent », un personnage qui suscite des interprétations contrastées.

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La première de ces interprétations tend à fondre la diversité des relations nouées entre un père divorcé « non résident » et ses enfants sous le terme « absent father », plutôt disqualifiant et associé au désengagement des hommes. Les discours sur la paternité sont ainsi dominés au Royaume-Uni par l’image caricaturale des « feckless » (« incapables »), « deadbeat » (« délinquants ») ou autres « errant fathers », ou bien, aux États-Unis, témoignent de l’inquiétude sociale et politique que suscite l’idée d’une société « sans pères » (Collier et Sheldon, 2008 ; Blankenhorn, 1995). Différentes analyses, le plus souvent centrées sur l’étude des milieux populaires et des minorités ethniques, y expliquent les difficultés sociales par l’absence des pères et condamnent des hommes présumés incapables d’assumer leurs responsabilités après le divorce (Dermott, 2008).

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Ces pères « désengagés » sont majoritairement considérés comme des pourvoyeurs défaillants. En n’assumant pas leur rôle de male breadwinner, ils dérogent à l’un des critères essentiels de la paternité et interpellent les politiques publiques. En 1995, un rapport dirigé par Nadine Lefaucheur et Claude Martin sur les politiques sociales et familiales en Europe s’interroge ainsi : « Qui doit nourrir l’enfant dont le père est absent ? », et constate : « Le traitement social des situations d’absence de (ou du) père est aujourd’hui centré sur les questions que posent la dévolution et le partage de la charge de l’entretien de l’enfant de parents divorcés ou séparés » (p. 2). En France, au milieu des années 1980, 30 % des pensions alimentaires n’étaient pas acquittées par les pères, et 10 % ne l’étaient que partiellement (Festy et Valetas, 1987) [1][1] Il n’existe malheureusement pas de statistiques plus....

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En 1985 est créée en France l’Allocation de soutien familial, qui prend la forme d’une « avance » sur les pensions alimentaires non payées, avance que la caisse d’Allocations familiales (Caf) est ensuite censée recouvrir auprès du débiteur lorsque celui-ci est solvable. Au Royaume-Uni, le Child Support Act de 1991, suivi de la création de la Child Support Agency (1993), tente de contraindre les hommes à respecter leurs obligations alimentaires, quelle que soit la réalité de leurs relations aux enfants : il s’agit alors, en référence au rôle traditionnel du male breadwinner, de reporter le fardeau financier du soutien aux mères seules de l’État vers les individus, en l’occurrence les pères (Collier et Sheldon, 2008). Différents travaux de démographie et de sociologie montrent cependant que les difficultés liées au versement de la pension alimentaire sont d’autant plus importantes que les milieux sont modestes, parce que liées à l’impécuniosité des pères, et fréquemment associées à la rareté de leurs contacts avec leurs enfants (Martin, 1997).

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Un second reproche fait aux pères « absents » est leur renoncement à assumer un rôle éducatif, laissant aux mères la charge pratique et psychologique des enfants. Durant les années 1990 et 2000, sciences sociales et psychologiques se penchent ainsi sur les difficultés d’adaptation éprouvées par une partie des enfants dont les relations paternelles ont été rompues ou fragilisées. Ces recherches étudient les effets du « désengagement » des pères sur le bien-être, le bon développement et l’intégration sociale des enfants, et se penchent sur les moyens d’y remédier [2][2] Pour une synthèse des travaux anglo-saxons traitant.... Un consensus s’établit autour de l’idée que la famille postdivorce « a besoin d’un père », isolant la paternité comme un objet d’intervention législative et politique. Une figure opposée, celle du père « investi », « engagé », « responsable » est alors promue par différentes mesures de politiques familiales (Hobson, 2002).

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Mais ces hommes « coupables » ne sont-ils pas aussi des victimes ? Ce deuxième point de vue est porté dans le débat public par les mouvements de défense des droits des pères qui essaiment en Europe comme en Amérique du Nord, dénonçant le sort fait aux hommes par une justice présentée comme arbitraire et favorable aux mères, puisque la « garde » des enfants est massivement confiée à ces dernières. À l’exigence de contribution financière, ces pères opposent la souffrance de la séparation avec leur(s) enfant(s) et exigent la possibilité d’exercer pleinement leur rôle parental. Leurs revendications oscillent, selon les contextes et les mouvements, entre discours égalitaire et volonté de « reconquête » d’une masculinité mise à mal par l’essor du féminisme. La paternité devient ainsi l’objet de virulents débats politiques, révélant les enjeux de l’évolution des rapports de genre au sein du couple et de la famille.

Des pères « intermittents » ?

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Différentes recherches, attentives aux discours et aux expériences des pères séparés et divorcés, ont tenté de comprendre les raisons de la fragilisation des liens père-enfants, tout en décrivant la réalité des difficultés rencontrées par les hommes [3][3] Pour une revue de ces travaux, voir Martial A., 20.... Les pères « non résidents » ne sont pas toujours absents de la vie des enfants, et les relations paternelles postdivorce recouvrent une grande diversité de situations, même si certaines dynamiques communes peuvent être identifiées.

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La paternité se construit et évolue tout d’abord en lien avec la maternité. La question du degré de conflit ou de coopération parentale après la rupture apparaît alors comme un élément qui détermine la poursuite des relations entre un homme et ses enfants, alors que se dessine dans différentes législations européennes le principe d’un droit de l’enfant à voir maintenus ses liens avec ses deux parents. Le duo parental doit survivre au couple, dans un nouveau modèle de divorce, négocié et consensuel (Théry, 1993 ; Collier et Sheldon, 2008).

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La valorisation de la coresponsabilité et de la coopération parentale demeure cependant relativement abstraite et ne rend pas compte de certaines réalités de l’après-divorce. Elle occulte par exemple le fait que la fin du couple délie très concrètement paternité et maternité : les témoignages recueillis auprès de pères séparés montrent comment père et enfants, après un divorce, doivent inventer ensemble un tête-à-tête inédit, partager une intimité sans tiers qui peut se révéler inhabituelle. Émerge ainsi une figure nouvelle de paternité « solitaire », qui doit se passer de la médiation quotidienne de la mère.

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Cette relation doit en outre s’inscrire dans une organisation asymétrique de l’espace et du temps, la solution majoritairement appliquée dans les tribunaux attribuant la résidence quotidienne de l’enfant chez sa mère, tandis que le père bénéficie d’un droit de visite et d’hébergement classiquement fixé à une fin de semaine sur deux et la moitié des vacances scolaires. Cette organisation signe pour le père et l’enfant la fin d’une quotidienneté considérée comme la temporalité ordinaire des relations parentales. Ce contexte nouveau ébranle l’évidence, la spontanéité et l’intimité des relations paternelles, désormais contenues tout entières dans les « visites » de l’enfant qu’il faut à tout prix réussir. Les pères « non résidents » expriment le sentiment d’une dépossession, d’une perte de contrôle de leur relation aux enfants. Certains pères se vivent comme des « parents de second ordre », réduits au rôle d’ « oncle en visite » ou de « parent éloigné », la mère occupant le rôle principal. Ils s’estiment assignés à un statut de simple pourvoyeur, puisqu’ils doivent s’acquitter d’une pension alimentaire sans bénéficier de relations quotidiennes avec leurs enfants. La difficulté à vivre cette relation parentale discontinue, intermittente, peut devenir un motif de « décrochage » des pères qui laissent progressivement se défaire leurs liens aux enfants (pour une revue des recherches sur ces points, voir Fine et Martial, 2012).

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L’attribution massive de la résidence habituelle des enfants au domicile maternel résulterait, selon certains mouvements de défense des droits des pères, de l’arbitraire des tribunaux privilégiant les mères dans les conflits parentaux. Mais s’il arrive que cette attribution soit imposée par la justice, surtout lorsque l’enfant est jeune, à des pères désireux d’assumer quotidiennement l’éducation de celui-ci, le choix du domicile maternel comme résidence principale de l’enfant est surtout dominant dans les procédures de divorce par consentement mutuel, dans lesquelles le juge entérine les décisions parentales (Théry, 1993 ; Bessière et al., 2010). Le caractère majoritaire de cette organisation résidentielle témoigne de la prégnance d’un modèle, intériorisé par les deux parents, qui place les mères dans une position centrale, dotée à la fois d’importantes prérogatives et d’une très lourde charge éducative (Cadolle, 2000).

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La maternité est par ailleurs caractérisée par un engagement continu auprès des enfants, facilité par la corésidence, et rarement mis à mal par les changements affectant les relations conjugales de la mère. Au contraire, différents travaux pointent la discontinuité des relations paternelles, caractérisées par la difficulté des hommes à délier leur paternité des aléas de leur histoire conjugale, à demeurer en lien avec leurs enfants par-delà la rupture, ou malgré une éventuelle recomposition familiale (Cadolle, 2000 ; Villeneuve-Gokalp, 1994). Ainsi, la paternité postrupture, telle qu’elle s’actualise dans le système du droit de visite et d’hébergement, se caractérise par une double discontinuité, qui trouble les relations « quotidiennes » comme l’investissement continu des hommes dans le temps long de leurs relations aux enfants [4][4] Voir la contribution de Veronika Nagy dans ce numéro,.... Les ruptures conjugales ont alors pour effet de creuser les asymétries entre paternité et maternité.

Des pères « quotidiens » ?

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Dans un tel contexte, les pères divorcés dérogent au modèle contemporain de la « bonne » paternité, fondée sur un partage plus égalitaire des rôles parentaux, portée par un ensemble de gestes et de paroles témoignant de l’investissement du père dans les soins et l’éducation de l’enfant (Castelain-Meunier, 2002). Redéfini comme une relation intersubjective, caractérisé par une forme particulière d’échange entre père et enfant, une « intimité » nouvelle faite de proximité physique, d’attachement affectif et de complicité (Dermott, 2008), l’idéal de la paternité contemporaine inclut ainsi une véritable « éthique du care » (Collier et Sheldon, 2008, p. 172) qui conduit à repenser la répartition des tâches et des prérogatives parentales dans l’après-divorce.

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L’évolution récente des modes de régulation juridique de l’après-rupture valorise ainsi de manière croissante, à travers la notion de coparentalité, la reconnaissance de la dimension quotidienne de la paternité. En France, depuis le 4 mars 2002, la loi attribue aux deux parents mariés ou ayant reconnu un enfant, qu’ils cohabitent ou non, une autorité parentale conjointe que n’affecte pas la séparation, et instaure avec la résidence alternée la possibilité d’une cohabitation quotidienne de l’enfant avec chacun de ses parents. Bien que minoritaire, la résidence alternée s’est installée dans les usages, puisqu’elle concernait en 2007, 15 % des enfants mineurs dont les parents ont divorcé. Longtemps considérée comme réservée aux catégories les plus favorisées, cette organisation se rencontrerait en fait dans différents milieux sociaux, impliquant les classes moyennes et une part non négligeable de parents appartenant au milieu ouvrier (Brunet, Kertuldo et Malsan, 2008, p. 85). La résidence des enfants au domicile paternel, qui ne concerne que 8 % des enfants mineurs au moment des divorces (Chaussebourg, Carrasco et Lermenier, 2009), représente quant à elle une réalité plus importante dès lors que l’on tient compte des modifications ultérieures de la résidence des enfants : « Dans les actions modificatives après divorce, la résidence principale a été attribuée au père dans 33 % des cas, 10,5 % des mineurs ont été accueillis en résidence alternée, les mères ne conservant la résidence principale que dans 56 % des cas en 2010 » (Boisson et Wisnia-Weill, 2012). Même si elles sont minoritaires, se développent donc des situations qui donnent à voir de nouvelles modalités d’exercice de la paternité.

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Les enquêtes portant sur la résidence alternée s’accordent sur la satisfaction exprimée par les pères, d’abord parce que nombre d’entre eux ne concevaient pas de vivre sans leurs enfants. Elle est souvent préférée à la résidence quotidienne, vécue comme une charge trop lourde [5][5] Voir Martial Agnès, « Une paternité réinventée ? Le..., et aménage des moments de « pause » parentale qui permettent aux hommes de consacrer du temps à d’autres dimensions de leur vie (Martial, 2012). Lorsqu’elle est instaurée, il est plus rare que le juge décide du versement d’une pension alimentaire du père à la mère, chaque parent étant censé contribuer aux besoins du ou des enfant(s) lorsque ceux-ci sont à leur domicile. La résidence alternée est fréquemment considérée comme onéreuse et réservée aux parents dont les ressources permettent d’assumer deux logements « quotidiens » pour un ou plusieurs enfants. Il semble cependant qu’une telle solution soit également choisie dans les milieux modestes (Martial, 2012). Muriel Rebourg (2011) suggère d’ailleurs que dans certaines villes de province, où le coût du logement demeure limité, le système de la corésidence offre à des pères aux revenus modestes la possibilité de prendre en charge les enfants alors qu’ils ne pourraient pas s’acquitter d’une pension alimentaire.

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Il serait toutefois audacieux de conclure trop rapidement à l’égalité des partages éducatifs et matériels dans le contexte de la résidence alternée. Différentes études (Brunet et al., 2008 ; Cadolle, 2008) montrent en effet que la mère continue fréquemment de jouer un rôle prépondérant dans ce type d’organisation. Ces travaux observent, au sein des duos parentaux, des interprétations et investissements différenciés de la prise en charge des enfants, qui signent souvent la reconduction des asymétries antérieures à la séparation. La réorganisation des relations postséparation n’induit pas un partage égal des responsabilités et des tâches éducatives, pas plus qu’une gestion équitable des temporalités parentales et professionnelles ou une égalité des dépenses vouées aux enfants, qui sont plus fréquemment assumées par les mères. Ainsi, la lente redéfinition des rapports de genre et les asymétries qui l’accompagnent ne se résolvent pas miraculeusement dans l’égalité de temps partagé. S’y dessine cependant la valorisation d’une dimension évidente, mais pourtant longtemps occultée des relations paternelles : la quotidienneté du lien parent-enfant et les gestes qui l’accompagnent.

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Absente, intermittente ou quotidienne, la place des hommes auprès de leur(s) enfant(s) se décline de manière plurielle dans l’après-rupture, chaque nouvelle figure permettant de nuancer les discours antérieurs et de mieux cerner les obstacles freinant l’accomplissement d’une coparentalité égalitaire : les inégalités économiques et sociales, les conflits et tensions liés aux ruptures s’ajoutent aux asymétries résidentielles entre père et mère, dans le contexte d’une redéfinition très progressive des rôles de genre.


Bibliographie

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Notes

[1]

Il n’existe malheureusement pas de statistiques plus récentes.

[2]

Pour une synthèse des travaux anglo-saxons traitant de la question, voir Marsiglio et al., 2000.

[3]

Pour une revue de ces travaux, voir Martial A., 2012.

[4]

Voir la contribution de Veronika Nagy dans ce numéro, p. 110.

[5]

Voir Martial Agnès, « Une paternité réinventée ? Le vécu parental des pères isolés », dans ce numéro, p. 62.

Résumé

Français

Les trajectoires des pères après les ruptures conjugales offrent un lieu fécond d’investigation de la paternité contemporaine. Objet de représentations et discours contrastés, traversée par d’intenses débats politiques, la figure du père dans l’après-divorce s’est progressivement recomposée : d’abord désignés comme des pourvoyeurs absents, puis placés dans une situation de « pères intermittents », les hommes peuvent aujourd’hui inscrire leur relation aux enfants dans un modèle juridique d’égalité des partages parentaux.

Plan de l'article

  1. Des pères absents ?
  2. Des pères « intermittents » ?
  3. Des pères « quotidiens » ?

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