Économie internationale 2003- 2/3 (n° 94-95)| ISSN 1240-8095 | ISSN numérique : en cours | ISBN : | page 109 à 135

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Commerce du textile et de l’habillement : le multilatéralisme face au régionalisme

Richard Avisse
Michel Fouquin [1]


RESUME — Depuis quinze ans, les échanges dans les secteurs du textile et de l’habillement ont montré une forte propension à se développer entre pays proches, ceci s’expliquant en partie par la multiplication des accords régionaux (Caribbean Bassin Initiative, ALENA [2], Accords d’association conclus par l’Union européenne). Mais c’est aussi la conséquence de l’Accord Multi-Fibre (AMF) et en Asie, de l’évolution de l’avantage comparatif entre le Japon et les nouveaux pays industrialisés. Le démantèlement de l’AMF en 2005 et l’accession de la Chine à l’OMC vont profondément modifier la concurrence internationale dans les secteurs du textile et de l’habillement. Cet article présente le résultat de simulations faites sur ces deux composantes de la libéralisation commerciale à venir, réalisées avec le modèle GTAP (version 5) qui permet de mesurer les effets de ces deux chocs.
Classification JEL : F13 ; F14 ; L67 ; D58.

Depuis quinze ans, les échanges dans les secteurs du textile et de l’habillement ont montré une forte propension à se développer entre pays proches, ceci s’expliquant en partie par la multiplication des accords régionaux (Caribbean Bassin Initiative, ALENA [2], Accords d’association conclus par l’Union européenne). Mais c’est aussi la conséquence de l’Accord Multi-Fibre (AMF) et en Asie, de l’évolution de l’avantage comparatif entre le Japon et les nouveaux pays industrialisés. Le démantèlement de l’AMF en 2005 et l’accession de la Chine à l’OMC vont profondément modifier la concurrence internationale dans les secteurs du textile et de l’habillement. Cet article présente le résultat de simulations faites sur ces deux composantes de la libéralisation commerciale à venir, réalisées avec le modèle GTAP (version 5) qui permet de mesurer les effets de ces deux chocs.
Classification JEL : F13 ; F14 ; L67 ; D58.
Mots-clés : politique commerciale, textile, habillement, Chine, Inde, Mercosur.

ABSTRACT — Over the last fifteen years, trade in textile and clothing products has shown a tendency to develop on a regional scope, due to the increase of regional trade agreements (Carribean Bassin Initiative, NAFTA, Association agreements negociated by the European Union). This is also a consequence of the Multi-Fibre Agreement (MFA) and the evolution in Asia of the comparative advantage between Japan and the New Industrialized Countries. The dismantling of the MFA by 2005 and China’s membership of WTO, will deeply alter international competition in textile and clothing products. This paper gives the results of a simulation of these two components of trade liberalisation using the GTAP 5 system to measure the broad scale of these two shocks.
JEL Classification : F13 ; F14 ; L67 ; D58.

Over the last fifteen years, trade in textile and clothing products has shown a tendency to develop on a regional scope, due to the increase of regional trade agreements (Carribean Bassin Initiative, NAFTA, Association agreements negociated by the European Union). This is also a consequence of the Multi-Fibre Agreement (MFA) and the evolution in Asia of the comparative advantage between Japan and the New Industrialized Countries. The dismantling of the MFA by 2005 and China’s membership of WTO, will deeply alter international competition in textile and clothing products. This paper gives the results of a simulation of these two components of trade liberalisation using the GTAP 5 system to measure the broad scale of these two shocks.
JEL Classification : F13 ; F14 ; L67 ; D58.
Keywords : Trade Policy, Textile, Clothing, China, India, Mercosul.


1

Depuis quinze ans, des progrès majeurs renforçant le système commercial multilatéral ont été accomplis – notamment avec l’Accord de Marrakech et l’accession de la Chine à l’OMC. Des avancées tout aussi importantes ont été réalisées au niveau régional avec l’accroissement considérable du nombre d’accords régionaux.

2

Cet article analyse l’impact de ces changements sur les industries du textile et de l’habillement qui sont probablement les plus affectées. En premier lieu, il rappelle les grandes tendances des échanges mondiaux du secteur textile, en comparant les évolutions régionales et mondiales d’un côté, et celle de la division du travail entre le textile et l’habillement de l’autre. Puis il confronte les résultats des études les plus significatives faites sur ce secteur en utilisant les modèles d’Équilibre Général Calculable (EGC).

3

L’article donne ensuite les résultats de deux scénarios de libéralisation multilatérale réalisé en s’appuyant sur différentes versions (4 et 5) de la base de données de GTAP (Global Trade Project Analysis) : si les résultats qualitatifs sont tout à fait comparables, en revanche les effets sont très volatils. À titre d’exemple, cette étude compare enfin les effets de deux accords régionaux.

La régionalisation des échanges dans le secteur textile

4

Les quinze dernières années ont été marquées par le développement du commerce régional dans le secteur du textile et de l’habillement, opposé à la globalisation qui avait prévalu dans les décennies précédentes (les années cinquante à quatre-vingt). Pour l’illustrer, cet article analyse trois grandes régions : l’Asie, les Amériques, l’Europe et les pays méditerranéens. Au cours des années 1970-2000, le tableau 1 montre que la part de l’Asie dans le commerce mondial de l’habillement s’est accrue de 16,1 points, dont 11,2 à l’intérieur de l’Asie. Les chiffres respectifs pour le textile sont de 16,1 (fortuitement identiques à ceux de l’habillement), dont 13,7 sont réalisés à l’intérieur de l’Asie. Des tendances similaires peuvent être observées en Amérique : les gains de l’habillement sont de 10,3 points, dont 11,8 viennent du commerce intérieur américain. Pour le textile, les chiffres sont de 3,6 points et 5,1, ce qui signifie que l’Amérique est en train de perdre du terrain sur le reste du monde. Le cas de l’Europe est plus complexe à analyser en raison de l’effondrement du “camp socialiste” ; la période de 1993-2000 est la seule significative.

Tableau 1Secteur textile et habillement : évolution du commerce mondial, 1970-2000En points du commerce mondial

Tableau 1.aLe textile

Amérique Eurafrique Asie Monde Amérique 5,1 – 1,1 – 0,1 3,6 Eurafrique – 3,7 – 16,8 – 0,7 – 21,5 Asie – 0,5 3,0 13,7 16,1 Monde 0,9 – 14,3 14,0 0,0

Tableau 1.bL’habillement

Amérique Eurafrique Asie Monde Amérique 11,8 – 0,8 – 0,1 10,3 Eurafrique – 2,4 – 24,5 0,3 – 26,7 Asie 1,4 3,6 11,2 16,1 Monde 11,0 – 21,5 11,5 0,0 Source : CEPII, base de données CHELEM.

5

Quelles sont les causes d’un tel phénomène ? Principalement, les liens entre politique commerciale et évolution de la division verticale du travail.

L’ALENA : un exemple de régionalisation

6

Les graphiques 1 et 2 montrent le rôle majeur joué par l’ALENA dans le développement de l’intégration régionale en Amérique du Nord et du Sud. Le Mexique est devenu en 1999 le premier pays exportateur de textile-habillement vers les États-Unis, avec huit milliards de dollars (malgré une stagnation en termes absolus). Le succès des pays caraïbéens et du reste de l’Amérique latine est moins évident depuis la mise en place de l’ALENA à partir de 1994. En conséquence, l’industrie des États-Unis profite d’un accès privilégié au marché mexicain du textile, qui en retour bénéficie d’un meilleur accès au marché nord-américain de l’habillement.

Graphique 1

Part de l’Amérique et de l’Asie (hors Japon) dans les importations d’habillement des États-Unis

1984 : Carribean Bassin Initiative.

1992 : ALENA, Accord de Libre-Echange Nord-Américain.

Source : CEPII, base de données CHELEM.

Graphique 2

Structure des exportations américaines de textiles

Source : CEPII, base de données CHELEM.

7

Tour à tour, la part des exportations d’habillement de l’Asie sur le marché des États-Unis a baissé de presque 80% en 1983 à moins de 50% en 1999, malgré la compétitivité grandissante des entreprises chinoises notamment. La division verticale du travail entre les États-Unis et le Mexique a clairement eu un impact positif sur le développement des industries mexicaines et de l’emploi au Mexique, mais ceci s’est opéré au détriment de l’Asie.

Le régionalisme européen

8

Des tendances similaires mais plus complexes s’observent pour le commerce européen.

9

Des accords de préférence commerciale ont été mis en place pendant les années soixante entre l’Union européenne et les pays méditerranéens et, depuis 1989, entre l’Union européenne et les pays d’Europe centrale. Dans ce dernier cas, le but était d’aider les pays d’Europe de l’Est à achever leur transition vers une économie de marché. Pour l’industrie du textile et de l’habillement, cette politique s’est traduite par une affectation de quotas d’échanges hors taxes au titre du Trafic de Perfectionnement Passif (TPP), quotas progressivement étendus et maintenant disparus (graphique 3). Ce mécanisme visait à maîtriser le développement du commerce intra-européen alors que certains redoutaient, au début de la transition, que l’ouverture à l’Est ne soit déstabilisante vu le niveau des prix est-européens.

Graphique 3

Part des pays de la périphérie de l’UE et de l’Asie dans les importations européennes d’habillement

Source : CEPII, base de données CHELEM.

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Ces quotas TPP, attribués à l’habillement fabriqués à partir des textiles européens, ont favorisé les pays voisins de l’Union, alors que les importateurs européens étaient encouragés à travailler avec des producteurs proches, qui profitaient de coûts de distribution réduits et de coûts de transports plus bas (graphique 4).

Graphique 4

Structure des exportations européennes de textile

Source : CEPII, base de données CHELEM.

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Cette division régionale du travail a aidé l’industrie ouest-européenne à soutenir son industrie en amont et à améliorer son avantage comparatif révélé dans le textile. Ainsi, en 1988, pour 100 dollars de vêtements importés du bassin méditerranéen et d’Europe centrale, les Européens ont exporté pour 55 dollars à ces pays en textile et fil (graphique 5).

Graphique 5

Part des pays en développement dans les exportations mondiales d’habillement

Note : NPI1 : Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong.

Source : CEPII, base de données CHELEM.

La division du travail en Asie

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La part des pays développés d’Asie [3] dans les exportations mondiales d’habillement stagne depuis 1984 (graphique 5), après une longue période de progression. À l’intérieur de l’Asie, les accords régionaux sont encore très limités.

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Le Japon n’ayant pas fait partie de l’Accord Multi-Fibre, le déclin de son industrie du textile et de l’habillement a été extrêmement rapide ces dix dernières années, au profit de l’industrie textile coréenne et taïwanaise, et l’industrie chinoise de l’habillement. Cette division du travail est conforme aux facteurs déterminants traditionnels de l’avantage comparatif. Les niveaux de l’emploi industriel au Japon et les forts excédents du compte courant ont facilité l’ajustement structurel des industries déclinantes. La décennie de crise bancaire, et maintenant l’entrée de la Chine à l’OMC, augmentent les risques de conflits commerciaux entre le Japon et la Chine. L’ampleur de l’intégration Chine/Japon est illustrée par le tableau 2 qui montre que la part de la Chine dans les importations japonaises de textile est passée de 30% en 1990 à près de 80% en 2000. Le Japon a essayé, depuis 2000, d’imposer des nouvelles barrières quantitatives sur certains produits chinois.

Tableau 2Part des importations japonaises en provenance de la Chine pour les vingt catégories dépassant 20% du marché japonais

2000 1990 1995 2000 Chine : Chine Chine Chine Produits exportations vers le Japon en millions de dollars en% en% en% Vêtements de confection 7 441,0 35,3 65,3 77,3 Ciment 621,5 10,3 54,3 76,9 Vêtements de bonneterie 6 223,0 27,2 53,9 76,5 Tapis 1 423,4 33,7 52,3 63,5 Cuirs 3 493,7 10,0 39,2 52,9 Conserves animales 1 581,2 8,0 38,9 48,5 Matériel électrique 1 727,4 14,8 37,3 48,3 Électroménager 636,9 3,0 15,7 37,4 Conserves végétales 1 048,3 18,7 29,7 35,6 Articles manufacturés nda 2 770,4 8,4 21,5 32,1 Électronique grand public 1 295,9 11,1 17,0 30,3 Meubles 1 037,3 5,1 21,9 30,0 Fournitures électriques 2 523,0 2,4 15,5 29,0 Minéraux nda 395,3 15,5 24,8 27,8 Horlogerie 386,9 4,0 19,7 27,5 Appareils d’optique 1 043,8 0,8 15,1 25,8 Fils et tissus 649,3 15,6 19,7 24,0 Céramique 182,9 2,6 13,4 23,6 Quincaillerie 1 122,7 3,2 11,4 23,4 Chimie minérale de base 666,1 11,2 18,7 20,6 Source : CEPII, base de données CHELEM.

L’avenir de l’intégration régionale

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L’abolition de toutes les mesures discriminatoires en 2005, décidée dans le cadre de l’accord ATV [4], modifiera profondément les règles du jeu même si certains experts restent sceptiques sur sa portée (Spinanger, 1998 et 1999). Ceux-ci pensent qu’il existe encore de nombreuses façons d’échapper à l’élimination progressive des pratiques discriminatoires (usage de clauses de sauvegarde par exemple). L’hypothèse faite ici, est que le système de quota disparaîtra totalement et ne sera pas remplacé par d’autres barrières. Dans ce cas, les accords multilatéraux réduisent-ils, ou même éliminent-ils les fondements d’un accord régional ? A priori, la réponse devrait être positive ; cependant, les gouvernements ont tendance à négocier de plus en plus d’accords régionaux. La rationalité de tels accords joue clairement dans des secteurs comme les services, car les négociations multilatérales sur l’investissement direct étranger avancent lentement, mais aussi dans des industries où les obstacles aux échanges sont encore importants (marchés publics par exemple, produits pharmaceutiques).

Quelques Estimations de la libéralisation commerciale

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L’analyse des effets de l’actuelle libéralisation des échanges dans le secteur du textile et de l’habillement exige une méthode qui prend en compte les interdépendances entre pays et secteurs. D’où le recours aux modèles d’équilibre général (MEG), et de nombreuses simulations réalisées à partir de ces outils sont aujourd’hui disponibles. Le tableau 3 résume quelques-uns des résultats les plus intéressants obtenus avec ces modèles et bases de données (voir aussi Whaley, 1999).

Tableau 3Suppression de l’AMF : simulations faites à partir de modèles d’équilibre général

Auteurs et données Hypothèse du modèle principal Gains en bien-être (en milliards de $ US) Trela et Whalley (1990) Sans discrimination du – 23 milliards de gains mondiaux – Données 1986 consommateur entre les biens – 8 milliards de gains pour les pays – 7 quotas textile et habillement importés et les biens locaux en développement dont – 7 tarifs textile et habillement la plupart sont gagnants Harisson, Rutherford and Tarr – Modèle statique à rendements – 14 milliards de gains dont – 2 (1995, 1997) constants pour les pays en développement – Données 1992 (GTAP 2) – Modèle pseudo-dynamique – 20 milliards de gains dont + 4 pour les pays en développement – Chine, seul gagnant Hertel, Martin, Yanagishima et – Estimation de l’économie mondiale – 37 milliards de gains du quota Dimaranan (1995) – Année 2005 avant libéralisation – 13 milliards de réduction tarifaire – Données 1992 (GTAP 2) Grands pays d’Asie, grands gagnants Yang (1997) – Données 1992 (GTAP 2) Modèle statique avec – 28 milliards de gains pour le monde concurrence parfaite – 11 milliards pour les pays en développement Grands pays d’Asie, grands gagnants Yang (1994) – Modèle statique avec – 7 milliards de gains pour le monde – Données 1986 concurrence parfaite – 3,7 pour les pays – Suppression uniquement en développement des quotas – NPI, grands gagnants Francois, Glissman & Spinanger Année de base projetée pour 1997 – 25 milliards d’Euros de manque (2000) à gagner pour les consommateurs – Données 1995 (GTAP 4) de l’Union européenne

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La diversité des résultats au niveau quantitatif provient de trois raisons principales :

Mais, qualitativement, les effets sont plutôt semblables en nature. Ils varient de sept à trente-sept milliards de dollars en termes de gains en bien-être mondial. Les gains tirés de la suppression des quotas sont généralement plus élevés que ceux générés par les réductions tarifaires.

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Dans la plupart des cas, les simulations révèlent que les grands pays d’Asie sont les principaux gagnants, la Chine en tête, tant en termes de production que d’exportations.

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Au sein des régions développées, les pays européens et les États-Unis sont les plus grands bénéficiaires car ils enregistrent un effet positif pour les consommateurs qui l’emporte sur l’effet négatif pour les producteurs [5].

Les effets de l’ATV et de l’entrée de la Chine dans l’OMC

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Les conséquences de ces deux bouleversements pour les échanges dans le secteur textile-habillement sont simulées à partir de la version 5 des données GTAP [6] qui se compose de soixante-six régions et se réfère aux données 1997. Pour une comparaison plus facile des résultats présentés dans cet article avec les précédents, c’est la structure du modèle standard proposé par le modèle GTAP qui a été utilisée. Ainsi le modèle est statique avec des rendements constants et en concurrence pure et parfaite.

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La nomenclature utilisée ici comprend treize zones géographiques et sept secteurs incluant le textile et l’habillement (voir annexe 1). La décomposition géographique a été choisie afin de refléter la division verticale du travail mentionnée plus haut : l’Union européenne, l’ALENA et l’Amérique latine (à l’exclusion du Mexique) pour l’Amérique, les autres pays comme l’Afrique sub-saharienne et la région océanienne sont classés avec le reste du monde (ROW).

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Deux scénarios de libéralisation multilatérale ont été étudiés : la suppression des quotas (ATV) et l’admission de la Chine à l’OMC, pris séparément afin de mesurer leur incidence respective.

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Le scénario 1 (SC1) est basé sur la suppression des quotas, excepté pour la Chine.

23

Le scénario 2 (SC2) ajoute l’impact de la suppression des quotas pour la Chine.

Les effets de la suppression des quotas sans la Chine (SC1)

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L’ATV est un accord de transition qui devrait conduire, au 1er janvier 2005, à la suppression complète des quotas pour les membres de l’OMC. Il comprend deux mesures principales :

Dans GTAP, les quotas sont estimés en équivalent de taxe à l’exportation (tableau 4), ce qui signifie que les quotas ont pour résultat économique d’offrir aux principaux exportateurs une rente et d’augmenter le prix des biens de consommation importés.

Tableau 4Équivalents en taxes à l’exportation (ETE)

Textile Habillement Union européenne Union européenne GTAP4 GTAP5 GTAP4 GTAP5 Bassin méditerranéen – 1,10 – 1,70 – 1,10 – 1,20 PECO – – – – CEI – 0,20 – 0,20 – 0,10 – 0,10 Japon – – 3,10 – – 3,10 Chine –1,10 –12,00 –4,70 –15,00 NPI1 – 1,50 – 0,90 – 4,20 – 3,90 NPI2 – 2,60 – 6,00 – 6,00 – 6,10 INDE –6,10 –12,00 –9,20 –15,20 Asie du Sud-Océanie –2,70 –8,10 –2,00 –7,10 ALENA – 0,50 – – 0,30 – 0,30 Amérique latine 2,40 4,30 – 0,10 – 2,00 Reste du Monde 3,30 2,90 1,30 0,20 ALENA ALENA GTAP4 GTAP5 GTAP4 GTAP5 Union européenne – 0,70 – – 0,90 – Bassin méditerranéen –1,30 –5,70 –0,70 –4,00 PECO – –6,70 –0,10 –5,00 CEI – 0,20 – 0,30 – 0,10 – 3,10 Japon – – 3,10 – – 3,10 Chine –5,80 –19,70 –18,80 –32,70 NPI1 – 2,20 – 1,00 – 9,00 – 6,60 NPI2 – 3,60 – 7,00 – 13,00 – 8,80 INDE – 8,90 – 9,60 – 25,00 – 33,80 Asie du Sud-Océanie –4,00 –15,20 –5,00 –8,20 Amérique latine – 2,70 – 0,50 – 0,40 Reste du Monde 5,00 2,50 1,70 1,60 Note : NPI1 : Corée du Sud ; Taïwan ; Hong Kong. NPI2 : Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines. Source : GTAP, www. gtap. agecon. purdue. edu.

Principaux résultats du SC1

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En termes de bien-être, l’Inde enregistre les plus gros gains parmi les pays exportateurs (plus de trois milliards de dollars), tandis que l’ALENA arrive légèrement en tête (graphique 6).

Graphique 6

Gains en bien-être dans le scénario 1 et le scénario 2

Note : NPI1 : Corée du Sud ; Taïwan ; Hong Kong.

NPI2 : Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines.

Source : Simulations des auteurs à partir de GTAP 5.

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Les gains de l’Inde sont générés grâce à l’expansion des exportations d’habillement (+ 350%) et malgré une petite diminution des exportations de textile (pour une analyse du cas de l’Inde, voir Kathuria et Bhardwaj [1998] et Kathuria [1999]). L’Asie du Sud et l ‘Asie du Sud-Est (NPI2) ont augmenté leurs exportations mais seulement, respectivement, de 19% et 30% dans l’habillement, et de 17% et 10% dans le textile. La suppression des quotas améliore le bien-être de l’Asie en développement grâce à l’augmentation des exportations. La totalité des exportations mondiales en terme de valeur n’augmente pas beaucoup. Pour l’habillement, l’augmentation est de 7%. Les prix plus bas se traduisent par un plus grand volume d’exportations, mais pas suffisamment pour surmonter les effets des prix négatifs. Ce résultat va contre à l’encontre des évolutions passées où le commerce international de l’habillement a été l’un des plus dynamiques dans le commerce mondial, soit en moyenne plus de 7% par an en dollars constants pendant les trente dernières années.

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Les gains en bien-être pour l’ALENA résultent des gains du consommateur qui compensent les pertes des producteurs grâce à l’augmentation des importations et à une réduction des exportations, comme c’était attendu. Mais les parts budgétaires constantes ne permettent pas un accroissement de la valeur de la consommation, même s’il y a augmentation du volume des importations et de la quantité consommée.

Graphique 7

Variations des exportations dans le scénario 1

Note : NPI1 : Corée du Sud ; Taïwan ; Hong Kong.

NPI2 : Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines.

Source : Simulations des auteurs à partir de GTAP 5.

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L’Amérique latine et les autres pays en développement perdent tant en termes de bien-être qu’en termes d’exportation. Les pays d’Amérique latine sont les principaux perdants avec une baisse de 26% de leurs exportations d’habillement et une perte d’environ 30% sur l’ALENA, qui est le second perdant sur le marché intra-ALENA, tous les deux au profit de l’Inde.

Les effets de la suppression des quotas avec la Chine (SC2)

29

Avant la suppression des quotas et son adhésion à l’OMC, la Chine est devenue le plus grand pays exportateur en habillement (17,5% des exportations mondiales en 1999, devant l’Italie, 6,9% seulement, mais deuxième exportateur mondial). La Chine est aussi la première cible des mesures antidumping. Les conséquences de l’accession de la Chine à l’OMC ont été le sujet de nombreuses études (voir Whalmsey et Hertel, 2000 ; Lemoine, 2000 a et b ; Yang, 1999). Comme cela a été souligné, il est paradoxal que la principale “victime” du protectionnisme soit aussi le pays qui réussit le mieux (Finger et Harrison, 1994).

30

L’accession de la Chine à l’OMC comprend deux dimensions : l’ouverture des marchés des pays industrialisés aux produits chinois (dans ce cas, la suppression des quotas) et l’ouverture du marché chinois aux produits des autres pays membres de l’OMC [7]. Comme on pouvait s’y attendre, l’impact de la suppression des quotas est le plus élevé quand il s’applique aux exportations chinoises. La totalité des gains en bien-être est plus du double de ceux réalisés dans le scénario 1 : presque dix milliards au lieu de moins de quatre milliards (graphique 8). Les principaux gagnants sont l’ALENA et l’Union européenne : les gains de l’ALENA dans le SC2 augmentent d’un tiers et ceux de l’Union européenne, qui s’élevaient à environ un milliard dans le SC1 montent à un milliard et demi. Le plus troublant est le fait que la plupart des pays en développement perdent en termes de bien-être, excepté l’Inde, ces pays sont plus défavorisés que sous le régime de l’AMF. L’Inde voit ces gains antérieurs de trois milliards augmenter à un peu plus de quatre milliards.

Graphique 8

Variations des exportations dans le scénario 2

Note : NPI1 : Corée du Sud ; Taïwan ; Hong Kong.

NPI2 : Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines.

Source : Simulations des auteurs à partir de GTAP 5.

31

La Chine double ses exportations, l’Inde réduit ses gains de 350% à 250%. Les exportations de l’Amérique latine diminuent de 50% dans l’habillement, et l’ALENA perd 30%.

32

Quelques pays progressent dans les exportations de textile : le Japon (5%), la Chine (9%), les NPI1 (4%), les NPI2 (8%) et l’Asie du Sud (22%), mais les exportations d’habillement augmentent de 13%, deux fois l’augmentation obtenue dans le SC1. L’Amérique latine est encore la plus grande perdante avec une baisse de 40% sur les marchés américains (du Nord et du Sud). Les exportations chinoises n’ont pas augmenté vers les pays en développement dont la protection reste constante.

Comparaison des résultats selon la version de GTAP utilisée

33

GTAP est un projet en évolution et ouvert, avec des données régulièrement mises à jour et des perfectionnements tant dans la procédure de calibrage que dans la modélisation des interdépendances du commerce mondial. L’ensemble des données de protection a un intérêt pour cette étude, particulièrement la mesure des Équivalents en Taxes à l’Exportation (ETE) qui a bénéficié du travail de Francois et Spinanger (2000). C’est pourquoi, l’étude a aussi comparé les résultats de simulations des mêmes scénarios fondés sur les deux dernières versions de GTAP. Pour le scénario 1, les gains mondiaux en bien-être sont semblables dans les deux versions de GTAP (graphique 9), mais les distributions sont quelque peu différentes. Pour l’Inde, les gains en bien-être sont 3,4 fois plus élevés avec la version GTAP 5, ce qui est une conséquence directe des nouvelles évaluations des ETE qui vont, vis-à-vis de l’Union européenne, de 6,1% dans GTAP 4 à 12% dans GTAP 5 pour le textile, et de 9,2% à 15,2% pour l’habillement (tableau 4). Vis-à-vis de l’ALENA, les augmentations sont faibles pour le textile, de 8,9% à 9,6%, mais plus fortes pour l’habillement qui passe de 25% à 33,8%.

Graphique 9

Scénario 1 : comparaison des gains en bien-être, GTAP 4 et GTAP 5

Note : NPI1 : Corée du Sud ; Taïwan ; Hong Kong.

NPI2 : Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines.

Source : Simulations des auteurs à partir de GTAP 4 et GTAP 5.

34

Mais ces changements n’expliquent pas totalement la nouvelle répartition des gains et pertes de bien-être. Avec des ETE plus élevés, on pourrait s’attendre à des gains plus forts pour l’Inde. De facto, presque tous les partenaires perdent, exceptée l’Asie du Sud qui a enregistré une augmentation identique de ses ETE entre les deux versions de GTAP.

35

L’augmentation des ETE peut être le résultat d’une réelle augmentation de l’efficacité et du niveau des quotas entre 1995 et 1997. Au contraire, l’augmentation des quotas ou de leurs coûts économiques pour l’Inde et l’Asie du Sud ne peut pas résulter des changements dans le monde réel, mais elle est probablement due à un changement dans le processus d’évaluation. Comme les documents sur ces questions ne sont pas encore disponibles, nous pouvons seulement faire une estimation (voir aussi Francois, Glissman et Spinanger, 2000).

36

Quelle qu’en soit la raison, ceci n’explique pas les autres changements dans les résultats, en particulier, la diminution des gains en bien-être dans les pays développés comme l’Union européenne et l’ALENA. Ces régions profitent de la baisse des coûts de leurs importations, supérieure à la perte de production. Dans la version GTAP 5, le ralentissement de la production doit être plus fort que la baisse dans le coût des importations. Une autre conjecture.

37

Dans le scénario 2, l’introduction de la Chine augmente le bien-être mondial beaucoup plus fortement dans GTAP 5, autour de six milliards de dollars, contre quatre milliards dans GTAP 4 (graphique 10).

Graphique 10

Scénario 2 : comparaison des gains en bien-être, GTAP 4 et GTAP 5

Note : NPI1 : Corée du Sud ; Taïwan ; Hong Kong.

NPI2 : Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines.

Source : Simulations des auteurs à partir de GTAP 4 et GTAP 5.

38

Les changements sont considérables pour la Chine qui accroît son bien-être de cinq milliards. Les estimations des ETE sont aussi plus fortes dans GTAP 5 que dans GTAP 4. Les pays développés comme l’Union européenne et l’ALENA bénéficient d’un effet positif supplémentaire mais modeste sur leur bien-être. Le Japon est encore perdant.

39

Tous les pays en développement perdent, et même plus dans la version GTAP 5 que dans GTAP 4. Comme nous l’avons remarqué plus haut, les pertes proviennent des parts à l’exportation, principalement dans l’habillement (voir supra, graphique 8). L’Amérique latine double ses pertes.

Deux accords régionaux de libre-échange : union européenne-pays méditerranéens et Amérique latine-ALENA

40

Si l’on simule maintenant les répercussions d’accords commerciaux régionaux, le graphique 11 permet de comparer les effets du scénario 3 (SC3) – un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays méditerranéens – et ceux du scénario 4 (SC4) – un accord de libre-échange entre l’Amérique latine et l’ALENA, limité aux industries de l’habillement et du textile. Dans les deux cas, les quotas sont supprimés.

Graphique 11

Scénario 4 : comparaison des gains en bien-être entre deux unions régionales, Union européenne-pays méditerranéens et ZLEA

Note : NPI1 : Corée du Sud ; Taïwan ; Hong Kong.

NPI2 : Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines.

Source : Simulations des auteurs à partir de GTAP 5.

41

Comme le soulignent Bouët et alii (2001), un large éventail d’accords existe entre l’Union européenne et ses partenaires traditionnels, qu’ils aient été négociés avec les partenaires européens proches ou avec les anciennes colonies d’Afrique, du Pacifique ou des Caraïbes. Ces accords, notamment avec les pays en développement, étaient asymétriques : l’Union européenne donnait accès aux pays en développement sans demande de réciprocité. En fait, le résultat d’une telle politique était, dans la plupart des cas, négatif puisque la part de marché de ces pays “privilégiés” en Europe a continué de décliner pendant les années soixante-dix et quatre-vingt. Quelques exceptions ont pu être observées en Afrique du Nord.

42

À partir de l’Accord de Marrakech, tous les accords bilatéraux devront être basés sur la réciprocité. En effet, de nombreux pays en développement avaient conservé, avant les années quatre-vingt-dix, une protection élevée, avec très peu de transparence (sans limitation de taux) et une très forte corruption, rendant l’accès aux intrants ou aux équipements étrangers extrêmement coûteux. Au cours des prochaines années, de tels accords préférentiels non réciproques doivent être proscrits. La crainte de plus grandes pertes pour les pays pauvres s’accroît, notamment pour les pays du Sud méditerranéen (Fontagné et Perridy, 1997 ; Bensidoun et Chevallier, 1996 ; Chaponnière, 2000).

43

Le succès relatif des PECO et des pays méditerranéens dans les années quatre-vingt-dix montre que libéraliser le commerce avec les pays développés européens a aidé le développement de ces pays. Aussi peut-on penser qu’une plus grande libéralisation régionale pourrait améliorer la situation dans un système de libéralisation globale. En principe, il n’y a pas de tarifs entre l’Union européenne et la plupart des pays méditerranéens, mais les estimations faites avec GTAP 5 donnent un équivalent tarifaire de 10,5% pour le textile et 12,6% pour l’habillement.

44

Du côté des Amériques, l’histoire est toute autre. Jusqu’en 1985, les États-Unis étaient peu disposés à signer un accord régional spécifique et favorisaient les négociations multinationales. Les pays d’Amérique latine, au contraire, étaient engagés dans nombre de projets régionaux qui, jusqu’aux années quatre-vingt-dix, n’ont pas donné de résultats significatifs. La raison majeure était la difficulté d’accepter de réduire les barrières commerciales envers les partenaires les plus proches, tout en maintenant des barrières élevées envers le reste du monde : il faut que le mouvement de libéralisation se poursuive sur des voies parallèles, au niveau régional aussi bien que multilatéral. Une fois engagé dans la libéralisation globale, le progrès accompli alors par la négociation régionale gagne en crédibilité. Deux ans après la signature de l’ALENA, qui marque un changement majeur dans la politique commerciale des États-Unis, les nations américaines ont commencé à négocier un accord de libre-échange pour les Amériques qui devrait débuter en 2005 et être achevé en moins de dix ans.

45

Ces scénarios donnent des impacts plutôt fortement positifs sur les pays méditerranéens : plus de 3,5 milliards de dollars en gains de bien-être dans le Scénario 3, et moins sur les pays d’Amérique latine avec des pertes réduites de 1,3 milliard de dollars. La différence entre les deux zones s’explique, en premier lieu, par des niveaux de protection beaucoup plus élevés dans les pays méditerranéens qu’en Amérique latine et, en second lieu, par les spécialisations des pays méditerranéens beaucoup plus intensives dans l’habillement que dans le cas de l’Amérique latine. Le bien-être mondial augmente dans les deux cas d’environ cinq milliards de dollars.

46

En terme de commerce, les pays méditerranéens augmentent leurs exportations d’habillement de plus de onze milliards de dollars (ou 120%) et d’environ 2,4 milliards pour le textile, pendant que l’Union européenne augmente simultanément ses exportations de textiles et ses importations d’habillement (graphiques 12 et 13). Il y a une augmentation de la division du travail entre ces deux zones. L’Amérique latine enregistre des évolutions similaires.

Conclusion

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Les principaux résultats d’une libéralisation multilatérale (accord ATV) sont que, parmi les pays en développement, seuls les grands pays asiatiques peuvent y gagner. Leurs gains auront un effet positif sur d’autres économies locales voisines tandis que la plupart des autres régions en développement, de l’Amérique latine à l’Afrique et à l’Asie du Sud (l’Inde exceptée), peuvent s’attendre à perdre. Pour les pays développés, les gains procurés par un accès plus large aux grands marchés asiatiques sont faibles.

48

Au contraire, les accords régionaux ont un effet positif sur les pays méditerranéens et l’Amérique latine, alors qu’ils ont un effet minime sur la création d’un commerce global et donc sur le bien-être global, l’effet dominant étant le détournement de commerce.

49

L’ouverture aux échanges du secteur textile et habillement a eu des effets positifs sur un petit nombre de grands pays en développement mais elle a des effets plutôt négatifs sur les pays petits et très pauvres. Cette évolution remet en question l’idée que la globalisation serait, en général, un moyen efficace pour lutter contre la pauvreté. D’autres politiques devront être mises en œuvre, le maintien d’une certaine préférence régionale faisant partie de la solution.

50

R. A. & M. F.

Graphique 12

Variations des exportations dans le secteur de l’habillement

Note : NPI1 : Corée du Sud ; Taïwan ; Hong Kong.

NPI2 : Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines.

Source : Simulations des auteurs à partir de GTAP 4 et GTAP 5.

Graphique 13

Variations des exportations dans le secteur du textile

Note : NPI1 : Corée du Sud ; Taïwan ; Hong Kong.

NPI2 : Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines.

Source : Simulations des auteurs à partir de GTAP 4 et GTAP 5.

51

Date de réception de l’article : 10 juillet 2002.

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Date d’acceptation pour publication : 18 août 2003.

Annexe 1

Tableau A1.1Définition des zones utilisées pour les simulations

Union européenne (15) Bassin méditerranéen PECO CEI Japon Chine NPI d’Asie 1 : Corée, Taïwan, Hong Kong, Singapour NPI d’Asie 2 : Indonésie, Philippines, Thaïlande, Malaisie Inde ASOC : Asie, Océanie ALENA : États-Unis, Canada, Mexique Amérique latine (sauf Mexique) RdM (12 zones) : Reste du Monde

Références

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Notes

[1]

Auteur correspondant : Michel Fouquin, Directeur adjoint, CEPII (fouquin@ cepii. fr).

Richard Avisse, économiste à l’IDATE, chargé de mission au CEPII lors de la rédaction de cet article.

[2]

Accord de Libre-Echange Nord-Américain.

[3]

Japon, Corée, Taïwan et Hong Kong.

[4]

Accord sur le Textile et le Vêtement.

[5]

Des estimations plus limitées pour les États-Unis seulement peuvent être trouvées dans Cline (1987), Hufbauer et al. (1986) et USITC (1999).

[6]

Pour plus d’information, voir http :// www. gtap. agecon. purdue. edu.

[7]

Voir Lemoine (2000).