Mouvements 2002/4
Mouvements
2002/4 (no23)
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Vous consultezOriana Fallaci ou la rhétorique matamore

AuteursBruno Cousin[*] [*] Sociologue. ...
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Tommaso Vitale du même auteur



Le champ intellectuel français a jusqu’ici été peu concerné par la controverse provoquée en Italie[1] [1] L’article d’Oriana Fallaci, première version du pamphlet,...
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, après les attentats du 11 septembre, par la publication de La rage et l’orgueil, véritable manifeste anti-islamique présentant des thèses violemment xénophobes. Après sa parution en français et hélas le succès de librairie qui s’annonce[2] [2] À cet égard, Oriana Fallaci a tout mis en œuvre, par...
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, il convient de revenir sur le contenu du livre qui, avec plus d’un million d’exemplaires vendus, caracole toujours en tête du classement des best-sellers de la Péninsule.

2 La rage et l’orgueil est bel et bien un sermon, un réquisitoire mais surtout un appel à l’intolérance et à la haine contre les musulmans. Comme Umberto Eco ne manqua pas de le faire remarquer[3] [3] U. Eco, « Le guerre sante, passione e ragione »,...
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et comme Oriana Fallaci elle-même le revendique fièrement, la déclaration de Silvio Berlusconi sur la prétendue supériorité de la civilisation occidentale s’en inspirait directement. Pourtant, le livre fut ignoré par la quasi-totalité de la presse internationale[4] [4] En effet, parmi les quotidiens qui ne firent jamais mention...
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et du monde intellectuel. Peut-être à juste titre. Car le lecteur y reconnaîtra les accents et les amalgames d’une rhétorique, caractéristique d’une partie de l’extrême droite européenne, qu’il convenait sans doute de marginaliser, voire d’exclure d’un débat au lendemain des attentats. Certainement aussi parce qu’Oriana Fallaci ne bénéficie nulle part ailleurs d’une notoriété aussi importante qu’en Italie. Panorama, principal hebdomadaire italien (appartenant à Berlusconi), lui a consacré sa couverture, ainsi qu’un article « biographique » de presque vingt pages intitulé « Portrait inédit d’Oriana Fallaci : la plus grande femme écrivain italienne[5] [5] De façon assez semblable, la parution dans Panorama, le...
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 ». Il faut dire que Fallaci s’est construite une notoriété et un capital symbolique (comme elle ne cesse de le rappeler) qui repose sur son expérience et son passé héroïque de jeune résistante, de femme ayant su s’imposer dans des univers masculins, correspondante au front du Viêt-nam à la Guerre du Golfe, grand reporter blessée en 1968 durant les affrontements de Mexico City et ayant frôlé la mort à plusieurs occasions, d’écrivain bardée de prix littéraires et de doctorats honoris causa, d’intervieweuse des puissants, d’« amie » du Dalaï Lama, etc.

• Un anti-islamisme viril et grossier

3 Intéressons-nous aux propos du pamphlet qui conduisent l’auteur à embrasser la thèse, formulée par Samuel Huntington dans sa théorie géopolitique du « choc des civilisations », de l’Islam comme nouvel ennemi de l’Occident. Le point de départ est celui d’un l’Occident défini en référence à un philo-américanisme viscéral. Parce que les États-Unis sont la première vraie démocratie et une nation avec laquelle l’Europe a des dettes héritées de plusieurs guerres, cette dernière ferait mieux, au lieu de se consacrer à des choses aussi ridicules que la monnaie unique, de réapprendre le patriotisme et l’union, face au malheur et à l’agresseur, avec nos frères de sang d’outre-Atlantique. L’agresseur, l’Islam, est d’autre part constamment comparé, par simple apposition de termes dans une même phrase, au communisme de Guerre froide. Il y a aujourd’hui un fondamentalisme islamiste comme il y avait un fanatisme communiste, des terroristes islamistes comme il y avait la Fraction armée rouge, des cheiks autocrates dans le Golfe comme il y avait des dictatures dans le bloc soviétique. Un ennemi aujourd’hui comme il y en avait un alors. Si cette perception de la scène internationale n’est pas partagée par tous les Européens, c’est parce qu’ils ignorent la rage. À la haine de ces kamikazes[6] [6] Oriana Fallaci avait déjà mis en scène des kamikazes...
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méprisables il faut répondre par la haine de l’autre, et ignorer le « chant » de tous ces intellectuels (ces « cigales » qu’elle ne cesse d’apostropher) consistant à lutter contre les préjugés ethniques ou religieux. Il n’y a qu’une explication à leur soi-disant tolérance : leur manque de courage et de virilité, véritables critères d’une analyse géopolitique qui permet de distinguer les hommes courageux, « ceux qui en ont », de la grande majorité des lâches. Courage viril qui manque tant à l’Italie pour prétendre être un grand pays.

4 L’auteur réfute tout d’abord tout relativisme culturel par la négation de la pertinence même à parler d’une « culture » littéraire et scientifique issue de mille quatre cents ans d’Islam, car « cela ne me paraît pas sérieux ». Sans vouloir ici reprendre toutes les patientes explications développées par Umberto Eco et Edward Saïd[7] [7] U. Eco, idem et « Sulla tolleranza », Repubblica,...
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pour tenter de remédier au travail de déséducation populaire entrepris par Oriana Fallaci, on se limitera à faire remarquer que, pour liquider les connaissances sur les différences et les mécanismes culturels qui résultent de cent cinquante ans d’anthropologie et d’études orientalistes, la démonstration paraît un peu courte… C’est pourquoi l’auteur l’étaie d’une revendication prônant la laïcité des sociétés européennes comme idéal universel, idéal qu’elle accuse la gauche d’avoir bradé par l’acceptation des différences culturelles des musulmans, alors même que la filiation du laïcisme anti-fasciste et républicain devrait nous inciter à combattre l’Islam, défini comme nouveau totalitarisme. Ensuite, sans déceler la contradiction partielle avec le point précédent, elle affirme que, malgré sa sécularisation, la société italienne repose sur des fondements catholiques (ce qui, en soi, est indubitable), pour en déduire que « Nos principes, nos valeurs », structurant une société monoculturelle, ne nous permettent pas d’accueillir des immigrés musulmans[8] [8] Par ailleurs, l’idée même que les immigrés ne sont...
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.

5 Oriana Fallaci en arrive ainsi à l’immigration en Italie, et assimile systématiquement tous les musulmans à des terroristes. Elle n’hésite pas non plus à lancer un appel au Pape pour obtenir son aide dans la lutte contre l’Islam et à se référer de manière explicite et enthousiaste aux Croisades et à la Reconquista espagnole. « Parce qu’Oussama Ben Laden et les talibans, je ne cesserai jamais de le dire, sont seulement la manifestation la plus récente d’une réalité qui existe depuis mille quatre cents ans. Une réalité sur laquelle l’Occident ferme stupidement les yeux », « j’affirme que neuf imams sur dix sont des Guides spirituels du terrorisme ».

6 L’Autorité palestinienne et al-Qaeda sont donc considérées comme deux organisations terroristes équivalentes. Mais, surtout, la majorité des immigrés de confession musulmane sont assimilés à des terroristes potentiels. La menace est partout : « Dans nos villes, dans nos rues, dans nos universités, dans les ganglions de notre technologie. » Les immigrés, en particulier les sans-papiers, sont décrits comme les acteurs d’un véritable complot : « S’ils sont si pauvres, qui leur donne l’argent pour le voyage sur le bateau ou le canot pneumatique qui les amène en Italie ? Qui leur donne à chacun les dix millions[9] [9] Dix millions de lires valent environ cinq mille euros. ...
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(au minimum dix millions) nécessaires pour payer le voyage ? Ça ne serait pas Oussama Ben Laden, dans le but d’établir des têtes de pont aussi en Italie et de mieux recruter les terroristes de al-Qaeda ? Ce ne seraient pas les princes de la Maison royale saoudienne, dans le but d’amorcer une conquête qui n’est pas tellement une conquête des âmes mais une conquête territoriale identique à celle qui, pendant plus de sept siècles, eut lieu dans la péninsule ibérique ? »

7 Les immigrés sont longuement comparés à des barbares qui souillent les places d’Italie comme les talibans ont détruit les Bouddhas de Bamiyan : « La grande tente avec laquelle, il y a deux étés, des Somaliens (pays en fort bons rapports avec Ben Laden, la Somalie, tu t’en souviens ?) ont marqué et couvert de merde et outragé pendant trois mois et demi la Place du Dôme à Florence. Ma ville ». Ainsi, « plus que d’émigration, il s’agit donc d’une invasion ». Les immigrés sont désignés comme responsables de tous les crimes et délits, accusés de propager par la prostitution les maladies sexuellement transmissibles, de nuire à la beauté du paysage urbain et de harceler les femmes occidentales. Accusés en fait, par leur présence, de violer la belle Italie et de la défigurer : « Gênes, où les merveilleux palais que Rubens admirait tant ont été séquestrés par eux et dépérissent comme de belles femmes violées ».

• Un anti-intellectualisme de droite

8 Sa vision géopolitique caricaturale doublée d’une véritable incitation à la haine raciale est accompagnée d’une rhétorique anti-intellectuelle et anti-politique caractéristique de la droite italienne. Il s’agit d’une rhétorique de l’invective, de la désignation systématique des musulmans comme « foutus fils d’Allah », d’insultes ad hominem (« Je leur crache dessus », etc.), de phrases moqueuses sur la prière des musulmans, de descriptions caricaturales et avilissantes des leaders arabes (Arafat en tête), d’attaques contre les mouvements féministes des trente dernières années[10] [10] Fallaci a joué un rôle particulier dans l’histoire de...
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(« Vous êtes toutes tombées amoureuses du fascinant Oussama Ben Laden, de ses grands yeux de Torquemada, de ses grosses lèvres, de ce qu’il a sous sa soutane ? Vous le trouvez romantique, vous rêvez toutes d’être violées par lui ? »), de violentes invectives contre les homosexuels.

9 L’ouvrage est touché par ce que Ota de Leonardis appelle le syndrome de l’immédiateté[11] [11] O. de Leonardis, « Declino della sfera pubblica...
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. Ce texte est à la fois un symptôme et une légitimation d’un aspect émergent du discours des classes moyennes italiennes : la valorisation de l’absence de médiations politiques, sociales et culturelles. Il s’agit d’une tendance anti-intellectuelle, d’un refus des « lectures complexes » : « Du fondamentalisme islamique, aujourd’hui, nous savons tout. » De telles subtilités seraient non seulement inutiles, mais erronées, injustes, motivées par l’hypocrisie, l’immobilisme, la volonté de conservation (comme l’a déclaré maintes fois Berlusconi), la tendance à l’inaction et la passivité. À l’inverse, ne serait juste (au double sens des critères de justesse et de justice, pour reprendre la dichotomie établie par Luc Boltanski et Laurent Thévenot[12] [12] L. Boltanski et L. Thévenot, De la justification. Les économies...
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) que ce qui ne nécessite pas de médiations, ni la temporalité d’un processus. Il n’y aurait de juste que l’immédiat.

10 Reste le succès éditorial : plus d’un million d’exemplaires vendus en Italie. Malgré des réactions hostiles, ce livre a été applaudi par un certain nombre d’intellectuels italiens[13] [13] Voir, à ce sujet, l’article de V. Evangelisti, « Ces...
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: l’historien et diplomate Sergio Romano, le politologue Angelo Panebianco, le philosophe Ernesto Galli della Loggia[14] [14] Corriere della Sera, 4 octobre 2001. ...
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et Giovanni Sartori[15] [15] « Uditi i critici di Oriana », Corriere...
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, titulaire de la chaire de sciences politiques à la Columbia University. Or, sans vouloir exagérer les effets de réception associés à la diffusion des thèses d’Oriana Fallaci, il est certain que, au-delà du message qu’elles véhiculent, elles constituent une importante régression, si l’on considère que l’ouvrage a déjà été adopté comme lecture obligatoire dans de nombreux lycées italiens. On aurait pu s’attendre à une réaction plus virulente de la gauche italienne[16] [16] Ainsi, la vive réaction de Massimo d’Alema, ancien président...
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, qui n’est pas sans savoir que, comme l’a montré Alfio Mastropaolo[17] [17] A. Mastropaolo, Antipolitica all’origine della crisi italiana,...
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, l’anti-politique (cette forme particulière de populisme reposant sur la « déchéance » de la politique) est le terreau sur lequel se sont construites la légitimité symbolique de Forza Italia et les nouvelles doctrines d’intolérance de ses alliés néo-fascistes et de la Lega Nord.

11 Singulier par la violence de ses propos, La rage et l’orgueil recueille l’héritage d’un certain discours politique savant et néanmoins manichéen dont la thèse centrale est résumée par Giovanni Sartori lorsqu’il affirme qu’« On ne peut intégrer que ce qui est intégrable[18] [18] G. Sartori, appendice à la 2ème édition de...
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. » Ainsi, l’Occident et l’Islam sont présentés comme des blocs géopolitiques et culturels distincts et opposés, l’un comme civilisation et l’autre comme barbarie théocratique. La conclusion est celle d’une impossible intégration des immigrés au sein des sociétés démocratiques occidentales mais aussi des États musulmans[19] [19] États musulmans que Sartori comme Oriana Fallaci décrivent...
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dans un système géopolitique mondial. Il en découle un refus du multiculturalisme et la perspective nécessaire et inévitable d’une guerre contre l’Islam. •

 

Notes

[ *] Sociologue.Retour

[ 1] L’article d’Oriana Fallaci, première version du pamphlet, est paru le 29 septembre 2001 dans le Corriere della Sera, sur quatre pages entières, ce qui représente une longueur inédite dans l’histoire récente du premier quotidien italien. Le livre La Rabbia e l’Orgoglio a été publié chez Rizzoli en décembre 2001, et sa traduction française en mai 2002 chez Plon. L’ouvrage a suscité en France les critiques les plus acerbes de la totalité des communautés religieuses, et le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) et la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ont intenté un procès à Oriana Fallaci pour provocation à la haine raciale.Retour

[ 2] À cet égard, Oriana Fallaci a tout mis en œuvre, par un savant mélange d’autocensure et de provocation, pour déclencher en France une « affaire » la concernant et, par là même assurer la promotion de son livre : traduction édulcorée de certains passages de la version originale, ajout de deux pages inédites dénigrant les figures de la Révolution française, note insultante adressée à Tahar Ben Jelloun, etc.Retour

[ 3] U. Eco, « Le guerre sante, passione e ragione », Repubblica, 5 octobre 2001.Retour

[ 4] En effet, parmi les quotidiens qui ne firent jamais mention ni de l’article, ni du livre de Fallaci on peut dénombrer : The New York Times, The Washington Post, Le Monde, Libération, Le Figaro, Der Spiegel, El Mundo. Il n’y a que dans les colonnes de El País que le débat rebondit aussi violemment que parmi les intellectuels italiens.Retour

[ 5] De façon assez semblable, la parution dans Panorama, le 12 avril 2002, de « Sull’antisemitismo », dernier article d’Oriana Fallaci, avait été annoncé par un battage publicitaire massif : publication, l’avant-veille, de la moitié du texte dans le Corriere della Sera et lecture de passages entiers de celui-ci au journal télévisé de 20 heures sur Canale 5 (la principale chaîne de Silvio Berlusconi).Retour

[ 6] Oriana Fallaci avait déjà mis en scène des kamikazes islamistes, comme personnages, dans un de ses romans, Insciallah, Rizzoli, Milan, 1990.Retour

[ 7] U. Eco, idem et « Sulla tolleranza », Repubblica, 15 octobre 2001. E. Saïd, « Più che di civiltà é scontro di ignoranze », Repubblica, 1er novembre 2001.Retour

[ 8] Par ailleurs, l’idée même que les immigrés ne sont une ressource pour l’Italie que si leurs origines « culturelles et religieuses sont compatibles avec celles italiennes », c’est-à-dire chrétiennes, a été défendue en 1997 par le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence épiscopale italienne.Retour

[ 9] Dix millions de lires valent environ cinq mille euros.Retour

[ 10] Fallaci a joué un rôle particulier dans l’histoire de l’analyse de la condition féminine, dans les façons de la penser et de la nommer, notamment par ses ouvrages Il sesso inutile (1961) et Penelope alla guerra (1962). Consciente de cette position polaire qu’elle occupe en Italie dans le champ de la pensée féministe, elle l’utilise pour justifier de sa légitimité à parler de l’Islam comme d’un système d’oppression des femmes, prétendant ainsi défier une certaine orthodoxie féministe.Retour

[ 11] O. de Leonardis, « Declino della sfera pubblica e privatismo », Rassegna Italiana di Sociologia, n° 2, 1997.Retour

[ 12] L. Boltanski et L. Thévenot, De la justification. Les économies de la grandeur, Gallimard, 1991.Retour

[ 13] Voir, à ce sujet, l’article de V. Evangelisti, « Ces intellectuels sans courage », Le Monde diplomatique, avril 2002.Retour

[ 14] Corriere della Sera, 4 octobre 2001.Retour

[ 15] « Uditi i critici di Oriana », Corriere della Sera, 4 février 2002.Retour

[ 16] Ainsi, la vive réaction de Massimo d’Alema, ancien président du Conseil, contre l’article d’Oriana Fallaci, Sull’antisemitismo, représente quasiment une exception. Voir « D’Alema contro Oriana Fallaci », Il Manifesto, 13 avril 2002.Retour

[ 17] A. Mastropaolo, Antipolitica all’origine della crisi italiana, L’Ancora del Mediterraneo, Naples, 2000.Retour

[ 18] G. Sartori, appendice à la 2ème édition de Pluralismo, multiculturalismo e estranei, Rizzoli, Milan, 2002. Pour un démenti, par un travail d’analyse et de recherche sur le terrain, de la pertinence explicative d’une telle thèse, voir G. Kepel, Chronique d’une guerre d’Orient, Gallimard, 2002.Retour

[ 19] États musulmans que Sartori comme Oriana Fallaci décrivent comme une véritable monade, un Islam réifié, indifférencié, tel un objet à la cohérence interne parfaite, anhistorique, sans conflits.Retour

PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Bruno Cousin et Tommaso Vitale « Oriana Fallaci ou la rhétorique matamore », Mouvements 4/2002 (no23), p. 146-149.
URL :
www.cairn.info/revue-mouvements-2002-4-page-146.htm.
DOI : 10.3917/mouv.023.0146.