La lettre de l’enfance et de l’adolescence 2003- 1 (no 51)| ISSN 1146-061X | ISSN numérique : en cours | ISBN : 2-7492-0127-6 | page 9 à 014

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Mes filles

Leïla Sebbar [*]


1

J’ai eu sept filles. Le garçon est venu après la septième. Mon mari ne m’a pas répudiée, si on était restés au pays, peut-être après la cinquième, mais ici en France, il a été patient. Son fils, l’unique, lumière de l’œil. Son fils. Il l’a élevé, le seul, il travaillait encore un peu, il aidait un voisin sur les marchés, son fils avec lui, partout, tout le temps, on s’étonnait, il disait : « C’est mon fils, je fais ce que je veux ». « Tu as des filles ? » « Mes filles, je travaillais tellement, quand je revenais à la maison elles dormaient et le matin, elles dormaient encore. Le dimanche, c’est moi qui dormais. Je confonds les prénoms, sept filles... Mon fils, le dernier, bientôt je serai vieux, je veux le voir, vivant, le jour, la nuit, pas comme les autres toujours dans le sommeil. Leur mère s’est occupée d’elles, bien ou mal, ça... Je lui ai donné ce qu’il fallait, elle a fait ce qu’elle a pu. Mon fils, c’est moi. »

2

Khadija, l’aînée de mes filles. Moi, si jeune, seize ans. Je me suis mariée au village. C’était la fin de la guerre. Mon cousin est parti avec son père en France, il avait dix ans. Pourquoi il m’a choisie ? On dit qu’il m’a choisie, la mère a dit oui, le père a dit oui. J’étais petite, trois ans peut-être : « C’est ton cousin, il s’en va loin, embrasse-le. » Je l’ai embrassé, lui aussi. Je l’ai revu sept ans après son départ. Il passait des vacances au village. Il parlait bien la langue de la France. J’avais dix ans. Dans notre maison, il m’a embrassée comme une petite sœur, il m’a à peine regardée, je l’ai trouvé beau. Il envoyait des photos, pas directement à ma mère, à son frère. On le voyait devant l’usine Renault de l’île Seguin (je l’ai vue plus tard, la Seine au bord de l’usine, l’usine immense, comme un bateau qui traverse toutes les mers sans s’arrêter). Je sais où ma mère rangeait les photos du cousin de France. Dans la boîte à biscuits en fer-blanc, au fond de la grande armoire, derrière les couvertures que ma grand-mère a tissées pour la maison (j’ai emporté la plus belle, je l’ai encore). Je regardais mon cousin. Je sais que ma mère a envoyé une photo de moi par son frère. J’ai quinze ans, ma mère m’a permis d’enlever mon foulard, j’ai des cheveux noirs tressés, mes yeux sont noirs, grands, je souris ; je suis debout devant le vieux figuier de la cour. Je souris pour lui. Je ne vais plus à l’école. Ma mère voulait que j’apprenne la couture avec elle. Ma mère travaillait à domicile. Mon oncle lui a offert une Singer (je l’ai chez moi, j’ai fait toutes les robes des filles, petites. Après elles achetaient chez tati, mais les robes de fête pour mes filles, les cousines et les voisines, c’est moi, elles acceptent de les porter pour les fêtes de chez nous).

3

Je me suis mariée au village avec mon cousin. Un beau mariage. Ma nuit de noces n’a pas été une nuit de sang.

4

Mon mari pensait qu’il pourrait travailler au pays. Il est resté trois ans. La petite usine a licencié, il a fallu partir. Khadija avait deux ans, j’étais enceinte. En France, six mois sans travail, avant de retrouver une place à l’usine de l’île Seguin. Je passais la journée dans une chambre d’hôtel, j’allais au square avec ma fille, je retrouvais des femmes du pays, elles m’apprenaient la France, je prenais le thé chez elles, des appartements qui allaient être détruits, on leur promettait de les reloger dans du neuf (aujourd’hui elles vivent en cité, comme moi, dans des hlm, les barres et les blocs, on les a fait exploser, la Courneuve, Lyon, Vénissieux... C’est toujours des F3, F5, F6, mais les immeubles sont plus petits, on a des balcons, de la pelouse et des arbres, c’est mieux). À l’hôtel, j’ai beaucoup pleuré. Mon mari revenait tard, fatigué. Il ne parlait pas. Il me prenait sans bruit à cause des petites. Yasmina (on l’appelle Jasmine) avait quelques mois quand on a quitté l’hôtel pour la cité de la Courneuve.

5

La Courneuve, les premières années, jusqu’aux jumelles Dora et Dina, c’était bien (je n’ai pas voulu les appeler Fatima et Aïsha, ici en France, je ne voulais pas. Je sais, mon mari me l’a répété : « Fatima, la fille du Prophète, Aïsha son épouse préférée, la plus jeune, la plus belle, la Mère des Croyants après sa mort », je sais, mais pas ici, dans ce pays où je ne resterai pas, j’ai une maison là-bas, chez moi, et ma place près de ma mère). Je les ai appelées Dora et Dina, on m’a dit : « C’est pas des prénoms pour des filles algériennes, à la mairie du village, sur la liste des prénoms arabes, ni Dora, ni Dina », je sais, mais elles sont nées en France, c’est libre les prénoms, on peut les inventer si on veut. Mon mari avait raison, je pense aujourd’hui qu’il avait raison pour les prénoms. Il m’avait dit : « Surtout des jumelles, il faut les protéger plus que les autres, une en deux, ou deux en une, c’est pareil, quelque chose ne va pas. Pourquoi deux, les mêmes, c’est pas la peine. Les jumeaux, on a peur, les jumelles encore plus... Si on les appelle Fatima et Aïsha, il n’arrivera pas malheur. » J’ai ri, j’ai dit : « Mes filles, jumelles, elles sont belles, je les appelle comme je veux, tu verras, les plus sages, les plus obéissantes. » Elles n’ont pas pleuré comme les autres, des petites filles modèles. Au square je devais interrompre les compliments des voisines (elles savaient bien que le mauvais œil accompagne les éloges, dès qu’elles voyaient mes filles, les unes après les autres, elles les sucraient de mots mielleux, dangereux). Je suis allée dans un autre square, que des Françaises, elles parlaient des maris plus que des enfants, de l’école et des maîtresses, elles ne s’occupaient pas de Dina et de Dora, c’était mieux pour mes filles, et moi j’écoutais les femmes. Je parlais peu.

6

Khadija, ma fille aînée (mon mari voulait Khadija, la première épouse du Prophète, plus vieille que lui, encore belle, une commerçante accomplie, elle l’a soutenu, il s’est confié à elle comme à une femme aimée, estimée, elle l’a aidé à entendre les mots divins de l’ange Gabriel), j’étais jeune, je quittais le village et ma mère, elle aussi Khadija, ma mère m’a demandé de la laisser, qu’elle vive dans sa maison, dans sa langue, j’ai dit non, mon mari a dit non. L’hôtel pauvre dans un quartier pauvre, je n’ai rien dit à ma mère, je pleurais avec ma fille seule dans la chambre, l’école, la langue étrangère, les enfants turbulents, elle avait peur, je l’ai gardée longtemps, elle et moi, toutes les deux enfermées, jusqu’à Jasmine. À l’école, Khadija refusait tout. Je lui ai appris à lire et à écrire dans la petite chambre. Elle était souvent malade. J’aurais voulu travailler, mon mari m’a dit : « Et ta fille, toujours malade qui va la garder ? Si tu veux, elle va à l’hôpital. » « Non, pas à l’hôpital, avec moi ça ira. » Jasmine allait à l’école. Elle apprenait à sa sœur, elles lisaient ensemble des livres de la bibliothèque. Khadija est devenue une petite maîtresse de maison parfaite. Mais l’école...

7

À la naissance de Houria, la troisième, elle s’est occupée de tout. J’étais à l’hôpital, mon mari me disait : « Ne t’inquiète pas, Khadija sait faire ce qu’il faut. Jasmine lui obéit. Ça va bien. Tu pourras te reposer. » Houria a parlé très tôt, on s’étonnait : « Si petite, les deux langues, le français et l’arabe... » Elle a lu avec ses sœurs, mieux qu’elles. Elle voulait toujours être à l’école, dans les livres, trop, je trouvais. Khadija cousait des vêtements pour ses poupées (elle a appris la couture avec moi, j’avais la Singer, je gagnais un peu d’argent à la maison, je travaillais pour les femmes du quartier), elle était habile, tout un trousseau pour Jasmine et Houria, leurs poupées, combien de poupées... Mais Houria donnait les habits à sa sœur, elle n’aimait pas jouer à la maman, à la malade, au mariage... Elle préférait jouer à la maîtresse, mais elle ne trouvait pas d’élèves : « Je suis toute seule, je peux pas être une maîtresse. » « Fais la classe aux poupées. » « Elles veulent pas apprendre. » Elle lisait à haute voix dans la chambre des filles, elle lisait bien. On l’écoutait. Je restais parfois avec elles et les voisines, pour l’histoire. Elle inventait aussi et Khadija fabriquait pour sa petite sœur des livres cousus, où elle écrivait. Chacune des filles a eu son livre pour chaque anniversaire. Mon mari a fabriqué une bibliothèque de poupée pour les livres de Houria. Même Dina a eu ses livres, Dina, ma pauvre fille jumelle. Ses crises ont été telles, elle détruisait tout dans la maison (elle aurait blessé ses sœurs si je n’étais pas intervenue, je suis grande et forte, j’ai pu maîtriser Dina), que mon mari a dû faire intervenir les infirmiers de l’hôpital des fous. Je ne voulais pas, ses sœurs pleuraient, Houria barrait la porte, mon mari a dit : « Vous voulez qu’elle fasse une folie ? Laissez passer les infirmiers. Elle reviendra. Je les accompagne. » J’avais senti, je suis sûre que j’ai senti que Dina devenait comme un animal sauvage. Déjà avec Dora. Dora ne se plaignait pas, elle subissait les coups, les cris de sa sœur. Je l’ai su un soir où j’ai surpris Dina, comme folle, qui sortait de la chambre en courant. Dora était assise au bord du lit, elle tenait son bras comme si elle avait mal, elle ne pleurait pas. Elle ne m’a pas regardée, elle n’a rien dit. J’ai compris. Elles n’ont plus partagé la même chambre. Dina s’est calmée. Mais soudain, la violence. Contre Dora surtout. Je ne comprenais pas. Personne pour parler. J’ai fait faire des amulettes pour Dora et Dina. Dora ne s’est pas moquée de moi, mais Dina a hurlé, elle a dit des mots que je ne répéterai pas, elle a jeté les amulettes dans le vide-ordures : « Je suis pas cinglée, pourquoi tu me donnes ces trucs-là... » Elle a dit d’autres mots... « Et elle, la petite fille sage, mademoiselle Béni-oui-oui, elle obéit à sa maman, elle va mettre ces gris-gris à son cou et tout ira bien... » Dora n’a rien dit. Le soir, mon mari, affolé, a assisté à la première crise de Dina, elles se disputaient pour une émission à la télé. Il a appelé l’infirmière de la cité qui a su la calmer, mais elle a fait comprendre à mon mari que c’était grave, qu’il fallait l’emmener à l’hôpital. Dina est à l’hôpital, dans un pavillon fermé. Je vais la voir avec ses sœurs, mon mari la voit quand il peut. On lui donne des médicaments. Elle est calme, un peu bouffie, elle marche bizarrement, comme un fantôme, elle ne parle pas. Une seule fois, elle a demandé ses amulettes, je lui ai donné celles de Dora. Elle accepte les livres de Houria, mais elle ne les lit pas. Dora dit qu’elle veut vivre avec sa sœur, à l’hôpital. Ce n’est pas permis. À la maison, elle lui écrit des lettres et des lettres, très longues, elle les poste. Je ne sais pas si Dina les lit. Voilà pourquoi je pense que mon mari avait raison pour les prénoms. Dina, Dora, mes jumelles séparées, malheureuses, et je ne sais pas pourquoi. Personne ne m’explique, les médecins disent : « Ça arrive, des crises comme ça, ça arrive, on s’en occupe, vous verrez, ça ira mieux. » Je les crois, mon mari aussi, mais Dina n’a pas encore quitté le pavillon fermé. Qu’est-ce que je peux faire ? Je protège Dora, comme je peux, je fais mes prières, Dora aussi, avec moi. Ses sœurs ne la laissent jamais seule, le quartier n’est plus sûr, les voisins, les amis partent, le quartier se dégrade, mon mari dit qu’il faudra quitter la cité, que la malédiction se rapproche. J’ai peur quand il parle ainsi.

8

Dora la sage, elle était de plus en plus sage. Trop. Elle ne riait plus avec ses sœurs, elle parlait à peine. Un matin, après le café avec des tartines à la confiture d’oranges, elle s’est enfermée dans la salle de bains. Je m’occupais des petites, la crèche, l’école, j’étais en retard, j’avais rendez-vous au dispensaire, Dora a quitté la maison, elle courait presque, j’ai regardé par la fenêtre, j’ai vu le foulard, le hijeb. Chez nous, on est musulmans, on suit la religion, mais le foulard islamique, en France, je ne l’ai pas porté, aucune de mes filles, Houria a lu dans les livres. Elle dit que le Prophète n’oblige pas les femmes à porter le voile, il leur conseille de se protéger des regards indiscrets des hommes dans la rue, des étrangers à la maison, à la famille. Je lui ai demandé de lire le verset ; avec Dora, elles lisent le Coran et les commentaires, je ne les ai pas obligées à aller à l’école coranique, Houria a acheté le Coran en français (Dora répète qu’elle saura le lire dans la langue du Livre, la langue du Prophète, si elle veut apprendre l’arabe, elle suivra des cours de langue arabe, je suis d’accord, son père aussi). Houria a lu :

« Ô Prophète !
Dis à tes épouses, à tes filles
et aux femmes des Croyants
de se couvrir de leurs voiles :
c’est pour elles le meilleur moyen
de se faire connaître
et de ne pas être offensées. »

J’ai dit : « Mais le Prophète veut le voile pour les femmes, c’est écrit dans le Livre. Alors ? » « Imma, Muhammad, notre Prophète, ignorait qu’un jour – combien de siècles plus tard ? – des musulmanes vivraient dans un pays chrétien et que l’islam ne serait pas la religion du pays d’accueil, du pays de naissance de leurs filles. Une musulmane peut être croyante, comme toi, Imma, sans le voile, tu le sais. Tu n’as jamais porté le voile ni le foulard en France. » « Et toi, ma fille, tu es musulmane ? » « Imma, je suis dans la religion de ma famille, mais... » « Mais, quoi ? » « Une autre fois, Imma, j’ai du travail. » Je n’ai plus reparlé de la religion avec Houria, c’est elle qui choisit sa vie, Houria sait, mieux que moi, elle est devenue savante, elle est libre, plus libre que moi, plus libre que ses sœurs.

9

Dora au collège avec le hijeb... J’ai attendu la fin de la journée. Elle est rentrée tard ce jour-là. Elle dit que dans la classe, elle enlève le hijeb, le proviseur l’autorise à le porter en dehors de la salle de classe. Elle s’est inscrite au cours d’arabe, le professeur, un imam algérien, ne lui demande pas d’enlever son foulard, au contraire, elle est contente comme ça. Je n’ai rien dit. Dora la sage paraît encore plus sage. Je suis inquiète. Je n’en parle pas à mon mari.

10

Nadia et Nedjma sont nées à la Courneuve, elles aussi. Après Nedjma, la dernière, mon mari a décidé de partir. Il a acheté un pavillon pourri, pas cher, il a travaillé après l’usine, avec ses cousins, des dimanches et des dimanches. Houria et Jasmine l’ont aidé. Il disait qu’il préférait retourner au pays avant l’âge de la retraite, il verrait bien... (moi, je ne voulais plus, ma mère morte, la maison là-bas en ruines... Tout recommencer et mon mari sans travail, non). Il refusait de rester dans cette cité du malheur, Dora enfermée, Nadia en fugue, pourquoi elle avait disparu un jour, pourquoi, je ne sais pas, elle a pris mon collier en or, le collier de mon mariage, et qu’est-ce qu’elle fait maintenant ? Comment elle dort, comment elle mange ? J’ai peur, j’ai peur. La drogue dans la cité, les viols un jour après l’autre. Nadia, seule dans la ville. Avec quel argent ? Le collier ça suffit pas. Houria m’a dit : « Ta fille reviendra, Imma, je suis sûre de ça, crois-moi, Nadia reviendra. » Une autre fois elle m’a dit : « Si Nadia revient avec un enfant, toute seule avec un petit, Imma, qu’est-ce que tu diras ? Qu’est-ce que tu feras ? Et Baba ? » J’ai dit que si ma fille revient, ma maison sera sa maison, et son enfant, mon petit-fils ou ma petite-fille. Je suis sûre que Houria sait où se cache Nadia, elle ne dit rien, mais elle sait. Chaque fois que je pleure dans la salle de bains, assise sur le petit tabouret, elle vient me dire : « Imma ne pleure pas, Nadia reviendra. » « Quand ? » « Bientôt, Imma, bientôt. » Je la crois. Elle me dit aussi que Dina peut guérir. Elle lit des livres savants, elle sera « médecin de l’âme », comme elle dit, Dina guérira, elle saura ce qu’il faut faire. Je la crois.

11

Khadija, ma fille aînée, s’est mariée avec un cousin algérien qui travaille dans l’usine de mon mari. À seize ans. Elle est couturière. Elle veut beaucoup d’enfants, elle aura beaucoup d’enfants, et moi, beaucoup de petits-enfants. Mais le jour du mariage, elle était si belle, toutes ces robes qu’on a taillées et cousues toutes les deux, ce jour-là Nadia et Dina n’étaient pas là. Houria avait promis, pourtant. Elle a dit : « Elles seront dans ta maison pour les noces de Jasmine, ne t’inquiète pas. » « Même si ma fille épouse un Français ? » « Mais oui. Un Français, c’est pas une malédiction... Jasmine l’aime, tu le connais... » « Oui, mais... un incirconcis. » « C’est elle qui choisit. » « Oui, ma fille, elle a choisi... mais... » « Imma, Nadia et Dina seront là, ça ne te suffit pas ? » « Si elles sont dans ma maison, ma maison sera bénie. » J’ai dit à Houria : « Et toi, ma fille, le mariage, les enfants ? » Elle a ri, elle a dit : « Pas encore, Imma, tu auras tellement de petits-enfants déjà... »

12

Jasmine s’est mariée, elle travaille dans la restauration avec son mari, elle a fait une école hôtelière, c’est là qu’elle l’a rencontré. Dina n’était pas là, Nadia non plus. Nedjma ressemblait à une étoile habillée d’argent et de brillant, c’était la plus belle, sept ans. Elle a dansé dans la salle du restaurant, décorée pour la fête. Houria a fait jouer une pièce de théâtre qu’elle a écrite. Mon mari terminait le pavillon, il est arrivé à la fin de la représentation.

13

Mon fils, l’unique, naîtra dans le pavillon.

Notes

[*]

Leïla Sebbar, écrivain, dernier titre : Je ne parle pas la langue de mon père, récit, Julliard, 2003.