Hérodote 2002- 2 (N°105)| ISSN 0338-487X | ISSN numérique : 1776-2987 | ISBN : 2-7071-3537-X | page 135 à 141

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L’État espagnol et ses langues vus de Catalogne

Rafel Llussà [*]


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Contrairement à d’autres pays européens qui comptent plus d’une langue officielle, l’État espagnol est monolingue. Il s’exprime en castillan et il n’y a pas de présence publique des autres langues à ce niveau. Avant la Constitution de 1978, qui reconnaît deux langues officielles dans certaines communautés autonomes, bon nombre d’Espagnols ne savaient même pas que d’autres langues étaient parlées dans certaines parties de leur pays. En effet, l’identification entre langue espagnole et nation espagnole a longtemps été prépondérante et il y a eu, à plusieurs époques, volonté d’imposer le castillan à l’ensemble de l’Espagne, notamment durant la dictature du général Primo de Rivera ( 1921-1930) et celle du général Franco ( 1939-1975). Mais les résistances ont été fortes, notamment en Catalogne.

Les langues catalane et castillane (ou espagnole) en Catalogne

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L’identité catalane est aussi étroitement liée à la langue. L’écrivain catalan Josep Pla disait : « Mon pays c’est là où quand je dis Bon dia (bonjour), on me répond Bon dia (bonjour). » Dans la rue et dans la vie sociale, il était habituel de distinguer, selon la langue utilisée, les « catalans » des « castillans », ces derniers étant ceux qui parlaient l’espagnol, même s’ils venaient de l’Aragon, des Castilles ou, comme pour la plupart, d’Andalousie.

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Pour comprendre la situation en Catalogne, il faut rappeler que jusqu’au début du XXe siècle le catalan a été la seule langue parlée de façon quotidienne par l’immense majorité de la population. Alors que la seule langue officielle était déjà le castillan et que toute la vie administrative se déroulait en cette langue, elle n’était la langue maternelle que d’une petite élite de fonctionnaires. Mais la composition linguistique a beaucoup changé au siècle dernier avec l’arrivée massive d’immigrants du sud et du centre de l’Espagne. Aujourd’hui, la moitié des 6 millions de Catalans sont d’origine espagnole et ont le castillan comme langue maternelle. Surtout dans les banlieues de Barcelone, et aussi dans celles de Tarragone, des quartiers monolingues castillans se sont formés. Dans ce contexte, la définition de l’identité catalane que le dirigeant nationaliste Jordi Pujol a formulée dans les années soixante (« Est catalan celui qui habite et travaille en Catalogne [1] ») a eu un grand succès. C’est dans le même sens qu’il faut comprendre l’allocution de Josep Tarradellas lorsqu’il s’adressa aux masses qui l’acclamaient lors de son retour à Barcelone comme président du gouvernent catalan provisoire, en 1977 : « Citoyens de la Catalogne, je suis enfin là [2]. »

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À la fin du franquisme, après quarante ans de persécution de la langue et avec la présence d’une partie très importante de la population qui ne connaissait pas le catalan, une bonne partie des linguistes catalans jugeaient que la langue catalane était en situation délicate ou risquait peut-être même de disparaître [3], et que des actions de soutien des pouvoirs publics étaient nécessaires pour inverser cette tendance négative. Le catalan était néanmoins une langue prestigieuse, ce qui est un élément très important et singulier par rapport à d’autres régions d’Espagne [4]. Elle était en outre perçue par beaucoup d’Espagnols immigrés comme un outil d’intégration à la région d’accueil, de promotion sociale pour la deuxième génération, ce qui a grandement facilité la politique linguistique du gouvernement autonome.

Une situation légale favorable à la langue catalane

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La Constitution de 1978 a été un compromis entre deux visions de l’Espagne. Elle « est basée sur l’indissoluble unité de la Nation espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols, et reconnaît le droit à l’autonomie des nationalités et régions qui l’intègrent et la solidarité entre elles » (article 2).

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En ce qui concerne les langues officielles, l’article 3 de la Constitution espagnole de 1978 établit : « 1. Le castillan est la langue espagnole officielle de l’État. Tous les Espagnols ont le devoir de la connaître et le droit de l’utiliser. 2. Les autres langues espagnoles seront aussi officielles dans les Communautés Autonomes respectives. 3. La richesse des différentes modalités linguistiques de l’Espagne est un patrimoine culturel qui fera l’objet de respect et de protection spéciale. »

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On voit donc que sur le plan constitutionnel l’Espagne n’est pas un pays bilingue. Le castillan est la seule langue officielle dans tout le territoire espagnol et doit être connue par tous les Espagnols. Les autres langues ne sont officielles que dans certains territoires autonomes et les citoyens n’ont pas l’obligation de les connaître.

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L’article 3 du statut d’autonomie de la Catalogne ( 1979) est consacré à la langue : « 1. La langue propre de la Catalogne est le catalan. 2. Le catalan est la langue officielle de la Catalogne, ainsi que le castillan, officiel dans tout l’État espagnol. 3. La Generalitat [gouvernement catalan] garantira l’usage normal et officiel des deux langues, prendra les mesures nécessaires pour assurer leur connaissance et créera les conditions qui permettent d’arriver à leur pleine égalité en ce qui concerne les droits et devoirs des citoyens de la Catalogne. 4. Le parler du Val d’Aran fera l’objet d’enseignement et de respect et d’une protection spéciale. »

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Le statut d’autonomie confère au gouvernement le rôle de garantir l’usage des deux langues et de créer les conditions pour l’égalité linguistique. Cela ouvre la voie à une politique linguistique volontaire en faveur du catalan. Une coalition nationaliste (CiU) avait gagné les élections au premier parlement catalan en 1980, mais la politique linguistique fut l’objet d’un grand accord entre toutes les formations politiques, concrétisé par la loi 7-1983 de normalisation linguistique de 1983, votée à l’unanimité par la Chambre catalane. Cette loi joue sur la différence entre langue propre et langue officielle, et établit comme objectif que tout le monde connaisse le catalan, sachant que tout le monde possède déjà le castillan, de manière à surmonter l’inégalité qui les différencie. Elle établit que le catalan est la langue du gouvernement catalan et de l’administration locale. Les citoyens se voient reconnaître le droit d’entrer en relation avec les autorités administratives et la justice dans la langue qu’ils choisissent, et seuls les toponymes en catalan sont officiels.

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En ce qui concerne l’enseignement, la loi de 1983 prévoit un unique modèle éducatif, sans séparer les enfants en fonction de la langue maternelle. Le catalan y est considéré comme la langue propre et habituelle, mais elle reconnaît aux enfants le droit à recevoir le premier enseignement dans leur langue habituelle. Les langues catalane et espagnole sont enseignées dans toutes les années scolaires et degrés non universitaires, l’objectif étant qu’à la fin des études obligatoires tous les élèves soient capables d’utiliser les deux langues. Depuis 1992, la politique dite « d’immersion linguistique à l’école » a été consacrée et généralisée par divers décrets du gouvernement catalan. Elle consiste à considérer le catalan comme langue véhiculaire dans l’enseignement non universitaire, ce qui signifie que le catalan est la seule langue utilisée dès qu’on accède à l’école, la langue espagnole étant introduite à partir de l’âge de six ans. Cela pouvant être considéré comme contradictoire avec la reconnaissance légale du droit à recevoir le premier enseignement dans la langue maternelle, l’administration garantit que des cours en espagnol seront offerts aux familles qui en font la demande. À la suite des recours, le Tribunal constitutionnel ratifia la loi de normalisation linguistique et les décrets d’immersion linguistique de mars et avril 1992.

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À part l’enseignement, l’autre pilier de la politique en faveur du catalan a été la télévision catalane (les canaux TV 3 et Canal 33). Les journaux et des activités culturelles (cinéma, théâtre) en catalan ont été soutenus financièrement par le gouvernement régional. Il faut faire aussi mention du rôle des administrations municipales et locales, qui communiquent d’ordinaire en catalan, et de la multiplicité de cours de catalan qui ont été organisés tout d’abord pour les fonctionnaires et les enseignants, qui doivent connaître la langue, mais aussi pour la population adulte dans son ensemble.

Il n’y a pas de guerre linguistique en Catalogne, mais un certain mécontentement dans des couches minoritaires

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En général, le débat linguistique n’a pas provoqué beaucoup de polémiques. La loi de 1983 a été votée à l’unanimité. Il y a eu, au début des années quatrevingt, une réaction pour la défense du castillan de la part de secteurs hispanophones de la population, issue surtout des milieux des professeurs de langue et des intellectuels non catalanophones, sous la forme du « Manifeste pour l’égalité des droits linguistiques en Catalogne » ( 1981), mais cela n’a pas provoqué de véritable mouvement social. En revanche, une riposte a été immédiatement organisée, nommée « Appel à la solidarité pour la langue catalane », organisation nationaliste active jusqu’à la moitié des années quatre-vingt-dix. Dans la province de Tarragone, où les travailleurs immigrés des autres régions d’Espagne sont arrivés plus récemment, il y a eu aussi un petit mouvement de résistance à la généralisation de l’enseignement en catalan, mais il a été circonscrit à cette zone. Le dirigeant du Parti populaire catalan, Alejo Vidal-Cuadras, s’est fait le porte-parole de ces réticences et, au début des années quatre-vingt-dix, divers médias de Madrid, et notamment ABC [5], ont considéré (après la généralisation de la politique d’immersion linguistique) que la langue espagnole subissait une discrimination en Catalogne. Le gouvernement et la majorité des partis politiques catalans contestent ce point de vue en faisant valoir la présence prépondérante du castillan dans les médias et dans la vie sociale en Catalogne, qui justifie à leurs yeux des politiques comme celle de l’immersion à l’école pour garantir une véritable équité linguistique. Mais, à part ces manifestations de mécontentement, on peut affirmer que la question linguistique n’a pas généré de malaise social profond.

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La situation a changé depuis 1996, d’une part, parce que l’arrivée du Parti populaire au gouvernement espagnol a provoqué une confrontation des discours sur l’identité espagnole et catalane et, d’autre part, parce que la situation de « fin de régime » qu’on vit en Catalogne (le président nationaliste Jordi Pujol est au pouvoir depuis 1980) a facilité l’expression des critiques envers le projet nationaliste. Le nouveau gouvernement espagnol a récupéré la rhétorique de l’Espagne traditionnelle, des discussions autour des éléments symboliques des discours sur l’histoire et l’identité aux écoles ont porté la question de l’identité nationale espagnole au centre du débat politique. Le débat linguistique en Catalogne a été aussi repris. À la fin de 1996, un forum appelé « Foro Babel », formé par des intellectuels connus comme Francesc de Carreras, Félix de Azúa, Victòria Camps, Rosa Regàs, a critiqué la politique linguistique du gouvernement nationaliste catalan au pouvoir [6]. La nouveauté, c’était la participation des intellectuels catalanophones à un mouvement qui s’appuyait surtout sur des professeurs de langue espagnole et des parents d’écoles de Tarragone.

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Par ailleurs, certains secteurs catalanophones se sont montrés insatisfaits des résultats obtenus par la politique linguistique mise en œuvre. À leurs yeux, le catalan n’a pas la prééminence qu’ils désirent, notamment dans la justice, qui se déroule en castillan, et dans la presse (la plupart des journaux et télévisions privées diffusent en castillan). Ils jugent en outre que, même si la connaissance du catalan a augmenté, son usage social reste insuffisant. Les jeunes, notamment, connaissent le catalan, mais une part importante d’entre eux utilise néanmoins le castillan.

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Ce contexte de confrontation politique a provoqué une sorte de fuite en avant de la coalition nationaliste catalane au pouvoir, CiU. Non seulement CiU a signé en 1998, aux côtés des nationalistes basques (PNV) et galiciens (BNG), la Déclaration de Barcelone, qui réaffirme la « souveraineté » des trois régions, mais il a pris la langue comme drapeau et proposé en 1997 l’élaboration d’une nouvelle loi linguistique. Quelques-unes de ses propositions étaient vraiment radicales et ont provoqué des débats houleux. Par exemple, l’exigence de « disponibilité linguistique », ce qui signifierait l’obligation de la part des employés (du secteur public mais aussi du privé) de répondre dans la langue de chacun des clients, et la proposition de sanctionner économiquement les transgressions aux dispositions de la nouvelle loi. À la suite des débats dans les médias et des négociations entre les partis au parlement catalan, ces propositions ont été retirées et la loi de politique linguistique, très diluée par rapport au premier projet, a été votée le 30 décembre 1997 par une large majorité au parlement catalan. Elle introduit des quotas de diffusion télévisuelle et audiovisuelle en catalan (au moins 50% d’émissions en catalan pour les télévisions privées, et 25% des chansons radiodiffusées en catalan), prévoit un budget public pour le doublage de certains films en catalan, ainsi que pour la croissance de l’utilisation du catalan par les services des entreprises publiques, comme celles de distribution du gaz ou de l’électricité.

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Depuis ce vote, la paix linguistique est apparemment rétablie, d’autant que les nationalistes et le Parti populaire se sont liés par des accords parlementaires, tant à Madrid qu’à Barcelone (les deux groupes politiques soutenant le gouvernement de l’autre, avec la différence que les nationalistes catalans dépendent des votes du Parti populaire à Barcelone, tandis que ce dernier a la majorité absolue au parlement espagnol).

La langue est une facette de la question de l’État espagnol

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Après vingt-cinq ans de démocratie, les représentations, les différentes visions de l’Espagne sont plus contradictoires qu’en 1975, à la fin de la dictature. En Catalogne, d’une part, le nationalisme au gouvernement a diffusé son idéologie. Beaucoup de jeunes maintenant ne se reconnaissent que dans les symboles catalans et voient l’Espagne comme un ennemi. De nombreux Catalans, y compris des non-nationalistes, ont également le sentiment que l’Espagne n’accepte pas sa nature plurielle. Du côté espagnol, d’autre part, on ne comprend pas la dérive souverainiste des nationalistes périphériques après la reconnaissance d’autonomies très larges. Il apparaît que, au-delà du compromis constitutionnel, l’État espagnol ne semble pas non plus prêt à réviser sa conception traditionnelle de l’Espagne. La question linguistique passe aujourd’hui derrière celle de la répartition des pouvoirs politiques. On a l’impression que, pour surmonter la méfiance mutuelle, il faudrait atteindre un nouveau grand accord politique concernant la reconnaissance des identités, et c’est dans cet esprit que les socialistes catalans défendent le projet d’un État fédéral asymétrique.

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En Catalogne, il y a à ce jour trois visions politiques : celle du Parti populaire, d’une Espagne unifiée comme référent national qui assume les autonomies et l’obligation de respecter ce qu’il considère comme des « minorités », celle des nationalistes catalans, qui dérive vers des revendications de souveraineté remettant en question le pacte constitutionnel, et celle des socialistes catalans, qui veulent rester dans le cadre constitutionnel mais avec des réajustements. Le fédéralisme asymétrique proposé par ce parti et son dirigeant, l’ancien maire de Barcelone Pasqual Maragall, repose sur deux piliers : premièrement, une égalisation des services et du niveau de vie de tous les citoyens espagnols, c’est-à-dire la poursuite d’une relation solidaire avec les régions moins développées; deuxièmement, la possibilité pour les nations catalane et basque de déployer toutes leurs potentialités politiques et culturelles. Égalité donc, mais sans uniformité, qui s’appliquerait sous ses aspects politique, fiscal-financier, judiciaire et culturel. Au niveau politique, cela suppose la réforme du Sénat, qui deviendrait la chambre de représentation des communautés autonomes et devrait légitimement canaliser la participation de ces communautés autonomes au niveau européen. Il envisage aussi, sur le plan politique, l’incorporation de l’usage normal et habituel des langues d’Espagne dans le Parlement espagnol. Sur le plan culturel, ce projet réclame que l’État incorpore toutes les cultures et langues d’Espagne dans son corpus symbolique, timbres, documents d’identité, etc.; réciproquement, les communautés autonomes devraient protéger le castillan et le considérer comme une richesse propre. De ce point de vue, la proposition fédérale affirme qu’il faut qu’une histoire commune des peuples d’Espagne soit enseignée dans toutes les écoles du pays, une histoire qui ne soit ni le discours de l’Espagne homogène et unificatrice, ni les dix-sept versions différentes que les régions tendent à construire. Le fédéralisme asymétrique ouvre la possibilité d’une insertion pleine et loyale de la Catalogne en Espagne, mais reste à voir s’il est réalisable.

Notes

[*]

Géographe, université de Gérone.

[1]

Es català tothom qui viu i treballa a Catalunya.

[2]

Ciutadans de Catalunya : ja sóc aqui. Voir la différence avec le discours de Francesc Macià proclamant la république en 1931, où il s’adressait à ses compatriotes avec un simple : « Catalans ! »

[3]

Telle était l’opinion des rédacteurs du journal Els Marges, linguistes qui signèrent un manifeste intitulé « Une nation sans État, un peuple sans langue », Els Marges, n° 15,1979, p. 3-13.

[4]

La situation était donc différente des autres lieux, notamment Valence et la Galice, où la langue de prestige et dominante était le castillan.

[5]

Quotidien monarchiste.

[6]

Voir l’article de Francesc DE CARRERAS, F. PÉREZ ROMERA et M. RIERA dans El País du 28 février 1997, et les deux documents du FORO BABEL : Documento sobre el uso de las lenguas oficiales de Cataluña. Primer Manifiesto del Foro Babel, avril 1997, et Por Un Nuevo Modelo de Cataluña. Segundo manifiesto del Foro Babel, juin 1998. http :// www. forobabel. org/