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Revue d’Économie Régionale & Urbaine

2007/1 (mai)

  • Pages : 180
  • ISBN : 9782200923235
  • DOI : 10.3917/reru.071.0079
  • Éditeur : Armand Colin


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Introduction

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Le tourisme est l’une des activités économiques à forte croissance mondiale sur les trente dernières années. Selon l’OMT, la part du tourisme dans l’activité économique mondiale croît continuellement et représente aujourd’hui environ 10 % des exportations de marchandises en valeur et plus du tiers de celles des services.

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La croissance de l’activité touristique conduit les chercheurs à évaluer son impact. Ils le font souvent à partir des dépenses et des recettes du poste « voyage » de la balance des paiements, ce qui conduit généralement à des résultats partiels. Les travaux récents de l’ONU (1999 a et b) et de l’OMT (1996 et 1997) utilisent des modèles input-output. Toutefois, ceux-ci ne mettent pas clairement en évidence l’effet d’entraînement global du tourisme. Ceci s’explique par le fait que les statistiques fréquemment utilisées ne mesurent que l’incidence directe du tourisme sans donner une idée de son potentiel de contribution indirecte au développement économique. En outre, comme le soulignent ZHOU et al. (1996), les modèles input-output à l’image des matrices de comptabilité sociale estimant l’utilité des outputs produits par chaque secteur en tant que ressources financières dans le secteur touristique et inversement, nécessitent une grande disponibilité de données désagrégées qui n’est pas toujours garantie.

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D’autres tentatives pour évaluer l’incidence macroéconomique des recettes touristiques (depuis au moins BRYDEN et FABERS, 1971 ; BRYDEN, 1973) sont fondées sur une mesure d’un multiplicateur du revenu du tourisme. Il repose sur la théorie keynésienne en économie ouverte à partir de laquelle est énoncée l’hypothèse que toute injection directe de devises étrangères dans le pays de destination (par exemple les dépenses des touristes non-résidents) engendre une croissance du revenu dans les secteurs de services touristiques et, indirectement, dans le reste de l’économie. Selon DION (1988a), l’avantage de ce type de méthode réside dans la distinction des différents effets pour mesurer les retombées économiques d’un afflux financier sectoriel dans un territoire. Les effets directs sont liés aux salaires et profits versés par les entreprises du secteur. Les effets indirects sont générés par les fournisseurs du secteur concerné par l’afflux initial de ressources. Les effets induits sont dus à la consommation des ménages ayant bénéficié des suppléments directs et indirects de revenus. Cependant, les mesures effectuées de retombées économiques sont sensibles à la taille du territoire cible, ce qui pourrait conduire à des corrections à l’image d’un multiplicateur économique régional (DION, 1988b).

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L’objectif consiste à avancer une méthode d’évaluation macroéconomique des retombées économiques du tourisme qui considère en parallèle les bénéfices macroéconomiques liés à l’afflux de devises étrangères et les coûts économiques dus à la pratique du tourisme. Un indicateur de la rentabilité macroéconomique de l’activité touristique est alors proposé en mesurant les avantages nets liés au tourisme. L’intérêt de la méthode consiste en une démarche facilement reproductible à tout contexte économique, grâce à une technique de mesure économétrique peu coûteuse et surtout grâce à son invariance à la nature de l’économie cible. Ce faisant, les principes sous-jacents d’une approche keynésienne en économie ouverte sont repris, sans s’inscrire dans une évaluation microéconomique de l’impact sur le territoire par types de tourisme (WARD et BEANLAND, 1994), ni dans l’évaluation des modifications d’orientations politiques telle que préconisée par l’AEC (2000).

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Les économies insulaires de la Caraïbe, disposant de dotations factorielles favorables au tourisme, investissent massivement dans ce secteur depuis les années soixante-dix, sans pouvoir bénéficier d’une estimation permanente des retombées effectives. Aussi, sans évaluation quantitative, demeure-t-il difficile de déterminer la contribution nette du tourisme au développement. Une des conditions nécessaires pour que le tourisme puisse jouer un rôle positif sur une économie, est qu’il ait au moins un impact effectif sur les variables économiques réelles d’une part, et d’autre part que les gains surpassent les coûts engendrés. Pour cette raison, l’application de la méthode de mesure de l’avantage macroéconomique net du tourisme portera sur des économies insulaires de la Caraïbe.

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La suite de l’article s’organise de la façon suivante. La première section présente en détail les hypothèses sur lesquelles reposent à la fois le choix des données d’étude mais aussi l’indicateur macroéconomique de rentabilité du tourisme. La deuxième section expose les différentes étapes nécessaires à la construction de l’indicateur. La troisième section, avant de conclure, propose une application sur cinq économies insulaires de la Caraïbe.

- 1 - Fondements théoriques de l’avantage net du tourisme

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On part du postulat que pour démontrer la capacité du tourisme à être un levier efficace de développement, il faut au moins pouvoir valider la condition nécessaire que cette activité génère davantage de bénéfices que de coûts sur la sphère réelle. C’est l’élément clé pour juger l’avantage net du tourisme en tant que pilier du développement économique de long terme.

1.1. Le bénéfice direct du tourisme

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Il résulte de l’entrée de ressources financières d’origine internationale. Ce n’est qu’à partir de l’accumulation de cette capacité financière que des mécanismes de redistribution peuvent potentiellement générer des effets multiplicateurs dans l’ensemble de l’économie. Le tourisme est un levier de développement si au moins quantitativement des mécanismes de transmission entre les Recettes Touristiques Internationales (RTI) et les indicateurs réels sont identifiés. Néanmoins, la transmission entre les indicateurs réels et les RTI n’est pas forcément univoque. En effet, d’un côté les RTI constituent un financement complémentaire aux ressources nationales ; les bénéfices issus de leur redistribution dans l’économie sont identifiables à partir de leur transmission vers les variables réelles nationales. D’un autre côté, des efforts d’origine intérieure sont nécessaires pour accumuler ces RTI ; ce sont les mécanismes de transmission des variables réelles nationales vers les RTI. Autrement dit, une part d’effort d’origine endogène mobilisatrice de fonds pour l’investissement, de revenus est nécessaire à l’attractivité touristique. Cet effort endogène constitue une ponction sur le financement de secteurs de développement alternatifs au tourisme. En résumé, la condition nécessaire pour que le tourisme apporte une contribution nette positive au développement devient que les mécanismes de transmission relevant des coûts nécessaires au développement de l’activité touristique soient moins importants que ceux relevant de la redistribution des RTI dans l’économie. Comment alors mesurer les mécanismes de transmission ?

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Un moyen de traiter quantitativement la transmission est d’effectuer une analyse causale entre les variables d’intérêt, à savoir les RTI, et les agrégats macroéconomiques réels. Dans une analyse de type coûts-bénéfices, le tourisme représente un avantage net si l’intensité des liens de causalité des variables réelles vers les RTI est inférieure à celle des liens qui vont en sens inverse. Les flux touristiques se caractérisent par une très forte saisonnalité et sont donc animés par des dynamiques de court terme. C’est pourquoi l’analyse causale doit être entreprise à partir d’une approche considérant la causalité à long terme jointe à celle de court terme entre les séries économiques. Le principe de l’indicateur est de comparer l’intensité des causalités relevant de bénéfices macroéconomiques dus au tourisme avec celle des causalités traduisant des coûts. Lorsque l’indicateur est négatif, on obtient une preuve suffisante de la non-rentabilité macroéconomique du tourisme. Dans ce cas, il ne présente pas un avantage net pour le développement. S’il est positif, on valide quantitativement ce qui est la condition nécessaire ici testée : le tourisme peut être un secteur pilier contribuant au développement et représente un avantage net durable si au moins, globalement à court et à long termes, les recettes touristiques d’origine étrangère contribuent davantage aux indicateurs réels nationaux que ces indicateurs participent au soutien des RTI.

1.2. Les indicateurs réels : lesquels retenir ?

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Dans un modèle quantitatif, les équations constitutives du bloc réel sont établies autour de la relation keynésienne traditionnelle. Les indicateurs réels retenus sont le Produit Intérieur Brut (PIB), (CONSO) pour la consommation des ménages, l’investissement privé (FBCF) approché par la Formation Brute de Capital Fixe, les dépenses publiques (G) et les importations (IMPORT). On ne prend pas en compte les exportations car les RTI sont déjà une composante des exportations. Par ailleurs, le manque de données statistiques sur la période d’étude (1980-2000) empêche de retenir le taux de chômage. Néanmoins, ceci ne constitue pas fondamentalement une insuffisance d’analyse, dans la mesure où le tourisme peut favoriser la création d’emplois seulement s’il existe des mécanismes clairement identifiés de redistribution des RTI vers les variables réelles précitées.

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Quand les indicateurs réels causent les RTI, il s’agit d’un coût que l’économie nationale doit consentir pour espérer accroître ses RTI. En effet, une contribution du PIB aux RTI traduit l’importance du PIB en tant qu’indicateur de dimension pour accroître les RTI. Le PIB est un indicateur de dimension qui doit être maintenu à un niveau suffisant pour être une composante de l’attractivité touristique.

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Par ailleurs, si la CONSO cause les RTI, ceci constitue aussi un coût pour l’économie. Étant un indicateur de vitalité économique, un niveau insuffisant de CONSO traduit une frilosité dans le comportement de consommation des ménages. Or, il peut exister un effet d’entraînement du comportement de consommation des ménages sur celui des touristes. Par conséquent, un moyen de contribuer à une augmentation des RTI est de transmettre aux touristes un climat de confiance et de vitalité économique en assurant les efforts nécessaires au soutien de la consommation des ménages. Selon la « théorie des restaurants » de BARNERJEE (1992), l’observation du comportement d’autrui influence positivement la confiance de chaque consommateur.

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Le tourisme nécessite certains investissements privés (FBCF) ou publics (G) qui doivent être financés par l’économie nationale pour pouvoir attirer les rentrées de devises étrangères. Il s’agit notamment des dépenses d’infrastructures lourdes ou légères pour l’accueil des touristes, des dépenses de promotion de la destination. Les sources de ces financements relèvent de la fiscalité ou d’arbitrages réalisés en faveur du développement touristique et au détriment de l’émergence d’autres activités économiques. Comme tout investissement, il comporte un risque de non-rentabilité que l’on peut évaluer en comparant l’intensité de la causalité des variables G et FBCF vers les RTI (qui est un coût lié au tourisme) par rapport à l’intensité causale inverse (c’est un bénéfice dû au tourisme).

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Des fuites peuvent subsister dans l’accroissement des RTI. Elles existent quand les flux de revenus entrant grâce aux RTI repartent vers le pays d’origine des touristes. Dans ces mécanismes de fuite, il faut signaler notamment l’existence d’un rapatriement d’une part des profits des investisseurs étrangers vers leur maison mère. En dépit de la taxation des entreprises touristiques, une part non négligeable des profits liés au tourisme peut ne pas bénéficier au financement de l’économie locale. Toutefois, il faudrait pouvoir disposer de l’ensemble des rapatriements de revenus liés au tourisme sur la période d’étude (1980-2000), pour l’ensemble des entreprises concernées de chaque pays. Une telle disponibilité statistique n’est pas envisageable, compte tenu soit de données manquantes, soit de modes de calcul non harmonisés entre États. C’est pourquoi au niveau macroéconomique, un autre mécanisme de fuites est pris en compte. Il s’agit des importations liées au tourisme. Elles constituent un coût quel que soit le sens de causalité avec les RTI. En effet, elles concurrencent les productions nationales équivalentes et peuvent s’accompagner d’une inflation d’origine extérieure. Cette dernière ne constitue pas un bénéfice si l’économie considérée connaît des difficultés de stabilisation de son inflation. Plus fondamentalement, pour la causalité inverse, il s’agit aussi d’une perte puisque, comme toute importation, le creusement de la balance courante qui en résulte grève d’autant le revenu national. Par conséquent, lorsqu’il existe une causalité des RTI vers les importations, il s’agit bien d’une perte au niveau macroéconomique.

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À l’inverse quand les RTI sont explicatives des indicateurs réels à l’exception des importations, il s’agit d’une source de financement pouvant contribuer au développement économique. Aussi, les RTI peuvent-elles contribuer au financement des dépenses publiques via le prélèvement fiscal sur les bénéfices réalisés par les prestataires de services touristiques : il s’agit de la causalité des RTI vers G. Une partie des RTI peut contribuer au financement d’investissements privés futurs en rapport direct ou indirect avec le tourisme : il s’agit de la causalité de RTI vers FBCF. Dans ce cas, le multiplicateur des recettes touristiques prend tout son sens. Les RTI participent à la revalorisation des salaires perçus par les ménages et par conséquent au soutien de la consommation : c’est la causalité de RTI vers CONSO. Bien entendu, l’ensemble des apports en termes d’investissements et de revenus liés aux RTI est de nature à participer à la résorption de manière indirecte de déséquilibres macroéconomiques comme le chômage, notamment dans le cas de pays en développement. De manière globale, l’incidence favorable du tourisme sur l’économie peut être évaluée à partir de l’intensité de la causalité des RTI vers le PIB. À condition que les fuites dues aux imports ne viennent contrebalancer l’ensemble des effets positifs précités, les RTI accroissent le revenu national, conformément à la relation d’équilibre macroéconomique keynésienne.

- 2 - Méthode de construction de l’indicateur rentabilité touristique

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L’économétrie des séries temporelles permet de traiter de manière efficace la causalité au sens de GRANGER. Cependant, en séries temporelles, on reconnaît une moindre puissance des tests de racines unitaires pouvant engendrer des biais que même des combinaisons de tests n’arrivent pas à éradiquer de manière certaine. C’est pourquoi un test de causalité capable d’outrepasser la connaissance exacte de l’ordre d’intégration des séries est employé. Les procédures séquentielles d’étude causale (tests d’intégration et de cointégration, estimation éventuelle de relations de cointégration et tests de causalité sur systèmes cointégrés ou non cointégrés) sont donc rejetées dans cet article au profit d’une approche non séquentielle.

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Par ailleurs, ce qui importe n’est pas d’estimer des relations potentiellement cointégrées entre les RTI et les agrégats réels, mais plutôt les résultats issus de tests de causalité entre les deux groupes de variables. L’approche causale non séquentielle utilisée inclut cet avantage de ne pas recourir à une estimation précise de la cointégration entre les variables mises en relation en tant que préliminaire au test de causalité. Ceci est d’autant plus important que l’intérêt des approches séquentielles est le partage entre les effets de court et de long terme à l’intérieur d’un même modèle. Or, l’analyse s’inscrit dans une évaluation de la capacité du tourisme – activité à dynamiques cycliques voire saisonnières – à présenter un avantage net pour le développement – dimension économique de plus long terme. Il s’agit de construire un indicateur de rentabilité globale du tourisme. Il semble plus opportun alors d’essayer d’identifier les relations causales, globalement sur le court et le long terme, entre les RTI et les variables macroéconomiques, ce que permet l’approche non séquentielle utilisée.

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La première étape consiste ici en l’application du test de causalité développé par TODA et YAMAMOTO (1995), DOLADO et LÜTKEPOHL (1996), TYDL. Il consiste à calculer une statistique de WALD suivant une loi asymptotique du khi-deux sur un système VAR surparamétré unissant les variables entre lesquelles on étudie la causalité. Conformément à l’une des critiques faites contre les VAR standards de SIMS, pour éviter un trop grand nombre de paramètres et pour maximiser la puissance du test, inclure toutes les variables d’analyse dans un même VAR n’est pas opportun. Par conséquent, il est nécessaire d’estimer plusieurs systèmes bivariés liant les RTI respectivement à chaque variable réelle (CONSO, G, PIB, FBCF, IMPORT ; cf. Annexe).

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La deuxième étape consiste à calculer l’Indicateur de Rentabilité Macroéconomique du Tourisme (IRMT). Pour un pays donné, à partir de l’ensemble des VAR bivariés surparamétrés, k1 est le nombre de relations causales représentant un profit et k2 est le nombre de relations traduisant un coût. Les différents indicateurs sont les suivants :

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Cette méthode économétrique présente la particularité d’intégrer les différences de poids entre les liaisons causales. En effet, le nombre de mécanismes de transmission relevant des coûts ou des bénéfices fournit à lui seul un jugement biaisé de la rentabilité macroéconomique du tourisme, puisque toutes les causalités n’ont pas le même poids. Il faut donc impérativement considérer l’intensité relative des différents liens de causalité dans la mesure de la rentabilité. Au lieu d’évaluer la rentabilité macroéconomique du tourisme au moyen d’une comparaison du nombre de relations traduisant des coûts et des profits, il est plus significatif de comparer les intensités causales globales liées aux coûts et aux bénéfices. Pour cela, on prend en compte les élasticités de long terme des variables causées par rapport aux variables causales. À condition d’identifier des relations causales, les élasticités de long terme liées aux coûts dus au tourisme (ßi) sont : celles de CONSO/FBCF/G/ IMPORT/PIB par rapport à RTI. Si RTI cause IMPORT, P (le taux d’inflation) est utile dans l’analyse pour voir s’il y a une inflation importée liée au tourisme. S’il s’agit de profits liés au tourisme, les élasticités mesurées (γj) peuvent être celles de RTI par rapport à CONSO/FBCF/G/PIB. Le choix de l’élasticité pour capter le poids des relations de long terme entre RTI et chaque variable macroéconomique s’explique par le fait qu’il s’agit d’une mesure sans unité et invariante aux différences de niveau entre les séries des systèmes VAR. Les poids (intensités) des relations causales sont mesurés en utilisant les valeurs absolues de ßi et de γj pour conserver positifs BENEF et COST. Prendre en compte ces intensités évite tout codage arbitraire entre les relations causales résultant de coûts et de profits, comme (-1) pour les coûts et (1) pour les bénéfices.

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Le test de causalité de TYDL est réalisé au seuil de 10 %. En effet, même si le risque d’interpréter à tort comme causales des relations est accrû par un raisonnement au seuil de 10 %, il est plus grave de perdre peu de relations causales existantes en réduisant le niveau de significativité plutôt que de prendre le risque de garder comme causales des relations même si elles ne sont pas significatives. À condition que la statistique de WALD de TYDL valide l’existence d’une liaison causale entre deux variables X et Y, et connaissant l’hypothèse nulle de non-causalité, la probabilité minimale de causalité peut être approximée par (1-pvi/j) pv est la pvalue ou niveau marginal de significativité du test de causalité. Les élasticités de long terme donnent le poids des relations entre X et Y, sans signifier s’il s’agit d’une relation causale. Or, (1-pvi/j) est une proxy de la probabilité que la relation soit causale. Dès lors, pour chaque relation causale identifiée par la procédure de TYDL, en liant toute probabilité minimale de causalité avec le poids de la relation, on obtient un indicateur d’intensité de relation causale.

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Pour toute nième relation causale représentant un bénéfice issu du tourisme, il s’agit de :

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De même, pour toute ième relation causale relevant de coût, il s’agit de :

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S’il existe k1/k2 relations causales identifiées témoignant ainsi de coûts/profits induits par le tourisme, l’indicateur BENEF calculé est une espérance globale de bénéfice du tourisme et COST est une espérance globale de coût touristique. De cette façon, le signe de IRMT démontre si l’intensité des mécanismes de transmission résultant de coûts est plus faible que celle des mécanismes de redistribution des RTI ou inversement.

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Comme les élasticités économiques (ßi, γj) ∈ [–2 ; 2] généralement, avec pv ≤ 10 % :

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BENEF est contrebalancé par COST, d’où différents niveaux de rentabilité touristique peuvent être distingués avec l’IRMT. Quand IRMT = 0, il y a un équilibre parfait entre les bénéfices macroéconomiques du tourisme et les coûts. Autour de 0, quand – 1,8 ≤ . IRMT ≤ .1,8 il y a un équilibre presque parfait. Dans les deux cas précédents, on identifie un tourisme relativement équilibré, d’un point de vue économique. Deux autres cas de rentabilité macroéconomique sont observables. Premièrement, il existe un tourisme à avantage net fortement positif pour le développement quand IRMT > 1,8. Deuxièmement, si IRMT < -1,8, il n’y a aucun doute sur la présence d’un excès de coûts touristiques à l’échelle macroéconomique.

- 3 - Application empirique à cinq économies de la Caraïbe

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L’analyse concerne cinq territoires de la Caraïbe (Barbade, Jamaïque, Martinique, République Dominicaine ainsi que Trinité et Tobago), avec des données logarithmiques constantes en base 1995 allant du premier trimestre de l’année 1980 au premier trimestre de l’année 2000. Comme on utilise des données macroéconomiques, elles sont, au plus intégrées, d’ordre 1 voire 2, si on considère les tests de racines unitaires de KWIATOWSKI (1992) et de PHILLIPS et PERRON (1986).

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Les tableaux suivants fournissent des détails sur le calcul des composantes de l’IRMT. Les pvalues sont reportées en pourcentage. Seules les relations causales ne pouvant être rejetées au seuil de 10 % (hypothèse alternative H1) sont répertoriées.

Tableau 1 - Composantes de BENEF et COST pour la Barbade

Tableau 2 - Composantes de BENEF et COST pour la République Dominicaine

Tableau 3 - Composantes de BENEF et COST pour la Jamaïque

Tableau 4 - Composantes de BENEF et COST pour la Martinique

Tableau 5 - Composantes de BENEF et COST pour Trinité et Tobago

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On peut schématiser l’ensemble des relations causales de la manière suivante.

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Dans tous ces schémas, les flèches allant vers RTI symbolisent des coûts, alors que celles qui partent de RTI traduisent des bénéfices. Les chiffres reportés sur les flèches sont les résultats des ième composantes de BENEF ou des jème composantes de COST avec i ∈ [1 ; k1] et j ∈ [1 ; k2] et différentes valeurs de k1 et de k2 pour chaque pays. On observe deux situations particulières au regard du nombre de relations causales :

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D’une part, celle de Trinité et Tobago pour laquelle le seul coût induit par l’activité touristique résulte de la fuite des imports. De l’inflation importée est aussi identifiée. Compte tenu du taux d’inflation moyen de Trinité et Tobago entre 1980 et 2000 (5,59 %) et de l’inflation à deux chiffres sur les douze premières années, l’inflation importée rend difficile la maîtrise de l’indice des prix à la consommation. Ceci n’est pas de nature à assurer la stabilité des prix favorable à la croissance économique. L’unique mécanisme de redistribution perceptible statistiquement concerne le soutien au revenu global national via les RTI. Il convient de signaler que pour Trinité et Tobago, il n’existe pas de stratégie touristique clairement affichée en raison de l’existence d’autres secteurs d’exportations (notamment énergétique) qui suffisent au financement de l’économie intérieure. Aussi, le tourisme à Trinité et Tobago est-il impulsé par des dynamiques exogènes, puisque les facteurs assurant l’entrée de devises étrangères ne sont pas du ressort économique national. Ce type de tourisme peu coûteux du point de vue macroéconomique dépendrait exclusivement de la conjoncture internationale et des externalités positives des stratégies touristiques des pays voisins de la région Caraïbe sur Trinité et Tobago.

Figure 1 - Intensités causales entre RTI et les variables réelles

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D’autre part, la situation de la Jamaïque se caractérise par un unique mécanisme de redistribution qui va des RTI vers l’investissement privé. Cependant, la Jamaïque supporte tous les coûts économiques réels nécessaires à l’accroissement des RTI. Á ceci s’ajoute une fuite due aux importations accompagnées d’une inflation importée. Sur ce sujet, les conclusions mises en évidence pour Trinité et Tobago sont encore plus vraies, vu le taux d’inflation généralement à deux chiffres (22 % sur l’ensemble de la période). Ceci est de nature à contrecarrer l’objectif jamaïquain d’aligner son taux d’inflation sur celui de ses principaux partenaires commerciaux. L’ensemble de ces résultats traduit une stratégie touristique inefficace en termes de redistribution économique, incompatible avec une contribution nette positive du tourisme au développement. La redistribution est d’autant plus faible que la Jamaïque souffre d’un déficit d’image dans son attractivité touristique. La mauvaise réputation en matière de sécurité de cette destination obéit à un processus cumulatif. ALBUQUERQUE et MAC ELROY (1999) soulignent à ce sujet qu’en Jamaïque, plus le nombre de touristes croît, plus la criminalité ciblée sur eux se développe. Par ailleurs, comme pour Trinité et Tobago, les ressources les plus importantes à l’export proviennent d’autres secteurs et notamment de l’exploitation de minerais. Par conséquent, le tourisme n’est pas une activité prioritaire de développement économique, même si contrairement à Trinité et Tobago des stratégies de développement de ce secteur, bien qu’inefficaces, existent.

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Pour les autres économies qui ont inscrit le tourisme comme un secteur important de développement, l’analyse schématique est moins tranchée. Á la Barbade et en République Dominicaine, c’est l’investissement notamment public et les importations qui participent à l’accroissement possible des RTI. En Martinique, l’effet d’entraînement joué par la consommation intérieure semble agir sur les dépenses des visiteurs et l’indicateur de seuil qu’est le PIB participe à l’attractivité touristique. En ce qui concerne les mécanismes de redistribution des RTI, il existe un point commun aux trois économies : le secteur public tire parti des RTI. Ceci peut s’expliquer par le fait qu’une proportion des RTI se retrouve dans les recettes publiques via la fiscalité imposée aux prestataires de services touristiques. Ces recettes publiques financent en partie les dépenses publiques futures. Néanmoins, si pour la République Dominicaine et la Martinique il s’agit du seul mécanisme de redistribution perceptible à court et à long termes, à la Barbade, la redistribution soutient significativement l’investissement privé. En outre, les fuites dues aux imports identifiées pour les cinq économies étudiées ne s’accompagnent pas dans le cas de la Barbade et de la Martinique d’une inflation importée.

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Par ailleurs, dans aucune économie les recettes touristiques d’origine internationale n’ont pas d’influence significative sur la consommation des ménages. En reprenant la classification des retombées économiques de DION (1988), on en déduit que les RTI engendrent des effets davantage directs et indirects que des effets induits sur les économies étudiées.

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Il reste à classer ces économies selon le degré de rentabilité macroéconomique du tourisme, pour savoir dans quels cas les coûts économiques liés au tourisme l’emportent sur les mécanismes de redistribution des RTI. Les diverses intensités causales sont répertoriées dans le tableau suivant :

Tableau 6 - Résultats de l’IRMT pour les économies de la Caraïbe

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Les quatre types de rentabilité macroéconomique du tourisme sont identifiés. Trinité et Tobago enregistre un indicateur légèrement positif. Néanmoins, il est suffisamment proche de zéro pour conclure qu’il y a un équilibre quasi-parfait entre les coûts et les bénéfices liés au tourisme. Ceci demeure logique en raison de l’absence de politique centrée sur le secteur touristique. C’est pourquoi à la fois en termes de coûts et de bénéfices induits par le tourisme, parmi tous les pays étudiés, Trinité et Tobago est en queue de classement pour les indicateurs BENEF (+ 0,66) et COST (- 0,39). Toutes les retombées du tourisme sont fonction, dans ce pays, de la dynamique touristique de la zone Caraïbe. Par conséquent les coûts supportés sont faibles, mais la volonté d’action pour enclencher une véritable promotion touristique étant inexistante, les bénéfices liés au tourisme ont du mal à se détacher du niveau total des coûts. En revanche, la Barbade et la Martinique enregistrent un indicateur légèrement négatif. Elles appartiennent, comme pour Trinité et Tobago, au premier groupe de pays pour lequel l’équilibre coûts-avantages en matière de tourisme est presque réalisé. La République Dominicaine se caractérise par une très forte rentabilité macroéconomique, par opposition à la Jamaïque qui enregistre un désavantage net très négatif en termes de développement via le tourisme. On peut l’observer à partir de la figure 2 :

Figure 2 - Graphique de rentabilité macroéconomique du tourisme

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En abscisses, on représente l’indicateur de coûts macroéconomiques à court et à long termes du tourisme (COST) et en ordonnées l’indicateur équivalent aux bénéfices (BENEF). Dès lors, la première bissectrice — la frontière de rentabilité macroéconomique du tourisme — est le lieu des points d’équilibres parfaits entre les coûts et les bénéfices du tourisme. Plus une économie se situe près de cette frontière de rentabilité, plus sa rentabilité touristique est nulle. Au-dessus de la première bissectrice, les bénéfices l’emportent sur les coûts. Dans cette zone, la condition nécessaire selon laquelle le tourisme dégage un avantage net pour le développement − à savoir qu’à court et à long termes, les recettes touristiques d’origine étrangère contribuent davantage − aux indicateurs réels nationaux que ces indicateurs participent au soutien des RTI est satisfaite. Inversement, au-dessous de la frontière de rentabilité, ce sont les coûts macroéconomiques liés au tourisme qui l’emportent. Autour de cette frontière, on représente les bornes traduisant la limite entre les zones de rentabilité fortement positive/négative et celles de rentabilité respectivement faiblement positive/négative.

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Le classement dans l’ordre croissant de rentabilité macroéconomique du tourisme est le suivant : Jamaïque, Martinique, Barbade, Trinité et Tobago et la République Dominicaine, alors que pour le taux de croissance annuel moyen des RTI il s’agit de : Jamaïque, Trinité et Tobago, République Dominicaine, Barbade et Martinique.

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Quand le taux de croissance moyen des RTI est faible, cela signifie que la capacité du pays à améliorer ses performances touristiques reste limitée et vice versa. Or la Martinique et la Barbade apparaissent en tête du classement du taux de croissance moyen des RTI. Ceci signifie qu’en termes de cycle de vie d’une destination, comme chez BUTLER (1980), LUNDTORP et WANHILL (2001), leur produit touristique est encore en phase de développement comparativement aux autres économies. Par conséquent, il est possible d’améliorer la rentabilité macroéconomique dans ces deux îles, même si cette rentabilité apparaît légèrement négative, pour atteindre une phase de consolidation du tourisme. Pour la Martinique, où un effet d’éviction de l’investissement privé par les dépenses publiques n’est pas négligeable, il paraît opportun d’impulser une redistribution des RTI qui ne sert pas la seule sphère publique, mais serait favorable aussi à l’investissement privé, afin d’accroître le volume des bénéfices liés au tourisme, les coûts n’étant pas exagérément importants. Cette voie s’impose d’autant plus que les bénéfices macroéconomiques sont les plus faibles parmi les cinq économies. Á la Barbade, caractérisée par une plus grande dépendance au secteur touristique, les orientations politiques devraient impulser une redistribution plus forte des RTI dans la sphère privée de l’économie, compte tenu du faible poids de la transmission des RTI vers la FBCF.

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La République Dominicaine et la Jamaïque apparaissent comme deux cas distincts du groupe des trois économies précédentes. Elles enregistrent une rentabilité macroéconomique du tourisme très opposée. Pour la République Dominicaine ceci s’explique par des coûts importants (- 6,86) qui sont plus que contrebalancés par des bénéfices (+ 10,41), les plus élevés comparativement aux autres économies. Cependant, un seul mécanisme de redistribution des RTI bénéficie à la sphère publique. Contrairement à la Martinique, le même constat empirique ne relève pas d’un même contexte économique. En République Dominicaine, c’est la question de la redistribution des richesses à la population locale qui demeure sous-jacente. Pour la Jamaïque, la situation demeure catastrophique. D’une part, les coûts liés au tourisme sont très importants en raison du nombre et du poids des relations causales relevant de coûts. D’autre part, l’indicateur de bénéfices (+ 0,7) est limité et à peine supérieure à celui de Trinité et Tobago qui est une des rares îles où le tourisme ne fait pas l’objet de stratégie de développement. En outre, si l’on considère le taux de croissance moyen des RTI, la non-rentabilité macroéconomique du tourisme jamaïquain est renforcée par les faibles marges d’amélioration de ses performances touristiques. Aussi, à la Jamaïque le tourisme d’un point de vue économique ne peut-il être un pilier du développement, car il ne présente aucun avantage net pour l’économie. En termes de cycle de vie d’une destination, on conclut que la Jamaïque semble être déjà en stagnation sans avoir réellement connu de phase de décollage touristique. En revanche, la République Dominicaine semble comparativement aux autres économies avoir un produit touristique bien consolidé (entre la phase de développement et de stagnation), en raison de sa rentabilité élevée et du niveau intermédiaire de son taux de croissance annuel moyen des RTI. Toutefois, le tourisme dominicain se développe au moyen d’investissements publics importants (financés en partie par l’intermédiaire de ponctions sur les disponibilités financières microéconomiques locales), sans mécanisme de redistribution pour la population d’accueil excepté les dépenses publiques. Compte tenu de l’écart entre les coûts et les bénéfices, les autorités publiques dominicaines semblent posséder une certaine marge de manœuvre pour impulser d’autres mécanismes de redistribution, sans compromettre la vitalité du secteur touristique.

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On note que le tourisme ne procure pas un avantage net durable à l’économie et n’apparaît donc pas comme un pilier du développement de la Jamaïque. Pour la Barbade et la Martinique, des adaptations de politique intérieure semblent indispensables pour améliorer la rentabilité macroéconomique du tourisme en faisant émerger de nouveaux mécanismes de redistribution des RTI. Pour Trinité et Tobago, vu la faible croissance moyenne des RTI et l’absence délibérée de stratégie de développement touristique, les perspectives limitées d’amélioration des performances devraient à terme rendre négatif l’indicateur de rentabilité macroéconomique du secteur, avec une rapidité fonction des fluctuations de la conjoncture touristique régionale. En République Dominicaine, le tourisme a fait ses preuves en qualité de secteur clé apportant une contribution nette, positive au développement. Avec un produit touristique qui ne semble pas encore épuisé, ce pays semble bénéficier d’une « niche » de développement économique de manière durable.

Conclusion

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Cette analyse de la rentabilité du tourisme permet de créer un indicateur susceptible d’évaluer conjointement à court et à long terme la capacité de ce secteur à contribuer au développement économique. Cet indicateur permet de valider la condition nécessaire selon laquelle le tourisme peut représenter un avantage net en matière de développement si au moins, à court et à long terme, les recettes touristiques internationales contribuent davantage aux indicateurs réels nationaux que ceux-ci soutiennent les RTI.

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Pour les économies de la Caraïbe, différents niveaux d’efficacité de stratégie touristique sont identifiés. En couplant l’indicateur de rentabilité au taux de croissance moyen des RTI, on détermine dans quelle phase du cycle de vie d’une destination se situe le produit touristique de chacun des pays. Ceci permet d’affiner le jugement sur l’opportunité du tourisme en termes de développement économique. Il en résulte des enseignements pour la politique de développement des pays étudiés.

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Néanmoins, on raisonne sur une condition nécessaire mais non suffisante de développement économique durable via le tourisme. En effet, le raisonnement poursuivi n’intègre que des considérations économiques. Aucune référence n’est faite à des critères d’ordres environnementaux qui constituent une dimension de plus en plus prépondérante pour le développement. Par conséquent, une piste de réflexion future peut consister en l’élaboration d’un indicateur fondé sur une condition nécessaire et suffisante, qui intégrerait les problématiques sociales, voire environnementales du tourisme, pour juger la contribution nette du tourisme en faveur du développement.


Annexe

Annexe

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Si, via la procédure de TYDL, on teste la non-causalité de X (les RTI) vers Y représentant une variable dans le groupe de variables réelles, il faut connaître l’ordre maximal d’intégration possible (dmax) entre X et Y plutôt que de connaître avec précision l’ordre d’intégration de chacune. dmax est ici déterminé à partir des tests de PP (1986) et de KPSS (1992), - tests à hypothèses nulles contraires, ce qui accroît la confiance en l’interprétation des tests de racines unitaires -.

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Après utilisation de critères d’information pour connaître l’ordre autorégressif optimal (k) du système VAR incluant X et Y, il convient d’estimer un VAR surparamétré d’ordre (p = k + dmax). La surparamétrisation capte les effets potentiels de cointégration entre X et Y. Cela offre l’opportunité d’estimer par moindres carrés ordinaires (MCO) le VAR (p), sans considération d’une éventuelle non-stationnarité. La statistique de Wald calculé traduit l’hypothèse que les k premiers paramètres retardés de X dans l’équation explicative de Y sont nuls. Les dmax derniers retards sont en réalité nuls, puisqu’ils proviennent d’une surparamétrisation non optimale comparativement à un VAR (k). En effet, selon TODA et YAMAMOTO (1995) et DOLADO et LUTKEPOHL (1996), le VAR (p) peut être mathématiquement écrit sous la forme d’un VAR où les effets de non-stationnarité issus de X et de Y sont concentrés dans les dmax retards non optimaux. Les propriétés standard des MCO restent valides pour les k premiers retards optimaux, sur lesquels la non-causalité est testée. Dès lors, la statistique de WALD calculée suit automatiquement un khi-deux avec un degré de liberté égal au nombre de restrictions imposées (k).

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La procédure de TYDL traite la causalité entre variables en niveau. L’absence de différenciation des séries garantit de conserver l’ensemble des dynamiques de long terme dans l’analyse conformément à la notion de développement économique. Ceci évite toute perte d’information dans la relation entre X et Y, et assure une cohérence dans l’évaluation de la capacité du tourisme à générer un avantage net pour le développement.


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Résumé

Français

Les études existantes sur l’impact économique des recettes touristiques proposent rarement une comparaison entre leurs effets d’entraînement potentiels et les coûts nécessaires à leur accumulation. Le but de cet article est de proposer un indicateur de rentabilité macroéconomique du tourisme susceptible de déterminer dans quelle mesure le secteur touristique peut présenter un avantage net pour le développement économique. Une application sur les économies de la Caraïbe rend compte de l’opportunité de cet indicateur en termes de stratégie politique.

Mots-clés

  • causalité
  • avantage net
  • tourisme

English

Assessing tourism macroeconomic net profitability Costs-benefits analysis of international tourism returns Studies of the economic impact of tourism returns rarely offer a comparison between their potential driving effects and the costs of their accumulation. The aim of this paper is to devise a tourism macroeconomic profitability indicator capable of determining how the tourism sector can present a net advantage for economic development. The Caribbean case sets an example of the advantages of this indicator in terms of political strategy.

Keywords

  • causality
  • net benefit
  • tourism

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. - 1 - Fondements théoriques de l’avantage net du tourisme
    1. 1.1. Le bénéfice direct du tourisme
    2. 1.2. Les indicateurs réels : lesquels retenir ?
  3. - 2 - Méthode de construction de l’indicateur rentabilité touristique
  4. - 3 - Application empirique à cinq économies de la Caraïbe
  5. Conclusion

Pour citer cet article

Bates Samuel et al., « Évaluation de l'avantage macroéconomique net du tourisme Analyse coûts-bénéfices des recettes touristiques internationales  », Revue d’Économie Régionale & Urbaine 1/ 2007 (mai), p. 79-96
URL : www.cairn.info/revue-d-economie-regionale-et-urbaine-2007-1-page-79.htm.
DOI : 10.3917/reru.071.0079


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