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Lectures de De Martino en France aujourd’hui
Christine Bergé
Centre national de la recherche scientifique
Christine Bergé
Centre national de la recherche scientifique
[ *] gric, Groupe de recherches sur les interactions de la communication, umr 561, Université Lyon II.
[ 1] A.-M. d’Ans [2000], G. Balandier [2000], D. Dubuisson [2000], A. Faivre [2000], B. Méheust [2000].
[ 2] Le compte rendu que fit Mircea Eliade sur Le monde magique fut donné dans Critique, à partir de la version italienne : effectivement, lorsqu’il arriva en France, Eliade était très lié à l’école romaine d’histoire des religions, à laquelle appartenait De Martino (cf. la correspondance Eliade/Pettazzoni publiée au Cerf en 1994).
[ 3] D. Fabre, à la page 208 de son article, rédige une note dans laquelle est annoncée la publication du Monde magique, présenté par S. Mancini, aux éditions Synthélabo (Paris, Les Empêcheurs de penser en rond), qui viennent de racheter les droits pour Italie du Sud et magie.
[ 4] Tarentisme : symbolisme et pratiques culturelles (notamment thérapeutiques et religieuses) élaborés autour de la tarentule et de la morsure qu’elle occasionne.
[ 5] De Martino contribua à faire connaître en Italie le dialogue de C. Lévi-Strauss avec l’anthropologie sartrienne en traduisant et en publiant l’article de ce dernier, « Le sorcier et la magie », paru en 1949 dans Les Temps modernes.
[ 6] Le colloque De Martino nella cultura Europea fut publié par C. Gallini et M. Massenzio sous ce titre en 1997 ; C. Gallini fut invitée à présenter son travail historiographique pour l’édition de l’œuvre de De Martino au séminaire « Anthropologie à Suger » (février 1998) ; De Martino fut l’objet d’un séminaire de Marc Augé à l’ehess (juin 1998).
[ 7] Le terme français reprend l’italien magismo, qui évoque la vision magique du monde (en tant qu’ensemble de représentations mentales) accompagnée indissolublement de l’expérience pratique corrélative à ces représentations.
[ 8] Sur le reniement de cette hypothèse d’un « âge magique » par De Martino et sur sa reformulation de la doctrine de la « présence », voir S. Mancini [1999].
[ 9] Est-ce pour cette raison que C. Severi écrit de De Martino que « l’ethnologie lui paraît à la rigueur, comme une discipline sans objet » ? [1999 : 107].
[ 10] Et non pas « dissimulation inconsciente de l’historicité », contresens que nous lisons sous la plume de C. Severi [ibid. : 100], lequel oublie d’ailleurs le deuxième mouvement de la technique magique (le retour à l’histoire).
[ 11] « Sur la grande carte de notre esprit, seules quelques places sont illuminées. » [Kant, 1986 : 952-954]
[ 12] S. Mancini et B. Méheust suivent, dans leurs analyses, le fil de la métapsychique dans l’œuvre de De Martino. G. Charuty pense au contraire qu’il abandonne rapidement ces questions [1999 : 96-7]. Dubuisson reprend ce thème [op. cit.].
[ 13] De Martino refuse en outre de borner artificiellement la discipline anthropologique ; il n’ignore pas que celle-ci prit son essor dans la confrontation avec le spiritisme et la métapsychique, dès les années 1870. Sa façon d’aborder le « problème unifiant » honore cette confrontation, alors qu’E. Tylor préféra l’ignorer [Fabre, 1987 : 9-12].
[ 14] C’est pourquoi G. Charuty commet une erreur en écrivant que De Martino « cite abondamment », dans Le monde magique, O. Leroy et A. Lang, et qu’ils auraient posé « en des termes analogues » la question des pouvoirs magiques [1999 : 96]. Au contraire, De Martino critique d’une façon serrée leur démarche « naturaliste » et s’en démarque.