Sud/Nord | 123-134

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Mythes et réalités d’une logique de mutation de la société algérienne*

Ahmed Amiri


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Pour la première fois, le 26 décembre 1991, des élections semi-libres se sont déroulées en Algérie dans les conditions d’une démocratie en liberté surveillée. La brusque propulsion d’un parti religieux au-devant de la scène politique constitue un événement de taille, dont les racines plongent dans l’histoire lointaine de l’Algérie.

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En tant que parti, le fis n’est pas une donnée « civilisationnelle ». Sa victoire n’étant pas une fatalité historique, son émergence n’est pas non plus un hasard. Elle exprime les frustrations des couches sociales les plus organisées, qui, pour se débarrasser de trente années de gestion bureaucratique rétrograde, n’ont pas hésité à instrumentaliser la religion. Elle disqualifie la direction fln de l’ugta, qui s’est employée à stériliser le mouvement syndical, et marque les limites de l’opposition dite démocratique.

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L’arrivée au pouvoir du fis marquera la fin des relations privilégiées entre Paris et Alger, sans que le dégagement puisse être complet entre les deux pays. L’Algérie s’inscrira plus lourdement dans la sphère d’influence américaine et dans sa stratégie visant à séparer l’Europe de son flanc sud-méditerranéen et à atteindre principalement les intérêts français au Maghreb.

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Contrairement à ce qui est dit çà et là, le pouvoir fisiste ne suscitera pas des bouleversements tels que la face du monde s’en trouvera remodelée, que ce soit au Maghreb, au Machrek ou dans la partie sub-saharienne de l’Afrique. En France, en Angleterre et en Allemagne, la communauté musulmane bien contrôlée par l’Arabie Saoudite ne sera pas concernée politiquement par la victoire du fis, sauf peut-être sur le plan sentimental.

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Trois facteurs essentiels peuvent expliquer la situation actuelle : la crise structurelle de l’économie, les limites du mouvement syndical, cadenassé par les appareils liés au fln, l’irrésistible montée de l’islamisme à contenu politique.

La crise économique

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La victoire du fis exprime avant tout la condamnation sans appel de la politique économique du fln, fondée sur un modèle de développement industriel, d’autosuffisance alimentaire, de plein emploi et de satisfaction des besoins sociaux.

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Dans les faits, le « modèle algérien » de développement, financé par la rente pétrolière, n’a donné que des résultats désastreux : aucun tissu industriel n’a été créé, l’agriculture a été saccagée, les disparités régionales se sont augmentées, les inégalités sociales aiguisées, et le pillage du secteur étatisé et la corruption ont sécrété une couche de milliardaires parasites, exportant l’argent dérobé, plutôt que de l’investir dans des sociétés algériennes.

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Et il est inutile de parler de la politique sociale (le logement, les transports, les hôpitaux, les crèches, les écoles) et culturelle du gouvernement, qui se traduit par exemple, dans un domaine, pourtant essentiel pour un pays aspirant à développer un appareil de production indépendant, par le sacrifice de la recherche fondamentale pour la recherche appliquée, dispensée dans des instituts universitaires de technologie.

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C’est sur cette base que s’est engagé le processus de désintégration des structures d’un État construit sur l’armée et, secondairement, sur le parti unique fln dont les manifestations sont apparues dans tous les domaines. La stabilité politique du régime, longtemps préservée par la redistribution d’une fraction de la rente pétrolière, le soutien des prix de première nécessité et le maintien d’avantages sociaux, a commencé à s’effriter avec la chute des revenus des hydrocarbures.

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L’explosion sociale et la révolte de la jeunesse en octobre 1988 ont accentué la crise du régime, dont l’une des expressions a été la victoire électorale du fis.

Au plan politique et social

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Le tassement politique de la société, dû à la confiscation de tous les espaces permettant la création et la créativité, correspond à la politique engagée de prolifération des lieux de culte dirigés par un personnel fonctionnarisé, les imams du régime. L’accélération du processus d’implantation des mosquées est particulièrement notable dans les années 1970-1977. Cette période correspond à une série de grandes batailles du mouvement revendicatif du salariat, menées conjointement avec des luttes contre la direction de l’ugta pour faire du syndicat un instrument à eux.

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Cette époque charnière du syndicalisme algérien est portée par une série de puissantes grèves (1965-1966, 1968, 1970-1972, 1974-1975), trouvant leur prolongement dans les années 1979-1980, 1984-1985, propres à influencer considérablement les événements d’octobre 1988, les grèves de mars-avril 1991 contrecarrées par celles de juin 1991 aboutissant aux dernières émeutes. Là est l’explication qu’à partir d’une grève minoritaire, un parti – le fis – a réussi à remporter une victoire politique contre le régime : démission du gouvernement Hamrouche suivie d’une série de concessions par le pouvoir, responsable par son comportement de ces émeutes qui, au départ, étaient sans aucun lien avec les grèves de juin 1991.

id="en1" type="2">La violence qui a présidé à l’arrangement du monde colonial, qui a rythmé inlassablement la destruction des formes sociales indigènes, démoli sans restrictions les systèmes de références de l’économie, les modes d’apparence, d’habillement, sera revendiquée et assumée par le colonisé au moment où, décidant d’être l’histoire en actes, la masse colonisée s’engouffrera dans les villes interdites. Faire sauter le monde colonial est désormais une image d’action très claire, très compréhensible et pouvant être reprise par chacun des individus constituant le peuple colonisé. Disloquer le monde colonial ne signifie pas qu’après l’abolition des frontières, on aménagera des voies de passage entre les deux zones. Détruire le monde colonial, c’est ni plus ni moins abolir une zone, l’enfouir au plus profond du sol ou l’expulser du territoire.
Frantz Fanon, Les Damnés de la terre
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La crise directionnelle du régime, longtemps maîtrisée par H. Boumediene éclata au grand jour, au lendemain de sa mort (1978), provoquant la première crise institutionnelle du régime. L’évacuation du « clan d’Oujda », suite à la dissolution du Conseil de la révolution et sa substitution par le clan « la Baie du bec de canard » constitue une cassure définitive au sein de la citadelle fln, une cassure n’épargnant ni l’État, ni l’armée et son instrument, la sécurité militaire. Ultérieurement, cette lutte entre deux fractions rivales épousant sociologiquement des frontières instituant des regroupements de type tribal, apparaîtra sous la forme finale d’opposition entre « réformateurs et conservateurs ».

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De nombreuses informations permettent de penser que les événements d’octobre 1988 ont été initiés par les « réformateurs » pour régler le compte aux « conservateurs », hostiles aux réformes économiques décidées en 1986. L’ampleur de la répression est l’expression de la panique du pouvoir devant un raz de marée inattendu, en raison de la sous-estimation du ras-le-bol de la population. Les massacres d’octobre 1988 ne sont comparables historiquement, bien que le contexte soit différent, qu’à ceux du 8 mai 1945 et du 16 décembre 1961.

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Une des conditions de la victoire du fis était la neutralisation du mouvement syndical, sans cesse décapité par une politique de répression féroce (emprisonnements arbitraires, tortures, disparitions physiques, etc.), une politique anti-ouvrière inaugurée en 1984 par la « désouvriérisation » forcée des organes dirigeants de l’ugta.

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Malgré les nombreuses victoires du mouvement ouvrier résumées dans l’obtention des acquis sociaux connus, ce mouvement ne se concrétisa pas par une forme organisationnelle autonome, autant en raison de la répression frappant ses cadres dirigeants réduits à la clandestinité, que de l’absence d’un parti capable d’organiser ce mouvement.

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Enfin, la victoire du fis traduit également l’impuissance de « l’opposition démocratique » à combler le vide politique créé par le pouvoir et vite investi par le fis. Incapables de tisser le réseau indispensable à leur pénétration dans le mouvement social, les partis « démocratiques » ne suscitèrent pas la formation des syndicats, associations et clubs de réflexion, ni même de réseaux de comités de soutien en période de campagne électorale, conditions essentielles à l’acquisition d’une dimension nationale. À défaut, ces partis ne dépassent pas le stade organisationnel et fonctionnel d’appareils restant des organisations dirigées par des chefferies, malgré l’habillage des discours par une phraséologie démocratique. À ce grave défaut organisationnel, politique et idéologique, s’ajoute le discrédit de ces partis aux yeux de la population du fait que, de 1988 à la veille de décembre 1991, tous les chefs de partis fréquentèrent assidûment les antichambres de la présidence de la République et des ministères ; certains leaders allèrent plus loin en se comportant comme des vrp.

Au plan culturel et identitaire

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La question culturelle et identitaire constitue l’un des plus graves problèmes, restés en suspens dans l’Algérie contemporaine. Réglée d’une manière satisfaisante pour l’époque par le courant réformiste des Ulémas et surtout par le Cheikh Ben Badis, définissant la personnalité algérienne comme une entité quadridimensionnelle (berbère ethniquement, arabe culturellement, musulman par sa foi et occupant un territoire limité par des frontières connues), cette question fut à peine pointée par le ppa-mtld, qui, fortement influencé par les idées du Mouvement ouvrier français, accordait plus d’importance aux luttes sociales, au politique.

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La question identitaire a été vraiment posée, pour la première fois dans l’Histoire, par la colonisation qui, on ne sait pour quelle raison et à partir de quelles données historiques, a décidé du destin « arabe » des maghrébins, sauf en ce qui concerne la Kabylie, à laquelle il a été question d’accorder l’autonomie en même temps que le maintien de la souveraineté française sur les territoires sahariens (pétrolifères), propositions avancées lors des premières négociations de 1958 avec le fln, qui les rejeta catégoriquement. Systématiquement auparavant, et encore aujourd’hui, que ce soit dans la littérature et les documents officiels, ottomans et parfois dans ceux des pays arabes, l’Afrique du Nord est indifféremment appelée Maghreb ou Berbérie. Lors de la guerre du Golfe, l’Arabie Saoudite a rappelé officiellement les origines berbères des maghrébins, manière de diminuer l’effet des manifestations populaires pro-irakiennes.

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Le deuxième facteur d’arabisation de l’Algérie est conséquent aux conditions historiques dans lesquelles s’est développé le Mouvement nationaliste algérien. Fortement influencé par les idées du Mouvement nationaliste arabe (mna), le Mouvement nationaliste algérien fut immédiatement pris en charge par le nassérisme et le baasisme, contribuant fortement à l’intériorisation idéologique de l’« arabité » qui, combinée à l’islamité du peuple algérien, constituèrent les instruments « idéologiques » pour s’opposer à la colonisation. Historiquement, ce comportement est caractéristique du maghrébin face à toute domination étrangère.

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Aussi, le donatisme, forme de contestation populaire du régime esclavagiste romain, a été créé, développé et instrumentalisé contre le catholicisme, lequel fut rejeté au profit de l’islam, lui-même contesté plus tard au Maghreb par le puissant chisme kharidjite dont les séquelles se retrouvent encore aujourd’hui, dans les comportements rituels noyés dans le sunnisme.

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De la même manière, témoins de l’adhésion au christianisme, subsistent encore des symboles ayant perdu toute référence religieuse ou historique, comme les croix tatouées sur le front des hommes et des femmes chaouis (population berbère des Aurès, majoritaire en Algérie), la hache hellénique portée par les poteries, la croix du Sud, le signe de la croix bénissant les nouveau-nés, etc.

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L’islamisation du Maghreb et du reste des possessions carthaginoises s’est faite rapidement, sauf en ce qui concerne de petits îlots chrétiens. Cette vitesse semble liée au fait que cela intéresse un groupe humain socialement et culturellement homogène, placé sous la même domination étrangère (romaine) s’exerçant partout de la même façon, sur une même ethnie vivant sur un territoire allant de la Libye à la Mauritanie. À ce titre, il est plus juste de parler de conquêtes musulmanes et de présenter l’arabisation de la berbérie comme un choix historique d’une langue mieux adaptée aux conditions sociales et économiques de l’époque. D’autant que l’islamisation du Maghreb s’est faite par les berbères eux-mêmes, selon le principe des conquêtes musulmanes consistant à lever des troupes sur place, puis à confier le pouvoir local aux autochtones. De plus, la population berbère était suffisamment importante pour absorber tout élément étranger par mixage, sans modifier ses caractères ethniques. Quoique de civilisation homogène, les populations berbères ne présentent pas une unicité anthropologique : il existe trois types dominants différents par leurs caractéristiques anatomiques, dont le moins altéré est le type dolichocéphale (leptorhinien) – touareg – proche du type de Djerba (Tunisie), auquel se rattachent les chaouis des Aurès et les berbères de l’Atlas moyen (Orléanvillois, Gouraya, Ténès, Cherchel).

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L’arabisation à partir de 1962, médiocrement conçue, répond avant tout à des considérations politiques, comme simple négation de l’identité culturelle berbère allant dans le sens de la destruction de la personnalité nationale. À l’opposé, les mouvements « berbéristes », cantonnés dans un intégrisme absurde, participent de la « déberbérisation » de l’Algérie, en confisquant la berbérité du peuple algérien pour l’attribuer à une région particulière.

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Une telle attitude est d’autant plus en porte-à-faux des réalités et de l’histoire que les royaumes berbères n’ont jamais eu pour capitales et cités que des villes situées dans les plaines comme, notamment : Cirta (Constantine) et Sig (Guelma), Rusicade (Skikda), Chullu (Cello), Milev (Mila), Iol ou Caesarea (Cherchel), Cartennae (Ténès), Gunugu (Gouraya), Theste (Tebessa), Capsa (Gafsa), Tingitanum (El-Asnam), Mascula (Khenchla), Zucchabar (Miliana), Volubis (Marrakech), Pomaria (Tlemcen), Lambaesis (Lambèse), Tingi (Tanger), Hadrumetum (Sousse), Oea (Tripoli), Sétif, Djemila, Timgad, Tipasa.

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Deux régions au Maghreb ont été au cœur de l’histoire de la Berbérie, l’Est (Constantinnois, Tunisie, Libye) et le centre Ouest (Mitidja, Cherchellois, Oranie) ayant donné naissance à des figures légendaires comme Sheshong Ier (fondateur de la xiie dynastie pharaonique d’Égypte), Juba II, Hannibal, Amilcar, Syphax, Massinissa, Jurghurta, Tacfarinas, Scipion l’Africain et Septime Sévère (Empereurs de Rome), St Donat et St Augustin, El-Kahina, tous berbères d’origine des plaines et des basses terres.

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C’est sur cette base territoriale que se reconstituèrent de puissants centres de rayonnement de la civilisation berbère portée plus tard sous l’emblème de l’islam aussi bien en Afrique du Nord qu’en Andalousie : les dynasties almohades et almohavides, les Rostémides, les qotamas, les Hafsides, etc.

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L’arabisation est le corollaire de l’adoption en masse de l’islam par les populations berbères. Jusqu’en 1936, des îlots berbérophones continuaient d’exister dans l’Oranie (Mascara, Mostaganem), dans l’Orléanvillois (El-Asnam, Afreville), dans la plaine de Annaba (Chétaïbi) et dans la Mitidja (El-Affroun, Bourkika, Hadjout, Béni-Mérad). Aujourd’hui, les régions absolument berbérophones occupent un territoire bien plus important que ne laisse paraître une certaine littérature « berbériste », allant du Rif jusqu’en Tunisie, toutes les régions atlassiques en passant par l’atlas blidéen, le Chenoua et les Aurès jusqu’aux confins de la Libye avec des îlots importants dans le Sahara algérien, marocain, tunisien et mauritanien, y compris le Sahara occidental.

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Un puissant mouvement de judaïsation a également touché les populations berbères, un mouvement antérieur à la christianisation du Maghreb, une option, de plus, bien protégée en Afrique du Nord, malgré son islamisation. El Kahina, cette figure légendaire de la résistance séculaire des berbères (native des Aurès), morte à Oum-El-Bouagi, est le symbole du judaïsme maghrébin, une question qui mérite d’occuper toute sa place dans l’histoire du Maghreb.

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Le faux clivage entre arabophones assimilés à « arabes » et berbérophones, assimilés à « berbères exclusifs » répond plus à des motivations d’ordre politique, qu’au souci de participer à la berbérophonisation de l’Algérie pour les uns et de « berbérisation » pour les autres. La finalité de ces deux intégrismes procède incontestablement de la même démarche idéologique de briser l’unicité historique du peuple algérien, de le diviser artificiellement au profit d’intérêts de chapelles liées à des groupements régionaux et étrangers.

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L’absence de vrai programme politique, de projet de société font que les partis algériens ont plus un caractère socioculturel que politique. La société civile algérienne épouse grosso modo les frontières opposant les « arabisants » (arabes) et les « berbérisants » (berbères), soit un schéma légué par l’idéologie du fln, accentué par les représentations tribales autour de chefferies traditionnelles. L’opposition politique algérienne, à l’image du reste de la société, se situe au stade prépolitique de son développement. Les partis algériens, de par leur fonctionnement interne et leur politique, leurs véritables alliances internes et externes, leur représentation effective au sein des populations, ne correspond pas à la définition des partis telle qu’on l’entend ordinairement en Europe : des forces politiques représentant les intérêts de couches sociales différenciées et stratifiées, reliées au parti par un réseau de syndicats et d’associations, niveaux intermédiaires entre parti et population.

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Les partis algériens ne représentant que des intérêts de groupe fonctionnant selon le principe du clientélisme, sanctionnent leur représentation régionale et leur incapacité à se moderniser et à proposer la modernisation des structures sociales d’une société bloquée pendant trente ans par un régime de féodalité.

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Fraternels « culturalistes », les partis algériens ne sont que des regroupements autour d’appareils développant beaucoup plus un combat d’images pour porter des chefferies qu’un combat politique et idéologique. En tant que tels, ces partis sont condamnés à disparaître historiquement, dès lors qu’aucun d’eux, y compris le fln et le fis, ne s’inscrit dans le processus de réhabilitation de la personnalité berbère des populations maghrébines. En effet, c’est en tant que berbères que les maghrébins se sont le mieux réalisés dans l’Histoire, autant pour le christianisme, le judaïsme que l’islam.

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La démocratie en Algérie doit avant tout passer par la réconciliation de l’Algérien avec son histoire, sa langue, sa civilisation, la réhabilitation de tous ses attributs, y compris son alphabet, le tifinagh, un alphabet millénaire, le seul lien reliant tous les berbères, encore utilisé de nos jours par les touaregs et dans quelques îlots des Aurès et de l’Atlas tellien moyen (blidéen, zaccar, gouraya, cherchelois).

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La démocratie doit reconnaître les deux places légitimes qu’occupent également le berbère et l’arabe, dont la cohabitation a été tellement parfaite qu’elle a permis au Maghreb d’offrir au monde civilisé les splendeurs de l’Andalousie à travers des centres de rayonnement tels que Constantine, Tlemcen, Tiaret, Tunis, Fès, Marrakech, des cités qui, à aucun moment de l’Histoire, n’ont cessé d’appartenir à la berbérie millénaire. La personnalité nationale berbère a été forgée par de nombreuses influences déterminantes, aussi bien phénicienne (le tifinagh dérivant du phénicien), grecque, romaine, africaine, égyptienne, juive (et, plus proche de nous, française). Elles font du Maghrébin le creuset de plusieurs dimensions culturelles définitivement greffées dans l’être berbère par la civilisation arabo-musulmane, héritière de la civilisation gréco-romaine.

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Nier ces réalités en déifiant la berbérité constitue à la fois un mépris à l’égard de sa propre histoire et l’expression d’un obscurantisme des tenants de l’« arabisme » et du « berbérisme » intégraux. Il faut donc considérer comme particulièrement néfastes des slogans tels que « kabyles et arabes, unissez-vous », apparus pendant la campagne électorale, dans la mesure où ils cristallisent des oppositions qui n’ont aucun fondement historique ou culturel.

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Ce ne sont pas les cinquante recours déposés contre le fis pour fraudes et irrégularités qui l’empêcheront d’obtenir la majorité des sièges à la nouvelle Assemblée nationale, le second tour des législatives ne devant que confirmer ce succès. Cependant, la formation d’un gouvernement islamiste n’est pas tout à fait acquise car, pour des raisons tactiques, le fis pourrait parfaitement accepter de former un gouvernement de coalition avec le fln, pour endormir l’hostilité de l’armée à son égard et du coup créer une brèche dans l’axe armée-fln, l’ambition suprême du fis étant de créer un État islamique. La présidence de la République, but final du fis, l’amènerait à accepter la cohabitation avec le fln, puisque le régime algérien est un régime présidentiel et non d’assemblée. Cela dit, les droits de l’homme et des libertés individuelles n’en seront pas moins diminués.

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Comme tous les systèmes, le régime algérien est un ensemble composé de plusieurs unités et sous-unités (armée-parti-État), avec chacun ses propres chapelles, reliées dialectiquement entre elles tout en se pliant à la loi des contraires agissant en leur sein et par rapport à l’environnement immédiat (national) et plus général (international).

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La durée de vie de tout système dépend avant tout de sa viabilité, de ses capacités d’adaptation traduisant un équilibre interne toujours instable en raison des multiples interactions entretenues en son sein et sous la pression de l’environnement. La durée de vie des systèmes politiques est déterminée par celle des étapes auxquelles ils appartiennent historiquement, étapes caractérisant un stade particulier de l’évolution de la société, face aux besoins de laquelle le système déploie des réactions de réponses dont l’efficacité dépend, qualitativement et quantitativement, des moyens qu’il met en œuvre. C’est toute la relation bien connue des scientifiques entre la structure et la fonction, l’une influençant doublement l’autre de manière inverse.

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En démocratie, les contradictions sont réglées, provisoirement à chaque fois, par l’entrée en fonction de mécanismes de régulation opérant sur les institutions, notamment, par la distillation des droits de l’homme bien souvent à doses homéopathiques. En totalitarisme, l’équilibre du système est atteint par la violence historique (répression, acculturation, apolitisation, confiscation de la souveraineté nationale, etc.).

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La dynamisation du mouvement religieux par le fln, puis son individualisation en tant que parti indépendant, les tragiques événements d’octobre 1988, puis ceux de juin 1991, constituent à la fois des erreurs stratégiques capitales et les conditions objectives de la transformation historique du fln en parti religieux. Plus généralement, le fis est le continuateur du nationalisme algérien incarné par le fln, ayant pour base idéologique la religion en l’absence d’une vraie pensée politique et la théorisation des instruments à mettre en œuvre après l’indépendance. C’est là la carence essentielle du Mouvement de libération national algérien : il se réfère à une idéologie puisant ses sources à une forme primaire de l’islam en raison, principalement, de la pauvreté intellectuelle des « élites » ayant dirigé ce mouvement de 1954 à nos jours.

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Durant toute son existence, le régime s’est appuyé sur deux leviers : les féodalités administratives et un mode de production échappant au contrôle démocratique de la population. Cela en érige un État dont les caractéristiques en font un modèle socio-économique des périodes précoloniale et coloniale. Ultraconservateur et infécond, le système algérien n’a emprunté à la modernité que les artifices nécessaires pour masquer des comportements et une vision des rapports sociaux moyenâgeux, traduite dans la nature tribale du pouvoir et dans des rivalités claniques ne se référant à aucune division politique ou idéologique. En clair, l’application d’un tel modèle socio-économique exige la négation des libertés individuelle et collective, l’annulation de toute liberté d’expression et de réalisation de la citoyenneté, la mise en place d’un système économique de simple redistribution valorisant une économie spéculative au détriment d’une économie de production, en raison de l’absence de développement des forces productives. L’idéologie égalitariste du régime procède du nivellement de la société par le bas, caractéristique principale du populisme. C’est autant de critères sur lesquels le fis et le fln sont d’accord.

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Le fis s’inscrit dans un processus de continuité historique du Mouvement nationaliste algérien, en tant que phase ultime de son évolution : la forme de cristallisation religieuse. Variante régionale du nationalisme arabe sous sa forme radicale et très éloignée du nationalisme historique, développé aussi bien par le mouvement des Ulémas avec le cheikh Ben Badis, et du progressisme du ppa de Messali Hadj, le fln est la forme contractée de ce mouvement, la fraction obscurantiste du ppa, dont l’idée de l’indépendance tournait autour du concept relatif à la nécessité d’une constituante en tant que point de départ à la formation d’une nation moderne. Le fln et le fis constituent les dernières étapes du développement historique du Mouvement nationaliste algérien sous des formes régressives.

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Le fln, variante maghrébine radicale du Mouvement nationaliste arabe (au même titre que le bassisme au Proche-Orient), ne peut offrir que deux débouchés immédiats : la dictature militaire proche de l’idéologie fasciste, pseudo-laïque parce que seulement en compétition avec la nébuleuse religieuse, et la dictature religieuse étant appelée historiquement à gommer la première.

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La dictature militaire se fondant souvent sur une légitimité historique s’épuisera en raison de son incompétence à régénérer ses capacités et développant, pour ce faire, un discours social cachant mal le décalage entre les paroles et les actes. La dictature religieuse accordera volontiers ses dires aux faits, se faisant forte d’une légitimité populaire, portée par la cristallisation des revendications sociales et la haine contre le régime précédent, marqué par la corruption et le pourrissement des institutions de l’État.

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Pour échapper à la règle de l’alternance, le fis utilisera une légitimité religieuse alors qu’en islam, la légitimité religieuse n’existe pas en l’absence d’un clergé, d’une institution permanente ; en cela, la légitimité du fis est fragile, ne pouvant que le renvoyer, à terme, à la légitimité électorale. De plus, cette légitimité religieuse peut être endossée par n’importe quel citoyen pour mettre fin à ce qu’il estime être une injustice et, a fortiori, par d’autres forces religieuses (Hamas, Ennahda) en contradiction avec le fis. La vision et la compréhension des principes islamiques développés par le fis correspondent à une interprétation obscurantiste et primaire, aux versions les plus rétrogrades de la sunna. Une approche progressiste de l’enseignement de la sunna a été développée par le mouvement des Ulémas et particulièrement par l’école du cheikh Ben Badis, dont le fis n’est ni l’héritier ni le dépositaire. Le fis s’oppose, pour des raisons strictement politiques, au mouvement des Zaouias – regroupées en confrérie sur une base obscurantiste –, alors même qu’il en découle. On peut caractériser le fis comme la forme politique du mouvement des Zaouias ou maraboutisme, un puissant mouvement de solidarités communautaires, ayant fait barrage à la pénétration coloniale et, ultérieurement, ayant été combattu par cheikh Ben Badis pour son fanatisme et son obscurantisme. Historiquement, le mouvement des Zaouias finit par collaborer avec la colonisation : c’est un mouvement stérile sur le plan politique et idéologique, se plaçant en marge du développement du Mouvement de libération national.

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L’un des principes politiques du fis est la contestation de l’exercice de la souveraineté nationale par l’État. N’étant plus dans l’opposition, le fis sera bien obligé de l’exercer, en dissociant le temporel du spirituel, dans la gestion au quotidien des affaires publiques et dans la législation : source, à brève échéance, du mécontentement populaire et de déception dans ses propres rangs.

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Ces raisons qui ont suscité le rejet du régime de Chadli par la population ne manqueront d’imposer au fis, dont la légitimité provient des urnes, de confirmer périodiquement cette légitimité par la voie électorale.

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Il est certain que la durée du fis au pouvoir sera nettement plus courte que celle du fln qui a longtemps profité d’une légitimité plus militaire qu’historique, une légitimité faisant gravement défaut au fis : celui-ci sera impitoyablement jugé d’après ses performances économiques.

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En interdisant l’accès à tous les espaces de l’expression libre et de l’émancipation politique du citoyen, le fis contribuera grandement à dissocier dans l’imaginaire de la population l’espace religieux de la pensée politique. N’étant pas un mouvement religieux, le fis participera malgré lui au développement de la laïcisation de la société, en forçant la population à se déterminer par rapport à la modernité. En gelant les débats idéologiques, politiques, culturels et cultuels, le bilan du fln se résume au blocage de la société ; en les posant malgré lui, le fis, quoique facteur intrinsèque de régression sociale au même titre que le fln, soulèvera une dynamique contradictoire dont la finalité se traduira par la laïcité, ciment reliant islam et modernité, la préoccupation fondamentale et l’ambiance correspondant le mieux aux aspirations et à l’histoire des peuples de l’Algérie et du Maghreb.

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Tout comme l’erreur fatale du fln aura été d’opposer national-capitalisme à démocratie, le fis sombrera pour avoir opposé le national-populisme hérité du fln sous forme religieuse à démocratie et modernité.

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L’intransigeance du fis ne pourrait que s’accentuer davantage avec l’exercice du pouvoir, augurant de sombres jours pour l’Algérie. De sa capacité à résister aux assauts de la population, de la perspective d’un retour de l’armée à la gestion directe des affaires de l’État après une période d’agitations sociales nées de la gestion du fis, de l’émergence de nouvelles forces sociales progressistes capables de réorganiser le mouvement revendicatif national, dépendra l’issue de la lutte, soit par une alternance démocratique, soit par une relève au terme d’une guerre civile. Dans un cas comme dans l’autre, cette étape constitue la rupture historique entre le peuple et une partie sombre de son histoire.

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Dépositaire du contenu religieux du mouvement de libération national issu du 1er novembre 1954, le fis est en rupture totale avec le courant de pensée et la qualité du message des Ulémas et de cheikh Ben Badis, dont le contenu a été passablement appauvri par le fln dirigé par un corps représentant la frange idéologiquement et politiquement plus pauvre dans la lignée Étoile-Nord-Africaine, ppa-mtld, os-fln. De même qu’historiquement, le fln incarne une fraction du ppa-mtld, le fis représente la transformation du mouvement nationaliste fln en mouvement nationaliste religieux, l’un et l’autre constituant une forme de rétrécissement du vaste mouvement de libération national sur tous les plans. Véhicule d’une vision primaire de l’islam, le fis, ne proposant aucun projet de société, est historiquement condamné par sa propre nature de parti totalitaire et par l’histoire universelle, caractérisée par la complexité des rapports sociaux et l’évolution des rapports de production, impossibles à gérer autrement qu’en s’inscrivant sans ambiguïté dans la modernité. L’évolution des sociétés prouve à l’évidence que c’est la religion qui doit s’adapter au progrès technologique et non l’inverse. Le fis paiera au prix de sa disparition son refus d’intérioriser cette logique.

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Que des voix unanimes se soient élevées dans les rangs de l’opposition démocratique pour souhaiter l’intervention militaire après la victoire du fis au premier tour des législatives est une attitude incompréhensible, après que ces partis se sont inscrits dans ce même jeu démocratique ayant révélé leur faiblesse électorale, et traduisant le manque de confiance à une élite qu’ils ne cessent de glorifier et d’en revendiquer la tutelle, car le fis ne pourra pas gouverner sans cette élite. L’existence du fis étant une donnée incontournable, ce parti n’arrive pas au pouvoir par la violence. Le retour brutal de l’armée et du statu quo antérieur annoncerait à terme un cycle de violences à l’origine de la prise de pouvoir par la rue, l’annulation de tout semblant démocratique pour de très longues années et l’annonce de conditions objectives à l’avènement d’un régime à l’iranienne. Dans les conditions actuelles, la guerre civile n’est pas souhaitable, car seul le fis est capable d’en sortir vainqueur, d’autant plus que l’armée se disloquera à sa base et par des ralliement individuels au sommet : en effet, le monolithisme institutionnel de l’armée opposé au fis est un mythe.

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Comme dans tous les pays où l’armée a exercé le pouvoir, elle n’acceptera pas de céder ses privilèges et de rendre compte de sa gestion. Pour l’armée algérienne, le fis n’est pas rassurant et, pour cela seulement, elle s’y oppose.

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Il n’en reste pas moins que l’histoire de l’Algérie et du Maghreb n’étant pas à un paradoxe près, l’observateur retiendra que cette région, ayant de tout temps fasciné l’Europe, aura créé un paradoxe unique dans l’histoire : l’arrivée au pouvoir le plus démocratiquement du monde d’un parti fondamentalement antidémocratique, exprimant la forme la plus intolérante de l’islam sur une terre dont l’histoire est particulièrement riche en révoltes sociales, hérésies religieuses et mouvements nationaux.

Ahmed Amiri

Notes

[ *] Ce texte qui a été écrit en 1992 ignore donc l’évolution ultérieure de l’Algérie.

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