Actes de la recherche en sciences sociales | 122-143

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Le champ de l’État colonial

Le cas des colonies allemandes (Afrique du Sud-Ouest, Qingdao, Samoa)

George Steinmetz

George Steinmetz

Notes

[ 1] Le concept de « transculturation » désigne selon l’anthropologue Fernando Ortiz (in « Les trois phases de la transculturation », Discours au Club Athènes de La Havane, décembre 1942) un processus par lequel des communautés régionales, marginales, subordonnées ou en position de minorité empruntent certains matériaux à la culture nationale, dominante, métropolitaine ou majoritaire et les remodèlent selon leur propre usage (NdT).

[ 2] Crawford Young, The African Colonial State in Comparative Perspective, New Haven, Yale University Press, 1994.

[ 3] Max Weber, “Politics as a Vocation”, in Hans Gerth et Charles Wright Mills (éds), From Max Weber: Essays in Sociology, Oxford, Oxford University Press, p. 77-128 ; voir aussi Charles Tilly, Coercion, Capital, and European States, AD 990-1990, Cambridge, Blackwell, 1990.

[ 4] Voir la loi allemande sur la suppléance des fonctionnaires du 31 mai 1901.

[ 5] Sur le processus d’autonomisation du pouvoir décisionnel des gouverneurs coloniaux : George Steinmetz, The Devil’s Handwriting: Precoloniality and the German Colonial State in Qingdao, Samoa, and Southwest Africa, Chicago, University of Chicago Press, 2007. On observe une tendance similaire à l’autonomisation du pouvoir exécutif unilatéral des gouverneurs coloniaux dans l’évolution de la fonction de Paul Bremer à la tête de l’Autorité provisoire de la Coalition en Irak. Cf. Rajiv Chandrasekaren, Imperial Life in the Emerald City, New York, Vintage, 2007.

[ 6] Même au XVIe siècle, les Européens remettaient en cause la légitimité de la conquête, comme le montre la fameuse controverse de Valladolid de 1550-1551 entre Bartolomé de Las Casas et Juan Ginés de Sepúlveda concernant le traitement des indigènes du Nouveau Monde par les colonisateurs espagnols.

[ 7] William Graham Sumner, “The conquest of the United States by Spain”, in Albert Galloway Keller (éd.), War, and other Essays, New Haven, Yale University Press, 1911 [1898], p. 297-334.

[ 8] Jim Zwick, “The anti-imperialist league and the origins of Filipino-American oppositional solidarity”, Amerasia Journal, 24 (2), 1998, p. 65-77 ; voir aussi Maria C. Lanzar, “The anti-imperialist league”, The Philippine Social Science Review, III (1), 1930-1932, p. 8-41, III (2), 1930-1932, p. 118-132 et IV (4), 1930-1932, p. 239-254.

[ 9] Ces mentions de la première Convention de Genève par les colonisateurs allemands en Afrique du Sud-Ouest sont abordées in G. Steinmetz, op. cit., chap. 3. Que la Convention ait été déclarée non valide pour les conflits extra-européens ne réduit en rien l’importance du fait que les colonisateurs se soient sentis obligés d’en discuter.

[ 10] Trutz von Trotha, Koloniale Herrschaft, Tübingen, J. C. B. Mohr, 1994.

[ 11] Pierre Bourdieu, Homo Academicus, Paris, Minuit, 1984.

[ 12] Marshall Sahlins, Historical Metaphors and Mythical Realities, Ann Arbor, University of Michigan Press, 1981 ; Marshall Sahlins, Des îles dans l’histoire, Paris, Gallimard, Seuil, 1989.

[ 13] Friedrich Müller, Allgemeine Ethnographie, Vienne, Alfred Hölder, 1873, p. 79.

[ 14] Leonhard Sigmund Schultze, Aus Namaland und Kalahari, Iena, Gustav Fischer, 1907, p. 335.

[ 15] Die deutschen Kolonien, 1, 1902, p. 1.

[ 16] Pierre Bourdieu, “The field of cultural production, or: the economic world reversed”, Poetics, 12 (4-5), 1983, p. 311-356 ; Gisèle Sapiro, “The literary field between the state and the market”, Poetics. Journal of Empirical Research on Culture, the Media and the Arts, 31 (5-6), 2003, p. 441-461.

[ 17] Dans de nombreux cas, le maintien de l’ordre politique prévalait sur les intérêts économiques (G. Steinmetz, op. cit.).

[ 18] Les Witbooi étaient une communauté Khoikhoi qui avait migré de la colonie du Cap vers le Nord, en Namibie, au XIXe siècle, et qui était partiellement européanisée. Les Européens du XIXe siècle les considéraient généralement, en raison de ce biculturalisme, comme d’habiles menteurs et imitateurs, possédant un « caractère imprévisible » (Gustav Fritsch, Die Eingeborenen Südafrikas, ethnographisch und anatomisch beschrieben, Breslau, Hirt, 1872, p. 305-307). On appelait les Khoikhoi « Hottentots » depuis des siècles (Linda E. Meriens, “‘Hottentot’: the emergence of an early modern racist epithet”, Shakespeare Studies, 26, 1998, p. 123-144).

[ 19] Jürgen Osterhammel, Colonialism: A Theoretical Overview, Princeton, Markus Wiener Publishers, 2005, p. 6-8 ; Alison Palmer, Colonial Genocide, Adelaïde, Crawford House, 2000 ; Caroline Elkins et Susan Pedersen (dir.), Settler Colonialism in the Twentieth Century: Projects, Practices, Legacies, New York, Routledge, 2005.

[ 20] Ronald Robinson, “The excentric idea of imperialism, with or without empire”, in Wolfgang J. Mommsen et Jürgen Osterhammel (éds), Imperialism and After, Londres, Allen & Unwin, 1986, p. 267-289 ; Wolfgang J. Mommsen, Theories of Imperialism, New York, Random House, 1980, p. 100-112.

[ 21] Edward Saïd, Orientalism, New York, Vintage, 1978, p. 117, 104.

[ 22] Albert S. Yee, “The causal effects of ideas on politics”, International Organization, 50, 1996, p. 69-108 ; Lawrence E. Harrison et Samuel P. Huntington (éds), Culture Matters: How Values Shape Human Progress, New York, Basic Books, 2000. Pour une discussion de cette thèse, voir George Steinmetz, “Culture and the State”, in George Steinmetz (dir.), State/Culture. Historical Studies of the State in the Social Sciences, Ithaca, Cornell University Press, 1999, p. 1-49.

[ 23] E. Saïd, op. cit., p. 96.

[ 24] « Pluriaccentuation sociale du signe idéologique » – Cf. Mikhail Bakhtine (v. n. Volochinov), Le Marxisme et la philosophie du langage, Paris, Minuit, 1977, p. 44.

[ 25] Une explication plus complète de la politique indigène est fournie dans G. Steinmetz, The Devil’s Handwriting…, op. cit.

[ 26] Pierre Bourdieu, Sociologie de l’Algérie, Paris, PUF, 1958 ; –, Esquisse pour une auto-analyse, Paris, Raisons d’agir, 2004 ; Tassadit Yacine, “Pierre Bourdieu in Algeria at war”, Ethnography, 5 (4), 2004, p. 487-509 ; Gisèle Sapiro, « Une liberté contrainte. La formation de la théorie de l’habitus », in Louis Pinto, Gisèle Sapiro et Patrick Champagne (éds), Pierre Bourdieu, sociologue, Paris, Fayard, 2004, p. 49-71.

[ 27] Voir cependant Pierre Bourdieu, « Les conditions sociales de la circulation internationale des idées », Actes de la recherche en sciences sociales, 145, décembre 2002, p. 3-8.

[ 28] Voir Albert Bergesen et Ronald Schoenberg, “Long waves of colonial expansion and contraction”, in Albert Bergesen (éd), Studies of the Modern World-System, New York, Academic Press, p. 231-277.

[ 29] Compagnies privées (de marchands) opérant dans le cadre d’une charte royale ou votée au parlement.

[ 30] On peut généralement définir qui se situe à l’intérieur et à l’extérieur du champ uniquement en reconstruisant le groupe d’acteurs à la recherche d’une reconnaissance mutuelle par rapport à des groupes d’enjeux communs.

[ 31] Les États-Unis autorisèrent certains colonisés à participer à la vie électorale et parlementaire aux Philippines et à Puerto Rico. Après la Seconde Guerre mondiale, les Français et les Britanniques expérimentèrent des formes limitées de démocratisation dans leurs colonies (Fred Cooper, Decolonization and African Society. The Labour Question in French and British Africa, Cambridge, Cambridge University Press, 1996 ; Gary Wilder, The French Imperial Nation-State. Negritude and Colonial Humanism between the Two World Wars, Chicago, The University of Chicago Press, 2005). Félix Eboué fut un gouverneur noir dans plusieurs colonies dont il n’était pas originaire : en Martinique, en Guadeloupe, au Tchad, et enfin dans toute l’Afrique équatoriale française (Brian Weinstein, Eboué, New York, Oxford University Press, 1972).

[ 32] Andrew Zimmerman, Anthropology and Antihumanism in Imperial Germany, Chicago, University of Chicago Press, 2001.

[ 33] Immanuel Maurice Wallerstein, The Modern World-System, New York, Academic Press, 1974-1989.

[ 34] Max Nordau, Entartung, Berlin, C. Duncker, 1895 ; Victor Gordon Kiernan, The Lords of Human Kind; Black Man, Yellow Man, and White Man in an Age of Empire, Boston, Little, Brown, 1969 ; Homi Bhabha, Les Lieux de la culture : une théorie postcoloniale, Paris, Payot. 2007 ; Damon Ieremia Salesa, “‘Troublesome half-castes’: tales of a Samoan borderland”, Masters Thesis, University of Auckland, 1997 ; Emmanuelle Saada, Les Enfants de la colonie : les métis de l’empire français entre sujétion et citoyenneté, Paris, La Découverte, 2007.

[ 35] Fritz K. Ringer, The Decline of the German Mandarins: The German Academic Community, 1890-1933, Cambridge, Harvard University Press, 1969 ; Reinhart Koselleck (éd), Bildungsgüter und Bildungswissen, Stuttgart, Klett-Cotta, 1990.

[ 36] Horst Drechsler, Südwestafrika unter deutscher Kolonialherrschaft, Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 1996.

[ 37] David Blackbourn, The Long Nineteenth Century. A History of Germany, 1780-1918, New York, Oxford University Press, 1999, p. 333.

[ 38] Wilhelm Matzat, Die Tsingtauer Landordung des Chinesenkommissars Wilhelm Schrameier, Bonn, Selbstverlag, 1985, p. 4-5.

[ 39] Steven R. Turner, “The Bildungsbürgertum and the learned professions in Prussia, 1770-1830: the origins of a class”, Histoire Sociale-Social History, 13 (25), 1980, p. 105-135.

[ 40] Les missionnaires avaient amorcé la colonisation européenne en produisant les premières représentations détaillées des populations indigènes, aidant même à négocier le transfert de souveraineté aux Allemands en Afrique du Sud-Ouest. Cf. Klaus Bade, Friedrich Fabri und der Imperialismus in der Bismarckzeit: Revolution, Depression, Expansion, Fribourg, Atlantis, 1975 ; Gustav Menzel, C. G. Büttner. Missionar, Sprachforscher und Politiker in der deutschen Kolonialbewegung, Wuppertal, Verlag der Vereinigten Evangelischen Mission, 1992.

[ 41] La majorité des soldats coloniaux à la retraite qui s’installaient dans le Sud-Ouest africain allemand devenaient des fermiers indépendants plutôt que des prolétaires. Les « beachcombers » européens éparpillés dans le Pacifique tout au long du XIXe siècle formaient une classe de sous-prolétaires, constituée de vagabonds, d’ex-marins et de criminels qui ne furent jamais reconnus comme des participants légitimes à la gouvernance coloniale européenne. Cf. Greg Dening, Beach Crossings: Voyaging Across Times, Cultures, and Self, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, 2004.

[ 42] Franz Joseph von Bülow, Deutsch-Südwestafrika. Drei Jahre im Lande Hendrik Witboois, Berlin, E. S. Mittler, 1896, p. 286. Les Witbooi, qui croyaient en la neutralité maintenue de la Schutztruppe (l’armée coloniale), ne s’attendaient pas du tout à cette attaque ; cf. Christian Bochert, “The Witboois and the Germans in South West Africa: a study of their interaction between 1863 and 1905”, MA Thesis, University of Natal, 1980, p. 88. Les troupes allemandes utilisèrent 16 000 cartouches de munitions en trente minutes, tuant près de 100 personnes, principalement des femmes et des enfants ; Kurd Schwabe, Mit Schwert und Pflug in Deutsch-Südwestafrika, Berlin, Mittler, 1899, p. 35.

[ 43] Curt von François, Ohne Schuß durch dick und dünn. Erste Erforschung des Togohinterlandes, Idstein, Ts., Esch-Waldems (Eigenverlag), 1972 ; Meyer’s Lexicon, 7e éd., Leipzig, Bibliographisches Institut, vol. 4, 1926, p. 995.

[ 44] Jan Hendrik Esterhuyse, South West Africa 1880-1894, Cape Town, C. Stuik (Pty.) Ltd, 1968, p. 202.

[ 45] Karl Dove, Südwestafrika. Kriegs- und Friedensbilder aus der ersten deutschen Kolonie, Berlin, Allgemeiner Verein für Deutsche Litteratur, 1896, p. 54.

[ 46] Von Trotha avait participé à l’écrasante défaite de l’armée française à la bataille de Sedan en 1870 ; Gerhard Pool, Samuel Maherero, Windhoek, Gamsberg Macmillan Publishers, 1991, p. 243-244 ; –, Deutschland in China, Düsseldorf, A. Bagel, 1902, p. 230 sq.

[ 47] Leutwein au Département colonial, 17 mai 1904, Bundesarchiv (Archives fédérales allemandes), Berlin, RKA (Bureau colonial allemand), vol. 2115, p. 66, recto.

[ 48] Von Trotha à Theodor Leutwein, 5 novembre 1904, Bundesarchiv-Berlin, RKA, vol. 2089, p. 100, verso ; von Trotha au Comte von Schlieffen, 4 octobre 1904, Bundesarchiv-Berlin, RKA, vol. 2089, p. 5, verso (souligné par l’auteur).

[ 49] John Langshaw Austin. How to do Things with Words, Cambridge, Harvard University Press, 1962.

[ 50] Sur l’élaboration du discours européen sur la noble sauvagerie des Samoans, voir George Steinmetz, “The uncontrollable afterlives of ethnography: lessons from German ‘salvage colonialism’ for a new age of empire”, Ethnography, 5, 2004, p. 251-288 ; Serge Tcherkézoff, Tahiti 1768 : jeunes filles en pleurs; la face cachée des premiers contacts et la naissance du mythe occidental, Pirae, Au vent des îles, 2005.

[ 51] Au départ, les Samoans avaient été codifiés par les Européens comme « ignobles sauvages » : Jocelyn Linnekin, “Ignoble savages and other European visions: the La Pérouse affair in Samoan history”, The Journal of Pacific History, 26, 1991, p. 3-26. Ils se parèrent dans la seconde moitié du XIXe siècle des attributs de la noble sauvagerie aux yeux des Européens, tandis que Tahiti et Hawaï étaient perçus comme corrompus par la civilisation occidentale ; G. Steinmetz, The Devil’s Handwriting…, op. cit., chap. 4.

[ 52] Erich Schultz (Schultz-Ewerth), “The most important principles of Samoan family law”, The Journal of the Polynesian Society, 20, 1911, p. 43-53.

[ 53] Malama Meleisea, The Making of Modern Samoa, Suva, Fiji, Institute of Pacific Studies of the University of the South Pacific, 1987, chap. 4.

[ 54] Partha Chatterjee, The Nation and Its Fragments, Princeton, Princeton University Press, 1993. L’expression color line est de W. E. B. Du Bois, “The problem of the twentieth century is the problem of the color line”, in Dan S. Green et Edwin D. Driver (éds), W. E. B. Du Bois on Sociology and the Black Community, Chicago, University of Chicago Press, 1978 [1950], p. 281-289.

[ 55] La société colonisée peut également être analysée en tant que champ ou multitude de champs. Dans le Qingdao/Kiao-Tchéou colonial par exemple, la société chinoise continuait à être partiellement structurée selon les formes de capital politique, culturel et économique qui prévalaient dans la société chinoise dans son ensemble. Voir Pierre-Étienne Will, « La distinction chez les mandarins », in Jacques Bouveresse et Daniel Roche (éds), La Liberté par la connaissance. Pierre Bourdieu (1930-2002), Paris, Odile Jacob, 2004, p. 215-232.

[ 56] Voir dans ce même numéro Roland Lardinois sur le cas anglais.

[ 57] Christophe Charle, La Crise des sociétés impériales. Allemagne, France, Grande-Bretagne 1900-1940. Essai d’histoire sociale comparée, Paris, Seuil, 2001.

[ 58] L’impossibilité ontologique d’une théorie générale ou d’une explication univoque de la pratique sociale est démontrée par Roy Bhaskar, Scientific Realism and Human Emancipation, Londres, Verso, 1986.

[ 59] Daniel Jonah Goldhagen, Les Bourreaux volontaires de Hitler : les Allemands ordinaires et l’Holocauste, Paris, Seuil, 1997.

[ 60] Henrik Lundtofte, “‘I believe that the nation as such must be annihilated…’ – the radicalization of the German suppression of the Herero rising in 1904”, in Steven L. B. Jensen et Gwynneth Llewellyn (éds), Genocide, Copenhague, Danish Center for Holocaust and Genocide Studies, 2003, p. 15-53. Avant août 1904, des Ovaherero avaient été fait prisonniers et contraints à travailler, mais ils n’étaient pas encore tirés à vue ou chassés de la colonie. Sur les prisonniers de guerre Ovaherero à cette époque, voir “Aus Swakopmund”, Deutsch-Südwestafrikanische Zeitung, 25, 22 juin 1904, p. 2.

[ 61] Bundesarchiv-Berlin, RKA, vol. 2089, p. 7, recto.

[ 62] Helmut Bley, Kolonialherrschaft und Sozialstruktur in Deutsch-Südwestafrika 1894-1914, Hambourg, Leibniz-Verlag, 1968.

[ 63] Par exemple, Paul Rohrbach, Aus Südwest-Afrikas schweren Tagen, Berlin, Wilhelm Weicher, 1909.

[ 64] Ludwig von Estorff, Wanderungen und Kämpfe in Südwestafrika, Ostafrika und Südafrika, Wiesbaden, Wiesbadener Kurier Verlag, 1968, p. 117.

[ 65] Rapport sur la mortalité dans les camps de concentration pour le Haut Commandement de la Schutztruppe, 23 mars 1908, Bundesarchiv-Berlin, RKA, vol. 2140, p. 161-162 ; Casper W. Erichsen, “Zwangsarbeit im Konzentrationslager auf der Haifischinsel”, in Jürgen Zimmerer et Joachim Zeller (éds), Völkermord in Deutsch-Südwestafrika, Berlin, Links, p. 84.

[ 66] Le gouverneur par intérim Tecklenburg au Département Colonial, 4 juillet 1905 (souligné par l’auteur), Bundesarchiv-Berlin, RKA, vol. 2090, p. 22.

[ 67] Procès-verbal, le gouverneur à Windhuk, Hellwig, 28 décembre 1905, Bundesarchiv-Berlin RKA, vol. 2137, p. 150 ; Télégramme de Lindequist au Bureau Colonial, 4 février 1906, Bundesarchiv-Berlin RKA, vol. 2138, p. 30 ; Télégramme de Lindequist aux Affaires étrangères, 5 décembre 1905, Bundesarchiv-Berlin, RKA, vol. 2137, p. 93. Le terme « camp de concentration » (Konzentrationslager) utilisé par les Allemands à cette époque était calqué sur l’utilisation du terme par les Américains pendant la guerre entre les Philippines et les États-Unis et par les Britanniques pendant la guerre des Boers.

[ 68] Kaiserliches Gouvernement von Kamerun, Buea, 22 octobre 1911, Bundesarchiv-Berlin, RKA, vol. 2090, p. 144 ; et description d’un rapport de la missionnaire Anna Wuhrmann sur sa visite du camp fortifié allemand de Dschang au Cameroun où les Witbooi étaient retenus prisonniers, Bundesarchiv-Berlin, RKA, vol. 2090, p. 147, verso ; Lettre du missionnaire au Cameroun Vielhauer au quartier général de la Mission Rhenish à Barmen, Allemagne, le 26 juillet 1912, in Archiv- und Museumsstiftung Wuppertal (Fondation des archives et du Musée de Wuppertal), documents de la Société de mission Rhenish, vol. 2.597, p. 28-30.

[ 69] Le Bureau colonial au directeur de la mission Rhenish, Spiecker, le 20 novembre 1913, Fondation des archives et du Musée de Wuppertal, documents de la Société de mission Rhenish, vol. 2.597, p. 56 ; Le Bureau colonial à Windhuk, 18 mars 1913, Bundesarchiv-Berlin, RKA, vol. 2089, p. 178-179.

[ 70] Werner Hillebrecht, “Die Nama und der Krieg im Süden”, in Jürgen Zimmerer et Joachim Zeller (éds), Völkermord in Deutsch-Südwestafrika : der Kolonialkrieg (1904-1908) in Namibia und seine Folgen, Berlin, Links, 2003, p. 132.

[ 71] Solf à von Heyking, 4 septembre 1890, Bundesarchiv-Koblenz, documents Solf, vol. 16, p. 71-73. Concernant l’hostilité entre les deux hommes, voir von Heyking à Solf, 15 janvier 1891, p. 275, ibid. Sur Jones et la Société asiatique de Calcutta, voir Thomas R. Trautmann, Aryans and British India, Berkeley, University of California Press, 1997.

[ 72] Otto Franke, Erinnerungen aus zwei Welten, Berlin, Walter de Gruyter & Co, 1954, p. 98.

[ 73] Cette vision ethnographique fournissait également à Solf une solution imaginaire à son dilemme de classe dans la métropole dans la mesure où il décrivait Samoa comme une sorte de méritocratie de nobles dans laquelle les titres honorifiques étaient obtenus par la stratégie, la lutte, le talent et une sélection délibérée plutôt que par héritage. Les titres les plus valorisés en Allemagne étaient encore les titres hérités des branches les plus anciennes de l’aristocratie. Un Bildungsbürger doté de capital culturel, mais de peu de capital économique était séduit par la compétition statutaire entre Samoans, qui récompensait l’éloquence et la bienséance, tout en méprisant la richesse monétaire ; voir Lowell D. Holmes, “Samoan oratory”, The Journal of American Folklore, 82 (326), 1969, p. 348-349. L’inclination du gouverneur pour les Samoans – qui le conduisit à donner des noms samoans à ses propres enfants (in Peter J. Hempenstall et Paula T. Mochida, The Lost Man: Wilhelm Solf in German History, Wiesbaden, Harrassowitz, 2005, p. 87) – contrastait fortement avec la haine des dirigeants militaires pour leurs sujets en Afrique du Sud-Ouest. Un processus d’identification semblable avec un imago du chinois mandarin savant exista pendant des siècles parmi des Allemands éduqués mais sans titres nobiliaires. L’identification des Bildungsbürger coloniaux avec les mandarins chinois a aussi joué un rôle dans le Qingdao allemand colonial.

[ 74] Le territoire cédé à bail couvrait une zone de 553 kilomètres carrés de 80 000 à 100 000 habitants comprenant le village de Qingdao, plusieurs villes de taille plus importante, et 275 villages. La population de Qingdao seul passa de 700-800 habitants en 1897, sans compter les soldats chinois qui y étaient stationnés, à près de 50 000 en 1914 ; Wilhelm Matzat, Neue Materialien zu den Aktivitäten des Chinesenkommissars Wilhelm Schrameier in Tsingtau, Bonn, Selbstverlag, 1998, p. 106.

[ 75] Françoise Kreissler, L’Action culturelle allemande en Chine, Paris, Éd. de la MSH, 1989 ; Klaus Mühlhahn, Herrschaft und Widerstand in der “Musterkolonie” Kiautschou, Munich, R. Oldenbourg, 2000, et Hans-Christian Stichler, “Das Gouvernement Jiaozhou und die deutsche Kolonialpolitik in Shandong 1897-1909. Ein Beitrag zur Geschichte der deutsch-chinesischen Beziehungen”, thèse de doctorat, Université Humboldt, Berlin, 1989, p. 252-291.

[ 76] Voir les statuts du Collège de Qingdao et le mémo d’Otto Franke l’accompagnant, 7 août 1908, in Bundesarchiv-Berlin, Deutsche Botschaft China, vol. 1258, p. 185.

[ 77] Voir le programme de la faculté de droit in Deutsch-chinesische Hochschule, Programm der deutsch-chinesischen Hochschule in Tsingtau, Tsingtau (Qingdao), 1910, p. 10.

[ 78] Jonathan D. Spence, The Search for Modern China, New York, W. W. Norton, 1990, p. 225.

[ 79] Kurt Romberg, « Ku Hung Ming », Deutsch-chinesische Rechtszeitung, 1 (1), 1911, p. 23, 25.

[ 80] Klaus Mühlmann, Herrschaft und Widerstand…, op. cit., p. 271-273.

[ 81] Zhang Yufa, « Qingdao de shiliquan », in Zhongyang yanjiuyuan jindaishi yanjiusuo (dir.), Jindai Zhongguo quyushi yantaohui lunwenji, Taipei, Academia Sinica, 1986, p. 801-838.

[ 82] Otto Hövermann, Kiautschou, Verwaltung und Gerichtsbarkeit, Tübingen, J. C. B. Mohr, 1914, p. 26-27.

[ 83] Friedrich Wilhelm Mohr, Handbuch für das Schutzgebiet Kiautschou, Leipzig, Köhler, 1911, p. 21.

[ 84] Tsingtauer Neueste Nachrichten, 12 octobre 1909, p. 2.

[ 85] Bundesarchiv-Berlin, Deutsche Botschaft China, vol. 1259, p. 35, verso (Truppel à von Rex, 1er septembre 1908) ; Ibid., vol. 1258, p. 215 (Truppel à von Rex, 18 août 1908).

[ 86] Catherine Hall, Civilising Subjects: Metropole and Colony in the English Imagination, 1830-1867, Oxford, Polity, 2002 ; Jean Comaroff et John Comaroff, Of Revelation and Revolution. Christianity, Colonialism, and Consciousness in South Africa, Chicago, University of Chicago Press, 2 vols, 1991-1997 ; David Cannadine, Ornamentalism. How the British Saw their Empire, Oxford, Oxford University Press, 2001 ; Bernard Porter, The Lion’s Share: A Short History of British Imperialism, 1850-1983, Londres, Longman, 1984. Voir aussi les articles de Roland Lardinois et Daniel Goh dans ce numéro.

[ 87] Daniel Goh, “States of ethnography: colonialism, resistance and cultural transcription in Malaya and the Philippines, 1890s-1930s”, Comparative Studies in Society and History, 49 (1), 2007, p. 109-142. Pour le cas français, voir William B. Cohen, Rulers of Empire: The French Colonial Service in Africa, Stanford, Hoover Institution Press, 1971.

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