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Le Carnet PSY

2012/1 (n° 159)


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Le titre sartrien du documentaire de Sophie Robert sur l’autisme et la psychanalyse n’enlève rien à son caractère parfaitement ignoble et malhonnête. A ceux qui y recourent sans vergogne, le fanatisme et le terrorisme ne peuvent que donner les mains sales, pour rester dans la même veine référentielle. Sophie Robert partage deux points communs avec Michel Onfray qu’il n’est bien sûr pas question de mettre sur le même pied qu’elle, puisqu’il nous propose bel et bien un débat, alors que cette réalisatrice nous impose seulement la dictature de son opinion : pour autant, tous deux ont fait du combat contre l’inconscient une affaire personnelle, et tous deux se méprennent profondément quant à eux-mêmes, en ce sens qu’ils se pensent libres alors même qu’ils ne sont agis et mus que par un contexte socioculturel qui les dépasse amplement. Nous vivons, en effet, une époque où prévaut la haine de la pensée envers elle-même, et où le mythe scientifique régnant disqualifie peu à peu les sciences humaines avec tout ce qu’elle nous disent, pourtant, du sujet, de la liberté, de la fonction de récit de la parole (comme le dit si bien Roland Gori), de l’inconscient et des processus de subjectivation. L’un s’en prend à S. Freud, l’autre plus généralement à tous les psychanalystes. Ni l’un ni l’autre ne me passionnent. Ce qui me passionne, c’est la compréhension du mouvement qui les porte et dont ils ne sont tous deux que les instruments, même si l’un est talentueux, et l’autre manipulatrice. Il ne suffit pas de se croire libre pour l’être, mais il suffit de s’attaquer à la pensée pour ne l’être plus.

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M. Onfray pense que S. Freud a les mains salies par ses soi-disant supercheries ou mensonges. Sophie Robert pense que les psychanalystes, dans leur ensemble, ont les mains salies par leur impuissance envers les enfants autistes. Mais cessons-là le parallèle. Leur résister par le débat, même s’il semble impossible, est une nécessité démocratique car, sinon, c’est nous qui, finalement, aurions les mains sales de notre passivité face à un ostracisme de la pensée qui est, pourtant, notre bien le plus précieux. Ce à quoi il faut ajouter que « Le Mur » - et tout ce qu’il fédère d’agressivité et d’injuste hostilité - a valeur d’insulte à l’encontre des enfants autistes qui ont tant besoin qu’on écoute leur souffrance, et à l’encontre de tous les soignants qui consacrent tant d’énergie à leur venir en aide.

Pour citer cet article

Golse Bernard, « Le Mur et les mains sales », Le Carnet PSY, 1/2012 (n° 159), p. 1-1.

URL : http://www.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2012-1-page-1.htm
DOI : 10.3917/lcp.159.0001


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