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Vingtième Siècle. Revue d'histoire

2005/4 (no 88)



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Quelle(s) Europe(s) ?

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Réunir des jeunes chercheurs en histoire de l’intégration européenne de différents pays, afin qu’ils exposent leurs travaux en cours, telle était l’ambition du colloque « Quelle(s) Europe(s) ? Nouvelles approches en histoire de l’intégration européenne au 20e siècle ». Dirigé par les professeurs Éric Bussière (université Paris-IV) et Maurice Vaïsse (Institut d’études politique), il s’est déroulé le 31 mars en Sorbonne et le 1er avril à l’IEP.

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Il était organisé par l’association Richie (Réseau international de jeunes chercheurs en histoire de l’intégration européenne), dont l’ambition est de faciliter les contacts entre doctorants et post-doctorants travaillant sur ces problématiques, par l’utilisation d’outils internet ou par l’organisation de colloques. La sélection des contributions était assurée par un comité scientifique européen, dont la plupart des membres ont assuré la direction d’une table ronde. Ainsi, trentre-trois jeunes chercheurs de quatorze pays différents ont été réunis.

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Le colloque a permis de montrer la dimension protéiforme de l’histoire de l’intégration européenne au 20e siècle. Tout d’abord, la construction européenne communautaire est traditionnellement identifiée à un processus qui, à partir de la CECA et de la CEE, a abouti à l’UE telle qu’on la connaît aujourd’hui. Son appréhension reste, presque cinquante ans après le traité de Rome, encore difficile, du fait de sa spécificité. Sur le plan interne, l’intégration européenne a fait l’objet de communications portant à la fois sur les institutions (Piero Malvestiti, la « crise de la chaise vide ») et sur les politiques communes. La politique régionale a permis, en particulier, de mettre en valeur le rôle des acteurs locaux en dépassant l’opposition traditionnelle Conseil-Commission. La politique sociale, qui ressurgit périodiquement dans le débat sur le « modèle européen », a été évoquée à travers les demandes françaises d’harmonisation qui ont été décisives dans l’acceptation de la CEE par la France, avant de disparaître de ses priorités. Sur le plan externe ensuite, l’épineuse question des frontières de l’Europe a fait l’objet d’un éclairage double. Le premier élargissement a été étudié à travers le prisme classique des relations entre Londres et le continent, mais aussi du point de vue des pays scandinaves. La problématique de l’élargissement a également été replacée sur le moyen terme, avec les exemples espagnols, polonais et turc. Enfin, certaines politiques dépassent cette dichotomie entre dynamiques internes et externes, comme l’intégration monétaire et la politique d’aide publique au développement.

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Si l’histoire canonique de la CEE, devenue UE, et de ses politiques a été largement évoquée, elle n’a pas été la seule. Les liens entre histoire de l’intégration européenne et histoire des relations internationales, notamment de la guerre froide, ont ainsi été développés afin de ne pas cloisonner le processus de décision en matière de relations extérieures. L’histoire de l’innovation a été sollicitée pour étudier de nouvelles formes d’intégration européenne, ainsi dans les secteurs de l’espace et de l’armement. Le domaine, en plein essor, de l’histoire des réseaux techniques a permis, à travers l’exemple des Postes et télécommunications, d’étudier des modèles de coopération technique européens alternatifs.

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Avant l’Europe communautaire, l’histoire intellectuelle a révélé la vitalité des mouvements proeuropéens dans l’entre-deux-guerres, à travers Paneuropa et les mouvements français liés à la SDN. De plus, le projet d’union franco-britannique de Jean Monnet de juin 1940 a été remis en perspective dans toute la série des projets d’union franco-britannique des années 1930. Enfin, l’histoire des représentations a été sollicitée, à la fois pour l’étude des dirigeants et pour celle des manuels d’histoire.

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Ce colloque a permis d’illustrer le dynamisme et la diversité des études consacrées à l’histoire de l’intégration européenne au 20e siècle. Ce domaine affirme sa spécificité en se concentrant sur les différents processus de rapprochement des États européens, au-delà des rapports interétatiques classiques. Dans cette optique, l’Europe ne constitue pas un simple espace géographique mais un cadre privilégié de collaboration, allant de la coopération à une véritable intégration. L’intégration désigne à la fois un processus et un objectif, celui de rassembler des parties « en un tout ou d’augmenter la cohésion d’un tout déjà existant [1]  François Perroux, L’Europe sans rivages, Paris, PUF,... [1]  », par la mise en commun des objectifs, voire de la mise en œuvre des politiques visées. Cette notion peut donc s’appliquer à des secteurs très variés mais aussi à des espaces géographiques différenciés au sein d’une Europe aux visages multiples.

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Depuis les travaux fondateurs de Pierre Gerbet, qui a honoré le colloque de sa présence, une seconde génération de professeurs, représentée au colloque par les présidents des tables rondes, a largement développé l’histoire de l’intégration européenne. Une troisième génération, aujourd’hui en poste comme maître de conférence a également soutenu le colloque, en particulier Laurence Badel (université Paris-I) et Stanislas Jeannesson (université Paris-IV) en assurant la fonction de rapporteur. Enfin, une quatrième génération en devenir a pu s’exprimer à cette occasion en présentant ses travaux.

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En ouverture de la deuxième journée, le Pr. Marc Lazar (Institut d’études politiques) rappelait combien la constitution d’un réseau international était difficile pour un chercheur, et intervenait normalement à un stade déjà avancé de la carrière pour nos aînés, faute de moyens de communications adaptés. Espérons que la multiplication d’initiatives de ce type à travers l’Europe pourra faciliter les contacts internationaux et ce dès le début des recherches.

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Maurice Vaïsse

Migrations universitaires

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Le réseau de chercheurs européens sur les migrations étudiantes en Europe s’installe dans l’historiographie étudiante et universitaire et ne cesse de s’élargir. Né en 2000 entre Halle, Genève et Paris à l’initiative de Hartmut Rüdiger Peter (Halle) et de Natalia Tikhonov (Genève), il organisait du 7 au 9 avril 2005 sa cinquième conférence à la Central European University de Budapest sous la houlette de Victor Karady. Cette rencontre suivie par une trentaine de participants issus de quatorze pays (Allemagne, Belgique, Bulgarie, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Pologne, Roumanie, Russie, Serbie, Suisse) faisait suite à la rencontre de Coppet-Genève (les 20 et 21 juin 2003) dont Nicole Fouché avait rendu compte ici même (numéro 81, janvier-mars 2004) [2]  L’essentiel des rencontres précédentes a fait l’objet... [2] .

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L’intitulé de ce symposium, « migrations universitaires, formation des élites et modernisation des États-nations en Europe (1850-1939) » ne reflétait qu’une partie de la commande faite aux intervenants. Si, de fait, les discussions ont porté sur les thèmes annoncés de la formation des élites nationales par l’envoi d’étudiants à l’étranger et sur le mouvement contraire de rapatriement d’étudiants formés dans les universités d’autres pays en vue de contribuer au développement économique, social et intellectuel de la nation, les communications avaient un but pratique et méthodologique souhaité en 2003 à Coppet : éclairer la faisabilité des travaux sur les migrations étudiantes par l’étude des sources aisément consultables (statistiques, archives publiques, archives universitaires, littérature, mémoires et biographies, etc.) et des sources « cachées » (correspondances, journaux intimes, « ego-documents », archives familiales ou personnelles, etc.). Il était demandé aussi aux participants de retracer l’historiographie du thème des migrations étudiantes dans leur pays. Un débat assez vif a par ailleurs eu lieu à propos de la prosopographie des étudiants. Cet exercice consiste-t-il uniquement en une liste nominative des étudiants ayant fréquenté une université ou renvoie-t-il à la notion d’élite, c’est-à-dire aux élèves qui se sont distingués après leurs études ? Notons que les Hongrois se distinguent par les extraordinaires recensements qu’ils ont effectués dans les universités allemandes ou austro-hongroises sur une période de trois siècles (1635-1944).

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La rencontre de Budapest a ainsi enrichi la bibliographie relative aux migrations étudiantes et offert de nombreux aperçus sur l’état des sources. Plusieurs intervenants ont noté l’intérêt de combiner les recherches dans le pays récepteur avec les investigations dans le pays émetteur, comme l’a fait Nicolas Manitakis dans sa thèse sur les étudiants grecs en France. C’est ainsi que l’on peut soulever la question essentielle de cette thématique, qui est la relation asymétrique entre pays intellectuellement armés (à l’Ouest de l’Europe) et pays en quête d’élites (à l’Est). Cela permet de situer les migrations dans leur contexte géopolitique, de cerner les stratégies d’expatriation (politique des bourses), de « nationalisation » de l’enseignement supérieur, de modernisation, de transferts intellectuels, de création d’élites nationales (« intelligentsia domestique »), voire de formation de l’État-nation dans certains pays, mais aussi le phénomène de « brain-drain », les « politiques culturelles » d’accueil d’étrangers (ouverture ou protectionnisme), le « nomadisme institutionnel » (expression de Claudie Weill) des étudiants d’une université à l’autre, etc.

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Ont été également précisées des questions soulevées au cours des rencontres passées, telles que la définition de l’étudiant, la notion de nationalité dans les empires centraux, la question juive, la vie quotidienne de l’étranger dans le pays d’accueil ou encore le concept de marché universitaire développé par Victor Karady.

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Pierre Moulinier

Le sport, de l’archive à l’histoire

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L’objectif de cette double journée d’études, tenue les 8 et 9 juin 2005 à Paris et Roubaix, et organisée par le Centre d’histoire de l’Institut d’études politique de Paris en partenariat avec le Centre des archives du monde du travail (CAMT) de Roubaix, était de proposer un état des lieux des ressources archivistiques de l’histoire du sport et de leur utilisation. Les participants, archivistes et historiens, ont présenté plus de vingt-six communications explorant la spécificité de ces sources et de cette histoire encore jeune.

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Ils ont tout d’abord insisté sur la richesse et la variété des archives du sport et de l’éducation physique, tout en relevant certaines lacunes. De fait, si le réseau d’archives publiques (archives nationales et départementales), le musée du sport, des entreprises privées comme la Société générale, ou encore des fédérations et de grands clubs sportifs, tels que le Racing Club de France ou le Stade français, ont permis de préserver un large éventail d’archives allant des sources manuscrites aux ressources de l’image, la conservation de traces tangibles de son histoire n’a pas été toujours une priorité pour le monde sportif. De leur côté, les grandes organisations internationales, comme l’Unesco, l’Union européenne ou encore le Comité international olympique et la Fédération internationale de football association (FIFA) ont, grâce à l’efficacité de leurs services de documentation et d’archives, apporté leur pierre à cette œuvre de conservation de la mémoire du sport.

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À partir de cet inventaire, ont pu ensuite être analysées les logiques suivies par les chercheurs en histoire du sport. Croisant les sources et les fonds disponibles, ayant largement recours à l’histoire orale, ces derniers ont construit une historiographie dont les principaux axes vont de l’étude de la sociabilité à celle des politiques publiques, de l’usage de la biographie à l’analyse du geste sportif, en passant par la place du sport dans les relations internationales.

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Au-delà du recensement des sources de l’histoire du sport, ces deux journées d’études ont ouvert des perspectives nouvelles. Le Comité national olympique et sportif français souhaite, par le biais de l’Académie olympique, servir d’interface entre les mondes sportif et scientifique pour favoriser le versement des archives des fédérations et associations dans des centres de conservation publics. En outre, des institutions telles que le CAMT sont devenues très attentives au recueil et à la préservation des archives du sport. Enfin se manifeste une volonté, tant au plan national qu’international, de faire partager les expériences, de diffuser l’information sur la disponibilité des sources et d’accroître la sensibilité du monde sportif à l’égard de cet enjeu mémoriel. L’action de coopération menée par le Comité international des archives (CIA) semble, à ce propos, tout à fait exemplaire et urgente pour sauver le patrimoine archivistique qui n’a pas encore été confié à des centres de conservation et qui risque ainsi d’être perdu ou détruit. Les actes de ces deux journées d’études seront coédités par les Presses universitaires de Franche-Comté et le Centre d’histoire de Sciences Po au printemps 2006.

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Paul Dietschy

Objecteurs de conscience, au service de qui ?

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Le 29 janvier dernier, près de quatre-vingt personnes (étudiants, chercheurs, archivistes, militants) ont participé, à Créteil, à une journée d’études sur le thème « objecteurs de conscience, entre associations et pouvoirs publics ». Organisée avec le soutien du conseil général du Val-de-Marne, du Service civil international et du Comité de coordination pour le service civil-Volontariats (CCSC), cette journée posait la question « Au “service” de qui ? ». Soutenue également par le Centre d’histoire sociale du 20e siècle (Paris-I – CNRS) et le groupe de recherche sur les militants associatifs (GRMA), cette initiative, portant sur un domaine de recherche encore en friche, était placée sous le signe du compagnonnage. Y travaillait depuis près d’un an un comité d’organisation composé de jeunes chercheurs en histoire – Régis Forgeot, Clément Grenier, Arnaud Loustalot – accompagnés par l’inépuisable défricheuse Françoise Tétard. La mise en berne de la conscription en France livre un nouvel objet de recherche aux historiens, à la croisée de deux problématiques : l’étude de l’opposition à la conscription, voire à l’institution militaire, et celle de l’essor du mouvement associatif, dégageant ces quarante années de mise en place, de développement et de la disparition du statut des objecteurs de conscience (1963-2002).

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Après un premier panorama, dressé par Françoise Tétard, des différentes étapes de la « reconnaissance légale » des objecteurs, Clément Grenier a présenté sa recherche sur l’Action civique non-violente (ACNV) qui, de 1959 à 1962, en pleine guerre d’Algérie, milita pour l’objection de conscience. La journée s’est poursuivie avec l’intervention d’Arnaud Loustalot sur la genèse de ce statut des objecteurs et les différents combats menés par le Service civil international dans le but notamment d’accueillir les premiers objecteurs en service… et leurs premières revendications lors des « années 68 ».

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À partir de cette période, se développent différentes approches du statut, et ce au sein même de ses partisans. Régis Forgeot a montré comment, très vite après sa naissance, le CCSC devient le théâtre de conflits, en particulier sur la question de l’attitude à adopter face au pouvoir et à l’affectation autoritaire à l’Office national des forêts (ONF). Michel Auvray, lui-même insoumis et auteur d’Objecteurs, insoumis, déserteurs, est revenu sur ce pluralisme objecteur, qui peut être regroupé autour de deux grands courants, l’un chrétien, l’autre libertaire, et sur ces « années 68 », qui voient également se développer la lutte des insoumis… Cette période est également marquée par des luttes contre la loi Debré, contre l’extension du camp militaire du Larzac et pour les comités de soldats…

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Après un débat qui reprenait les différentes phases et portait aussi sur le développement d’une objection moins militante à partir du statut de 1983, un repas-buffet préparé par des jeunes de l’association « Feu vert » et pris en commun, a permis de prolonger les échanges avant la reprise de l’après-midi. Une table ronde, préparée par Samuel Boussion et Axelle Brodiez, a approfondi le débat sur la dernière période de l’objection (1983-2002). Elle réunissait des responsables des gouvernements d’alors et des associations ayant accueilli des objecteurs, dont un ancien responsable du MOC (Mouvement des objecteurs de conscience) : quelle gestion des affectations ? Quelles spécificités de cette forme de salariat ? Quelles contradictions entre objecteurs et associations, entre militantisme et « objection de confort » ?

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La journée s’est terminée sur deux séries d’ouvertures. Tout d’abord, une ouverture sur les archives disponibles pour développer la recherche sur ce nouvel objet. Gaëtan Sourice, chargé de mission Fonjep au Pôle de conservation des archives des associations de jeunesse et d’éducation populaire (PAJEP) a présenté, à l’aide d’un montage visuel d’archives, les fonds privés d’associations et de militants (plus particulièrement ceux du CCSC et du SCI), qui permettent de mieux connaître l’objection et les objecteurs. Puis Jean-Pierre Brière, chef adjoint de la mission des archives nationales auprès du ministère des Affaires sociales, a montré en quoi les archives produites par l’État – en premier lieu, les administrations chargées de la gestion des objecteurs, dépendant successivement des ministères de l’Intérieur, de la Santé, de l’Agriculture, puis des Affaires sociales – pouvaient informer sur l’histoire de ce phénomène. Valérie Becquet a fait le lien entre la situation passée et celle d’aujourd’hui, en interrogeant la « fausse continuité » qu’est le développement actuel du volontariat. Cette journée est bien une première pierre à la construction d’un nouvel objet de recherche, où l’histoire pourra encore s’enrichir de la confrontation (pacifique !) avec les autres sciences humaines et sociales.

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Jean-Philippe Legois

Le congrès quinquennal de la « World history »

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Le 20e Congrès international des sciences historiques (CISH) – International Congress of Historical Sciences (ICHS) – vient de s’achever. Le prochain aura lieu en août 2010 à Amsterdam et, dès à présent, les comités nationaux commencent à le préparer. Comme le rappelait le président du comité australien d’organisation, Martins Lyons, c’est la première fois que ce congrès a eu lieu dans l’hémisphère sud ce qui « reflète le souci des adhérents du CISH d’élargir notre confrérie internationale d’historien ». Selon l’usage, ce congrès avait pour double objectif de permettre aux historiens de transcender les approches nationales pour valoriser la démarche comparatiste et de favoriser le dialogue entre les historiens des différentes cultures.

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Mille trois cents universitaires de soixante-dix pays étaient présents du 3 au 9 juillet à l’université de New South Wales de Sydney. Les trois thèmes principaux bénéficiaient d’une traduction simultanée dans les deux langues officielles du CISH, l’anglais et le français. Ils étaient intitulés : « l’humanité et la nature dans l’histoire », « mythe et histoire » ainsi que « histoire et guerre, paix, société et ordre international dans l’histoire ». Parallèlement, le congrès comptait vingt-six thèmes spécialisés, vingt table rondes et trois sessions de présentation des posters. L’Unesco avait financé six ateliers, cinq portant sur des thématiques régionales alors que le dernier s’intitulait « le dialogue des cultures : être historien demain ». Enfin, vingt-sept commissions ou associations internationales tenaient leurs assemblées générales sur des thèmes aussi divers que les études byzantines, l’histoire des femmes ou l’histoire de l’éducation.

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L’ensemble des communications sont consultables sur le site internet ( www. cishsydney2005. org ) mis au point par le comité organisateur qui, bien que souvent dépassé par l’ampleur de la tâche, sut toujours répondre avec sourire et bonne volonté, aux innombrables problèmes posés par les imperfections du livre-programme, par la dispersion des salles, ou encore par le manque complet d’informations sur les contributions données dans le cadre des organismes affiliés.

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Le sigle du CISH se rapporte aussi bien au congrès qu’au Comité international des sciences historiques, comité fondé le 14 mai 1926 à Genève sous l’égide de la SDN. Son siège est situé à Lausanne et son secrétariat est encore pour cinq ans à Montréal. Le CISH rassemble toutes les périodes et les disciplines historiques et il est composé de trois organes délibérants : les comités nationaux, les commissions transversales internes et les associations internationales affiliées.

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Son importance comme lieu de médiation entre les historiens relevant des différentes cultures politiques a diminué depuis la normalisation des relations internationales à la fin des années 1980. Néanmoins, il s’agit du plus grand congrès généraliste de la profession et c’est là que le poids relatif des écoles historiques est soupesé de manière très empirique au niveau international.

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La France a toujours joué un rôle important dans le CISH, en particulier lorsque le Pr. Bédarida s’y dépensait sans compter. Hier, le bureau du CISH comportait encore un représentant du comité national français. Aujourd’hui, le bureau ne comporte plus que deux francophones parfaitement bilingues, un Québécois et un Suisse, efficaces et reconnus.

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Lors de sa dernière assemblée générale intermédiaire à Paris en 2003, le bureau du CISH avait enregistré la candidature du comité national français à l’organisation du congrès à Paris en 2010. Le comité national hollandais était aussi sur les rangs. Aussi, dès le premier jour, le comité national français, sous la direction déterminée et fort courtoise du Pr. Jean-François Sirinelli de l’Institut d’études politiques de Paris, avec le soutien du Pr. Robert Frank de l’université Paris-I, présenta l’intérêt de retenir Paris : centralité scientifique, intellectuelle et culturelle.

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Les cinquante-cinq délégués présents à Sydney ont finalement retenu Amsterdam, ville considérée par certains comme moins chère, et par d’autres comme plus proche des pays du nord de l’Europe. Le CISH souhaitant à l’avenir se réunir une fois sur deux hors d’Europe, la candidature de la Chine est déjà en cours pour le congrès de 2015. Souhaitons que la France ne renonce pas à accueillir la communauté internationale des historiens et montre ainsi l’aptitude des membres les plus éminents de notre profession à se projeter dans l’avenir. Nous espérons également que la participation francophone au congrès mondial des historiens continuera à croître.

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Frédéric Angleviel

Notes

[1]

François Perroux, L’Europe sans rivages, Paris, PUF, 1954.

[2]

L’essentiel des rencontres précédentes a fait l’objet d’une publication collective bilingue éditée par Hartmut Rüdiger Peter et Natalia Tikhonov sous le titre Universitäten als Brucken in Europa. Les universités : des ponts à travers l’Europe, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 2003.

Plan de l'article

  1. Quelle(s) Europe(s) ?
  2. Migrations universitaires
  3. Le sport, de l’archive à l’histoire
  4. Objecteurs de conscience, au service de qui ?
  5. Le congrès quinquennal de la « World history »

Pour citer cet article

« Avis de recherches », Vingtième Siècle. Revue d'histoire 4/ 2005 (no 88), p. 133-139
URL : www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2005-4-page-133.htm.
DOI : 10.3917/ving.088.0133


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