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Trajectoires réversibles : le cas des jeunes adultes italiens
Stefano Bory
Chargé de recherche en sociologie à l’Université Federico-II de Naples (Italie) et chercheur associé à l’Iris-EHESS de Paris, ses recherches s’efforcent, entre autres, d’interpréter les changements des temps sociaux, des narrations et des parcours biographiques. Il enseigne la sociologie des processus culturels à la Faculté de sociologie de Naples, anime un séminaire interdisciplinaire à l’EHESS de Paris intitulé « Les temps : expériences, concepts, récits », et il est formateur en sociologie pour le diplôme d’État d’éducateur spécialisé au centre de formation Initiatives de Bourg-la-Reine. Il a récemment publié Il tempo sommerso. Strategie identitarie nei giovani adulti del Mezzogiorno, Naples, Liguori, 2008, et « I giovani campani alla ricerca dell’identità », in P. Clarizia et D. Maddaloni (dir.), Percorsi diseguali. Una tipologia di giovani alla ricerca dell’identità lavorativa, Naples, ArLav. Regione Campania, 2005.
1La catégorie « jeune adulte » interroge les liens entre l’âge biologique et l’âge social dans un contexte de flexibilité socio-économique. L’étude des politiques de jeunesse en Italie, ou plutôt de leur absence, illustre bien la question de la réversibilité des parcours des jeunes, qu’il s’agisse de leur place sur le marché du travail ou encore de la cohabitation avec les parents. Dès lors, être un adulte indépendant ne correspond plus à une classe d’âge déterminée.
2Les parcours de vie et les trajectoires biographiques des jeunes italiens sont de plus en plus flexibles et incertains. De nouvelles dynamiques commencent à se mettre en place mais nous ne disposons pas encore des bons instruments pour les maîtriser. Postfordisme, société postindustrielle, société postsalariale, postmodernité et modernité tardive : les étiquettes actuelles pour définir le changement social font référence à des situations intermédiaires.
3Nous savons que les calendriers biographiques valables dans le contexte d’une société industrielle sont en train de s’effriter mais nous ne parvenons pas encore à saisir la portée de ces transformations. Dans ces circonstances, les modalités du passage de la jeunesse à l’âge adulte font question et, lorsqu’une catégorie d’âge n’est pas bien définie, ses frontières sont toujours floues. Les parcours et les temps biographiques des jeunes adultes italiens se caractérisent par une forte réversibilité et les trajectoires ne semblent pas coïncider avec le concept de l’emerging adulthood
4Les calendriers biographiques et les modèles de parcours de vie donnent aux individus la possibilité de confronter leur propre parcours avec celui plus ou moins établi par la société d’appartenance et avec celui des autres. On est jeune de telle à telle période, on est vieux à partir de tel moment, on est mûr pour faire tel ou tel choix, etc. Parmi la pluralité des trajectoires possibles, une constante de tous les discours reste la nécessité – mieux, la disponibilité – d’un modèle de la vie adulte, qui puisse illustrer sans ambiguïté le but final du parcours que les jeunes doivent accomplir. Plus que la dimension biologique des âges (elle aussi produite par un besoin organisationnel de régulation sociale, mais beaucoup moins en crise), c’est donc leur dimension sociopolitique qui demande une certaine attention. Le temps partitionné des âges de la vie a perdu sa viabilité depuis longtemps. Dès lors, nous assistons à une fragmentation des calendriers biographiques, où le cours de la vie et les séquences traditionnelles ne trouvent plus de correspondance, où il n’est plus possible de donner un ordre (et un rythme avec lui) aux étapes et aux changements. La référence centrale du parcours de vie, l’adulte, est remise en question par l’incertitude et l’instabilité, dans la sphère professionnelle comme dans la sphère familiale. En se fragilisant, le statut d’adulte pose de nouveaux problèmes pour la phase qui le précède, soit la jeunesse. Le concept de « jeune adulte », cette catégorie problématique, est issu de ces transformations : il doit sa naissance au brouillage des âges actuellement à l’œuvre.
5Afin de mieux cerner le sens que nous donnons ici à cette catégorie, revenons au rapport entre âge biologique et âge social. Le croisement des deux termes s’appuie sur une interprétation sociale du premier et biologique du second. Du côté biologique, c’est la façon arbitraire de construire des ruptures dans un processus continu (comme celui du vieillissement) qui produit le sens des âges : entre jeunes et adultes, entre adultes et vieux, on pose des fractures, des frontières artificielles difficiles à délimiter, qui sont utiles pour traiter des questions sociales (le droit de vote, le permis de conduire, l’âge de la retraite, etc.), mais qui ne sont pas réelles (à quel âge commence-t-on à être vieux ? 64 ans, 66 ans ? Pourquoi pouvoir voter à 18 ans, et pas à 16 ou à 20 ans ?). Les âges biologiques correspondent à une modalité sociale de créer une discontinuité dans le continuum de la vie. Du côté social, on a une perception de l’âge de l’individu par rapport à son statut dans les relations qui le définissent socialement : par exemple, une jeune mère de 27 ans peut être encore étudiante ou bien joueuse professionnelle d’une équipe sportive. Mobilisée et conçue différemment selon les contextes nationaux
6L’Italie n’a jamais eu une action politique de soutien et d’aide pour les jeunes bien structurée. Comme l’affirment plusieurs chercheurs de ce pays, le problème est plus profond. Le manque de soutiens sociaux individualisés accordés par l’État fait de l’Italie un pays où le chômage des jeunes devient – surtout dans le sud du pays – plus un problème structurel qu’une question de contingence (Spano’, 2001 ; Pugliese, 1995 ; Reyneri, 2002). Sans politiques d’allocations pour le logement, sans politiques actives et efficaces pour l’emploi (les dispositifs pour l’insertion des jeunes ne sont pas nombreux et ne sont pas bien organisés en fonction des exigences et des conditions territoriales), sans bourses d’études en quantité suffisante réparties sur le territoire national et en l’absence d’un véritable système d’allocation chômage pour les jeunes italiens, la seule forme réelle de soutien dans le parcours d’intégration à la vie sociale reste la famille.
7C’est en effet une question de Welfare State : l’Italie fait partie de ce « modèle méditerranéen » (Esping-Andersen, 1999) qui fait de la famille le seul support de l’individu non encore épanoui. L’allongement de la dépendance et le manque d’autonomie des jeunes adultes sont généralement étudiés et interprétés sous l’angle de la socialisation familiale : parler de jeunes adultes en Italie veut surtout dire parler de la cohabitation prolongée entre générations (Cicchelli, 2001) et des modalités paradoxales qui amènent à un manque d’autonomie de plus en plus répandu et durable. Toutefois, la possibilité de s’insérer de façon pérenne sur le marché du travail doit être considérée comme une dimension fondamentale du problème.
Sur le plan des politiques actives pour l’insertion, les jeunes ne sont pas considérés comme une catégorie prioritaire, et très peu de programmes visent l’insertion par l’emploi. Il n’existe pas, en Italie, de dispositif qui ressemble aux missions locales françaises. Le sportello giovani (guichet jeunes), lieu d’information et de « première orientation » pour l’emploi, est la seule possibilité en dehors des agences pour l’emploi, qui ne font pas de la jeunesse un public cible particulier. En 2008, un budget gouvernemental de 130 millions d’euros sur trois ans a été destiné aux politiques pour la jeunesse en général. Budget dont il est intéressant de mentionner les domaines d’intervention : emploi, logement, formation, santé, dialogue interreligieux et interculturel, inégalités informatiques, accès à la vie politique. Mais on n’y trouve pas de financement pour de véritables politiques actives
8D’un côté, avec la prolongation éternelle de la période de formation, la prise en charge familiale des études constitue une cause importante de l’allongement de la dépendance. De l’autre, la dimension structurelle du marché du travail italien ne permet pas de considérer l’insertion des jeunes selon les mêmes logiques que dans les autres pays d’Europe – sauf pour la Grèce, le Portugal et l’Espagne, avec des différences incontournables. Deux aspects sont à prendre en considération : le chômage et la flexibilité. Pour ce qui concerne le premier, on souligne l’écart de situation entre les « jeunes » et les « adultes » vis-à-vis de l’emploi : par rapport au taux de chômage global de la population – qui suit les moyennes européennes –, structurellement, le taux dépasse les 20 % pour les jeunes de 15 à 24 ans (il monte à 35 - 40 % dans les régions du sud du pays) et il est supérieur à 11 % pour les jeunes entre 25 et 34 ans (il grimpe au-delà de 20 % dans le Sud)
9Sans rentrer dans les détails, le chômage italien est surtout un chômage d’insertion, qui se concentre sur les jeunes (avec une majorité de femmes) des zones les moins développées, lesquels vivent chez leurs parents et sont à la recherche de leur premier emploi ou d’un premier emploi stable. On glisse ainsi naturellement vers le second aspect : la flexibilité de l’emploi. Avec du retard par rapport aux autres pays européens, la flexibilité a été introduite dans le pays en 1997 (par la loi 197/1997, surnommée Pacchetto Treu) et c’est seulement ces six dernières années qu’elle s’est définitivement enracinée sur le marché du travail. Donc une flexibilité récente, mais qui touche aussi prioritairement les jeunes : depuis quelques années, les enquêtes autour des emplois flexibles montrent bien que le travail stable reste un privilège des travailleurs âgés, alors que les contrats atypiques se multiplient chez les jeunes qui cherchent à s’insérer professionnellement.
10Le portrait de l’employé flexible italien est le suivant : « Jeune, trois fois sur cinq de sexe féminin, il/elle a au maximum un baccalauréat, il/elle n’a pas d’enfant et, dans la moitié des cas, vit chez ses parents »
Si, pour une partie d’entre eux, évoluant dans un monde riche de possibilités d’emploi et avec des environnements familiaux stables, rester chez ses parents et expérimenter le travail flexible constituent des choix stratégiques pour mieux construire son intégration, la majorité des jeunes italiens vivent leur condition de dépendance prolongée comme une contrainte. Lorsque chômage et flexibilité se croisent en se superposant, dans le cas des jeunes en transition, le « jeune adulte » apparaît. Il se manifeste à travers son état d’impossibilité de trouver dans le travail son instrument – matériel et symbolique – de passage de la dépendance à l’autonomie, c’est-à-dire de passage à l’âge adulte.
11Le second axe, marqué par le moment du départ de chez ses parents, fait fortement référence aux dynamiques décrites ci-dessus. Et si des efforts pour aboutir à une condition réellement adulte sont mis en œuvre, le risque est, dans ce cas, l’inversion du parcours. En Italie, un tiers des jeunes cohabitent avec leurs parents jusqu’à 35 ans, tandis que 20 % de ceux de moins de 37 ans qui essaient de partir finissent par retourner dans leur famille – soit une faillite de passage sur cinq ! (Buzzi et al., 2007).
12On ne peut pas expliquer cette prolongation du lien à la famille d’origine par la seule culture familialiste. Même s’il ne faut pas nier l’existence d’une relation forte entre générations dans les conduites de vie familiales en Italie (qui se concrétisent souvent par une proximité spatiale entre fils/filles indépendant(e)s et parents), la cohabitation prolongée est de moins en moins continue et de plus en plus intermittente. Ces chiffres ne parlent pas d’un phénomène uniforme, mais de stratégies adaptatives qualitativement et biographiquement diverses. À la prolongation de la cohabitation se superpose, de façon moins évidente, un processus d’autonomisation qui prend des formes assez différentes selon les parcours et les conditions de vie des jeunes. Il s’agit de réversibilité du parcours de vie, de bousculement entre classes d’âges, de biographies floues, mais dans plusieurs sens.
13Parallèlement à la déstructuration du temps linéaire, un nouveau paradigme semble prendre de plus en plus de place pour la compréhension des parcours de vie des jeunes aujourd’hui. Le paradigme de réversibilité, sans supplanter le concept de trajectoire, met tout de même en crise la vision rigide du vieillissement social. Susceptible d’être identifiée à tous les âges de la vie, la réversibilité est strictement en lien avec la catégorie ici étudiée, que ce soit sur le plan de l’entrée sur le marché du travail ou de la sortie dudit marché, de la cohabitation parentale ou encore des relations personnelles.
14Néanmoins, il convient de distinguer au moins deux types de réversibilité des parcours. C’est principalement, comme nous l’avons déjà évoqué, une question de ressources : ressources institutionnelles, relationnelles, culturelles et, évidemment, matérielles/économiques. On ne reconnaît pas une dynamique d’inversion qui se répand uniformément chez tous les jeunes adultes sans la distinguer par rapport aux ressources recensées : soit du côté stratégique/projet, soit du côté des conséquences sur la perception de soi et de son propre parcours. Et cette distinction nous permet de mieux façonner le découpage entre jeunesse et âge adulte.
15Cette forme de réversibilité est caractéristique de la jeunesse. Elle se présente comme une stratégie, une modalité de conduite, une façon de s’engager avec les temps et les projets de vie. Les jeunes qui adoptent une stratégie réversible n’hypothèquent pas l’avenir. En essayant de ne pas réduire le nombre de leurs propres biographies possibles, ils cherchent à pouvoir choisir constamment entre de nombreux objectifs.
16Ils considèrent l’expérimentation comme un programme plutôt que comme une nécessité. Ils se plongent dans une suspension du présent sans cesse renouvelée, gouvernés par le souci de ne pas s’engager dans une route sans retour ou sans ramification. En tant que processus de construction de soi, cette stratégie n’amène pas vers un réel passage à l’âge adulte : l’indépendance est expérimentée mais elle n’aboutit pas à un chemin précis ; l’autonomie n’est pas radicale. Faire des choix (partiellement) réversibles provoque une distorsion du parcours vers l’âge adulte selon un décalage relativisant les choix et l’agir.
Parce que l’on peut opter pour des choix révocables jusqu’à ce que le temps collectif nous impose d’exclure une partie des possibilités. C’est le cas des jeunes adultes flexibles par choix, dont on parle le plus souvent, qui essaient de construire une indépendance souple. L’absence d’un projet personnel de transition supporte cette stratégie de l’essai, des multiples va-et-vient entre dépendance et autonomie. Mais c’est en même temps la présence d’un bon ensemble de ressources qui supporte cette absence de projet. En ce sens, une maîtrise de sa propre biographie (jouée sur le plan de la réversibilité) doit se fonder sur des conditions favorables : une aide et une protection prodiguées par l’État, un haut niveau de développement et de richesse structurelle, un bon capital culturel grâce auquel évaluer, connaître et s’orienter dans sa propre réalité, une condition économique de départ aisée, etc. Un temps biographique construit sur une réversibilité de ce type se fonde et s’appuie, en Italie, sur des soutiens privés (Castel, 2005).
17Cette seconde réversibilité s’oppose à la première. Elle concerne les jeunes adultes qui ont réellement essayé de quitter le nid familial et qui, après avoir réussi, se sont retrouvés obligés de faire marche arrière, non pas à cause d’une nostalgie enfantine ni pour reconstruire sciemment une nouvelle trajectoire. Il s’agit de jeunes adultes à partir desquels la presse a bâti le « syndrome du fils prodigue », sans comprendre le sens et l’ampleur du problème.
18Cette réversibilité, pas du tout projetée ni envisagée, se présente comme une contrainte dans un parcours de vie qui voudrait être un minimum linéaire mais qui n’y arrive pas. C’est une réversibilité subie, où les choix sont obligés par les événements, où la linéarité du parcours est mise en crise par la nécessité. C’est le cas des employés flexibles qui se retrouvent, tout d’un coup, dans la précarité et qui tombent souvent dans le piège du chômage de longue durée. C’est le cas, par exemple, des jeunes adultes avec un faible niveau d’études, qui, après avoir créé une famille – voire avoir fait des enfants –, perdent leur emploi, et, dans l’attente d’aides de l’État qui n’arrivent pas, se trouvent obligés de demander asile à leurs parents ou beaux-parents.
19Il est clair que, dans cette forme de réversibilité, le travail joue un rôle de premier plan. Cette réversibilité des statuts chez les jeunes adultes exprime, au contraire de la première, la mise en œuvre d’un projet de transition à l’âge adulte, mais en même temps sa faillite. À une maîtrise biographique jouant sur la réversibilité, s’oppose, dans cette situation, une non-maîtrise biographique, déterminée par la réversibilité.Il est évident, dans ce cas, que c’est l’absence de ressources et de soutiens collectifs – voire de politiques de jeunesse appropriées à ces tranches d’âge – qui empêche ces jeunes adultes de vivre un parcours biographique cohérent avec leurs propres stratégies. Les conséquences de cette réversibilité sont par ailleurs beaucoup plus dangereuses que celles d’une réversibilité des choix.
20***
21La catégorie « jeune adulte » contient en elle-même quantité de stratégies et de parcours qui ne peuvent pas être rassemblés dans une seule « classe d’âge ». Il est vrai que derrière la réversibilité des parcours, résultat d’une crise des rites de passage et d’une émergence des progressions par petites étapes et premières fois (Bozon, 2002), se cachent des accès partiels à des statuts incertains. Mais il est vrai aussi que ces formes de transition, caractérisées par des retours en arrière, sont encore définies à travers des catégories qui ne tiennent pas compte de la flexibilité du temps contemporain.
Les politiques publiques de la jeunesse ne prennent pas assez en considération ces tranches hybrides de population, abandonnées et obligées de devoir chercher des soutiens qui font paradoxalement obstacle. Si nous les regroupons sous la dénomination « jeunes adultes », c’est que nous n’avons pas d’autres catégories à proposer. Il s’agit d’un problème classique : recourir à des catégories anciennes pour expliquer des phénomènes nouveaux.
Stefano Bory
Chargé de recherche en sociologie à l’Université Federico-II de Naples (Italie) et chercheur associé à l’Iris-EHESS de Paris, ses recherches s’efforcent, entre autres, d’interpréter les changements des temps sociaux, des narrations et des parcours biographiques. Il enseigne la sociologie des processus culturels à la Faculté de sociologie de Naples, anime un séminaire interdisciplinaire à l’EHESS de Paris intitulé « Les temps : expériences, concepts, récits », et il est formateur en sociologie pour le diplôme d’État d’éducateur spécialisé au centre de formation Initiatives de Bourg-la-Reine. Il a récemment publié Il tempo sommerso. Strategie identitarie nei giovani adulti del Mezzogiorno, Naples, Liguori, 2008, et « I giovani campani alla ricerca dell’identità », in P. Clarizia et D. Maddaloni (dir.), Percorsi diseguali. Una tipologia di giovani alla ricerca dell’identità lavorativa, Naples, ArLav. Regione Campania, 2005.
[ 1] Emerging adulthood est une nouvelle phase de vie qui ne correspondrait ni à une adolescence prolongée ni à un adulte jeune, mais plutôt à une période de vie caractérisée par cinq « conditions » : l’exploration identitaire ; l’instabilité ; le centrage sur soi (self focusing) ; se sentir entre deux (feeling in between) ; la conscience d’innombrables possibilités (Arnett, 2004, p. 8).
[ 2] Une étude désormais classique sur le problème au niveau international est celle d’Alessandro Cavalli et Olivier Galland (1993).
[ 3] Et il s’agit d’un programme interministériel, dont le ministère pour l’Emploi et celui des Politiques sociales font partie.
[ 4] Les chiffres sont des moyennes approximatives des données fournies par les « Rapporti sulla forza lavoro » de l’Istat (Istituto Statistico, équivalent italien de l’Insee) entre 2003 et 2007. Voir www.istat.it
[ 5] Cette définition est formulée dans un rapport sur les emplois instables réalisé par plusieurs organisations syndicales italiennes (Nidil-Cgil – Spi-Cgil, 2004, p. 21).