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Vingtième Siècle. Revue d'histoire

2002/4 (no 76)



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La crise des sociétés impériales

Charle Christophe, La crise des sociétés impériales. Allemagne, France, Grande-Bretagne 1900-1940. Essai d’histoire sociale comparée, Paris, Seuil, 2001, 609 p., 25,92 €.

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Voici un livre important. Alors que l’Europe prend forme, écrire une histoire comparée des sociétés européennes devient prioritaire. Or nous ne disposions jusqu’ici, en français, que d’une traduction de Kaelble et de travaux suscités par une question d’agrégation, dont le plus comparatif est sans doute celui de Guedj et Sirot [1]  Harmut Kaelble, Vers une société européenne 1880-1980,... [1] . Si intéressants soient-ils, ils ne supportent pas la comparaison avec cet ouvrage, issu de dix années d’enseignement et qui repose sur une impressionnante bibliographie tant française qu’anglaise et allemande. Christophe Charle met à notre disposition une synthèse remarquablement informée. Gageons que de nombreux lecteurs trouveront commode de se reporter à tel ou tel de ses chapitres pour faire le point sur de grandes questions comme la société allemande sous Hitler.

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La principale qualité de l’ouvrage n’est pourtant pas cette incontestable richesse. Ce n’est pas un manuel, mais un vrai livre, et qui n’est pas trop long – 540 pages de texte proprement dit – si l’on considère l’ampleur du sujet. La première partie : « les sociétés impériales (1900-1914) », la troisième : « l’impossible pacification (1919-1940) » et l’épilogue : « le double effondrement » de l’Allemagne et de la France s’organisent en chapitres nationaux, ce qui rend l’exposé très clair sans pourtant conduire à une juxtaposition de tableaux indépendants, car l’auteur garde toujours présents à l’esprit les deux autres pays quand il semble traiter seulement du troisième, et il saisit toutes les occasions d’expliciter différences et similitudes : chacune de ces histoires nationales sert en quelque sorte de réactif aux deux autres. La seconde partie – « vers la crise des sociétés impériales » – est traitée de façon plus directement comparative. Sur un sujet aussi rebattu, Christophe Charle réussit à montrer d’abord comment la guerre sort des luttes internes aux élites, qui surestiment le danger social intérieur tout en sous-estimant les effets de la guerre, puis comment l’unanimité sociale trop facilement réalisée, en donnant des pouvoirs exorbitants aux dirigeants, conduit ceux-ci à outrepasser les limites du possible et à précipiter la crise des trois sociétés, quoique selon des rythmes et des modalités spécifiques à chacune.

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La place manque ici pour détailler tous les apports originaux du livre. Par-delà son apparence d’ouvrage classique, il renouvelle en fait plus d’un sujet. Sur les élites françaises de l’entre-deux-guerres, par exemple, il montre en quelques pages comment elles se fractionnent, perdant leur cohésion de la Belle Époque. On voit ici émerger l’apport des recherches propres de l’auteur. Mais, même quand son travail est de seconde main, son interprétation est toujours personnelle.

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Ce livre fournit un bel exemple des qualités de l’histoire sociale qui explique dans leur globalité des phénomènes collectifs de grande ampleur. En lisant La crise des sociétés impériales, on comprend comment et pourquoi notre monde a été bouleversé dans la première moitié du 20e siècle. Mais cette histoire a les défauts de ses qualités. Elle ne peut, sans perdre une partie de sa richesse et de son pouvoir explicatif, éviter de recourir fréquemment aux chiffres qui sont la mesure même du collectif, et notre époque est peu friande de ces nourritures robustes, préférant des grâces plus littéraires. Surtout, l’histoire sociale est recherche de la force des choses et elle incline volontiers à une forme de déterminisme. Je partage personnellement cette perspective mais il faut parfois s’en affranchir si l’on veut rendre à l’événement sa fécondité. La façon dont Christophe Charle conduit son récit de l’entre-deux-guerres tend à faire de Vichy l’aboutissement logique de la crise que connaît la société française. C’est faire un peu vite l’économie de la guerre et de la débâcle. Il n’en disconviendrait d’ailleurs pas. Mais ce sont choses que chacun sait et son propos était d’apporter un éclairage nouveau. Ambition forte, que la réalisation justifie pleinement.

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Antoine Prost

L’Europe au xx e siècle

Horne John, Kramer Alan, German Atrocities 1914. A History of Denial, New Haven et Londres, Yale University Press, 2001, 608 p., 50 €.

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Dès l’entrée en guerre d’août 1914, les Alliés dénoncent les atrocités allemandes, campagnes de terreur pratiquées par les armées ennemies contre les populations civiles lors de l’invasion de la Belgique et de la France : exécutions, viols, mutilations, prises d’otages, incendies… Les récits de ces brutalités, qui vont crescendo à l’automne 1914, font écho aux accusations allemandes dénonçant les actes de barbarie commis contre leurs troupes par les francs-tireurs belges et français. La question des atrocités – et surtout leur dénégation mutuelle par les protagonistes – devient un enjeu symbolique majeur de la mobilisation culturelle : point focal de la campagne pour l’intervention des neutres, le thème donne du sens à la guerre en projetant, dans les pays combattants, une image déshumanisée de l’ennemi. La question gardera toute son acuité après-guerre. La mémoire obsédante des atrocités contribue à faire de la paix une affaire essentiellement morale, mais cette mémoire est bientôt contestée : la lecture pacifiste du conflit fait émerger l’idée, à la postérité durable, que les atrocités allemandes ont été une invention des gouvernements pour fonder le consentement de leur nation au sacrifice.

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Le livre de John Horne et Alan Kramer, contribution majeure à l’histoire de la culture de guerre, est aussi une magnifique leçon sur la construction de l’objet et l’administration de la preuve en histoire. À partir d’un considérable travail d’archives, les auteurs, en restituant le plus précisément possible « ce qui s’est réellement passé » (ils établissent ainsi un bilan de 6 500 civils tués en Belgique et en France durant les deux premiers mois de l’invasion), s’assignent la tâche de comprendre la manière dont les contemporains en sont venus à des perceptions aussi opposées des événements. Mais, en étudiant aussi les « atrocités allemandes », avec guillemets – c’est-à-dire les représentations culturelles et les imaginaires sociaux qui leur sont associés – Horne et Kramer montrent comment des mythes, des croyances, des légendes, alimentent le cycle des violences. Une manière de souligner combien les faits, en interaction avec leurs représentations, structurent l’expérience de guerre et tissent sa mémoire.

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Anne Rasmussen

Bechtel Delphine, La Renaissance culturelle juive en Europe centrale et orientale 1897-1930 : langue, littérature et construction nationale, Paris, Belin, coll. « Europes centrales », 2002, 319 p., 19,70 €.

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L’auteur, qui est en outre codirectrice de la collection dans laquelle paraît l’ouvrage, présente une version de sa thèse d’habilitation adaptée aux exigences de l’édition, réduisant ainsi sa bibliographie, ce qui est toujours regrettable. Au-delà de la renaissance évoquée par le titre, c’est plutôt une étude passionnante et riche des multiples transferts culturels entre les deux pôles du monde juif d’Europe centrale et orientale qui nous est proposée. La médiation entre le monde des Juifs orientaux et celui des Juifs occidentaux, essentiellement allemand, fait l’objet d’un examen très approfondi. Les personnalités des acteurs de ce transfert sont remarquablement dessinées et montrent une grande maîtrise de ces univers culturels. Parfois, cette « collaboration fructueuse et inédite » ne va pas sans incompréhension entre une avant-garde yiddish et un judaïsme allemand volontiers conservateur, mais la séduction réciproque agit le plus souvent.

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Malgré un ton quelque peu jargonnant, l’introduction livre une approche théorique et comparative solide. Certaines définitions auraient cependant gagné à être explicitées : l’absence de la Hongrie, cas très particulier, devrait être justifiée. De manière générale, l’auteur semble peu familière de l’histoire de l’empire austro-hongrois et commet quelques erreurs factuelles. L’évocation de ses marges, fréquemment annoncée, se limite en fait à la Galicie, alors que la Bucovine, plus complexe encore, est délaissée. On peut aussi contester l’amalgame systématiquement opéré entre intellectuels juifs allemands et autrichiens, dépositaires d’une identité sensiblement différente. Le philosophe hongrois György Lukács est ainsi « germanisé ». Mais l’ensemble constitue un travail extrêmement précieux pour le public français et l’on souhaite que la collection continue dans cette voie.

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Catherine Horel

Zorgbibe Charles, Delcassé 1852-1923, Paris, Olbia/Histoire, 2002, 384 p., 26 €.

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Cette biographie de facture classique est un récit qui se lit aisément. Elle raconte la carrière d’un jeune républicain de l’Ariège qui monte à Paris et devient journaliste dans le sillage de Gambetta. Élu facilement député de son département natal en 1889, Delcassé se fait vite remarquer à la Chambre et devient ministre des Colonies à 41 ans. C’est aux Affaires étrangères où il va se maintenir pendant près de sept ans (1898-1905) qu’il donne toute sa mesure. Cette longévité ministérielle exceptionnelle par rapport à ses éphémères prédécesseurs lui permet de réaliser ce que Charles Zorgbibe appelle le « grand dessein » de Delcassé, c’est-à-dire mettre fin à vingt années de guerre d’usure entre la France et l’Italie, resserrer les liens de l’alliance avec l’Empire russe et opérer un rapprochement avec la Grande-Bretagne. Avec la signature des accords franco-anglais de 1904 et la naissance de ce que l’on commence à appeler « Entente cordiale » s’esquisse une Europe bipolaire qui menace le contrôle exercé depuis Bismarck par l’Empire allemand sur le système des relations internationales. À Berlin, Delcassé est désormais perçu comme un danger majeur et sa chute espérée. Un heureux concours de circonstances et des pressions opportunes sur le président du Conseil Maurice Rouvier l’acculent à la démission (mai 1905). Il est « interdit » de Quai d’Orsay mais ses orientations, en particulier le rapprochement avec la Grande-Bretagne, sont maintenues par ses successeurs. Quant à sa gestion de l’alliance franco-russe, notamment lors de son ambassade de 1913-1914, elle mériterait un examen approfondi et critique.

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Le point faible de cette biographie est un renouvellement insuffisant des perspectives. Les recherches récentes, anglaises et allemandes, auraient permis de s’interroger sur les perceptions de Delcassé à l’étranger. Enfin, on doit regretter l’absence de prise en compte du remarquable colloque Delcassé et l’Europe à la veille de la Grande Guerre qui s’est tenu à Foix en octobre 1998. Ses actes, publiés au premier semestre 2001 par les soins des archives départementales de l’Ariège, auraient apporté à Charles Zorgbibe des matériaux, des analyses, des interrogations et des réflexions dont il aurait pu utilement tirer parti.

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François Roth

Wysokinska Teresa, Van Crugten Alain (dir.), La Pologne au 20e siècle, Bruxelles, Complexe, coll. « Interventions », 2001, 167 p., 21,20 €.

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L’ouvrage est né d’un colloque tenu en décembre 1998 à l’université libre de Bruxelles et intitulé : « La Pologne moderne (1918-1998), quatre-vingts ans d’une évolution perturbée – de Versailles en passant par Yalta, vers l’Union européenne ». Il se présente sous la forme de sept chapitres qui dressent chronologiquement le portrait politique, social et culturel de la Pologne au 20e siècle.

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L’esprit général de l’ouvrage est d’écrire un éloge du peuple polonais au cours du siècle dernier. Les auteurs traitant de la première moitié du 20e siècle insistent dans cette perspective sur le rôle international de la Pologne, reprenant fréquemment le mythe d’une Pologne sauveuse de l’Occident. Cela les amène à souligner les nombreux cas d’abandon du pays par les puissances d’Europe occidentale. La riche vie culturelle des années 1920 et 1930 est retracée dans un style alerte. La dictature de Jósef Pilsudski n’apparaît en revanche que succinctement.

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Les chapitres traitant de la seconde guerre mondiale puis de la période communiste insistent sur les actes de résistance des Polonais face à l’Allemagne nazie puis face à l’URSS, dans une lignée allant de l’Armée intérieure (AK) qui organisa le soulèvement de Varsovie en 1944 à la lutte du syndicat Solidarité dans les années 1980. On peut d’ailleurs s’étonner que, dans le cadre de cette thématique, l’insurrection du ghetto de Varsovie en 1943 ne soit jamais évoquée. La Shoah, qui marque pourtant l’histoire de la Pologne au 20e siècle, ne donne lieu quant à elle qu’à un rappel de quelques lignes, sans même que le nom d’Auschwitz soit mentionné.

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L’ouvrage se clôt sur un vibrant plaidoyer en faveur de l’entrée de la Pologne dans l’Union européenne, rédigé par un des acteurs polonais de cet élargissement vers l’Est.

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Au total, l’ouvrage permet à un lecteur intéressé mais non spécialiste, s’il garde à l’esprit les lacunes de cette synthèse, de comprendre l’histoire récente de la Pologne à travers le regard de spécialistes polonais ou d’origine polonaise.

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Justine Faure

Mazower Mark (dir.), After the war was over. Reconstructing the family, nation and state in Greece. 1943-1960, Princeton et Oxford, Princeton University Press, 312 p., prix non communiqué.

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La seconde guerre mondiale fut suivie en Grèce par une non moins terrible guerre civile dont les effets politiques marquent aujourd’hui encore le pays. L’historiographie tendait pourtant à réduire ces enjeux au banal affrontement opposant l’Est à l’Ouest. Professeur à l’université de Londres, Mark Mazower propose une approche différente. En accordant la part belle à la micro-histoire, il entend revenir à une analyse sociale des années sombres – conception que partagent ses coauteurs dans un livre stimulant. La complexité de l’épuration grecque est ainsi soulignée. Elle associe trois formes de justice : ethnique contre les peuples ayant collaboré (les Albanais), révolutionnaire pour les communistes (combattant les ennemis de classe), policière pour les royalistes – hostiles au bolchevisme. Ces visions antagonistes débouchent sur un bain de sang, l’État se montrant incapable d’imposer sa loi, préférant surtout épargner les collaborateurs pour mieux combattre les rouges. Cette option conduit au demeurant à utiliser largement les « déclarations de repentance ». Employé sous Metaxas, ce procédé fut à nouveau en usage après 1944. En demandant aux communistes d’abjurer, le pouvoir brisait la cohésion du groupe, amenait les militants à se renier, voire à se métamorphoser en bourreaux quand ils se chargeaient, en prison, de rééduquer leurs camarades. À l’inverse, la mort fut présentée par les communistes grecs comme un sacrifice idéal – moyen de restaurer cette identité menacée. Ces tensions, par ailleurs, n’épargnèrent ni les femmes, ni les enfants. Plus d’une centaine d’enfants furent ainsi emprisonnés puis, libérés, parfois envoyés en pensionnat. Cette détention n’a pourtant pas toujours laissé de trop graves séquelles. Soutenus par la famille, fiers de la cause que servaient leurs parents, ils s’adaptèrent tout en reprochant après coup à leurs géniteurs de les avoir délaissés. Le choix, pour les femmes notamment, n’était il est vrai guère aisé. La guerre amenait leur politisation – à un prix souvent élevé. Au nom de la responsabilité collective, les autorités les arrêtaient quand leurs conjoints militaient. Quand elles combattaient, elles encouraient de graves risques (tonte, emprisonnement, déportation dans des îles inhospitalières…). Elles durent, surtout, souvent renoncer au bonheur privé, abandonnant l’idée de se marier ou d’avoir des enfants. Situations complexes, on le constate, que cet ouvrage retrace avec nuance, contribuant ainsi à renouveler les perspectives d’une histoire encore brûlante.

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Olivier Wieviorka

Migrants, réfugiés, exilés

Blanc-Chaleard Marie-Claude, Douki Caroline, Dyonet Nicole, Milliot Vincent (dir.), Police et migrants. France 1667-1939, Rennes, PUR, 2001, 422 p., 24 €.

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Ce livre constitue le modèle de ce qu’il est souhaitable de réaliser à partir des communications d’un colloque. Les contributions regroupées en quatre thèmes sont précédées, pour chacun d’eux, d’un long texte introductif synthétique qui accroît leur cohérence.

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Historiens et juristes déclinent l’évolution de l’institution dans le long terme, de la police des « migrants » (sujets du royaume en déplacement, vagabonds) qui, sous la monarchie absolue, passait déjà pour la meilleure d’Europe, à celle des « immigrés étrangers » au cours du premier 20e siècle.

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L’ouvrage offre une grande diversité d’approches : par organismes de contrôle, par régions françaises, par populations concernées. Une des questions qui se posent à toutes les époques est celle de l’efficacité réelle de la surveillance sur le terrain. Quelle interprétation donner à des consignes sans cesse réitérées ? S’il fallait lire les instructions à la lettre, la police serait féroce et la vie des (im)migrants infernale. Or nombre d’entre eux sont toujours passés à travers les mailles du filet, parvenant à vivre et à travailler clandestinement. Moins qu’une incapacité à agir et à faire respecter les arrêtés, ce laxisme relatif aurait eu vocation pédagogique, celle d’habituer progressivement le migrant à se voir tel, à accepter son statut réglementé.

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Mais si le lien entre le renforcement des pouvoirs policiers et la construction de l’État-nation est bien celui indiqué par Gérard Noiriel et quelques autres auteurs, qu’en est-il ailleurs en Europe, notamment en Allemagne où l’élaboration étatique fut plus tardive ? La perspective comparatiste serait sans doute à creuser davantage qu’à l’aide du seul exemple anglais face aux réfugiés communards.

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Janine Ponty

Lagarrigue Max (dir.), 1940, la France du repli – L’Europe de la défaite, Toulouse, Privat, 2001, 384 p., 22,11 €, 145 F.

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Cet ouvrage constitue la publication des actes du colloque organisé à Montauban, en mai 2000, à l’occasion du 60e anniversaire de la défaite de 1940. Il s’agit d’un recueil d’une trentaine de communications très diverses. La problématique centrale du colloque réside dans l’analyse des conséquences de l’exode, au printemps 1940, sur la moitié sud de la France. L’ouvrage n’évoque pas le sort des réfugiés français « ordinaires », que certains, dans le Midi, appelèrent « les Boches du Nord »… Il s’intéresse, en revanche, à « l’Europe de la défaite », celle des réfugiés de différentes nationalités qui ont trouvé asile dans le pays des Droits de l’Homme. Il présente également les situations d’accueil et les regards croisés entre les réfugiés et les populations indigènes. Le projet est original et ambitieux, le résultat inégal et hétérogène. Un classement en grandes sections permet, toutefois, d’ordonner l’examen.

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Les Belges sont, de loin, les plus nombreux. José Gotovitch leur consacre une solide étude où apparaissent des informations peu connues, comme les passages sur les CRAB, cette ébauche de nouvelle armée belge constituée sur le sol français, qui disparut sans avoir combattu. Une deuxième section est consacrée à d’autres populations étrangères repliées : réfugiés espagnols, italiens, allemands, autrichiens, juifs ou antifascistes. La contribution de Barbara Vormeier fournit une utile synthèse sur la pratique du droit d’asile à l’égard des réfugiés originaires du Reich nazi. Elle souligne la menace que fait peser sur eux l’article 19 des conventions d’armistice. Une troisième section s’attache aux conditions d’accueil offertes par les départements du Midi. Le rôle des municipalités y est déterminant. L’Hérault, étudié par Hélène Chaubin, fait figure de « Tour de Babel », avec des réfugiés originaires de seize nationalités différentes… Dominique Olivesi fournit, quant à lui, une utile synthèse sur les Alpes-Maritimes. Plusieurs communications abordent la mise en place de structures d’assistance dans le grand chaos de l’été 1940. On retiendra, en particulier, l’étude que Catherine Collomp et Bruno Groppo consacrent au Jewish Labor Comity, cette structure américaine qui s’efforce, avec pragmatisme, d’extraire du sol français des Juifs et les vaincus du socialisme européen.

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Malgré l’inégal intérêt des contributions, cet ouvrage offre un utile coup de projecteur sur le véritable choc culturel qui oppose, en 1940, deux France, celle du Nord et celle du Midi. La contribution stimulante de Laird Boswell, consacrée aux Alsaciens-Lorrains évacués en septembre 1939, montre que le problème n’est pas conjoncturel et révèle les failles profondes qui affectent la nation française en 1939-1940. Quant aux étrangers, aux réprouvés, venus de toute l’Europe, ils entrent alors dans un piège mortel, activé par Vichy.

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Yves Le Maner

Conway Martin, Gotovitch José (éd.), Europe in exile. European communities in Britain, 1940-1945, Berghahn Books, New York, Oxford, 2001, 288 p., 31 €.

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Depuis une dizaine d’années, l’exil apparaît comme un des thèmes aptes à stimuler une historiographie contemporaine toujours en quête de renouvellement. Par sa nature même, l’exil suscite des recherches transnationales et volontiers transdisciplinaires. L’historiographie anglaise semble synchrone avec cette évolution et soucieuse d’étudier à son tour la période de la seconde guerre mondiale où Londres fut parfois le dernier refuge d’un long périple. Le colloque anglo-belge dirigé par Martin Conway et José Gotovitch, Europe in exile, s’insère donc dans ces problématiques en offrant quelques plongées érudites dans Londres, ultime môle de résistance à Hitler et capitale soudainement bigarrée de populations belges, polonaises, néerlandaises et françaises, qui dessinent en creux la cartographie des conquêtes de Hitler. Ce cosmopolitisme de guerre semble d’ailleurs avoir durablement marqué la mémoire londonienne.

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Si l’exil américain est caractérisé par le rôle joué par les organisations de sauvetage juives et par la politique délibérée des États-Unis pour faire venir les élites intellectuelles et scientifiques, l’exil anglais est marqué par la présence et la structuration des gouvernements en exil de Belgique, des Pays-Bas, de Norvège, de Pologne sans oublier les Français Libres. Ce n’est pas sans conséquence sur le type de populations qui vivent en Grande-Bretagne pendant la guerre : beaucoup de militaires, des fonctionnaires nourrissant l’embryon d’État que chaque gouvernement tente de reconstituer, sans oublier des groupes homogènes de pêcheurs français et belges installés dans le Devon ou en Cornouailles. En effet, une des spécificités de ce colloque, par-delà la pluralité des intervenants, est de privilégier l’approche sociale des communautés de réfugiés dont l’existence fut souvent oubliée au profit des gouvernements en exil et de leurs relations tumultueuses avec les Alliés. La communauté française a été effacée derrière l’ombre portée par le général de Gaulle, la polonaise derrière Sikorski… Les Belges étant partie prenante dans le projet et constituant l’un des groupes les plus importants de réfugiés, ils bénéficient d’un coup de projecteur spécifique.

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Bien qu’inscrites sous le sceau d’une histoire sociale, ces quelques études ne peuvent qu’envisager le réfugié comme un être essentiellement politique. En effet, même dans la très libérale Angleterre, le statut du réfugié est précaire. Sa marge de manœuvre est étroitement soumise aux aléas de la conjoncture militaire et de l’évolution des rapports de force entre Alliés. Les instances politiques qui se structurent ou se restructurent en exil sont d’autant plus légitimes qu’elles réussissent à organiser le lien avec les résistances nationales (et éventuellement les diasporas étrangères, comme dans le cas polonais) et à leur faire accepter le leadership de Londres. Elles dépendent également des bonnes relations nouées avec les Alliés, en particulier avec les Anglais auxquelles elles sont étroitement soumises. L’accès à la radio est, notamment au début, la condition nécessaire à la survie politique. Finalement, et contrairement à toutes les images d’un exil politique souvent aussi impuissant que fratricide, aussi amer que vain, les politiques « londoniens » réussirent plutôt bien leur retour au pays – sauf les Polonais sacrifiés sur l’autel de la Realpolitik alliée – mais ils ne durèrent pas.

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Le troisième apport de ce colloque concerne précisément les héritages de l’exil. Ils sont abordés par l’article de clôture de Martin Conway, très stimulant dans la perspective originale qu’il adopte, et qui concourt à une certaine relativisation de ce legs. Finalement, d’après lui, l’Europe d’après-guerre, notamment le début de la construction européenne et la mise en place des programmes de Welfare, fut, bien moins qu’on l’a dit, façonnée par les hommes de Londres. Deux phénomènes appellent cette révision : la marginalisation rapide des premiers gouvernements issus de la guerre et l’émergence de deux forces politiques majeures dans l’Europe de l’Ouest, les communistes et les démocrates-chrétiens – deux mouvements précisément très sous-représentés à Londres. En revanche, l’héritage de Londres apparaît une décennie plus tard, dans l’Europe de la fin des années 1950 et 1960, celle de Bad-Godesberg, du traité de Rome et de la modernisation gaullienne. C’est là entamer une réflexion sur l’étude des transferts culturels, qui est un des grands axes des recherches sur l’exil.

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Emmanuelle Loyer

Regards sur la Shoah

Gellately Robert, Hingeschaut und weggesehen. Hitler und sein Volk, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 2002, 29,90 €.

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Que savaient les Allemands des crimes nazis et à quel degré y étaient-ils impliqués ? Depuis plusieurs années, de nouveaux travaux d’historiens insistent sur la popularité du régime nazi et constatent la participation active de soldats de la Wehrmacht, de savants ou d’Allemands « ordinaires » à l’exclusion, à la persécution et à la destruction. L’historien canadien Robert Gellately a pris une part active dans cette nouvelle historiographie, en particulier par son étude des dénonciations arrivées à la Gestapo. Dans son nouveau livre, dont on pourrait traduire le titre par « Ils l’ont vu, mais ils se sont détournés. Hitler et son peuple », Gellately tire la conséquence des recherches des quinze dernières années en proposant une étude d’ensemble de la terreur nationale-socialiste. Sa thèse est la suivante : la grande majorité des Allemands était informée des persécutions puis de l’élimination des opposants politiques, des marginaux et des Juifs ; elle y consentit et y participa. L’auteur insiste dans cette perspective sur le caractère public de la politique de terreur. Il démontre par exemple que les journaux et les revues donnaient des informations sur les condamnations à mort et les camps de concentration.

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Robert Gellately souligne que de larges pans de la société allemande, mécontents de la République de Weimar, saluèrent l’avènement du nouveau régime et acceptèrent la persécution des communistes, l’institution d’une police politique ainsi que les mesures prises à l’encontre de la minorité juive. En outre, les médias justifiaient les camps de concentration en affirmant que les détenus y étaient bien traités et qu’ils n’étaient que rééduqués en vue d’une réintégration dans la communauté nationale. Après le déclenchement de la seconde guerre mondiale, le gouvernement national-socialiste renforça sa lutte contre les « ennemis à l’intérieur », s’appuyant sur une opinion publique majoritairement favorable à des peines lourdes. La société allemande accepta aussi l’exclusion des mendiants, des criminels, des tziganes (Sinti et Roma), des homosexuels et des handicapés mentaux, exclusion justifiée par une « biologie des races » qui culmina par des actions massives d’élimination physique pure et simple. Selon Gellately, cet accord populaire incluait la politique d’euthanasie, ce que contestent d’autres auteurs. La persécution des Juifs fut, elle aussi, grandement facilitée par un large soutien tacite de la population et par de nombreuses dénonciations auprès de la Gestapo. Ainsi, sans avoir nécessairement été des nazis à cent pour cent, la grande majorité des Allemands contribua, et jusqu’à la fin du régime, à ce que le régime national-socialiste pût réaliser ses objectifs.

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Robert Gellately sait étayer ses thèses par des sources sûres, tout en les développant de manière tout aussi élégante que convaincante. À la lumière de la recherche récente, ses résultats ne sauraient guère être contestés. Il manque cependant une analyse qui intégrerait, dans une perspective de plus longue durée, le sujet du livre dans l’histoire culturelle et sociale de la première moitié du 20e siècle. On aimerait savoir quels groupes sociaux plus précisément participèrent à la persécution et à l’élimination et quelles en furent les raisons. Gellately omet de discuter des différences entre hommes et femmes, entre les couches sociales, entre soldats et civils… De même, lorsque Gellately souligne le rôle des médias dans la justification de la terreur, on aimerait savoir pourquoi ces présentations eurent un tel succès. L’auteur aurait dû par exemple attirer l’attention sur le besoin d’ordre, ou encore sur un répertoire d’images et de traditions discursives. Ces menus points de critique constituent plutôt des axes pour une recherche future et ne sauraient diminuer le mérite de cet excellent ouvrage. On lui souhaite un public aussi large que possible.

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Moritz Föllmer, Berlin [traduit de l’allemand par Klaus-Peter Sick, Berlin]

Mesnard Philippe et Kahan Claudine, Giorgio Agamben à l’épreuve d’Auschwitz, Paris, Éditions Kimé, coll. « Le sens de l’histoire », 133 p., 16,77 €.

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Depuis Moyens sans fins (1995) jusqu’à Homo sacer (1997) et Ce qui reste d’Auschwitz. L’archive et le témoin. Homo sacer III (1999), le philosophe italien Giorgio Agamben, « penseur de la crise, du moment-limite », n’a eu de cesse de penser l’éthique dans son rapport à « la fracture d’Auschwitz », et pour être plus précis, de penser Auschwitz comme « l’épreuve suprême » de l’éthique. C’est sous cette bannière que Philippe Mesnard et Claudine Kahan ont envisagé de relire attentivement, de manière critique, Ce qui reste d’Auschwitz, dernier ouvrage d’Agamben, dans lequel, notamment, il postule d’emblée que « l’aporie d’Auschwitz est l’aporie même de la connaissance historique ».

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Composé à deux mains donc, Giorgio Agamben à l’épreuve d’Auschwitz vient quelque peu contredire l’autorité du philosophe et contribue à le faire lire autrement. Ce que démontrent, à rigoureusement parler, Philippe Mesnard et Claudine Kahan, outre que Ce qui reste d’Auschwitz établit confusément une équivalence entre Sonderkommandos et SS, escamote et décontextualise la pensée de Primo Levi, ou bien encore procède à une lecture trop sommaire, si ce n’est tronquée, des Meguilès Auschwitz (Les rouleaux d’Auschwitz), c’est que Giorgio Agamben « éloigne gravement la pensée du réel ». Autant il a pu mettre à profit une partie de l’héritage de Michel Foucault (surtout la notion de bio-pouvoir), de Blanchot, Heidegger et Benjamin, autant, estiment Philippe Mesnard et Claudine Kahan, ce troisième volet d’Homo sacer est symptomatique « d’une démarche qui réfute radicalement la positivité des faits au profit exclusif de la langue ».

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En lisant à rebrousse-poil le corpus agambenien, Claudine Kahan et Philippe Mesnard ont essayé de souligner les artefacts, contradictions et fragilités d’une méthode dont la finalité serait de « découvrir dans l’histoire une fonction paradigmatique unique ou centrale » et, ce faisant, induirait une « position contemplative » d’Agamben, laquelle négligerait « les dernières avancées des sciences sociales et les derniers états du monde ».

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Ce dont témoigne cette relecture critique de l’œuvre d’Agamben, c’est donc le plus simplement, en même temps que le plus fortement, d’un travail assidu et rigoureux – quoique parfois à la limite de basculer vers la polémique – de recontextualisation d’une pensée, certes décisive et pertinente pour la compréhension de notre culture, mais qui, en certains points, se déconnecte de l’histoire qu’elle prétend éclairer.

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Anthony Dufraisse

Novick Peter, L’Holocauste dans la vie américaine, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 2001, 434 p., 25,95 €.

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Pourquoi l’Holocauste occupe-t-il une place primordiale dans la vie américaine ? Est-ce souhaitable pour les Juifs américains ? Les États-Unis sont-ils soumis au lobby juif ? Voilà les questions que pose Peter Novick dans un livre qui, on le devine, a suscité bien des polémiques [2]  Un compte-rendu de cet ouvrage dans sa version initiale... [2] .

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Au cours de la seconde guerre mondiale, Franklin Roosevelt n’a pas fait du sauvetage des Juifs son but de guerre principal. Puis, le conflit achevé, les survivants n’ont pas été entendus. La société américaine traite alors les Juifs comme les autres composantes de la population. Tout change avec le procès d’Eichmann en 1961. Le mot Holocauste entre dans le vocabulaire. La guerre des Six Jours et la guerre du Kippour démontrent les forces et les faiblesses de l’État d’Israël. Les deux piliers de l’identité juive sont érigés : la mémoire de l’Holocauste, la défense d’Israël. Le musée de l’Holocauste à Washington est inauguré en 1993. D’autres musées surgissent sur le territoire américain. Les États-Unis accaparent la mémoire de la Shoah.

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Novick tire les conclusions de cette chronologie. Les Juifs américains ont renoncé à se fondre dans le melting pot. Comme les autres communautés, ils ont leur histoire et leur identité profonde, qui repose sur la Shoah beaucoup plus que sur le sionisme ou le judaïsme. Du coup, les universités multiplient les cours sur l’Holocauste. Les jeunes participent avec enthousiasme aux voyages organisés à Auschwitz et Treblinka. On célèbre les victimes, et non plus les héros combattants. Les Juifs américains cessent de défendre les grandes causes. Ils se replient sur eux-mêmes.

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Pour les autres Américains, surgissent de l’Holocauste les leçons de l’histoire. Le totalitarisme sous toutes ses formes continue d’exercer sa menace. Il ne faut jamais abandonner le combat pour les droits de l’Homme. L’Holocauste, c’est le Mal absolu. Le comparer au racisme ou à la guerre du Vietnam, c’est commettre une erreur, voire une faute impardonnable. Les États-Unis se laissent aller à la tentation de verser « quelques larmes à bon compte ». Ils oublient leurs responsabilités historiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

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Personne ne conteste que Novick est un historien sérieux. Sa thèse ne laisse pas indifférent. Elle est, malgré tout, excessive, souvent maladroite, parfois ambiguë. L’évolution des Américains à l’égard de la Shoah est-elle si différente de celle des Français, des Allemands ou des Britanniques ? Les Juifs ont-ils sciemment instrumentalisé l’Holocauste ? Que reste-t-il du sentiment de culpabilité de l’Europe et des États-Unis ? Il conviendrait aussi de répondre à ces questions.

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André Kaspi

La France sous l’Occupation

Sanders Paul, Histoire du marché noir, 1940-1946, Paris, Perrin, 2001, 300 p., 22,80 €.

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Voilà un livre qui fera date car il traite d’un sujet qui a longtemps alimenté les fantasmes des Français, le marché noir. L’auteur, un jeune universitaire américain, présente une synthèse de ce phénomène complexe et ambivalent dont les innombrables retombées permettent de mieux saisir le côté extraordinaire de ces années de guerre. Pour mener à bien sa recherche, Paul Sanders a exploité de nombreux fonds d’archives inédites tant françaises qu’étrangères. Des exemples diversifiés rendent la démonstration vivante et font de ce travail un modèle du genre.

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Le marché noir ou marché illégal, présent tant dans la Résistance que dans la collaboration, est partout, en ville comme à la campagne. À sa base, on relève deux éléments : la pénurie et la tentative des pouvoirs publics pour résoudre le problème de l’offre et de la demande de réglementer le marché libre. La raréfaction des produits de toutes sortes mène à une généralisation de l’économie parallèle. Les biens de consommation, les matières premières industrielles, les tickets de rationnement, les métaux et pierres précieuses comme les devises étrangères, tout est sujet à un marché parallèle, illégal ou clandestin. Ces termes recouvrent aussi bien la hausse illicite, la non-déclaration de produits que la corruption de fonctionnaires, les trafics en tout genre en passant par les dessous de table, les manipulations, etc. Les Allemands se servent de ce marché illégal comme moyen d’exploitation pour étrangler le pays mais il serait faux, explique Paul Sanders, de s’en tenir à ce seul argument longtemps mis en avant. Beaucoup d’occupés ont largement contribué « à ces formes de vol civil ». Afin de se procurer des biens hors des circuits officiels, l’occupant créa ses fameux « bureaux d’achat » auxquels participèrent nombre de Français. Le meilleur exemple reste l’Organisation Otto où l’on trouve Bonny-Lafont, Masuy, Joanovici et tant d’autres malfrats. Démontant les mécanismes de la bureaucratie allemande, l’auteur montre qu’à partir de 1942, Goering tente de renverser à son profit les initiatives allemandes en matière de marché noir.

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L’attitude ambiguë de Vichy sur l’économie parallèle s’explique en partie par sa difficulté à satisfaire les besoins d’une population mécontente. Mieux valait fermer les yeux quand il s’agissait de petites opérations ayant pour but la seule satisfaction de besoins personnels que de pointer du doigt les dysfonctionnements des services du Ravitaillement. Les achats à la campagne sont une façon de pallier les manques du ravitaillement officiel. Si tous les milieux sont touchés, les producteurs et les commerçants « se comportent en véritables tyrans locaux ». Ils drainent dans leur sillage les collecteurs, des intermédiaires de tout poil spécialisés dans le ramassage de produits agricoles, de peaux brutes, jusqu’aux restaurateurs impliqués dans de petits trafics.

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Loin de se tarir à la Libération, le marché noir continue. Inflation, pouvoir d’achat en baisse, hantise de la famine contribuent à l’alimenter, opérant des transferts de richesses et entraînant, pour toute une génération, une perte certaine des repères.

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Dominique Veillon.

Berlière Jean-Marc, Chambrun Laurent, Les policiers français sous l’Occupation, Paris, Perrin, 2001, 389 p., 20,60 €.

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Contrairement à ce qui fut longtemps véhiculé, les archives policières de l’Occupation n’ont pas toutes été détruites. Cet ouvrage vient à point compléter l’histoire du maintien de l’ordre en des temps d’airain. En effet, à partir de milliers de dossiers du ministère de l’Intérieur et de la Préfecture de police, les auteurs ont, avec talent, retracé l’histoire interne de la police, un instrument régalien de l’État au même titre que la justice. Après une rapide synthèse de l’histoire structurelle des polices municipales unifiées en une police nationale sous le régime de Vichy, le livre entame une longue analyse de ce que fut l’épuration de la police. Car celle-ci a bien eu lieu même si elle fut entachée de nombreux règlements de compte entre membres de services concurrents. Ainsi, les policiers de la Brigade spéciale des RG ont davantage été sanctionnés que ceux de la Police des questions juives (PQJ). Un policier sur cinq a été puni par une sanction, un dégagement des cadres ou une révocation. Pourtant, pendant des décennies, la mémoire collective a retenu l’image d’une police qui aurait joui d’une totale impunité largement entretenue par la commémoration des combats menés par les policiers parisiens au moment de la Libération.

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C’est donc à la lumière d’une étude fine de l’épuration que les auteurs offrent de comprendre au mieux la collusion policière franco-allemande, notamment contre les communistes, les Juifs et les résistants. Sans l’aide de Vichy, les Allemands n’auraient sans doute jamais pu obtenir des résultats aussi probants au moment où les premiers attentats antiallemands étaient perpétrés à Paris, Nantes et Bordeaux. Grâce à des biographies de policiers et de truands et à des développements consacrés à certaines affaires, les auteurs montrent l’efficacité redoutable des policiers français, dont certains ont été promus de façon spectaculaire à des rangs élevés, ce pour leur zèle anticommuniste par exemple. Au contraire, d’autres ont été disgraciés en raison de leur attentisme face aux ordres de Vichy ou par simple vengeance d’un collègue frustré. Les brigades spéciales, comme les services plus classiques – sous l’action de Pucheu notamment – n’ont pas ménagé leurs efforts dans les traques et les rafles antijuives. Pour autant, les policiers français ne réussirent pas totalement à réprimer et à maintenir l’ordre, malgré un engagement plus important dans la collaboration sous Bousquet, à partir de 1942, et ce pour retrouver un semblant de souveraineté. La palette des comportements a été fort diverse ; en conscience, certains policiers n’ont pas hésité à désobéir aux ordres de Vichy et des Allemands. Malgré la grande solidité de l’ouvrage, il aurait été sans doute utile de consacrer davantage de développements à la vie et au travail quotidiens des policiers, dans toute la France et en dépassant peut-être une étude fondée sur les dossiers de l’épuration. Quelles différences existait-il entre les pratiques policières à Paris par rapport à celles d’autres villes françaises ?

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Au total, comme pour la gendarmerie nationale, on retiendra la continuité de l’institution policière au travers de la Troisième République, du régime autoritaire de Vichy, des Quatrième et Cinquième Républiques.

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Éric Alary

Imaginaires sociaux

Artières Philippe et Kalifa Dominique, Vidal le tueur de femmes, Paris, Perrin 2001, 270 p., 20,60 €.

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En 1901, après avoir agressé deux prostituées près de Toulon, Henri Vidal, un hôtelier de 34 ans, assassine deux femmes à quelques jours d’intervalle. Arrêté peu après, il est condamné à mort en novembre 1902 puis gracié et envoyé à Cayenne où il mourra quelques années plus tard. De ce fait divers qui fit la Une de la presse provinciale et nationale, Philippe Artières et Dominique Kalifa ont fait un livre double à plus d’un titre : parce qu’il est composé à quatre mains, parce qu’il est à la fois austère et récréatif et parce qu’il comporte deux parties bien distinctes.

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La première partie est le résultat d’un montage audacieux qui juxtapose un ensemble de textes produits par et sur l’assassin : sa propre confession écrite puis les procès-verbaux et télégrammes d’enquête, les minutes du procès, les rapports d’experts et les articles de journaux. La mosaïque ainsi constituée est un véritable récit qui retrace certes le parcours d’un délinquant, mais qui, surtout, met en lumière la manière dont sont construites les figures multiples et parfois contradictoires d’un criminel. En rendant leur place au mouvant et à l’inachevé, cet ouvrage expérimental restitue la matière d’une histoire qui place entre parenthèses la question du réel pour braquer les projecteurs sur les représentations. Mais, comme chez le Faulkner du Bruit et la fureur dont se réclament les auteurs, c’est aussi un récit aux voix multiples qui rend admirablement compte de l’hétérogénéité, voire de l’atomisation profonde et constante que subit ce matériau flou qu’est le social.

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La deuxième partie, en forme de postface, est plus classique. Intitulée Vidal une vie de papier, elle livre une chronologie analytique et commentée des événements et de leur écho médiatique et judiciaire : tentatives d’assassinats, enquête et procès jusqu’à la condamnation à mort, la grâce, l’exil en Guyane et la mort du coupable en 1906. Avec elle, on assiste à la généalogie d’un dossier « monstre » qui témoigne des pratiques journalistiques de l’époque et de son besoin constant d’inscrire la figure des criminels dans une culture et une histoire. On saisit alors l’enjeu de la prolifération discursive dont sont l’objet certains criminels et qui est toujours peu ou prou de donner un sens à l’événement.

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Au total, ce Vidal est un livre novateur et passionnant dont la construction même stimule la réflexion épistémologique. Car ce copié-collé de textes aux intentions et aux styles différents renvoie à la question du choix. Comment ont-ils été choisis au sein du flux discursif que l’on devine énorme, quels ont été les critères qui ont présidé à leur sélection et à leur découpage ? Voilà ce que les auteurs ne nous disent pas mais qui est une manière somme toute stimulante de rappeler que le premier travail de l’historien est là : autant que trouver, il s’agit de trier et de choisir. Restent les inévitables discordances de cette polyphonie qui tiennent aux décalages chronologiques : certains textes sont contemporains des événements qu’ils relatent, d’autres sont postérieurs. Or le chevauchement artificiel de discours non simultanés perturbe quelque peu l’objectif assigné à l’ouvrage. Il escamote les temporalités successives de l’affaire, efface la singularité du surgissement de tel ou tel type de discours et les entrées en scènes des figures successives de l’assassin (suspect, accusé, coupable, monstre, condamné, banni…).

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Anne-Claude Ambroise-Rendu

Bertin-Maghit Jean-Pierre, Fleury-Vialatte Béatrice (dir.), Les institutions de l’image, Paris, Éditions de l’EHESS, coll. « L’histoire et ses représentations », 2001, 252 p., 25 €.

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Issu des actes d’un colloque tenu à Cerisy-La-Salle en 1997, cet ouvrage rassemble une vingtaine de contributions ayant trait aux rapports entre l’image – cinématographique ou télévisuelle – et les institutions – politiques, médiatiques, sociales – dans la perception de l’événement historique. Cet ensemble, qui s’appuie le plus souvent sur les problématiques classiques de l’histoire des représentations, est organisé en trois parties. Elles abordent successivement le rôle des institutions dans la construction, le contrôle et la mémoire de l’événement par l’image.

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De l’étude de cas très pointue à celle d’une série, en passant par des textes à prétention théorique, plusieurs modes d’analyse sont mis en œuvre. L’extrême diversité des contributions donne le sentiment que cette thématique aurait gagné à être définie de manière plus rigoureuse, voire plus restrictive, car on peine à trouver un fil directeur dans l’architecture de l’ouvrage. Certains articles constituent néanmoins des apports intéressants à l’histoire culturelle du cinéma ou de la télévision. Gian-Piero Brunetta livre ainsi les secrets de la fascination de Mussolini pour Hollywood et sa signification au regard de l’histoire du fascisme italien ; Béatrice Fleury-Vialatte sonde les méandres de la construction télévisuelle d’une mémoire pied-noir ; Pierre Beylot analyse l’élaboration par Marcel Ophuls d’un discours médiatisé sur la guerre en ex-Yougoslavie. Des questions importantes sont également posées à propos de l’irreprésentabilité de la Shoah (Vicente Sánchez-Biosca, Pierre Sorlin) ou de l’image comme preuve de l’histoire (Martine Joly). Mais, comme c’est souvent la règle pour les actes d’un colloque, la grande dispersion et l’inégal intérêt des articles rendent difficile la synthèse de l’ensemble.

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Dimitri Vezyroglou

Histoire du sport

Chovaux, Olivier, 50 ans de football dans le Pas-de-Calais. « Le temps de l’enracinement » (fin 19e-1940), Arras, Artois Presses Université, coll. « Histoire », 2001, 379 p., 82 €.

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Cette monographie régionale est l’adaptation d’une thèse d’histoire, l’une des premières ayant pour sujet le ballon rond en France. Le plan chronologique adopté par l’auteur décrit les grandes étapes du développement du football dans des espaces propices à son épanouissement : les ports du Pas-de-Calais, le bassin houiller et la périphérie industrielle lilloise. Les étapes retenues sont classiques : d’une pratique distinctive de la jeunesse bourgeoise (y compris pour le Racing Club de Lens) avant la Grande Guerre, le football devient, dans les années 1920 et 1930, un loisir et un spectacle populaires volontiers patronnés par les Houillères. Cet essor provoqua une entrée, parfois à reculons, dans le professionnalisme à partir de 1932. Olivier Chovaux propose, en outre, dans une typologie finale, différents modèles de clubs à partir de leurs membres, leurs publics et leurs finalités.

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On saluera ici un ouvrage pionnier sur un sujet neuf, qui souffre, cependant, comme c’est le cas pour de nombreux travaux portant sur l’histoire du sport, de l’utilisation de sources souvent lacunaires et évasives. De même, on pourra reprocher à son auteur de s’étendre trop sur l’histoire sportive en tant que telle, à savoir le jeu et l’organisation administrative des clubs. On aurait aimé en savoir plus sur l’action des Houillères, l’origine sociale des joueurs ou encore les manifestations de soutien des supporters. De plus, la lecture d’historiens britanniques tels que Tony Mason ou Nicholas Fischwick, celle d’Eric Hobsbawm, en particulier, aurait pu donner plus de hauteur au propos. À cet égard, la notion de « tradition inventée » pouvait être utilisée avec bonheur dans le cadre de ce travail. Enfin, on regrettera qu’il ne soit pratiquement pas question du football comme enjeu politique, que ce soit du point de vue des fédérations travaillistes ou du municipalisme sportif.

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Paul Dietschy

Jaccoud Christophe, Busset Thomas (dir.), Sports en formes. Acteurs, contextes et dynamiques d’institutionnalisation, Lausanne, Antipodes, 2001, 262 p., 23 €.

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Si les ouvrages collectifs d’histoire du sport pèchent parfois par l’émiettement des objets abordés et la dispersion du fil problématique, ce n’est pas le cas du livre dirigé par Christophe Jaccoud et Thomas Busset. Il reprend les textes discutés lors d’un séminaire tenu à Neuchâtel en 2000 sur « L’institutionnalisation du sport ». Unité géographique, puisque neuf des onze contributions ont pour cadre la Suisse, et unité thématique sont affirmées dans un avant-propos précis et informé qui dresse un bilan théorique des études sur la question et définit une approche méthodologique fondée sur l’interdisciplinarité. Il s’agit d’utiliser les apports de la sociologie weberienne décrivant le processus de bureaucratisation croissante des sociétés européennes au 20e siècle, et ce dans une perspective diachronique. Comment et pourquoi le sport, pratique socialement marquée à la fin du 19e siècle, a-t-il abandonné son organisation en associations privées de pairs pour s’ancrer dans l’espace public de « l’ère des masses » ? Les modalités helvétiques de cette « mise en forme » permettent de confronter une chronologie et un schéma généraux à des contextes sociaux particuliers et ainsi d’éclairer en retour les fondements et les temporalités diverses du développement du champ sportif.

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Les dynamiques longues et exogènes sont par exemple privilégiées par Marco Marcucci qui montre comment les sports modernes ont obtenu une reconnaissance étatique en Suisse par le biais de leur intégration dans la politique de défense nationale dans l’entre-deux-guerres : il fallait incorporer la Nation par l’enrôlement des corps. Mais l’histoire de ce processus de rationalisation ne peut faire l’économie d’une analyse des représentations collectives. L’étude de Gianni Haver consacrée aux séquences sportives diffusées dans la production cinématographique de l’armée pendant la seconde guerre mondiale souligne dans cette perspective la mise en scène concomitante du corps des athlètes et de la force physique des soldats en montagne. La pérennité de l’institution s’enracine aussi dans une « croyance légitimée socialement à travers un réseau d’identifications positives ».

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Le prisme des dynamiques courtes et endogènes met quant à lui en lumière d’autres acteurs sociaux et des formes d’auto-institutionnalisation menées à une échelle plus réduite. La monographie de Pierre-Alain Hug présente par exemple les stratégies déployées par le baron Pierre de Coubertin pour implanter le CIO à Lausanne. En somme, un ouvrage dont la majorité des contributions illustre la fécondité d’une histoire sociale du sport considéré comme produit et miroir des transformations sociales.

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Fabien Archambault

Philosophie et histoire

Beck Ulrich, La société du risque. Sur la voie d’une autre modernité. Préface de Bruno Latour, Paris, Aubier, coll. « Alto », 2001, 521 p., 21,5 €.

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Publié alors que le nuage de Tchernobyl survolait l’Europe, La société du risque d’Ulrich Beck a nourri depuis quelques années le débat intellectuel en Allemagne et en Grande-Bretagne. Trop archaïque intellectuellement, la France serait passée à côté du chef-d’œuvre. Le propos va très au-delà d’une théorisation des risques technologiques majeurs. C’est une tentative pour penser une transformation sociale qui ferait passer de la « modernité industrielle » à une « modernité réflexive ». Désormais le risque ne serait plus simplement une menace externe qui s’accentuerait mais un produit constitutif de notre monde social. L’originalité de cette sociologie réside aussi dans une écriture qui cherche à penser des éléments qui, s’ils sont présents, appartiennent à un monde encore à venir. Son propos vise ainsi à « éliminer du champ de vision le passé qui règne encore et d’y substituer l’avenir qui déjà aujourd’hui commence à prendre forme ». Il en découle parfois une confusion dans l’argumentation, liée à l’accumulation de « thèses » dont on ne saisit pas toujours la cohérence et au recours à des notions historiques vagues (le Moyen Âge, la société industrielle) qui fonctionnent tantôt comme des métaphores, tantôt comme des découpages chronologiques.

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L’ouvrage est organisé autour de trois thèses majeures. La première affirme que nous passons d’une société centrée sur la production et la répartition des richesses à une société centrée sur la répartition des risques (risques qui se globalisent et transcendent les frontières des classes comme des États). La seconde est une théorie de l’individualisation des inégalités sociales, repérable notamment dans l’évolution du marché du travail et de la famille. La troisième analyse les effets d’une scientificisation croissante brouillant les frontières entre politique et science et conduisant à la fin du monopole de la politique sur la transformation sociale et du monopole de la science sur la maîtrise de la connaissance. Il en appelle finalement à une « politique différentielle » qui assumerait la disparition de ses frontières et aurait comme visée une démocratisation généralisée au domaine scientifique et économique.

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Paul Veyne parlait de « ces volumes de sociologie dont on se force à tourner les pages en luttant contre l’ennui du toujours-su, de ce mélange de truismes et d’à-peu-près, de logomachie et même-pas-faux que l’on parcourt parce qu’on peut y pêcher de loin en loin un petit fait instructif, une idée ingénieuse ou un bonheur de plume [3]  Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire, Paris, Seuil,... [3] . » Les bricoleurs d’idéologies des Verts et du Medef, grands lecteurs de Beck, ne s’y sont pas trompés.

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Pierre-Paul Zalio

Schneewind Jerome B., L’invention de l’autonomie. Une histoire de la philosophie morale moderne, traduit de l’anglais (États-Unis), Paris, Gallimard, coll. « NRF essais », 2001, 774 p., 35 €.

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L’histoire de la philosophie morale s’intéresse au fondement, divin ou humain, des normes morales et au rapport, direct ou passant par des experts, que nous entretenons avec ce fondement. Ainsi croise-t-elle sans cesse le religieux et le politique. Pour Jerome B. Schneewind, professeur à l’université Johns Hopkins, l’histoire de la philosophie morale s’inscrit à l’époque moderne dans le cadre d’un changement culturel global marqué par les dissensions au sein du christianisme, par l’appel à une plus large participation en politique et par l’intériorisation des normes morales. L’axe général de cette histoire est net : au point de départ l’obéissance à Dieu et à ses représentants, au point d’arrivée l’invention par Kant de l’autonomie rationnelle. Partant de l’essor et de la chute du droit naturel moderne, un inventaire riche et ordonné montre comment se sont élaborées les questions que Kant dut affronter. Une attention particulière est accordée aux auteurs, aux œuvres et aux débats de la tradition britannique des 17e et 18e siècles, depuis les platoniciens d’Oxford jusqu’à Hume, Smith et Reid. Comme le montre l’épilogue, Schneewind mène de front une histoire de la morale et une réflexion sur les problèmes historiographiques posés par la spécificité de cette discipline.

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Pierre Colin


Livres reçus

  • Barjot Dominique, Berthonnet Arnaud, Cœuré Sophie (dir.), Lefeuvre Daniel, L’électrification outre-mer de la fin du xix e siècle aux premières décolonisations, actes du 13e colloque international de l’Association pour l’histoire de l’électricité en France, Paris les 14 et 15 juin 2000, Publications de la Société française d’histoire d’outre-mer, 2002, 668 p., 45 €.
  • Barjot Dominique, Reveillard Christophe (dir.), L’américanisation de l’Europe occidentale au xx e siècle. Mythe et réalité, Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, coll. « Roland Mousnier », 278 p., 24 €.
  • Baudrillart Alfred, texte présenté, établi et annoté par Paul Christophe, Les carnets du cardinal Alfred Baudrillart, Paris, Cerf, 2002, 1170 p., 60 €.
  • Becker Jean-Jacques, Le traité de Versailles, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2002, 128 p., 6,50 €.
  • Bonnefous Édouard, La construction de l’Europe par l’un de ses initiateurs, Paris, PUF, 2002, 206 p., 15 €.
  • Bougeard Christian (dir.), Bretagne et identités régionales pendant la seconde guerre mondiale, actes du colloque international (15-17 novembre 2001), Brest, Centre de recherche bretonne et celtique, 2002, 412 p., 25 €.
  • Bougeard Christian, Tanguy Prigent, paysan ministre, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2002, 368 p., 22 €.
  • Bouretz Pierre, La République et l’universel, Paris, Gallimard, coll. « Folio histoire », 2002, 293 p., prix non communiqué.
  • Briais Bernard, Un dossier noir de la Résistance. Le maquis Lecoz, Saint-Cyr-sur-Loire, Éditions Alan Sutton, 2002, 192 p., 20 €.
  • Cahen Michel, Les bandits. Un historien au Mozambique 1994, Paris, Centre culturel Calouste Gulbenkian, 2002, 354 p., prix non communiqué.
  • Capdevila Luc, Voldman Danièle, Nos morts. Les sociétés occidentales face aux tués de la guerre, Paris, Payot, 2002, 288 p., 18,50 €.
  • Cheroutre Marie-Thérèse, Le scoutisme au féminin. Les guides de France 1923-1998, Paris, Cerf, 2002, 633 p., 38 €.
  • Chevandier Christian, Cheminots en grève ou la construction d’une identité (1848-2001), Paris, Maisonneuve et Larose, coll. « Actualités de l’histoire », 2002, 400 p., 20 €.
  • Clemenceau Georges, Introduction de Drouin Michel, L’Affaire Dreyfus. L’iniquité, Paris, Mémoire du livre, 2001, 591 p., 24,24€.
  • Combeau Yvan, La vie politique à la Réunion 1942-1963, Paris, Sedes, 2001, 206 p., prix non communiqué.
  • Connelly Matthew, A Diplomatic Revolution. Algeria’s Fight for Independance and the Origins of the Post-Cold War Era, New York, Oxford University Press, 2002, 408 p., 12,20 €.
  • Crozier Michel, Ma belle époque. Mémoires 1947-1969, Paris, Fayard, 2002, 396 p., 22 €.
  • D’Almeida Fabrice (études réunies par), L’éloquence politique en France et en Italie de 1870 à nos jours, actes du colloque organisé à Nanterre les 9 et 10 octobre 1998 par l’Université de Paris X Nanterre et l’École française de Rome, Rome, École française de Rome, 2001, 334 p., prix non communiqué.
  • Domenach Jean-Luc, Où va la Chine ?, Paris, Fayard, 2002, 398 p., 20 €.
  • Dosse François, Michel de Certeau, Le marcheur blessé, Paris, Éditions La Découverte, 2002, 658 p., 39 €.
  • Dupaigne Bernard, Rossignol Gilles, Le carrefour afghan, Paris, Gallimard, coll. « Folio actuel », 2002, 336 p., 7 €.
  • Dupuy Roger, La politique du peuple xviii e-xx e siècle. Racines, permanences et ambiguïtés du populisme, Paris, Albin Michel, 2002, 256 p., 18 €.
  • Duranton-Crabol Anne-Marie, Johnson Alvin et Fry Varian, Au secours des savants et artistes européens 1933-1945, Paris, Michel Houdiard éditeur, coll. « Biographies américaines », 2002, 114 p., 13 €.
  • Emelianova Irina, traduit du russe et annoté par Gérard Abensour, Légendes de la rue Potapov, Paris, Fayard, 2002, 396 p., 22 €.
  • Fior Michel, Les banques suisses, le franc et l’Allemagne. Contribution à une histoire de la place financière suisse (1924-1945), Genève-Paris, Librairie Droz, 2002, 331 p., 29,19 €.
  • Fior Michel, Les banques, Genève, Librairie Droz, coll. « Travaux », 196, 2002, 336 p., prix non communiqué.
  • Fitzpatrick Sheila, traduit de l’américain et du russe par Jean-Pierre Ricard et François-Xavier Nerard, Le stalinisme au quotidien. La Russie soviétique dans les années trente, Paris, Flammarion, 2002, 416 p., 23 €.
  • Fleury Antoine, Joye Frédéric, Les débuts de la politique de la recherche en Suisse. Histoire de la création du Fonds national suisse de la recherche scientifique 1934-1952, Genève, Librairie Droz, 2002, 225 p., 40,32 €.
  • Garrigues Jean (dir.), Les groupes de pression dans la vie politique contemporaine en France et aux États-Unis de 1820 à nos jours, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Carnot », 2002, 316 p., 21 €.
  • Gautier Jean-Paul, La Restauration nationale. Un mouvement royaliste sous la Cinquième République, Paris, Syllepse, 2002, 369 p., 21,50 €.
  • Gherardi Éric, Constitutions et vie politique de 1789 à nos jours, Paris, Armand Colin, coll. « Cursus », 2002, 184 p., 12,82 €.
  • Girault Jacques (dir.), Des communistes en France (années vingt-années soixante), Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, 23,75 €.
  • Guiheux Gilles, Les grands entrepreneurs privés à Taïwan. La main visible de la prospérité, Paris, CNRS Éditions, 2002, 256 p., 25 €.
  • Guillaume Sylvie, Le consensus à la française, Paris, Belin, coll. « Modernités », 2002, 18,20 €.
  • Gygax David, La Swiss-South African Association (1956-2000). Un organe du capital helvétique en Afrique du Sud, Fribourg, Chaire d’histoire contemporaine de l’université de Fribourg, coll. « Aux sources du temps présent », 2001, 330 p., prix non communiqué.
  • Hanson Victor Davis, Carnage et culture. Les grandes batailles qui ont fait l’Occident, Paris, Flammarion, 2002, 600 p., 25 €.
  • « La modernisation de l’Europe occidentale dans les années vingt », Histoire et Sociétés. Revue européenne d’histoire sociale, 1, premier trimestre 2002, 146 p., 10 €.
  • « Où en est l’histoire de l’Europe du xix e siècle ? », Histoire et Sociétés. Revue européenne d’histoire sociale, 2, deuxième trimestre 2002, 144 p., 10 €.
  • Horne Janet R., A Social Laboratory for Modern France, Durham et Londres, Duke University Press, 2002, 354 p., prix non communiqué.
  • Hutin Stanislas, préface de Pierre Vidal-Naquet, Journal de bord Algérie novembre 1955-mars 1956, Toulouse, Groupe de recherche en histoire immédiate, coll. « Sources et travaux d’histoire immédiate », 2002, 122 p., 20,58 €.
  • Jansen Sabine, Pierre Cot. Un antifasciste radical, Paris, Fayard, coll. « Nouvelles études contemporaines », 2002, 682 p., 30 €.
  • Jeannesson Stanislas, La guerre froide, Paris, La Découverte, coll. « Repères », 2002, 128 p., 7,95 €.
  • Kaltenbach Jeanne-Hélène, Tribalat Michèle, La République et l’Islam. Entre crainte et aveuglement, Paris, Gallimard, 342 p., 26,50 €.
  • Knibiehler Yvonne, La sexualité et l’histoire, Paris, Odile Jacob, 2002, 76 p., 24,50 €.
  • Kraus François, préface de Alain Bergounioux, « Les assises du socialisme ou l’échec d’une tentative de rénovation d’un parti », Les notes de la fondation Jean-Jaurès, 31, juillet 2002.
  • Lalouette Jacqueline, La République anticléricale xix e-xx e siècles, Paris, Seuil, coll. « L’univers historique », 2002, 480 p., 25 €.
  • Lareuse Jean, L’Amérique la magnifique, Paris, Éditions des Écrivains, 2002, 293 p., 19,20 €.
  • Lazar Marc, Le communisme : une passion française, Paris, Perrin, 2002, 249 p., 19 €.
  • Le Roy Ladurie Emmanuel (dir.), Les grands procès de Moscou. Une pédagogie collective, actes du colloque organisé le 28 septembre 2001 à la Fondation Singer-Polignac (Paris), Monaco, Éditions du Rocher, 2002, 240 p., 20 €.
  • Lewis Bernard, traduit de l’anglais par Jacqueline Carnaud, Que s’est-il passé ? L’Islam, l’Occident et la modernité, Paris, Gallimard, coll. « Le débat », 2002, 238 p., 19,90 €.
  • L’Heuillet Hélène, Basse politique, haute police. Une approche historique et philosophique de la police, Paris, Fayard, 2001, 340 p., 150 f.
  • Liauzu Claude, Liauzu Josette, Quand on chantait les colonies. Colonisation et culture populaire de 1930 à nos jours, Paris, Syllepse, coll. « Histoire : enjeux et débats », 2002, 251 p., 18, 50 €.
  • Lynch Édouard, préface de Serge Berstein, Moissons rouges. Les socialistes français et la société paysanne durant l’entre-deux-guerres (1918-1940), Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2002, 488 p., 28 €.
  • Marec Yannick, préface de Maurice Agulhon, Bienfaisance communale et protection sociale à Rouen (1796-1927) : expériences locales et liaisons nationales, Paris, La Documentation française-Association pour l’étude de l’histoire de la Sécurité sociale, 2002, 2 tomes, 1366 p., 68 € pour les 2 volumes.
  • Marie Jean-Jacques, Staline, Paris, Fayard, 950 p., 30 €.
  • Mazuy Rachel, Croire plutôt que voir. Voyages en Russie soviétique (1919-1939), Paris, Odile Jacob, 2002, 369 p., 26 €.
  • Merle Pierre, La démocratisation de l’enseignement, Paris, La Découverte, coll. « Repères », 2002, 128 p., 7,95 €.
  • Michelet, La cité des vivants et des morts, Paris, Belin, coll. « Préfaces et Introductions », 2002, 480 p., prix non communiqué.
  • Miller Paul B., From Revolutionaries to Citizens. Antimilitarism in France, 1870-1914, Durham et Londres, Duke University Press, 2002, 284 p., prix non communiqué.
  • Milza Pierre, L’Europe en chemise noire. Les extrêmes droites européennes de 1945 à aujourd’hui, Paris, Fayard, coll. « Nouvelles études contemporaines », 2002, 484 p., 22 €.
  • Moller Horst, Kittel Manfred, Demokratie in Deutschland und Frankreich 1918-1933-1940, Munich, Oldenbourg, Beiträge zu einem historischen Vergleich, 2002, 324 p., prix non communiqué.
  • Muller Jean-Marie, Charles de Foucauld, frère universel ou moine-soldat ?, Paris, La Découverte, 2002, 240 p., 17 €.
  • Nolte Ernest, traduit de l’allemand par Jean-Marie Argeles, Les fondements historiques du national-socialisme, Monaco, Éditions du Rocher, coll. « Démocratie ou totalitarisme », 2002, 174 p., 18 €.
  • Pennetier Claude, Pudal Bernard (dir.), Autobiographies, autocritiques, aveux dans le monde communiste, Paris, Belin, coll. « Socio-histoire », 2002, 368 p., 22 €.
  • Pradoux Martine, Daniel Mayer. Un socialiste dans la résistance, Paris, Éditions de l’Atelier-Éditions Ouvrières, coll. « La part des hommes », 2002, 272 p., 22,50 €.
  • Riley Alexander, Besnard Philippe (présentées par), préfaces de Jean-Jacques Becker, Christophe Prochasson, Un ethnologue dans les tranchées août 1914-avril 1915. Lettres de Robert Hertz à sa femme Alice, Paris, CNRS Éditions, 2002, 270 p., 29 €.
  • Rioux Jean-Pierre (dir), Deux cents ans d’inspection générale 1802-2002, Paris, Fayard, coll. « Mélanges historiques », 2002, 418 p., 22 €.
  • Roseman Mark, préface de Philippe Burin, traduit de l’anglais par Claude Markovits, Ordre du jour : génocide. Le 20 janvier 1942, Paris, Audibert, 2002, 206 p., 20 €.
  • Santamaria Yves, L’enfant du malheur. Le parti communiste français dans la Lutte pour la paix (1914-1947), Paris, Éditions Seli Arslan, coll. « Histoire, culture et sociétés », 2002, 320 p., 34 €.
  • Serrier Thomas, Entre Allemagne et Pologne. Nations et identités frontalières, 1848-1914, Paris, Belin, 2002, 351 p.
  • Sirot Stéphane, La grève en France. Une histoire sociale (xix e-xx e siècle), Paris, Odile Jacob, coll. « Histoire », 2002, 306 p., 24,50 €.
  • Steinhouse Adam, Workers’ Participation in Post-Liberation France, Lanham, Lexington Books, 2001, 246 p., prix non communiqué.
  • Todd Emmanuel, Après l’empire. Essai sur la décomposition du système américain, Paris, Gallimard, 2002, 238 p., 18,50 €.
  • Todd Olivier, André Malraux. Une vie, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2002, 992 p., prix non communiqué.
  • Toupin-Guyot Claire, préface de René Rémond, Les intellectuels catholiques dans la société française. Le Centre catholique des intellectuels français (1941-1976), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2002, 374 p., 22 €.
  • Tournier Maurice, Des sources du sens. Propos d’étymologie sociale, Paris, CNRS Éditions, 2002, 308 p., 23 €.
  • Vergnon Gilles, Le Vercors. Histoire et mémoire d’un maquis, Paris, Éditions ouvrières, 2002, 256 p., prix non communiqué.
  • Vermander Benoît, Les mandariniers de la rivière Huai. Le réveil religieux de la Chine, Paris, Desclée de Brouwer, 2002, 258 p., 22 €.
  • Vermeren Pierre, Histoire du Maroc depuis l’indépendance, Paris, Éditions La Découverte, coll. « Repères », 2002, 128 p., 7,95 €.
  • Vermeren Pierre, La formation des élites marocaines et tunisiennes. Des nationalistes aux islamistes, 1920-2000, Paris, La Découverte, coll. « Recherches », 2002, 516 p., 35 €.
  • Villain-Gandossi Christiane (dir.), L’Europe à la recherche de son identité, Paris, Éditions du CTHS, 2002, 556 p., 32 €.
  • Yvorel Jean-Jacques (dir.), « Images de l’enfance et de la jeunesse “irrégulières” », Le temps de l’histoire, 4 juin 2002, 252 p., 18,29 €.

Notes

[1]

Harmut Kaelble, Vers une société européenne 1880-1980, Paris, Belin, 1988 [1re éd. Munich, Beck, 1987] ; François Guedj et Stéphane Sirot (éd.), Histoire sociale de l’Europe. Industrialisation et société en Europe occidentale 1880-1970, Paris, Séli Arslan, 1998.

[2]

Un compte-rendu de cet ouvrage dans sa version initiale américaine (1999) est déjà paru dans Vingtième Siècle, n° 69, p. 214.

[3]

Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire, Paris, Seuil, 1971, p. 190.

Plan de l'article

  1. La crise des sociétés impériales
    1. Charle Christophe, La crise des sociétés impériales. Allemagne, France, Grande-Bretagne 1900-1940. Essai d’histoire sociale comparée, Paris, Seuil, 2001, 609 p., 25,92 €.
  2. L’Europe au xx e siècle
    1. Horne John, Kramer Alan, German Atrocities 1914. A History of Denial, New Haven et Londres, Yale University Press, 2001, 608 p., 50 €.
    2. Bechtel Delphine, La Renaissance culturelle juive en Europe centrale et orientale 1897-1930 : langue, littérature et construction nationale, Paris, Belin, coll. « Europes centrales », 2002, 319 p., 19,70 €.
    3. Zorgbibe Charles, Delcassé 1852-1923, Paris, Olbia/Histoire, 2002, 384 p., 26 €.
    4. Wysokinska Teresa, Van Crugten Alain (dir.), La Pologne au 20e siècle, Bruxelles, Complexe, coll. « Interventions », 2001, 167 p., 21,20 €.
    5. Mazower Mark (dir.), After the war was over. Reconstructing the family, nation and state in Greece. 1943-1960, Princeton et Oxford, Princeton University Press, 312 p., prix non communiqué.
  3. Migrants, réfugiés, exilés
    1. Blanc-Chaleard Marie-Claude, Douki Caroline, Dyonet Nicole, Milliot Vincent (dir.), Police et migrants. France 1667-1939, Rennes, PUR, 2001, 422 p., 24 €.
    2. Lagarrigue Max (dir.), 1940, la France du repli – L’Europe de la défaite, Toulouse, Privat, 2001, 384 p., 22,11 €, 145 F.
    3. Conway Martin, Gotovitch José (éd.), Europe in exile. European communities in Britain, 1940-1945, Berghahn Books, New York, Oxford, 2001, 288 p., 31 €.
  4. Regards sur la Shoah
    1. Gellately Robert, Hingeschaut und weggesehen. Hitler und sein Volk, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 2002, 29,90 €.
    2. Mesnard Philippe et Kahan Claudine, Giorgio Agamben à l’épreuve d’Auschwitz, Paris, Éditions Kimé, coll. « Le sens de l’histoire », 133 p., 16,77 €.
    3. Novick Peter, L’Holocauste dans la vie américaine, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 2001, 434 p., 25,95 €.
  5. La France sous l’Occupation
    1. Sanders Paul, Histoire du marché noir, 1940-1946, Paris, Perrin, 2001, 300 p., 22,80 €.
    2. Berlière Jean-Marc, Chambrun Laurent, Les policiers français sous l’Occupation, Paris, Perrin, 2001, 389 p., 20,60 €.
  6. Imaginaires sociaux
    1. Artières Philippe et Kalifa Dominique, Vidal le tueur de femmes, Paris, Perrin 2001, 270 p., 20,60 €.
    2. Bertin-Maghit Jean-Pierre, Fleury-Vialatte Béatrice (dir.), Les institutions de l’image, Paris, Éditions de l’EHESS, coll. « L’histoire et ses représentations », 2001, 252 p., 25 €.
  7. Histoire du sport
    1. Chovaux, Olivier, 50 ans de football dans le Pas-de-Calais. « Le temps de l’enracinement » (fin 19e-1940), Arras, Artois Presses Université, coll. « Histoire », 2001, 379 p., 82 €.
    2. Jaccoud Christophe, Busset Thomas (dir.), Sports en formes. Acteurs, contextes et dynamiques d’institutionnalisation, Lausanne, Antipodes, 2001, 262 p., 23 €.
  8. Philosophie et histoire
    1. Beck Ulrich, La société du risque. Sur la voie d’une autre modernité. Préface de Bruno Latour, Paris, Aubier, coll. « Alto », 2001, 521 p., 21,5 €.
    2. Schneewind Jerome B., L’invention de l’autonomie. Une histoire de la philosophie morale moderne, traduit de l’anglais (États-Unis), Paris, Gallimard, coll. « NRF essais », 2001, 774 p., 35 €.

Pour citer cet article

« Librairie », Vingtième Siècle. Revue d'histoire 4/ 2002 (no 76), p. 159-178
URL : www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2002-4-page-159.htm.
DOI : 10.3917/ving.076.0159


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