Outre-Terre 2004/4
Outre-Terre
2004/4 (no 9)
320 pages
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I.S.B.N. 2-7492-0374-0
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AuteurArnon Soffer du même auteur

directeur de la chaire de géostratégie, coprésident du Center for National Security Studies, Université de Haïfa.

La Chaire de géostratégie et le Centre d’études de sécurité nationale de l’université de Haïfa s’honorent d’avoir joué un rôle essentiel dans la cartographie du désengagement et de la clôture qui nous séparera complètement des Palestiniens.

2 Le problème majeur que nous rencontrons aujourd’hui en Israël est celui de la démographie. Et le moment de vérité approche. Or, ceux qui nourrissaient l’espoir d’une nouvelle immigration massive de millions de juifs ne peuvent plus, désormais, faire la sourde oreille. Plusieurs solutions ont été formulées :

  • le statu quo. Mais le poids électoral croissant, entre autres, des Arabes israéliens, menace notre pays en tant qu’entité judéo-sioniste. D’ailleurs : les relations entre eux et ceux de l’Autorité palestinienne vont s’intensifiant, ce qui pose un véritable problème de sécurité;
  • un statut nettement dégradé pour les Arabes d’Israël. Mais la communauté internationale n’acceptera évidemment pas semblable recul en termes de démocratie. Il n’empêche que la détérioration des relations judéo-arabes et le rôle grandissant des Arabes israéliens en matière de terrorisme et de sabotage pourrait mener à l’adoption de cette alternative. D’autant que le 11 septembre, d’une part, et de l’autre la montée de l’islam radical vont nous autoriser à prendre des mesures plus dramatiques que dans le passé. Ce que comprendront au moins les
  • tats-Unis et plus tard l’Europe, une fois que cette dernière aura été touchée massivement par le terrorisme;
  • un État d’Israël qui n’aurait plus rien de juif, c’est-à-dire à citoyenneté abstraite. Mais une écrasante majorité des citoyens juifs ne l’accepteront pas ;
  • un État binational du Jourdain à la mer. C’est justement ce vers quoi, dans l’état actuel des choses, nous nous orientons, soit la disparition de l’entité juive au Moyen-Orient d’ici fort peu d’années. Ironie tragi-comique de l’Histoire : tant la droite que la gauche radicales nous entraînent, délibérément ou pas, dans cette direction;
  • le transfert/l’expulsion. L’hypothèse n’est pas réaliste, car la superpuissance américaine s’y opposera : en témoigne l’échec des Serbes au Kosovo en 1999. Ceci bien que l’on puisse imaginer un scénario de guerre générale contre Israël et s’accompagnant d’un soulèvement de tous les Arabes. Nous n’aurions dès lors d’autre choix que le transfert de populations.

3 Autant de propositions, donc, qui ne peuvent nous satisfaire du point de vue juif et sioniste. Car l’équilibre démographique, même à l’intérieur d’Israël stricto sensu, penche en faveur des Arabes. Nous devons, si l’État d’Israël doit survivre en tant qu’État juif, raisonner autrement.

4 Phases initiales : la conférence que j’ai donnée à Herzliya, puis Israel-Demography, 2004-2020 : Risks and Opportunities, avec statistiques, largement diffusé dans le pays, y compris par le Zionist Council à Jérusalem[1] [1] Cf. From Demography to Disengagement, Lecture in honor of...
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. Parmi les premiers à recevoir le document : le Premier ministre, tous les membres du gouvernement, les directeurs-généraux des différents ministères et les hauts fonctionnaires de toutes les agences de sécurité qui ont eux-mêmes veillé à ce qu’il soit reproduit et diffusé à des milliers d’exemplaires. Ceci valant également pour le monde de l’économie, les partis politiques et le public au sens large.

Les fondements de l’analyse

5 L’horloge démographique, pour les juifs d’Israël, égrène le temps et il est singulier que le débat à ce sujet, chez nous, n’ait pas lieu. Sans doute pour différentes raisons : la difficulté à assimiler les données statistiques ; l’aspect en quelque sorte racial qui dissuade les gens ; l’idée très ancrée que tout ira bien ; la mauvaise grâce à envisager une partition de la terre d’Israël ; le sentiment qu’il s’agit d’un processus sur le long terme et bénin ; une tendance inverse à nier le problème parce que la menace est grande et que les décisions à prendre sont majeures. Pour moi, l’impasse sur ces questions dépasse en gravité l’échec qui mena à la guerre du Kippour en 1973.

6 Les Juifs formaient en 2002 quelque 72,4% de la population israélienne. Même si l’immigration juive se poursuit continûment, ils ne seront plus que 65% en 2020. Ceci en incluant dans l’analyse les Arabes de Jérusalem, les travailleurs immigrés et autres groupes de non-juifs résidents. 49% de juifs avec les Territoires ; et plus que 40% d’ici dix-huit ans en Israël occidental (jusqu’au Jourdain[2] [2] Nous nous opposons aux chercheurs qui récusent la prise...
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).

7 Le taux de croissance des populations arabo-musulmanes est de 3,5% par an chez les Arabes d’Israël, de Judée et de Samarie (dont la population doublera d’ici 20-23 ans) et de 4,5% parmi les Bédouins et pour la bande de Gaza (multipliée par deux dans 15-17 ans). C’est le plus fort taux de croissance au monde, comparable à celui du Kenya ou à celui d’autres pays africains[3] [3] 1,8% en Égypte, 2% en Turquie, 2,5% en Iran. ...
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(le taux de mortalité demeurant par contre faible, car lié à une population jeune et aux bons services de santé israéliens). Celui des Juifs, en revanche, est de 1%. 2% si l’on tient compte de l’aliyah (immigration juive à partir de l’étranger).

8 La population d’Israël et des Territoires qui comptait quelque 10 millions d’habitants en 2001 s’accroîtra selon les hypothèses de 5,5 millions en deux décennies. 15-16 millions d’individus, donc, concentrés sur un petit pays aride. Et une masse supplémentaire de résidents misérables dans leur immense majorité. En particulier les juifs ultra-orthodoxes et la population arabo-musulmane, singulièrement à Gaza, continueront d’être très pauvres, sans que l’assistance publique puisse réduire les écarts sociaux en raison de la fécondité. Sans compter la corruption qui gangrène les administrations palestiniennes et contribuera largement à ce que le phénomène perdure.

9 Or, les Arabes d’Israël et des Territoires ont de bonnes raisons de souhaiter un changement en profondeur de leur situation. Le drapeau sioniste et notre hymne national ne les concernent pas. L’idée que des musulmans puissent être soumis à un État juif dans cette partie du monde leur est insupportable. Ils ont perdu, en 1948, quelque 380 villages et furent expropriés de milliers d’acres de terre; des implantations juives florissantes se sont élevées sur les ruines de leurs bourgades : Ramat-Aviv C à la place de Cheikh Munès dans les limites du Tel-Aviv actuel, Ramleh et Lod, le bas Haïfa, Tibériade et Beith Shean, Kiryat Shmona et Zippori, Kibboutz Sasa et Kibboutz Harel, etc. Les Arabes d’Israël ont vécu pendant 18 ans sous administration militaire et dans la crainte permanente d’être expulsés. Ils résident aux marges du territoire, sur des espaces relativement faibles au plan économique par rapport au centre qu’est le Grand Tel-Aviv ; tout comme les juifs à Elkush, Zerait, Avivim, Yeruham et Dimona, mais encore pire. Au moment où l’État juif a été établi, ils formaient une société rurale et au plus haut point inculte ; ils ont aujourd’hui beaucoup changé et progressé en matière d’occidentalisation, mais un écart assez large entre eux et les sociétés chrétienne ou juive demeure ; d’où un sentiment d’arriération et de frustration. Sans compter que la population des Arabes de Judée, de Samarie et de Gaza déborde en permanence sur le territoire israélien au sens strict (l’inverse étant tout aussi vrai), ce qui accroît les frictions violentes entre deux sociétés extrêmement décalées du point de vue de la technologie, des salaires et du niveau de vie.

...


10 Israël compte, en 2004, une population arabe importante, dotée d’une conscience nationale, qui se perçoit comme partie intégrante du peuple palestinien dont le centre se situe à l’ouest du Jourdain. La probabilité est donc grande qu’ils cherchent, très majoritaires un jour, à établir avec l’aide de leurs frères de Jordanie, quelque 4,5 millions en 2020 selon les projections, un État palestinien qui s’étende de la mer au désert.

Les Palestiniens en Israël : répartition géographique

Les ultra-orthodoxes

11 Israël au sens strict comptait, au milieu des années 1990,5,4 millions de résidents dont 5% étaient Haredim, soit ultra-orthodoxes. Ils seront d’après les projections plus de 12%, soit 1 million sur 8 des résidents, en 2020 et parmi eux 570 000 enfants, 22% des enfants israéliens. Cette population connaît une fertilité de 7,6 enfants par femme contre 2,3 pour les non-Haredim. Au début des années 1980,41% des ultra-orthodoxes mâles entre 25 et 54 ans fréquentaient une yeshiva (académie religieuse) ; un chiffre qui est passé à 60% dès 1996. Certains estiment que ces développements, d’autant que le système scolaire, chez les ultra-orthodoxes, n’éduque pas au savoir-faire attendu sur le marché du travail, vont encore dramatiser la pauvreté et l’explosion démographique[4] [4] Cf. G. Eshet, « Les enfants sont-ils une bénédiction ? »,...
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.

Les Arabes israéliens : de la démographie à la géopolitique

12 Ils seront 2 millions en 2020. Et même 1 800 000 en excluant les Druzes, les Arabes chrétiens, les Arabes de Jérusalem et les Bédouins. Une croissance rapide qui a des conséquences à trois niveaux :

  • au plan familial. Avec un nombre de plus en plus grand d’enfants relativement à celui des parents nourriciers, donc une pauvreté grandissante[5] [5] Et une volonté de s’infiltrer en Israël à proprement...
    suite
    ;
  • au plan municipal. Les bas niveaux de salaire entraînent de faibles rentrées d’impôt local et national. La dispersion culturellement fondée de maisons individuelles, parfois privées des infrastructures raisonnables, en l’absence de réelle planification. Le tout ayant pour conséquence une demande d’assistance importante, des récriminations contre les autorités et un sentiment d’abandon. Le chaos municipal pourrait être ici, compte tenu du fait démographique, irréversible;
  • le rapport de forces entre les musulmans à taux de croissance élevé et les chrétiens ou les Druzes en proportion relativement basse évolue considérablement avec la démographie. Certaines localités à majorité autrefois chrétienne – exemples notables de Nazareth et de Kafr Kana – sont passées aux musulmans. Ailleurs, comme à Abou Senan, le pourcentage de musulmans s’élève graduellement. Il y a mouvement dans les villes à population mixte : Saint-Jean-d’Acre (Akko), Lod, Ramleh et même Haïfa. Une démographie galopante qui entraîne aussi des sentiments d’indépendance et rend plus difficile le renforcement de la législation dans les concentrations arabes. Les mouvements radicaux prospèrent précisément sur ce terrain de l’assurance mêlée à la frustration. Une situation qui produit et promeut la séparation aux plans pédagogique, religieux, juridique, social et politique. Ou encore l’expression d’un nationalisme parfois abrupt, confinant à la révolte, voire à la semi-révolte comme il est apparu quand éclata l’Intifada d’al-Aqsa en septembre-octobre 2000. Et enfin la demande en direction de partis situés dans les marges tout comme celle d’assistance internationale.

13 On pourra arguer que le taux de croissance des Arabes israéliens a baissé – conséquence de la modernisation – durant les trente dernières années. Mais le tableau n’est pas aussi rose, car intervient ici un fait démographique : 40% de cette population sont des jeunes et des enfants, avec des milliers de couples entrant dans leur période de fertilité. Le recul en fertilité des femmes musulmanes qui s’est produit de 1964 à 1985, le taux passant d’une moyenne de dix à une moyenne de cinq enfants – ne se poursuivra pas (on note plus généralement un écart, de ce point de vue, entre les Bédouins et les Arabes de Jérusalem, d’une part, et les résidents urbains du nord, d’autre part, la fertilité des seconds déclinant contrairement à celle des premiers).

14 Des chercheurs avancent depuis des années la thèse des deux processus auxquels seraient soumis les Arabes israéliens : a) israélisation et occidentalisation par la démocratie, la consommation ; b) palestinisation à travers la réunion aux parents, de l’autre côté de la Ligne verte, et l’identification aux tendances nationalistes et religieuses à l’œuvre chez ces derniers. Le premier l’emportant sur le second[6] [6] Cf. Sara Usetsky & Asad Ghanem & Ilan Pappe (ed. ),...
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. Je pense au contraire que les Arabes israéliens, dans leur majorité musulmans, sont depuis des années avant tout des Palestiniens et qu’ils entretiennent un lien d’affinité sans équivoque avec le monde arabo-musulman, une dynamique qui a pris de l’ampleur sur la durée et qui fait partie de la mondialisation. L’israélisation des Arabes d’Israël est un phénomène superficiel et trompeur. Les Juifs, tout à leur combat national et de commettre une longue série d’erreurs dans leurs rapports avec les Arabes d’Israël, ont précipité ces derniers dans les bras de leurs frères à travers la frontière. Il y a maintenant entre les deux populations palestiniennes de chaque côté de la frontière des liens familiaux, culturels, économiques (aussi bien dans le secteur clandestin), et puis des contacts d’ordre religieux et national, y compris en ce qui concerne les actions violentes contre les Juifs. Sans compter les communications géographiques : les Arabes du « petit triangle » (une bande de 5 à 8 kilomètres de large du sud-ouest de Qalqiliya à Wadi’Ara, plus au nord, et s’étendant vers l’est jusqu’au nord de Jénine, cédée par les Jordaniens en 1949), par exemple à Umm al-Fahm, Bartaa, Taïbe, Kafr Kassem, Kafr Bara et les Bédouins du Sud (entre autres à Hura ou Khseifa) sont localisés en bordure de la Ligne verte et forment un enchaînement continu avec leurs frères d’outre-frontière.

15 Jénine a servi pendant des années de seconde « capitale » économique aux Arabes du nord d’Israël. Jusqu’à l’automne 2000, de larges secteurs de la société arabe israélienne considéraient Ramallah comme leur capitale culturelle.

Migrations arabes en Israël

16 Les accords d’Oslo ont fait des frontières entre Israël et les territoires une passoire pour les gens, les biens et les infrastructures. Semblable situation autorise une immigration indésirable voire dangereuse de Palestiniens en Israël; des populations pauvres attirées par un pays relativement riche. Par laisser-aller et le biais des relations de mariage (principalement chez les Bédouins qui achètent et importent des femmes). Mais de 1967 à 2000, ce sont quelque 70000 à 80000 Palestiniens de Judée et de Samarie qui sont entrés et se sont installés dans l’illégalité à Jérusalem-Est. 70000 autres Palestiniens (de Judée-Samarie, Gaza et même de Jordanie) ont pénétré en Israël de façon tout aussi illégale pour y faire des séjours provisoires ou prolongés. Cet afflux n’a pas été stoppé avec les fermetures et bouclages opérés par l’armée israélienne durant l’Intifada d’al-Aqsa et il se poursuivra durablement tant qu’une clôture ne séparera pas Israël des territoires palestiniens[7] [7] Cf. A. Soffer, « Geo-demographic Aspects of Agreements »,...
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. Une migration qui s’est accélérée à partir de la périphérie de Jérusalem en direction de la ville à proprement parler en 2002, une fois la décision prise de construire des clôtures et des murs au nord et au sud. Ce qui a amené 70 000 Arabes de plus à Jérusalem-Est où ils vivent à trente par pièce.

...


17 Certains économistes disent que le danger dû à l’immigration palestinienne ne doit pas être exagéré, dans la mesure où ceux-ci ne peuvent pas acquérir ici de la terre ou des maisons. C’est une vision naïve à travers le seul et unique prisme du capitalisme occidental. Les Arabes qui pénètrent en Israël sont des ouvriers embauchés qui vivent dans la cour des usines des banlieues pauvres du Grand Tel-Aviv, qui habitent des appartements misérables pour le reste du pays et qui occupent principalement toutes les chambres louées dans le secteur arabe du « petit triangle » et en Galilée. Les quartiers de misère arabe ainsi créés se caractérisent par une combinaison de la pauvreté avec la rancœur nationaliste et constituent à terme une bombe à retardement sociale, politique et économique. Le pire étant les activités terroristes auxquelles participent ces immigrés indésirables à Taïbe, Umm al-Fahm, Bo’ina, Umm Kutuf, Barta’a, Baqa, etc.

Les travailleurs immigrés : une nouvelle minorité

18 Il y a à côté des Palestiniens les ouvriers qui arrivent munis ou non d’un permis de séjour de Thaïlande, des Philippines, de Colombie, de Chine, d’Europe de l’Est, etc. 60000 à 70 000 travailleurs immigrés vivent aujourd’hui dans le quartier situé autour de l’ancienne gare des autobus de Tel-Aviv. Ils y constituent un véritable centre des travailleurs étrangers avec ses écoles, ses églises, ses pubs et ses maisons de mauvaise réputation. Sans compter ceux qui sont dispersés dans le pays. Et les milliers de Russes non juifs venus en Israël dans leur majorité par mariage mixte ou en camouflant leur vraie religion.

19 Ces travailleurs immigrés arabes et non arabes n’ont pas le droit de vote à la Knesset et ne pèsent pas sur la composition de cette dernière. Mais leur présence influe sur la qualité de la vie en Israël puisqu’ils jouissent comme tous les citoyens israéliens de l’ensemble des services et des infrastuctures. Nombre d’entre eux obtiendront graduellement la carte d’identité, comme c’est partout le cas en Occident. Rien à faire : un nouveau groupe social a émergé. Eux aussi vont, tout comme les migrants arabes, peser sur la démographie du pays dans un sens défavorable aux Juifs.

20 Si les Arabes d’Israël (Jérusalem-Est exclue) votaient pour un seul parti, ils auraient un potentiel de 21 sièges à la Knesset. Et encore 20 sièges pour 17% de la population si on soustrait les Druzes. Même s’ils pèsent moins dans la mesure où la moitié de cette population est trop jeune pour voter. Il faut se souvenir qu’ils ont constitué le « bloc de blocage » qui a permis à Rabin, en fin de mandat, de faire passer les accords d’Oslo à la Knesset. Les députés arabes ont formé, de 2000 à 2003, un lobby commun sur toute une série de dossiers, en particulier ethniques. Les leaders de l’Autorité palestinienne ont d’ailleurs mobilisé ce potentiel électoral dans leur intérêt et de manière préoccupante. Le député à la Knesset Ahmed Tibi a été conseiller d’Arafat. Les sanglants événements de l’artère de Wadi’Ara, du Néguev et de Galilée en septembre-octobre 2000 ont été coordonnés avec l’Intifada d’al-Aqsa initiée par Arafat.

21 La division normale entre gauche, droite et centre permet aux Arabes de faire pencher la balance sur des questions aussi fondamentales que l’avenir du Golan ou de Jérusalem si ces décisions sont soumises à référendum ou incorporées dans la plate-forme de l’un ou l’autre parti. Ils ont, suivant la formule du député Azmi Bishara, le pouvoir de peser sur la Loi du retour en déterminant qui est Juif ou pas. Ils seront, dans quelques années, en mesure de décider si l’État d’Israël doit rester un État sioniste ou bien s’il doit devenir l’« État de tous ses citoyens ».

22 Les Arabes israéliens qui seront quelque 25% de la population en 2020 auront un potentiel de 30 députés à la Knesset. Le poids des groupes non sionistes excédera les 50%.

Dimension démographique et implications géopolitiques

23 Il n’est pas d’accord entre Israël et l’Autorité palestinienne, compte tenu des faits de la démographie, qui puisse durer. La partie occidentale du pays (sans les Territoires) est relativement étroite. 60% de désert ou d’espace semi-aride où il est difficile de s’implanter, en particulier en l’absence de ressources hydrauliques. 42% font l’objet de surveillance militaire ou sécuritaire : plateau du Golan, littoral, sommet des hauteurs, etc.

24 Du nord à Beersheva, Israël est un des pays les plus densément peuplés au monde et il ne peut absorber des centaines de milliers d’immigrants sans que s’y détériore la qualité de vie. Les maigres espaces disponibles doivent être réservés à l’immigration juive.

25 Passer en revue le tracé des frontières israéliennes depuis les origines, c’est constater à quel point la démographie joue ici un rôle. Déjà la carte de la partition de 1947, conforme à la résolution 181 de l’ONU, se fondait sur les grandes concentrations de Juifs et d’Arabes. La guerre de l’indépendance de 1948-1949, malgré des mouvements de population considérables, ne changea pas grand chose à la répartition des Juifs et des Arabes, sauf aux marges : des Juifs se substituèrent à des Arabes du sud de Gédéra (au sud-ouest de Rehovot) jusqu’à la bande de Gaza et au nord du Néguev, de même que dans le corridor de Jérusalem. La guerre des Six Jours n’apporta pas, si on fait abstraction de la vallée du Jourdain entre Jéricho et Jiptalik, de changements significatifs. À partir de cette date, la question de frontières durables a fait l’objet, central, de formidables discussions à l’intérieur de la société israélienne. Un débat dont l’issue, elle aussi, reste fonction du facteur démographique. L’idée du « Grand Israël », un drapeau brandi par de nombreux milieux en Israël, a moins de poids et semble moins réalisable quand on la confronte à la démographie de Gaza et des secteurs palestiniens de la Montagne de Judée et des collines de Samarie. Elle a été ramenée, des années 1990 au début du XXIe siècle, à l’annexion de Pithat Rafiah au sud-ouest de Gaza et de la vallée du Jourdain, pour des raisons de sécurité, comme à celle de 10 à 20% de Gaza et de la Judée/Samarie pour les sites bibliques certes, mais surtout parce que c’est là que se situent les blocs à compacte population juive dans les implantations.

26 D’ailleurs, il y a danger de détachement spatial par la démographie. Dans nombre de secteurs d’Israël sans les territoires, comme la Galilée centrale, Wadi’Ara et le nord du Néguev, les Arabes sont déjà clairement majoritaires. En 2001, les Juifs n’étaient que 34% des résidents dans les collines de Galilée ; il y a 97% de résidents arabes musulmans à Wadi’Ara. Les Bédouins autour de Beersheva sont tous musulmans, les Juifs se trouvant en position périphérique comme à Arad, Dimona et Yerucham. Sauf à prendre des mesures d’urgence, il faudra nous faire à une nouvelle partition dans un avenir pas trop lointain. L’histoire (récente et ancienne) nous enseigne que les minorités concentrées dans l’espace qu’elles occupent à l’intérieur d’un pays et dotées à la fois d’une conscience nationale et du leadership correspondant ne reculeront devant aucun effort pour réaliser leurs aspirations : qu’il s’agisse d’autonomie, d’irrédentisme et d’unification à l’État qui jouxte la frontière, ou bien de la destruction de l’État à partir de l’intérieur. Ce qui signifierait dans notre cas la destruction de l’État d’Israël et l’établissement d’une Palestine, avec ou sans les Hachémites de Jordanie, sur tout le territoire. On peut, en tout état de cause, redouter qu’une dislocation économique ou des violences n’entraînent le départ massif des Juifs de ces régions et que l’État d’Israël ne soit amputé de ces dernières. Nous devons tout faire pour prévenir semblable situation en planifiant efficacement une répartition conquérante des Juifs sur l’ensemble de notre territoire – et vite. L’affaire est d’autant plus importante que les régions sensibles en question se trouvaient pour la plupart à l’intérieur de la Palestine de 1947.

Une seule solution : la séparation

27 La séparation n’a rien d’une solution idéale. Problèmes à venir : une image particulièrement ternie en termes d’opinion publique internationale ; risques du fait de la pénétration d’armes à l’intérieur de l’espace palestinien; sources d’eau qui ne seraient plus sous surveillance israélienne et dommages écologiques afférents (ceci particulièrement en cas de conflit prolongé); surtout, une population pauvre et affamée, à laquelle des bureaucrates corrompus volent l’aide internationale censée la soulager.

28 Mais elle doit permettre de stopper la pénétration massive de Palestiniens en Israël, et même encourager ceux-ci à émigrer hors des secteurs administrés par l’Autorité palestinienne vers l’est, dans le monde arabe, comme ce fut le cas dans les années 1950 et 1960 avec quelque 450 000 départs.

29 Les sondages d’opinion réalisés en Israël montrent que les citoyens du pays souhaitent à 74% être séparés des Palestiniens. D’abord : sur un territoire israélien borné d’une clôture, les Juifs seront très majoritaires, alors qu’ils sont d’ores et déjà minoritaires en Eretz Israel (avec les territoires). La chaire de géostratégie est fière d’avoir joué un rôle majeur, en collaboration avec le Centre d’études de sécurité nationale, dans l’élaboration des principes fondant la séparation à venir et en traçant la carte présentée au public par le Premier ministre[8] [8] Elle a publié un second document en hébreu (version abrégée...
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. Avantages évidents de la clôturequi s’avèrent déjà là où celle-ci a été édifiée : elle arrête les kamikazes et autres terroristes qui voudraient pénétrer dans le secteur « bordé ». La clôture a eu un effet bénéfique en termes de sécurité, y compris sur l’économie et le tourisme. Car les forces de police déployées durant les années qui précèdent sur les « coutures » du territoire israélien au sens strict peuvent être désormais mobilisées pour faire appliquer la loi. Autre bénéfice : les relations entre Arabes israéliens et Arabes de Judée/Samarie, y compris sur le versant criminel voire terroriste, vont s’en trouver clarifiées. Il faut espérer que celles des Juifs et des Arabes israéliens, depuis longtemps entamées, vont être réactivées. La direction palestinienne, enfin, va peut-être comprendre qu’il vaut mieux pour elle négocier des arrangements avec Israël, sauf à être privée des avantages et des territoires qui lui étaient offerts avant l’Intifada.

30 Il nous faut peser sur le gouvernement israélien pour qu’il n’attende pas d’ultérieurs actes de terrorisme entraînant la mort de Juifs et qu’il aille jusqu’au bout de la construction de la clôture/du mur suivant en cela le consensus établi dans le mouvement sioniste. La carte que nous avons publiée présente trois lignes de séparation :
– la Ligne verte qui n’est pas une frontière internationalement reconnue, mais la ligne de démarcation de cessez-le-feu de 1949 et qui n’a donc rien de « sacré »; – la ligne que nous avons soumise ;

31 – la ligne proposée par monsieur Sharon qui suit largement la nôtre, cette dernière lui ayant été envoyée le jour de son entrée en fonctions. Même les modifications mineures apportées récemment du fait du Premier ministre répondaient à des suggestions de la Chaire.

32 Celle que nous avons proposée combine divers schémas élaborés par les partis sionistes durant la décennie passée : parti de la Troisième voie (Derekh Ha-Shlishit) qui n’existe bien sûr plus, les travaillistes dans la période Barak/Mitzna, le Likoud de Netanyahou.

33 Deux questions de fond :

  • pourquoi ne pas avoir proposé que la clôture suive la Ligne verte ?
  • un retour à la Ligne verte constituerait-il une amélioration de la situation des Palestiniens ?

34 D’abord : la Ligne verte n’a rien de contraignant en droit international pour Israël.

35 Ensuite : nous n’avons pas de cadeaux à faire aux Palestiniens qui nous avaient promis de parler et de ne pas tuer, alors qu’ils lançaient au même moment la seconde Intifada au cours de laquelle ont été assassinés 1000 Israéliens.

36 Enfin : nous avons à tenir compte des quelque 220 000 colons qui vivent désormais en Judée/Samarie et auxquels s’additionnent les 180 000 Juifs résidant à Jérusalem-Est. Toute solution qui négligerait leur existence et conduirait à les jeter hors de leurs domiciles actuels est irréaliste. La carte produite par la Chaire de géostratégie en conserve 80% de notre côté de la clôture. Il y a des Palestiniens qui seront touchés, car ils se vont se retrouver séparés de leurs champs, et il faut tout faire pour minimiser les dommages qui leur seront causés. Mais le nombre d’entre eux qui va être affecté par la clôture restera assez limité. Ce sont les médias hostiles, israéliens comme internationaux, qui exagèrent grandement la portée de cette tragédie.

37 Je m’inscris d’ailleurs en faux quant aux soi-disant 50 puits asséchés et autres sornettes.

38 Et puis il s’agit dans toute cette affaire, plus généralement, de l’existence même d’Israël, ce que les médias hostiles préfèrent évidemment ignorer.

39 De toute façon, même un retour à la Ligne verte ne changerait rien au fait que les Palestiniens vivent sur trois régions distinctes : la bande de Gaza et ses énormes densités de population ; la Montagne de Judée qui comptera deux millions d’habitants dans moins de vingt ans ; la région de Sichem (Naplouse) - Ramallah qui est séparée de la seconde par l’aire métropolitaine de Jérusalem. Il faudra bien aménager ici des « corridors », sujet très délicat du point de vue palestinien, qui passeront à l’intérieur du territoire israélien à proprement parler, même si le mot rappelle la Pologne et Dantzig après Versailles. Puis, avec ou sans Ligne verte : l’entité palestinienne sera démilitarisée, donc dépourvue d’armée et d’aviation militaire, et coupée du monde arabe. Pour finir : la revendication de retour des Palestiniens ne sera pas satisfaite et il y aura un écart considérable, économiquement et autre, entre les résidents de l’entité palestinienne et ceux d’Israël.

40 En somme : les Palestiniens resteront nécessairement frustrés et les contentieux entre eux et nous vont apparemment perdurer. Par contre : les tensions se produiront le long d’une clôture, pas dans des jardins d’enfants et à l’intérieur d’Israël.

41 Israël ne peut agir qu’en fonction de ses intérêts propres. Nous devons faire vite et nous désengager, car l’enjeu, c’est l’avenir de l’État démocratique juif et sioniste. Si nos voisins palestiniens ont besoin de notre assistance, nous la leur donnerons bien volontiers; parce qu’il est de notre intérêt que ces voisins, comme tous nos voisins, puissent affronter la mondialisation. Dommage qu’ils aient détruit toutes les installations du secteur industriel qui avaient été aménagées sur les lignes de séparation et qui étaient destinées à leur venir en aide; lamentable et inquiétant le fait qu’ils s’éloignent d’eux-mêmes, entre-temps, du village global.

Les phases du processus

42 La vallée du Jourdain resterait sous la responsabilité des forces israéliennes qui pourrait de la sorte prévenir tout danger à l’est en coupant les Palestiniens du monde arabe. De même, le corridor de Rafiah demeurerait sous notre contrôle afin d’empêcher une jonction égypto-palestinienne et la zone de séparation entre les deux pays devrait être élargie. Si l’armée décidait par contre qu’il n’y a pas de risque à ce que Gaza passe sous autorité égyptienne, le corridor de Rafiah et l’espace adjacent seraient abandonnés.

43 L’ensemble du « petit triangle » doit passer sous contrôle palestinien. Ceci impliquant les populations en bordure là où il y a irrédentisme. Il n’y a pas à parler de transfert, mais de corrections du tracé. Les résidents du triangle arabe vont sans doute s’opposer à semblable procédure ; de même que l’Autorité palestinienne qui a intérêt à ce qu’ils demeurent en Israël : tant afin de contribuer à terme à une réalisation de la doctrine arabe des « phases » que pour jouer un rôle de lobby à la Knesset. Ce qui vaut encore pour Jérusalem-Est qui ira aux Palestiniens. Il faut que cessent les discours sur le Grand Jérusalem. Par contre, le renforcement de tous les quartiers juifs de la ville s’impose.

44 Il faut impérativement concentrer l’effort national là où les Arabes constituent une majorité de 70/75% comme en Basse-Galilée ou en Galilée centrale et renverser le rapport démographique par exemple en implantant un demi-million de Juifs au Nord durant la prochaine décennie. Une politique qui est aussi possible et même nécessaire au Néguev septentrional. Deux régions où Israël ne saurait se permettre de faire des concessions, qu’elles soient d’ordre économique ou sécuritaire.

45 Ce qui vaut de la même façon pour assurer une majorité juive à Saint-Jean-d’Acre ou dans les espaces qui jouxtent la « couture », en particulier à Wadi’Ara. Renforcer l’espace entre les monts Taanachim et Gilboa de façon à prévenir une jonction entre la Galilée et Jénine. Fortifier le coin juif dans la région de Nehushah-Lehavim-Metar-Arad au nord du Néguev. De même pour les implantations juives autour de la bande de Gaza, afin surtout d’empêcher toute contiguïté entre celle-ci et la « réserve » bédouine, tout comme entre la « réserve » bédouine et la Montagne de Judée. On notera ici que la cession des dunes de Haloutza, à l’est de la frontière égyptienne, aurait inauguré une ligne de continuité palestinienne de Gaza à la frontière libanaise, en passant par la « réserve », les hauteurs de Judée-Samarie et la Galilée.

46 L’adoption de semblable politique aura des conséquences significatives. Ne demeureront plus sur le territoire israélien stricto sensu en 2020 que 1300000 Arabes dont 200000 chrétiens et 150000 Druzes. Et il convient que nous nous attachions plus étroitement ces deux dernières composantes de la population; le plus vite sera le mieux. De même qu’une politique de sagesse en direction des Bédouins et des habitants arabes des villes mixtes permettra, même à un coût élevé, de les rapprocher d’Israël.

47 Je doute que les Palestiniens souhaitent que nous les aidions une fois la clôture construite. Mais s’ils veulent de nouveau la guerre, il est probable qu’ils en supporteront les pleines conséquences et que le prix à payer sera similaire à celui de 1948.

48 En ce qui nous concerne, le fossé entre gauche et droite va se combler; l’écart entre centre et périphérie deviendra secondaire. Il sera temps, à ce moment-là, d’aborder des problèmes qui menacent les fondements de notre société.

49 Nous allons devoir adopter des lois de type singapourien en matière de démographie. Une société de type occidental comme la nôtre ne peut se permettre de promouvoir des familles à plus de quatre enfants et continuer dans le même temps de prôner l’impératif sioniste de la Loi du retour comme principe écologique de la qualité de la vie. Juifs ultra-orthodoxes, musulmans et autres qui veulent de 5 à 15 enfants sont les bienvenus, mais ils devront assumer eux-mêmes tous les frais sociaux de leur situation (hôpital, clinique mère-enfant, ainsi que l’éducation et le logement).

50 Il y a derrière nous, à l’Est, un monde dont l’intégration au village global ne s’annonce en aucune manière et dont nous devons nous isoler durant les dix-vingt années à venir. Dès lors que les nations de la région voudront s’intégrer au monde nouveau, leur cadre de représentations changera et leur taux de fécondité chutera. C’est seulement alors qu’elles seront à même d’adopter le modèle ouest-européen. Du coup, la clôture qui nous sépare pourra d’elle-même s’effondrer.

51 Traduit de l’anglais par Abraham Goldberg

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Notes

[ 1] Cf. From Demography to Disengagement, Lecture in honor of the naming of the Reuven Chaikin Chair in Geostrategy, 32e assemblée du conseil de surveillance, 2 juin 2004 et Israel, Demography 2003-2020 Dangers and Opportunities, Chair in Geostrategy & Center for National Security Studies, Haifa, 2e éd., 2003.Retour

[ 2] Nous nous opposons aux chercheurs qui récusent la prise en compte de populations n’ayant pas la carte d’identité israélienne. Celles-ci sont utilisatrices de tous les services et l’expérience des États occidentaux nous apprend que les travailleurs étrangers en situation illégale finissent tôt ou tard par être régularisés.Retour

[ 3] 1,8% en Égypte, 2% en Turquie, 2,5% en Iran.Retour

[ 4] Cf. G. Eshet, « Les enfants sont-ils une bénédiction ? », Yediot Aharonot, supplément « Mamon », 25 mai 1998 qui cite A. Berman, université de Boston, 1998. Retour

[ 5] Et une volonté de s’infiltrer en Israël à proprement parler pour les Arabes par exemple de Gaza.Retour

[ 6] Cf. Sara Usetsky & Asad Ghanem & Ilan Pappe (ed.), Les sept voies, options théoriques pour le statut des Arabes en Israël (hébreu), Givat Havivah, Institute for Peace Research ; E. Rekhess, « Arabes d’Israël et Arabes des Territoires : affinités politiques et solidarité nationale » (hébreu), Hamizrah Hehadash 32,1993 ; S. Smooha, « Relations judéo-arabes en Israël dans une époque de paix » (hébreu), Hamizrah Hehadash 37,1995.Retour

[ 7] Cf. A. Soffer, « Geo-demographic Aspects of Agreements », Herzliya conference, 2000.Retour

[ 8] Elle a publié un second document en hébreu (version abrégée en anglais) sur ces sujets.Retour

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POUR CITER CET ARTICLE

Arnon Soffer « Nous avons tracé la clôture », Outre-Terre 4/2004 (no 9), p. 111-130.
URL :
www.cairn.info/revue-outre-terre-2004-4-page-111.htm.
DOI : 10.3917/oute.009.0111.