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Entre sédiments, strates et failles : le « terrain », une métaphore minée ?
Jean-Yves Durand
Universidade do Minho (Portugal)
idemec
5, rue du Château-de-l’Horloge
13094 Aix-en-Provence jydurand@ics.uminho.pt
Jean-Yves Durand
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idemec
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[ 1] R. Bass est un géologue, spécialisé dans la recherche de pétrole, devenu écrivain.
[ 2] Voir B. Pulman [1988] sur l’histoire et les diverses acceptions militaires du signe terrain en français.
[ 3] De l’importance duquel D. Bradburd [1998] fait une roborative défense.
[ 4] Images suggérées l’une par C. Bromberger et l’autre par G. Ravis-Giordani.
[ 5] Pour les implications méthodologiques du refus de croire « en un monde objectif où les données scientifiques, naturelles et spontanées comme des champignons, n’attendent qu’à être cueillies par un observateur neutre, rigoureux et trop modeste pour figurer dans le texte à la première personne » voir l’ouvrage de S. Dalla Bernardina [1996 : 10]. J. Llobera [1990] critique quant à lui la réification du travail de terrain en rite de passage et son corollaire, l’abus réflexif. G. Stocking [1968] a montré que la découverte de la valeur du « terrain » par F. Boas, n’eut rien d’une révélation mais découla de sa formation initiale en physique et de son intérêt momentané pour la géographie. Et S.J. Gould [1987 : 66] critique le Hutton (cf. infra) de légende dont les découvertes géologiques seraient issues plus de son observation du terrain que de ses choix conceptuels préalables.
[ 6] « Programmes de télévision, sermons, romans, médias de toutes sortes ainsi que les conversations et les comportements quotidiens ». « Il y a certainement des différences, mais elles ne s’agglutinent pas en une méthode distincte. »
[ 7] Sur tous les points effleurés dans ce paragraphe voir D. Fabre [1992] et G. Lenclud [1986].
[ 8] Voir les pages que J. Malaurie [1999 : 57-70] consacre à cette question et aux contiguïtés entre géographie, géologie, géomorphologie et sciences sociales.
[ 9] Le météorologue qui suggéra en 1912 une dérive des continents, confirmée plus tard par l’étude de la tectonique des plaques et des forces les affectant.
[ 10] Voir P. Achard [1981 : 22]. Examinant les trajectoires de Boas et Rivers, à partir de la physique et de la neurologie, S. Schaffer [1994] examine la supposée similitude de fonction entre travail de laboratoire et de terrain.
[ 11] Pour un traitement détaillé des points abordés ici, voir C. Blanckaert [1996], H. Kuklick [1997], S. McCook [1996], R. Porter [1973, 1978], R. Stafford [1984].
[ 12] Les « pierres figurées », conséquences du Déluge, reliefs des repas de voyageurs… Sur les cadres interprétatifs successifs d’un « fossile » spécifique, voir C. Cohen [1994].
[ 13] Selon l’expression célèbre d’A. Koyré.
[ 14] L’œuvre de J. Boucher de Perthes pourrait pourtant être prise, de ce point de vue, comme un intermédiaire précoce.
[ 15] Lévi-Strauss a confié à J. Malaurie qu’il l’enviait d’être un géomorphologue [Malaurie, 1999 : 215].
[ 16] Au moins dans le monde occidental, la culture géologique de la grande majorité des anthropologues n’est pas différente de celle des personnes qu’ils étudient, transmise par les mêmes vecteurs. B. Gèze [1995] examine par exemple la place de la géologie chez J. Verne.
[ 17] Je n’ai pu consulter ce texte, sans doute destiné à être repris dans une Formation des nationalités laissée inachevée.
[ 18] Selon l’analyse que fait G. Bachelard [1947] de ces figures. F. Rhodes, R. Stone [1981] et R. Williams [1992] en suivent certains avatars dans d’autres domaines de la création que la littérature francophone. Pour une approche liant Poésie et profondeur, voir J.-P. Richard [1955].
[ 19] Voir aussi Bachelard [1947, chap. 1]. Parfois qualifiés de « sourciers » [Berman, Ladmiral, 1988], les courants traductologiques qui favorisent la vérité de la lettre de l’original, le point de vue « natif » plutôt que l’adaptation, se présentent à l’occasion comme une archéologie.
[ 20] R. Williams [1990, chap. 2] fait l’historique détaillé de cette évolution.
[ 21] Et plus généralement avec l’idéologie New Age, qui s’intéresse souvent à l’anthropologie [Badone, 1991 : 542].
[ 22] Dont une critique culturelle relèverait que le technicien qui creuse « le gros de la tranchée » est le seul membre « vraiment natif » [Latour, 1993 : 194].
[ 23] Communication personnelle.
[ 24] Voir aussi C. Blanckaert [op. cit.]. P. Achard [1981] analyse les difficultés d’un linguiste à faire admettre que l’écrit soit un terrain.
[ 25] À partir du moment où l’autorité ethnographique n’est que rhétorique et subjectivité, pourquoi ne pas admettre que la légitimité de l’enquête par correspondance ne soulève pas de problèmes beaucoup plus épineux ? E.Z. Vogt et R. Hyman [1979] ont fait l’un des usages les plus tardifs d’une telle enquête extensive, au moins en matière d’ethnographie du monde occidental. Même s’il est vrai qu’ils développent très peu l’interaction directe avec des sourciers et l’intégration des faits dans leur contexte local, ils prennent garde à ne puiser dans les réponses aux questionnaires que les réponses à certaines questions précises.
[ 26] Sur la variation des objets et des échelles d’analyse en ethnologie de la France, voir C. Bromberger [1987, 1997].
[ 27] Et des autres lignes de recherche suggérées par B. Pulman [1988 : 29].
[ 28] R. Howitt [1998] propose une approche inattendue du concept d’« échelle » en géographie.
[ 29] Par exemple en génétique des populations ce qui, d’ailleurs, nous rapproche à nouveau des préoccupations de la grammaire comparée.