Le Mouvement Social | 83-94

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Regards sur les mutations du travail social au XXe siècle

Françoise Blum*


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Trois branches principales d’activités sont regroupées sous l’étiquette « travail social ». Service social, éducation spécialisée et animation socio-culturelle n’ont pas les mêmes racines, la genèse en est différente, tant chronologiquement que conceptuellement.

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Le terme même de travail social ne s’est généralisé que tardivement, dans les années 1970. Un numéro d’Esprit d’avril-mai 1972 1, intitulé « Pourquoi le travail social ? », lui donne sa légitimité scientifique, alors que la création d’une direction de l’action sociale en 1970 et des instituts régionaux de travail social à partir de 1972 en consacre l’existence institutionnelle. Mais le travail social n’en recouvre pas moins un ensemble de professions disparates, aux statuts, situations et pratiques diversifiés 2, dont ce même numéro d’Esprit dégage le commun dénominateur en une définition par ailleurs fortement conjoncturelle : « Par “travail social” nous entendons d’abord toute action organisée qui vise à réduire une inadaptation quelconque ou qui est (explicitement ou implicitement) préventive de l’inadaptation d’un individu ou d’un groupe » 3. Le travail social désigne effectivement des professions dont la définition est fortement soumise aux conjonctures, qu’il s’agisse d’économie ou de politiques publiques. Ces professions sont incontestablement un objet privilégié du discours sociologique (la production sociologique sur le travail social a pris depuis les années 1970 une importance considérable), mais elles disent aussi beaucoup d’elles-mêmes, à travers une abondante presse professionnelle, ou par le canal de collections spécialisées, sans que l’on sache toujours si les propos sont tenus par les praticiens eux-mêmes ou par des personnalités aux marges, et généralement sans aller au cœur même des pratiques. Francine Muel-Dreyfus l’a noté à propos des éducateurs qu’elle interviewe : « Les éducateurs répondaient le plus souvent par un discours qui, d’une part, mettait en avant la quasi-impossibilité d’une définition précise et fermée – ou finie – de leur profession et qui, d’autre part, s’organisait autour d’un centre absent, l’expérience professionnelle concrète, dont le dévoilement semblait implicitement condamné à la malédiction d’une trahison par les mots » 4. Service social et éducation spécialisée sont entachés d’une sorte de péché originel, n’ayant longtemps fonctionné que dans « un rapport critique à des figures maudites venues d’un autre âge » 5, sont en d’autres termes en rupture permanente d’un « passé qui ne passe pas » 6. Sans prétendre écrire ici une histoire qui reste largement à faire, on se contentera de citer quelques grands jalons historiques et juridiques qui ont donné à ces professions leur visage moderne; puis de dégager, au fil de l’histoire du service social, quelques-unes des constructions idéologiques qui ont forgé le travail social, jusqu’à la chronique très contemporaine de sa mort annoncée 7.

Quelques jalons

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On admet communément que le service social 8 trouve ses origines lointaines dans l’expérience des résidences sociales 9, dont la première est l’Œuvre sociale, fondée par Marie Gahéry en septembre 1896, à une époque encore sous le choc répété des attentats anarchistes. Ces véritables settlements10 à la française s’inscrivent nettement dans un courant catholique social, gagné sans doute à la nécessité d’améliorer « le sort matériel et moral des classes laborieuses » mais également hanté par le désir de rationaliser la charité, de la professionnaliser dans un souci éducatif et civilisateur. Les Maisons sociales, qui s’ouvrent alors au cœur des quartiers populaires, offrent des services aux ouvriers et plus encore aux femmes d’ouvriers : services médico-éducatifs, travaux de couture ou autres à des tarifs respectables. Mais l’expérience de la Maison sociale (l’association est créée le 13 septembre 1905) ne durera qu’un temps, bientôt ébranlée par un scandale qui vient secouer cette tentative d’assistance rationnelle, en opposition à la philanthropie traditionnelle. Marie-Jeanne Bassot, militante de la Maison sociale et intime de Mère Mercédès de la Motte 11 qui en est un des piliers, est enlevée et internée par ses parents, soucieux de la soustraire à l’influence teintée d’érotisme mystique qu’exerce sur elle Mère Mercédès. Revenue à la liberté, elle porte plainte contre eux, mais ils ne seront que très symboliquement condamnés. Le procès et l’atmosphère sulfureuse qui entourent Madame de la Motte signeront en 1909 l’acte de décès des Maisons sociales, première œuvre du féminisme catholique social, sur fond de condamnation par Rome du « modernisme social ». Entretemps s’étaient mises en place les premières écoles de formation sociale, soucieuses de former des visiteuses, capables de remplir une tâche hygiéniste sinon toujours moralisatrice auprès des classes populaires. Ces visiteuses vont jouer un rôle dans la lutte entreprise contre le fléau social qu’est la tuberculose 12, lutte qui trouvera une impulsion décisive avec l’aide américaine accordée après la Première Guerre mondiale. Les visiteuses interviennent au domicile même des familles, dispensant soins et conseils.

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Un peu plus tard, mais sur le même terreau idéologique de l’hygiénisme et de la morale, la Grande Guerre engendre une nouvelle profession féminine. La surintendante d’usine, chargée à l’origine de s’occuper de la main-d’œuvre féminine des usines de guerre, est le premier agent de ce qui va devenir le service social d’entreprise 13. Le décret du 12 janvier 1932, ensuite précisé en 1938 et en 1951, fonde en droit la profession d’assistante sociale. Cette création d’un métier de femme se situe au cœur même du processus de professionnalisation d’activités traditionnellement féminines, du processus de valorisation en même temps que de technicisation du « rôle social de la femme », et du processus d’accès des femmes à une part noble du marché du travail. Mais la profession restera malgré tout marquée, et ce malgré le souci toujours répété de distanciation vis-à-vis de la philanthropie traditionnelle, au sceau du moralisme et du maternalisme. Certes les assistantes sociales n’ont pas toujours su mettre de côté leurs préjugés ou leur appartenance de classe; elles ont souvent érigé leurs exigences de classe en principes d’universalité. La question n’est peut-être pas de savoir si aujourd’hui encore il subsiste quelque chose de ce passé, mais de la peur de ce passé.

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L’éducation spécialisée 14 a aussi son péché originel. Beaucoup plus tardivement validée que le service social (le diplôme d’État d’éducateur spécialisé n’est créé qu’en 1967), le secteur n’en a pas moins de très anciennes racines : les patronages de jeunes détenus nés au milieu du XIXe siècle ou les colonies agricoles et pénitentiaires (parmi lesquelles la tristement célèbre Mettray que le nom de Jean Genet marqua au sceau de la postérité) dont la plume d’un Roger Martin du Gard mémorisa l’impitoyable dureté. Si l’image de l’éducateur spécialisé apparaît souvent comme plus moderne (et plus masculine) qu’une assistance sociale archaïque, cela tient peut-être à la perpétuelle volonté d’innovation affichée par un secteur qui a voulu voir en ses cautions scientifiques (qu’il s’agisse de la neuro-psychiatrie infantile ou de la médecine) un gage de sa modernité, alors même que ses lieux d’intervention l’inscrivaient parfois dans une très ancienne généalogie. Un secteur qui a aussi voulu voir dans son caractère très largement privé un garant d’initiative et de souplesse, face à des institutions publiques (et en particulier l’institution scolaire) jugées sclérosées. De la loi de 1909 à celle de 1912 qui soustrait les enfants de 13 ans à la tutelle de l’administration pénitentiaire, crée le tribunal pour enfants et reconnaît définitivement l’utilité du patronage ouvert; de l’ordonnance de 1945 sur l’enfance délinquante qui officialise la fonction du juge des enfants et accroît son pouvoir, crée une direction de l’Éducation surveillée au ministère de la Justice et la dote d’un personnel permanent à la création du diplôme d’État en 1967, en passant par Vichy qui avec la loi cadre de 1943 invente la notion d’enfance inadaptée, le secteur de l’éducation spécialisée a longuement mûri pour se structurer très rapidement après la Deuxième Guerre mondiale 15.

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L’animation socio-culturelle 16, troisième pilier du travail social, est aussi le plus récent. Plus éclaté encore, plus disparate, le secteur s’est construit en opposition résolue aux pratiques d’assistance. Issu du courant de l’éducation populaire, dont le champ foisonnant comprend aussi bien la Ligue de l’enseignement que les Universités populaires, les centres sociaux que les foyers de jeunes travailleurs, la J.O.C. ou la J.A.C., l’animation socio-culturelle, bien qu’à l’origine d’initiative privée, a largement reçu son visage moderne de l’impulsion de l’État (plan d’équipement socio-éducatif ou création des M.J.C.). Le D.E.F.A. se situe au niveau équivalent des diplômes d’éducateur spécialisé ou d’assistant social. Mais une bonne partie des professionnels ne le possède pas.

L’invention d’un métier : « l’ère des pionnières »

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Avant la Seconde Guerre mondiale, le service social n’a encore que des structures très souples. Il existe certes des écoles, que de récentes études ont pu regrouper en trois groupes : « confessionnel », « philanthropique laïque », et « laïc républicain » 17, qui dispensent un enseignement médico-social; un diplôme, celui d’infirmière, créé en 1922, qui comporte une branche spécialisée pour les infirmières visiteuses, avant que le décret de 1932 ne crée un brevet spécifique de service social; des secteurs qui s’organisent avec la création du service social à l’hôpital en 1922 et du service social de l’enfance en danger moral en 1923; des champs d’intervention privilégiée, la lutte contre les fléaux sociaux et la protection de l’enfance; des lieux cibles, essentiellement la famille et dans une moindre mesure l’entreprise où œuvrent les surintendantes; des expériences novatrices et précurseuses comme celle d’Henri Sellier 18 qui fait de Suresnes un véritable laboratoire de l’intervention sociale. Ces assistantes, ces infirmières visiteuses ou ces surintendantes formées avant la Seconde Guerre mondiale donnent peu à peu un visage à des professions aux traits encore floues.

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Toute une imagerie nostalgique a paré ces pionnières de qualités de courage, de cœur et d’une certaine manière de révolte, révolte contre la misère mais aussi refus d’accepter un destin féminin et bourgeois. Cette imagerie s’est construite à partir de trajectoires bien réelles 19, celles de femmes qui sont aussi d’audacieuses organisatrices; celles de femmes qui ont su inventer un métier alors même que leur mode de fonctionnement ressemblait plus à du bénévolat missionnaire qu’à du salariat. « Il n’y avait pas d’horaire et on travaillait comme des folles ». « Des horaires de travail, je n’en avais pas étant donné que je vivais au milieu des voies et avec les gens; ils me réveillaient aussi bien la nuit » 20; celles de femmes qui vivent ce qui est parfois une rupture de classe comme une aventure et qui, même si elles pensent en termes de vocation, de dévouement forcément célibataire, n’en ont pas moins conscience de posséder un savoir (ou un savoir-faire) professionnel qui fonde en légitimité leur intervention. « Ma vie d’infirmière militaire m’avait mise en contact avec toutes les classes sociales. Je voulais continuer dans ce sens » 21. Ou encore « J’ai eu maintes fois l’occasion de visiter les familles des bidonvilles de la ceinture de Paris appelée alors « la zone ». Les dures conditions de vie, d’habitat, des travailleurs étrangers retinrent plus particulièrement mon attention. Dès cette époque, ma décision fut prise : sitôt les conditions familiales favorables, j’irais voir de mes yeux, j’irais connaître la culture des Maghrébins envers lesquels le racisme de tant de gens de mon entourage me choquait » 22. Ou « je m’attachai terriblement à tout ce petit monde international qui me le rendait bien » 23. Dans nombre des témoignages des assistantes apparaît ce désir de connaître, connaître d’autres classes, d’autres peuples. Le métier a pu leur sembler le moyen d’échapper à la grisaille d’une vie bourgeoise de femme au foyer, comme le moyen de satisfaire leur envie de connaissance du monde, leur besoin de responsabilités.

L’ère de l’institutionnalisation

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Mais à l’inverse d’une imagerie exemplaire, toute une littérature des années 1960-1970 n’a voulu voir dans ces travailleuses sociales que les agents en mission de la classe dominante. Jacques Donzelot 24 et Jeannine Verdès-Leroux 25, bien qu’ils aient l’un et l’autre des partis pris théoriques différents, sont les théoriciens les plus systématiques de cette tendance. De la classe dominante, ces femmes en sont incontestablement issues à une écrasante majorité : elles sont filles d’industriels, de patrons 26, en bref généralement issues de la grande bourgeoisie et par conséquent largement dotées d’un capital culturel familial qui compense sans doute un niveau scolaire peu élevé, que le peu de culture générale apprise dans les écoles ne risque guère de renforcer. Même si le recrutement s’est quelque peu démocratisé dans les années 1930, l’origine des assistantes sociales reste encore en 1946, pour les deux tiers, liée aux groupes dominants des chefs d’entreprise, professions libérales et cadres supérieurs. Ce n’est que dans les années 1970 que le recrutement dans les classes moyennes se généralisera, provoquant d’ailleurs une certaine nostalgie des anciennes pour l’âge d’or aristocratique de la profession : « Autrefois des femmes d’élite et maintenant... » 27. Cette même nostalgie, nostalgie d’un pouvoir et d’une liberté, est lisible dans les congrès professionnels des années 1950, à un moment où, avec l’avènement de la sécurité sociale et un nouveau statut, le service social s’institutionnalise. Ces assistantes sont aussi le plus souvent (bien qu’il existe parmi elles des protestantes et parfois des laïques) imprégnées d’une culture catholique dans laquelle elles puisent les racines d’une vocation, culture dont l’influence de la C.F.T.C. puis de la C.F.D.T. témoigne encore tardivement, comme en témoigne aussi le passage de nombre d’entre elles par le scoutisme.

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L’influence du catholicisme social bien sûr et plus précisément du Sillon et du personnalisme est exprimée dans les témoignages. « Le catholicisme social, Esprit, le Sillon étaient à l’ordre du jour. Je me souviens d’être allée entendre Mounier, Marc Sangnier, Daniel-Rops. Nous discutions des initiatives des patrons sociaux comme Léon Harmel, des expériences communautaires, des settlements » 28. Les textes d’une Céline Lhotte, d’une Yvonne Bougé, toutes deux grandes épistolières, fondent le service social sur le triptyque « Foi, vocation, tenue parfaite » 29. « Le service social est une vocation, c’est par amour des autres et seulement par amour qu’il faut aborder cet apostolat qu’est le service social ». Il est nécessaire, pour pouvoir servir d’exemple, d’investir beaucoup dans le maintien et la tenue, en adoptant un strict code vestimentaire. Leur morale est toute faite d’amour chrétien et de paix sociale, pétrie de « sens social » et de « vieille charité ». « Par sens social, la grande dame paiera sa couturière sans la faire attendre, elle ne lui imposera pas la fatigue des veillées prolongées; la patronne parlera avec douceur, avec bonté, sans condescendance hautaine, à celle qui est sous ses ordres. De son côté, l’humble subordonnée n’aura point d’envie pour les riches, car ceux-ci, fidèles à l’Évangile, se regarderont comme les économes de Dieu et verront dans les déshérités du monde non des êtres inférieurs, mais des frères ou des amis à qui ils doivent autant que ceux-ci leur doivent » 30. Les congrès de l’Association nationale des assistantes sociales, créée en 1945 et qui représente alors une écrasante majorité de la profession, feront largement état dans l’immédiat après-guerre des incompréhensions entre assistantes sociales et usagers et l’on y reconnaîtra que « si nous prétendons éduquer, élever les familles que nous avons l’honneur de connaître... le milieu ouvrier n’a peut-être pas tort de reprocher aux assistantes sociales leur maternalisme. Dans la « maturation ouvrière », dans « la prise de conscience de la mission du monde ouvrier dans l’histoire du monde », il faut chercher « la principale cause des réactions hostiles au service social... Il semble hors de doute que sentant l’heure de sa majorité sociale venue, la classe ouvrière veuille se gouverner elle-même, résoudre elle-même ses difficultés, en dehors de toute tutelle. C’est pourquoi elle tend à faire sauter ce qu’elle considère comme une forme de bienfaisance exercée par un régime dont elle a tant souffert. A la bienfaisance, elle veut substituer la justice sociale... C’est parce que, derrière le service social, se profile l’ombre du capitalisme que l’assistante rencontre de la méfiance, nous écrit un syndicaliste » 31. Face à cette situation le même congrès insiste sur la nécessité de l’expérience de l’assistante sociale qui ne doit pas être une jeune bourgeoise fraîchement émoulue du baccalauréat. Pour la première fois peut-être l’appartenance de classe de l’assistante est considérée comme un possible handicap. Les difficultés qu’elle rencontrera seront plus grandes encore quand l’ouvrier sera nord-africain et musulman. « Nous serons choqués profondément peut-être par les manifestations de sa personnalité... L’astuce, la fraude sont des éléments normaux du jeu, surtout lorsqu’il se situe au fond de l’impasse. Notre faiblesse sera exploitée, notre clairvoyance, notre justice, notre fermeté même seront respectées, acceptées sans rancune... Le travail de l’assistante sociale en milieu musulman est une rude école... » 32. On lui donne, pour remédier à cela, des leçons de psychologie ouvrière 33. Mais la mission reste la même : aider une classe à atteindre « sa majorité sociale ». Le discours et par conséquent le rapport à l’usager sont d’une certaine manière de type colonial. Éduquer, civiliser. Il n’y a d’ailleurs guère de différence entre la vision de l’usager « métropolitain » et le discours que tiendront un peu plus tard les premières assistantes du service social colonial. Connaître cet autre, en comprendre les coutumes pour mieux l’éduquer, l’intégrer. « Toutes ces nouvelles actions sociales se différenciaient des pratiques administratives antérieures. D’abord, elles partaient « de l’intérieur » (on avait comme objectif de laisser les populations s’exprimer le plus vite possible). D’autre part, elles s’appuyaient sur des relais, peut-être encore partiellement formés, mais sous un contrôle interne (les comités C.A.S.A.J.). On rentrait dès lors dans une perspective d’auto-encadrement et donc d’autogestion. Elles s’accompagnaient enfin d’une « expression » du pouvoir qui laissait sa place à l’identité culturelle, c’est-à-dire répondant aux besoins de ces sociétés traditionnelles » 34. L’insistance mise à dénoncer toute forme de condescendance témoigne de l’existence largement répandue de la condescendance. Quant à la surintendante, il a pu lui être reproché d’être l’agent dévoué du patronat, l’acteur de la paix sociale au sein de l’entreprise. Les missions même qui lui ont été définies prêtent aisément flanc à la critique de collaboration. La loi de 1918 avait ainsi fixé son rôle : « Dans tout établissement visé par la présente loi et employant plus de 100 femmes, une « surveillante » choisie par le patron est chargée : 1o de l’embauche des ouvrières et de leur affectation; 2o des questions relatives à l’hygiène et au bien-être des femmes employées par l’établissement; 3o de l’instruction des plaintes portées par elles à l’occasion de leur travail ». A la surintendante est assigné un rôle d’intervention à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de l’usine, dans la famille de l’ouvrier, un rôle de « lien » entre la direction et les ouvriers. Cette position présente les mêmes ambiguïtés que la médecine du travail. Et on n’a pas manqué de souligner ce que cette fonction a pu susciter de lyriques accents patronaux : « C’est un rôle magnifique qui vous est dévolu, Mesdames, faire naître la confiance réciproque. Grâce à l’esprit de collaboration, le rendement industriel est chaque jour plus élevé » ou de sobres constats : « Le service social est un service qui paie » (Michelin) 35. Dans les rapports de stages en usine effectués par les élèves surintendantes, les commentaires sont rarement aussi catégoriques et brutaux que celui-ci : « Il n’y a pas d’idéal dans l’âme ouvrière, son langage est grossier, très grossier. A côté de l’égoïsme j’ai vu voisiner la vanité, la jalousie, le désir de jouissances (on veut vivre sa vie) et de relations malsaines » 36, mais ils abondent sur l’infantilité, la naïveté ouvrière comme sur la douteuse moralité, sur l’incompétence maternelle. Les rapports avec les syndicalistes et les comités d’entreprise n’ont pas toujours été faciles, comme il semble que les grèves de 36 aient été parfaitement incomprises. Les surintendantes ont pu craindre un moment que les délégués ouvriers se substituent à elles, remplissent leur fonction et les rendent du même coup inutiles. Le comité d’entente des écoles de service social redéfinit en fonction de cette crainte le rôle de chacun : « Les délégués sont les représentants des ouvriers, ils expriment l’intérêt de l’ouvrier, intérêt plus personnel, plus immédiat, tandis que la surintendante, tout en restant soucieuse des intérêts des ouvriers, s’attache à défendre, à promouvoir les intérêts de l’entreprise, du “tout”... ». A l’inverse, cependant, il existe aussi des témoignages de méfiance patronale.

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La révolution du case-work, introduit massivement en France dans les années 1950, est importante à plus d’un titre. Le case-work avait été théorisé beaucoup plus tôt aux États-Unis. Le livre de Mary Richmond, qui en est un des piliers théoriques, est traduit en France dès 1926 sous le titre les méthodes nouvelles d’assistance. Le service social des cas individuels. Il dote le service social d’un nouvel outil (l’enquête sociale ayant été jusqu’alors la seule technique du service social), élaboré à partir des sciences psychologiques et psychanalytiques. Il s’agit, grâce à une certaine qualité d’écoute, d’amener l’usager à comprendre ce que cachent des demandes bien concrètes, de l’amener à mieux cerner ses véritables besoins. « Le but démocratique poursuivi dans tous les cas est de favoriser la vie sociale de la collectivité en donnant à l’individu, comme membre d’une famille, l’occasion de développer sa personnalité par des adaptations consciemment effectuées entre lui-même, ses semblables et leur milieu social commun » 37. Le case-work, bien qu’il se soit heurté à de vives résistances, permet aux praticiens du social de se démarquer du médical en empruntant aux sciences humaines les fondements théoriques de leur action. Le fait que le case-work ait pu être regardé comme une véritable révolution progressiste, qui allait de pair avec le refus de juger, en dit long, a contrario, sur les pratiques et comportements antérieurs. Le regard de l’assistante sur l’usager change, il ne faut plus l’éduquer, mais l’aider à prendre conscience de ses capacités d’éducation, et ce pour une meilleure adaptation. Malgré tout, l’A.N.A.S. peut encore déplorer à son congrès de 1969 que le public assimile toujours largement l’assistante sociale à la dame d’œuvre. Il y a comme une hantise de la profession à se démarquer des pratiques de la charité bourgeoise, et ce peut-être au prix d’une occultation des besoins d’assistance les plus primaires et concrets.

Les temps de la dénonciation : « les agents en mission de la classe dominante »

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Mais si la critique que la profession, dans ses instances représentatives, exerce à l’égard d’elle-même est lisible dans les années 1950-1960, elle porte alors sur des modalités d’intervention et non sur l’essence même du rôle du service social. La critique exprimée à la fin des années 1960 est beaucoup plus radicale, remet en cause les fondements de la profession mais en même temps lui attribue paradoxalement un réel pouvoir. Cette critique émane d’intellectuels extérieurs au champ du travail social comme des professionnels eux-mêmes. « Il y a désormais chez la plupart des travailleurs sociaux une sorte de malaise parce qu’ils sont en train de prendre conscience du fait qu’ils contribuent la plupart du temps implicitement et sans le vouloir au maintien de l’ordre » 38. La fonction des travailleurs sociaux est définie comme une fonction d’intégration au système, leur tâche comme œuvre de rationalisation de la gestion de la misère. « Si vraiment le rôle du travailleur social est de fabriquer de la société, en fabriquer avec des techniques spécialisées, c’est reproduire le processus de la production industrielle qui a exclu et maltraité ceux qu’il s’agit d’assister, c’est refaire la société même que l’on condamne parce qu’on en constate concrètement les dégâts, et la refaire par de pires moyens que ceux des salutistes et des dames d’œuvre » 39. Le case-work ne sort pas non plus indemne de cette critique des fondements du travail social. « La théorie psychogène plus ou moins inspirée d’une certaine psychanalyse permet de remplacer la théorie classique partout où celle-ci ne peut être admise. Elle justifie en théorie des méthodes de rééducation et de traitement « plus humains » et sert à donner bonne conscience aux praticiens qui l’utilisent » 40. Pour pouvoir échapper à son rôle normalisateur, intégrateur, colmateur des brèches de la société capitaliste, le travailleur social doit prendre fait et cause pour les opprimés qu’il côtoie, se mettre d’une certaine manière à leur service. C’est le but que se donne le Groupe d’intervention des travailleurs sociaux (G.I.T.S.) fondé fin 1971. Il s’agit « d’avertir les travailleurs sociaux et l’opinion publique de chaque cas où un (ou des) travailleur social s’est solidarisé concrètement avec ses clients, même contre les représentants de l’ordre établi... mais aussi informer les travailleurs sociaux et l’opinion publique de toutes les actions entreprises par les usagers ». On parle beaucoup de cas exemplaires, comme celui de cette assistante sociale des prisons, Madame D’Escrivain, qui a été licenciée par l’administration pénitentiaire pour avoir denoncé les conditions faites à un détenu suicidaire. Le Groupe d’information sur les prisons, auquel participe Michel Foucault, a lancé une réflexion sur la prison dont le rôle du travail social n’est pas absent. La revue Champ social, éditée par Maspero, rend compte des combats menés sur des terrains comme la contraception ou la répression policière, tout en inscrivant le travail social comme un pur produit de la bourgeoisie 41 au cœur de la lutte des classes. Mai 1968 est passé par là, qui a vu une vive agitation dans les écoles de service social. Alors que la profession elle-même bougeait peu, ce sont les jeunes, et donc les nouveaux travailleurs sociaux, qui prennent en charge la critique des pratiques professionnelles et de leurs fondements idéologiques. Les remises en cause les plus radicales sont aussi l’effet d’une querelle de génération, à un moment où le recrutement s’intensifie (le chiffre des professionnels est multiplié par deux de 1970 à 1980), se diversifie socialement et où la profession rajeunit considérablement. Les jeunes qui arrivent alors sur le marché du travail ne comprennent plus et supportent mal l’autorité et les modes de faire et de penser des (plus) anciennes.

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Cette critique et ce désir de prendre parti pour ceux qu’on n’appelle pas encore les exclus (la confusion est encore largement entretenue dans le livre bientôt célèbre de René Lenoir 42 : sous le titre Les exclus, il y est essentiellement question des inadaptés) portent quelquefois déjà en germe ce qui deviendra vingt ans plus tard « Prenons la parole pour les exclus » 43. « Certains des usagers vont assurer un leadership naturel auprès de leurs égaux. Les travailleurs sociaux, sans cesse, rechercheront ces nouveaux leaders pour qu’ils aménagent une nouvelle manière de vivre sur leur secteur » 44. Nous sommes alors aux beaux jours de l’Action sociale globale et de la polyvalence de secteur.

Les temps de la fatigue et du doute

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Vingt-six ans plus tard paraît de nouveau un numéro spécial d’Esprit consacré au travail social, mais intitulé significativement cette fois « A quoi sert le travail social ? » 45. Comme en 1972, la revue synthétise en un volume les interrogations et incertitudes qui parcourent le champ du social. Aux temps de la dénonciation du contrôle social, qui sont aussi des temps de certitude, ont succédé des temps de malaise, d’interrogations parfois nombrilistes; des temps d’une quête identitaire accompagnée d’un constat de fatigue, de lassitude générale (ce qu’on a appelé le burning-out des travailleurs sociaux), qui fait d’une certaine façon l’économie de la réflexion sur l’usager pour en arriver à un constat d’impuissance devant la marginalisation d’une frange grandissante de la population, ces « exclus », ces « désaffiliés » dont parle Robert Castel, qui ont remplacé les inadaptés. Il ne s’agit plus cette fois de réintégrer mais de réinsérer. Les professions sociales subissent de plein fouet la concurrence de nouveaux métiers nés des politiques de la ville, des politiques de l’emploi 46. Elles se voient réduites pour une part au rôle de gestionnaire et déposséder de leur pouvoir d’appréciation comme dans le cas des processus d’attribution du R.M.I. Après la décentralisation, elles entretiennent un rapport à la fois plus proche et plus conflictuel avec le politique 47. Parallèlement le désir de revalorisation passe par un besoin d’accès à l’enseignement supérieur, avec le développement des diplômes supérieurs en travail social et la récente création d’une chaire de travail social. Une profession qui a toujours eu un rapport ambigu au savoir, un rapport de fascination-répulsion, ne se doit-elle pas de se soucier le plus de légitimité universitaire au moment même où elle doute le plus de son efficacité ? Toute une série de nouveaux métiers battent en brèche le monopole du travailleur social : chefs de projet, coordinateurs sociaux, agents de développement, en même temps que la résurgence d’un bénévolat qualifié et militant renvoie aux origines, à une histoire qui se répéterait. Le travailleur social serait comme un passeur qui aurait perdu de vue la berge où conduire son passager 48. Tout le pouvoir des sciences sociales : socio-logie, anthropologie et ethnologie, qui ont remplacé partiellement la psychologie dans l’outillage technique dont il dispose, ne fournit pas au travailleur social de moyens suffisants pour répondre aux besoins d’une clientèle par ailleurs de moins en moins définie. L’introduction des sciences manageriales et des techniques d’évaluation dans le domaine social n’enlève rien au désarroi de ce « front » 49 confronté directement au public, et qui se sent de plus en plus incompris par « l’arrière ». Impuissance, c’est ce qu’exprime par exemple le Journal d’une assistante sociale50, qui a pu, très loin des certitudes d’une Céline Lhotte ou d’une Ysabel de Hurtado, faire figure de best-seller. Le livre égrène à longueur de passages des cas sans solution, campant le portrait du travailleur social en « casque bleu » réduit à témoigner faute de pouvoir agir.

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La profession ne s’est-elle pas, tout au long de son histoire, cherchée de nouveaux objectifs, toujours des modes d’action nouveaux, définie toujours de nouvelles clientèles ? Ne s’est-elle pas construite de perpétuelles mutations ? Incertitudes, dévalorisation, doutes, concurrence, tous ces facteurs existent. Mais n’est-il pas trop tôt pour annoncer, comme le font certains, la mort du travail social, remplacé par de nouveaux types d’intervention sociale ? Seul l’avenir le dira.

Françoise Blum*

Notes

[ *] Ingénieur de recherche au C.N.R.S. Je remercie Colette Chambelland de sa relecture attentive.

[ (1)] « Pourquoi le travail social », Esprit, avril-mai 1972, no spécial, p. 547-926. Le numéro est réédité quelques mois plus tard sous le titre Normalisation et contrôle social.

[ (2)] Sur les professions sociales, voir en particulier J. ION, J.-P. TRICART, Les travailleurs sociaux, nouv. éd., Paris, La Découverte, 1998,123 p. et J.-N. CHOPART (dir.), Les mutations du travail social; dynamiques d’un champ professionnel, Paris, Dunod, 2000,303 p. Ce ne sont que deux références dans une bibliographie très abondante.

[ (3)] « Pourquoi le travail social ? », op. cit., p. 547.

[ (4)] F. MUEL-DREYFUS, Le métier d’éducateur, Paris, Éd. de Minuit, 1983, p. 142.

[ (5)] Ibid., p. 146.

[ (6)] Pour reprendre l’expression d’Henry Rousso : H. ROUSSO, Vichy, un passé qui ne passe pas, Paris, Fayard, 1994,327 p.

[ (7)] Nous nous attardons sur le service social (et non sur l’éducation spécialisée et l’animation socio-cultu-relle) à cause de son antériorité. Étant donné le caractère plus tardif de l’éducation spécialisée et de l’animation socio-culturelle, ces deux secteurs se sont définis en fonction du premier.

[ (8)] Sur l’histoire du travail social, la seule synthèse reste R.-H. GUERRAND, M.-A. RUPP, Brève histoire du service social en France, 1896-1976, Toulouse, Privat, 1978,183 p. Il existe un Guide bibliographique : « Guide bibliographique pour l’histoire des professions sociales », Vie sociale, no hors-série, avril 1995,169 p.

[ (9)] Sur les origines du service social voir C. RATER-GARCETTE, La professionnalisation du travail social : action sociale, syndicalisme, formation (1880-1920), Paris, L’Harmattan, 1996,210 p. Plus particulièrement sur les résidences sociales voir S. FAYET-SCRIBE, La Résidence sociale de Levallois-Perret (1896-1936), Toulouse, Erès, 1990,178 p.

[ (10)] Les Settlements, initiés aux États-Unis par la future prix Nobel Jane Addams, sont des sortes de centres sociaux installés dans les quartiers populaires.

[ (11)] Madame de la Motte fonda la plus célèbre des Maisons sociales, la résidence sociale de Levallois-Perret.

[ (12)] Les grands fléaux sociaux du temps étaient la tuberculose, la mortalité infantile et les maladies vénériennes.

[ (13)] Voir P. GRADVOHL, « Les premières années de l’association des surintendantes (1917-1939) », Vie sociale, no 8-9,1986. Y. COHEN, « Le travail social : quand les techniciens sociaux parlent », in Y. COHEN et R. BAUDOUI (dir.), Les chantiers de la paix sociale, Fontenay-aux-Roses, E.N.S. Éditions, 1995, p. 105-201. A. FOURCAUT, Femmes à l’usine en France dans l’entre-deux-guerres, Paris, Maspero, 1982,268 p. L.L. DOWNS, « Les marraines élues de la paix sociale ? Les surintendantes d’usine et la rationalisation du travail en France 1917-1935 », Le Mouvement Social, juillet-septembre 1993, p. 53-76 (et sa critique par J. FOMBONNE, Personnel et D.R.H. L’affirmation de la fonction personnel dans les entreprises (France, 1830-1990), Paris, Vuibert, 2001, p. 319-322). L.L. DOWNS, L’inégalité à la chaîne. La division sexuée du travail dans l’industrie métallurgique en France et en Angleterre, Paris, Albin Michel, 2002,467 p.

[ (14)] Voir F. MUEL-DREYFUS, Le métier d’éducateur, op. cit., et M. CHAUVIÈRE, Enfance inadaptée : l’héritage de Vichy, Paris, Éditions Ouvrières, 1980,283 p. Cf. J.H. DEKKER, « Punir, sauver et éduquer : la colonie agricole “Nederlandsch Mettray” et la rééducation résidentielle aux Pays-Bas, en France, en Allemagne et en Angleterre entre 1814 et 1914 », Le Mouvement Social, no 153,1990, p. 63-90.

[ (15)] On peut noter le rôle joué dans ce domaine par Germaine Poinso-Chapuis, première femme ministre en France et elle-même mère d’un enfant inadapté. Voir à ce sujet : Y. KNIBIELHER, Germaine Poinso-Chapuis femme d’État (1901-1981), Aix-en-Provence, Edisud, 1998,160 p.

[ (16)] Voir notamment les travaux de Geneviève Poujol, en particulier G. POUJOL, L’éducation populaire : histoires et pouvoirs, Paris, Éditions Ouvrières, 1981,225 p.

[ (17)] « Histoire des premières écoles de service social en France », Vie sociale, janvier-avril 1995, 171 p.

[ (18)] Voir notamment : K. BURLEN (dir.), La banlieue oasis : Henri Sellier et les cités-jardins, 1900-1940, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 1987. Et K. BURLEN, « Henri Sellier et la doctrine de Suresnes », in Y. COHEN et R. BAUDOUI (dir.), Les chantiers de la paix sociale, op. cit., p. 265-285.

[ (19)] Il existe en particulier deux ouvrages qui ont largement recueilli les propos d’anciennes assistantes sociales. Il s’agit de : Nous les assistantes sociales : naissance d’une profession, témoignages recueillis par Yvonne Knibielher, Paris, Aubier, 1980,379 p. et plus récemment : M.-F. CHARRIER et E. FELLER (dir.), Aux origines de l’action sociale : l’invention des services sociaux aux chemins de fer, RamonvilleSaintAgne, Erès, 2001,276 p.

[ (20)] Aux origines de l’action sociale, op. cit., p. 87.

[ (21)] Nous les assistantes sociales, op. cit., p. 81.

[ (22)] Id., p. 109.

[ (23)] Id., p. 157.

[ (24)] J. DONZELOT, La police des familles, Paris, Éd. de Minuit, 1977,221 p.

[ (25)] J. VERDÈS-LEROUX, Le travail social, Paris, Éd. de Minuit, 1978,273 p.

[ (26)] Voir à propos du recrutement des élèves dans les écoles : S. CRAPUCHET, « Qui étaient-elles et qui sont-elles ? 1905-1976 », Vie sociale, Pour une histoire du service social : jalons et perspectives, no 8-9, 1987, p. 417-442.

[ (27)] Ibid.

[ (28)] Nous les assistantes sociales, op. cit., p. 96.

[ (29)] R.-H. GUERRAND, M.-A. RUPP, Brève histoire..., op. cit.

[ (30)] Y. BOUGÉ, La dame en bleu, souvenirs d’une travailleuse sociale, Paris, Mignard, s.d., p. 135.

[ (31)] A.N.A.S., Service social et culture humaine, Paris, E.S.F., 1948.

[ (32)] A.N.A.S., Adaptation du service social aux milieux de vie, 1953, cité par O. LAVAUR, La persistance du discours normatif chez l’assistante sociale, E.H.E.S.S., 1977,325 p. (Thèse de doctorat en psychologie sociale).

[ (33)] A.N.A.S., Service social et structures nouvelles, Paris, E.S.F., 1947, p. 34-37.

[ (34)] S. CRAPUCHET (dir.), Politique sociale d’outre-mer, 1943-1960 : un devoir de mémoire à l’égard des pionnières, Ramonville-Saint-Agne, Erès, 1999,260 p.

[ (35)] Cité par J. VERDÈS-LEROUX, Le travail social, op. cit., p. 35. Cf. sur ce point A. GUESLIN (dir.), Michelin, les hommes du pneu, Paris, Éditions de l’Atelier, 1993.

[ (36)] A. FOURCAUT, Femmes à l’usine..., op. cit., p. 162.

[ (37)] Dictionnaire critique d’action sociale, Paris, Bayard, 1995, p. 72.

[ (38)] « Pourquoi le travail social ? », op. cit., p. 696.

[ (39)] Ibid., p. 696.

[ (40)] Ibid., p. 676.

[ (41)] Champ social, 1976, p. 8.

[ (42)] R. LENOIR, Les exclus, Paris, Seuil, 1974,190 p.

[ (43)] Titre d’un manifeste paru dans Libération en décembre 1995 et signé par un certain nombre de professionnels du social.

[ (44)] « Pourquoi le travail social ? », op. cit., p. 638.

[ (45)] Esprit, mars-avril 1998,303 p.

[ (46)] Sur les enjeux auxquels est actuellement confronté le travail social, voir notamment, outre le no d’Esprit, J. ION, Le travail social au singulier, Paris, Dunod, 1982,152 p., et M. AUTES, Les paradoxes du travail social, Paris, Dunod, 1999,313 p.

[ (47)] J. ION, Le travail social à l’épreuve du territoire, Toulouse, Privat, 1990,174 p.

[ (48)] « A quoi sert le travail social ? », op. cit.

[ (49)] J. ION, Le travail social au singulier, op. cit.

[ (50)] C. DUQUESNE, Journal d’une assistante sociale, Paris, Syros, 1995,198 p.

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