2001
Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine
Table ronde : les historiens et les archives
Archives et historiens au XXIe siècle
Daniel Roche
Daniel ROCHE Collège de France 11, place Marcellin Berthelot, 75005 Paris
Si la Société d’Histoire Moderne et Contemporaine a organisé cette rencontre
[1], c’est d’abord par sa vocation, qui est de rassembler et unir plusieurs
générations de chercheurs et d’universitaires, et ainsi de confronter les points
de vue liés à la position et au statut, de mettre ensemble plusieurs spécialités
chronologiques ou thématiques et donc de comparer plusieurs types de relations aux Archives. C’est aussi parce que, depuis plusieurs mois, un débat
majeur est lancé dans l’espace public, relayé par les journaux, les radios, les
télévisions. Le Manifeste du 17 janvier 2001 a reçu plus de 1200 signatures
mais l’on recense près de 3000 à 4000 historiens de la période XVI
e-XXI
e
siècles, les efforts à faire encore pour convaincre et surtout proposer, sont flagrants. Dans la protestation, on lit deux constats, celui de la saturation des
centres d’accès aux documents, celui du vide quant au débat sur l’avenir des
archives même si l’on sait bien – la présence de nos collègues archivistes ici
l’atteste – que la profession est mobilisée. On a simplement l’impression d’un
renouvellement de problèmes, et de recommencer l’aventure de la BNF, où
l’absence réelle de discussion avec les lecteurs – ce que souhaitait cependant
l’administrateur d’alors – peut être considérée comme la cause des dysfonctionnements momentanés. Le manque de patience dû à la pression politique
entraîne ainsi le mépris des utilisateurs et en dépit des efforts, des choix à long
terme encore irrésolus.
La création d’un dialogue plus serré entre archivistes et historiens me paraît
non seulement nécessaire mais indispensable, et comme le seul moyen d’affronter les négociations difficiles à porter à terme avec les administrateurs et les
financiers. Dès 1985, la revue Vingtième Siècle avait posé la question des
Bibliothèques et des Archives en des termes qui avaient, on le regrette, soulevé
l’ire des principaux responsables. Or, ce dont il était question n’était pas de juger
la situation acquise par des générations pourvues, en place, mais de se pencher
sur les problèmes de l’avenir, ceux des jeunes chercheurs, et à plus long terme
encore, ceux de notre société, confrontés aux besoins d’un fonctionnement
ouvert, libre, garanti des Archives : sans cela pas de recherche possible. Le dysfonctionnement que l’on entend dans le dialogue quotidien et dans les protestations actuelles s’est accentué, les solutions sont à trouver.
Toutefois, les conditions nouvelles du débat sont à rappeler. Il s’agit d’un
débat national, qui ne doit pas intéresser uniquement Paris même si les chercheurs parisiens l’emportent en nombre, c’est une discussion qui doit porter sur
l’ensemble des dépôts, départementaux, municipaux, spécialisés, voire les bibliothèques riches en manuscrits anciens et modernes. Certains d’entre nous ont pu
travailler dans des conditions « préhistoriques », qui autorisaient néanmoins le travail continu, et d’autres ont vu disparaître l’usage efficace du déplacement des
documents à travers la France. Sans tomber dans la nostalgie, cette transformation est déjà en elle-même à interroger.
De surcroît, le débat, s’il est d’abord débat pour les historiens, ne doit pas
rester confiné uniquement à la sphère des historiens patentés et diplômés. C’est
un problème public qui vaut discussion publique donc critique. Depuis 1789, les
Archives sont un service public, responsable de la conservation et de la communication publique. Le goût actuel pour le passé, la mémoire, dont on nous rebat
les oreilles, l’intérêt personnel, familial, collectif, la recherche des racines ont mis
au jour un besoin aux composantes complexes mais qu’il faut assumer : 2/3 des
usagers du CARAN, dit-on, sont des généalogistes ou des amateurs sans finalité
universitaire ou scientifique. Le problème est réel, car il pose clairement la
question des usages et des fonctions différents des archives, qui ne sont pas les
mêmes pour toutes les catégories de lecteurs. Si les étudiants et les chercheurs
contribuent moins à l’encombrement des salles de lecture, ils ont aussi des
rythmes de travail et des besoins particuliers que ne résout pas l’emploi homogénéisant et réducteur du terme « usager ». Pour les responsables de la science,
l’engagement dans la formation des jeunes générations, la nécessité d’assurer la
continuité des recherches, l’exigence du renouvellement des questions entraînent une obligation contraignante; l’accès aux archives devient préoccupant,
car seules les archives de tous types et de toutes origines permettent d’élargirles
questionnaires. Les générations à venir ont à inventer leurs problèmes, et
elles ont le droit de les résoudre mais nous tous avons le devoir de leur permettre de le faire. C’est une question de liberté intellectuelle et donc de libertés politiques.
Le droit à la communication existe, mais l’accroissement de la demande,
interne et externe, accroît la tension entre les objectifs qui définissent la mission
des archives : ceux de la conservation, ceux de la transmission libre. Les premiers exigent des moyens et des activités sans lesquels les seconds ne peuvent
aboutir, protection documentaire, cataloguage et inventaires sommaires ou
non, conditions et moyens de prêts et de consultation qui doivent être adaptés
aux nécessités de la documentation contemporaine. La discussion ouverte ici et
au-delà devrait alors tenter de trouver des réponses aux problèmes actuels de la
demande et de l’offre et, pour aller vite, s’interroger à fond sur la question
posée, jusqu’ici : des bâtiments à Paris oui, mais pour quoi faire et que faire
ailleurs ? Elle devrait permettre aussi d’envisager non seulement le court terme
mais l’avenir. Des bâtiments, oui, certainement, mais pas seulement pour résoudre
un problème immédiat de communication techniquement perturbée par des flux
en progrès. Les étudiants – ma seule expérience n’est pas seule en cause, mais elle
compte – ne peuvent déjà plus travailler comme nous l’avons fait, il y a trente ans.
Ils ont aujourd’hui vingt ans, trente ans, ils seront les professeurs de 2010 à 2030,
et c’est cela l’important. La réflexion des archivistes est commencée, les journées
de la DAF en 1997, à Châlons en Champagne, des colloques divers, à Bruxelles
en 1996, à Bucarest en 1999, sur les numérisations, des rapports, des articles, le
montrent. Peut-être suis-je pessimiste ? Mais la réflexion des historiens ne me
paraît pas engagée aussi extensivement et en tout cas il y a peu d’échange avec nos
collègues et elle ne doit pas mobiliser que les problèmes parisiens.
Les archives françaises obéissent à des règles et à des conventions qui organisent l’accueil et la communication. La transformation du rapport entre professionnels et non professionnels a brouillé une relation à peu près satisfaisante
jusque-là. Parmi les professionnels, les professeurs, nombreux mais surchargés,
ne peuvent pas toujours se rendre aux archives, même s’ils le souhaitent – souvent
en raison des conditions d’accès qui se sont détériorées. La clef de la relation est
double :temps de consultation donc de préparation sans attente, nombre de documents consultables pour des études où le sériel a sa place. Les difficultés sont
connues, mais elles entraînent à court terme des transformations intellectuelles :
repli sur les dépôts ouverts aisément et difficulté des comparaisons, succès de
l’histoire des représentations et de l’imprimé. Le mouvement n’épargne aucun
domaine et l’on travaille souvent sur des choix dépendants des choix antérieurs
qui ont organisé dès le XVIIIe siècle, les publications et les inventaires. Pour les
non-professionnels, autre question, mais comment les identifier ? Et peut-on dire
par exemple qu’un professeur de collège est un amateur s’il se remet à l’histoire et
retourne aux archives à quarante ans pour y intéresser ses élèves; un journaliste
mobilisé sur le contemporain est à sa façon un défricheur d’Histoire; les amateurs
généalogistes de l’enquête Dupâquier sur la mobilité (TRA) ont travaillé pour permettre des résultats riches et ouverts. L’histoire contemporaine, celle du temps présent attire ce public qu’il faut savoir accueillir, car à sa façon, il détient par son
expérience des informations essentielles pour l’Histoire. Le problème que doit
poser le débat sur les archives est alors celui de la formation des non-professionnels.
Dans certains domaines de l’histoire future, il est capital : l’histoire des techniques, celle des administrations, celle des entreprises publiques et privées, celle
des métiers, des institutions du XXe siècle, celle des universités, de la bureaucratie,
toutes ces histoires ont besoin d’eux et eux ont besoin de règles critiques et de
méthodes. L’avenir des loisirs d’une population qui aura plus de temps libre à
vivre et qui sera plus cultivée que les générations précédentes ( 80 % des bacheliers dans une classe d’âge !) exigent que la formation continue des professionnels
et des amateurs soit liée, et que les archives et les universités y soient simultanément engagées. Il faut pour cela inventer des lieux et organiser des filières. Il
faut pour cela intégrer les réflexions sur la conservation et la communication à
un ensemble plus vaste. La production historique ne cesse d’augmenter en
même temps que les formes de travail ont changé pour les historiens. 1960,
9000 titres; 1999,14000 titres (!) recensés dans la Bibliographie annuelle de
l’Histoire de France. Entre les deux dates, « l’effet bicentenaire » a, comme l’ont
bien montré Michel Vovelle et ses élèves, révélé l’intérêt de la demande locale
et l’importance de relier la demande et la commande. La crise que certains
appréhendent à juste titre n’est pas seulement là où ils la pointent, elle est dans
l’infarctus qui guette tout le système ou les archives sont en amont, la formation et la production en aval.
Les archives doivent rester un lieu ouvert et, exigeons le, accueillant sans
refus, sans règles arbitraires. Des règles démocratiques de fonctionnement doivent y régner mais elles ne peuvent être garanties sans moyen. C’est pourquoi
il nous faut réfléchir à l’équilibre qu’il faut préserver entre les différents
niveaux de fonctionnement et d’accès, Paris, provinces, dépôts de statuts différents et, veiller à rétablir, grâce à des moyens modernes comme la numérisation, une circulation essentielle. Reproduction et communication exigent du
personnel et des techniques. Des contraintes financières fortes existent, mais
les erreurs financières aussi, et l’on m’épargnera de citer des exemples bien
connus. Ce questionnement renvoie aux conditions intellectuelles et sociales
du débat. Il importe, comme ce fut le cas pour la BNF, qu’il ne passe pas au-dessus de la tête de tous. L’agitation dans la presse de grands intellectuels français ou étrangers, le circuit fermé, conseil scientifique – commissions –
ministères – experts – conseillers – présidence, ne répondront pas à cette
attente car on en connaît le résultat. C’est pourquoi il faut prendre son temps,
prendre le temps de la réflexion, et appeler tous les intéressés à intervenir entre
le court et le long terme. C’est pourquoi il faut faire largement connaître ce qui
se fait, où et comment dans le domaine des recherches sur conservation et
communication à l’étranger comme en France. L’exemple des bibliothèques
allemandes est à cet égard incitatif et celui des Universités américaines est bien
connu. C’est à ce prix qu’on répondra à une double exigence, celle du service
public démocratique, celle du goût et du besoin créatif de connaissance du
passé proche ou lointain. C’est ainsi qu’on pourra gérer les solutions pour
identifier des variables multiples et des conflits réels, pour préciser le probable,
le souhaitable et le possible. L’enjeu est l’avenir de l’Histoire.
L’AVENIR DE L’HISTOIRE, L’AVENIR DES HISTORIENS
L’avenir ? Personne ne peut certainement dire ce qu’il sera mais cela ne
doit pas nous empêcher de l’imaginer. Quelles archives pour l’avenir ? Ce n’est
pas seulement affaire de bâtiment à Paris, d’archivistes, d’historiens et d’utilisateurs; c’est tout cela à la fois, mais pour un autre temps qui n’est pas le nôtre.
Le temps présent ne permet guère de raisonner pour ce qui est loin devant
nous et pour prévoir des besoins qui sont imprévisibles en fonction seulement
des nôtres, de nos intérêts, de nos moyens. Guy Thuillier a raison de faire ressortir l’imprévisibilité forte régnant en ce domaine. Avec lui, toutefois, on peut
esquisser quelques axes généraux et quelques propositions utiles.
La projection du présent rassure un peu indûment car notre discipline
fonctionne à l’accumulation et à la continuité. Elle a eu aussi ses ruptures exigeantes, comme l’a rappelé Antoine Prost, et leur exemple rend nécessaire
d’imaginer sans outrecuidance des types d’histoires et des modèles d’historiens à venir et à naître et différents en partie de ce que nous sommes. Il faut
tenir compte d’une évolution des valeurs de la demande et en fonction de cela
d’un changement des besoins de la formation. L’accroissement déjà évoqué
entraîne un besoin de réforme des études où les futurs chercheurs devraient
avoir une partie de leurs études directement engagée dans les archives, partiellement pour eux-mêmes, avec par exemple maîtrise, DEA, doctorat, partiellement pour un service intégré, une participation collective aux travaux
d’inventaires et de classement voire de renseignement. Des exemples de ces
travaux existent déjà, réservés toutefois à quelques assistants moniteurs normaliens privilégiés. Cela suppose une transformation radicale de nos habitudes vis-à-vis par exemple des concours, mais aussi des habitudes de nos
collègues archivistes, plus ou moins accueillants et hospitaliers devant notre
incompétence, réelle ou supposée.
Il faut ici être conscient que la demande sociale, la demande intellectuelle
et scientifique, la demande politique, n’avancent pas au même rythme, et il
importe de les accorder pour l’avenir alors qu’elles ne s’harmonisent pas dans
l’actualité. Pour cela, nous devons mobiliser les ressources de l’histoire de l’invention et de la philosophie de la novation, qui montrent, en notre domaine
comme en d’autres, la marche d’un progrès moins linéaire que dicté par des
essais, des erreurs, des flux et des reflux, des modes. Qu’en est-il aujourd’hui
des rapports de l’histoire et de la psychanalyse, qu’en est-il du modèle de la
quantification sérielle et du rêve de l’historien informaticien, quand l’outil mis
à la portée de tous a changé la donne technique ? La politique des Archives ne
peut se dispenser de résoudre à la question : quelles archives pour quelles histoires ? Quelles techniques pour quels produits ?
Or, notre temps est marqué par un double phénomène, celui de la multiplication documentaire sous toutes ses formes, et en même temps celui de l’accélération du nettoyage faute de place et de l’obsolescence des produits.
L’explication de notre présent et de ses conflits, l’analyse autrement d’un passé
banalisé sinon banalisable, par des modèles de vulgarisation à succès ne suffisent pas pour imaginer les besoins, comme le précise très bien Guy Thuillier,
citant Bergson en renfort. Il faut un hasard heureux, une chance exceptionnelle pour que nous notions justement dans la réalité présente ce qui aura le
plus d’intérêt pour l’histoire à venir, et… comment donc nous réglerons
aujourd’hui sur elle, l’explication du présent pour choisir parmi les faits, ceux
qu’il faut enregistrer, ou plutôt pour fabriquer des faits, en découpant selon
cette indication la réalité présente. Ainsi il importe de transmettre aux générations ce qui nous a intéressé comme ce dont nous avons hérité, mais en songeant à faciliter la création d’un intérêt nouveau.
L’exercice de prévision est incontestablement difficile, mais c’est le problème qui est à résoudre, et toute incitation à la recherche qui, en histoire, n’a
pas à permettre la restitution du passé mais à comprendre la médiation opérée
par la pensée entre passé, présent, futur. Avec Gadamer, on sait que la contemporanéité, et encore moins l’avenir, ne sont pas des modes de données de la
conscience, mais une tâche de la conscience, et le résultat d’une réalisation
active et constructive accomplie par chaque génération pour rendre contemporaines les faits passés, sans nous libérer du passé, en nous l’appropriant.
C’est pourquoi, les efforts de conservation et de communication doivent préserver cette nécessité, gage de notre liberté de pensée, et seul moyen de comprendre les actions réciproquement à l’œuvre dans l’histoire. L’objet de la
recherche historique n’existe pas en soi : il est à construire toujours et, la
connaissance de l’histoire, peut être aussi celle des historiens n’est jamais achevée. L’occasion du débat actuel est, à mes yeux, de penser le futur des Archives
en imaginant les dispositifs les plus libres pour garantir l’avenir.
Préserver les recherches à venir signifie qu’on va réfléchir à la sauvegarde
des archives produites par les institutions visibles de toute espèce, publiques
ou privées. Cela signifie qu’on doit être sensible, y compris pour nous-mêmes,
à veiller à la préservation de multiples sources souvent négligées, associations
enquêtes savantes, universités et départements multipliés dans les grands établissements, laboratoires, églises en crise, masse énorme de la littérature grise
confidentialisée par leur production même à fin d’expertise. De nouveaux
types d’archives sont apparus, et apparaîtront encore, élargissant l’éventail de
la documentation, et ils poseront des problèmes critiques comme l’ont posé et
le posent encore des archives nées avec la photographie, le disque, la radio, la
télévision, l’histoire orale, les générations renouvelées en permanence d’ordinateurs et de logiciels, de banques de données, le net. La discussion sur les
Archives et la cité pour les Archives nationales ne peut faire l’économie de
cette analyse, et doit travailler pour l’élargir. Collecter, conserver, diffuser les
sources de notre Histoire, et pas seulement de notre mémoire, ont leur prix
financier, mais plus encore intellectuel. Le traitement informatique des
archives pose d’ores et déjà des problèmes majeurs dont la solution ne peut
être renvoyée dans le futur, et les moyens conditionnent les fins et les accès
libres. Conserver, c’est déjà aborder les problèmes historiques; communiquer,
c’est permettre de les mieux poser et de les mieux résoudre.
Il importe à mon sens de réfléchir à trois choses dans le dialogue des archivistes et des historiens. Réfléchir à une politique nationale d’information, de
communication, de conservation, soit à ce qu’il faut sauver, à ce qu’on peut
penser sauver, à ce qu’il faut transmettre. Comment entendons-nous la voix
des SDF, sans les archives orales rassemblées par des sociologues comme
Pierre Bourdieu ? Mais où seront-elles présentées et consultables dans les
années à venir ? En second lieu, il importe d’informer et de donner les moyens
de travailler à ceux qui doivent accélérer l’accès à l’information. La numérisation à la demande, comme elle peut être tentée dans le domaine du livre,
comme elle a été ralentie à la BNF, faute de moyens, en dépit de l’idée lancée
au départ qu’on mettrait ainsi en réseau le patrimoine bibliographique du
papier imprimé, doit être envisagée dès le départ des nouveaux sites. Enfin, il
faut réfléchir aux historiens d’un nouveau type, les professeurs d’histoire du
secondaire, les retraités de plus en plus nombreux et disponibles, ceux des
administrations, des syndicats, des entreprises, tout un milieu issu de multiples
groupes socioprofessionnels sont disponibles. Il faut les informer, sinon les
former, et participer ainsi aux relations qui doivent rassembler les universitaires, la société, le public. Pour réunir et atteindre ces objectifs, il faut préserver et sauver les archives des humbles et des riches, les fonds des institutions et
ceux des entreprises. Il faut aussi y penser dans une perspective européenne,
sans laquelle il ne peut plus y avoir de concertation politique générale et de
formation éducative. L’enjeu n’est pas uniquement matériel, même si les
conditions matérielles, bâtiments, recrutements, crédits restent fondamentales.
L’enjeu est politique, c’est-à-dire qu’il interroge la capacité de notre société, de
notre pays, à sauvegarder son histoire à venir en sauvant ses archives, celles
d’autrefois, celles du futur.
[1]
Communication d’ouverture de la table ronde tenue le 31 mars 2001.