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Conciliation famille-travail…
1L’ouvrage de Tremblay (2004) présente un état actuel des recherches actuelles sur la question de la conciliation famille-travail. L’auteure y présente la relation d’interdépendance entre la famille et le travail, de même que les nouvelles formes que prend la famille à notre époque. « Famille en mutation » et « travail en mutation » constituent deux chapitres importants afin de permettre de percevoir les éléments de conflits. On peut y repérer que, soit la famille interfère avec le travail, soit le travail avec la famille, et ce conflit a des incidences sur la vie familiale et professionnelle, mais aussi sur la vie personnelle et sociale des individus. À noter que l’auteure souligne que cette vision en termes de conflits relève « d’une construction sociale » et « n’est pas un fait de nature » (op. cit., p. 66). Une analyse des stresseurs à l’origine de ce conflit montre la pression de la « tyrannie du temps » (op. cit., p. 67), que les personnes âgées de 24 à 44 ans sont les plus touchées, et ce d’autant plus s’il y a présence d’enfants au foyer familial. Les mères en général et les mères monoparentales sont plus concernées que les pères. Ce conflit augmente également en fonction du nombre d’enfants au foyer et de leur âge. Travailler à temps partiel serait, pour les mères canadiennes et québécoises, un moyen de résoudre ce conflit lorsque leur enfant est jeune (âge préscolaire notamment).
2Tremblay relève que ce conflit a des effets importants sur la vie personnelle, et notamment sur la « satisfaction à l’égard de la vie familiale et de la vie en général, sur [la] santé mentale de même que sur [le] stress » (op. cit., p. 100). Néanmoins, elle insiste sur la nécessité de ne pas négliger les effets sur la vie professionnelle (absentéisme, retards…).
3L’examen des politiques publiques et des modèles internationaux (notamment européens) témoigne d’une grande variabilité des situations et des choix. Il est important de repérer que la prise en compte de ce conflit famille-travail doit être couplé avec une attention importante concernant les services de garde à l’enfance. La France y est présentée comme un « cas hybride, ou de compromis entre deux logiques » (op. cit., p. 218) ; la conciliation famille-travail est défendue, dans le premier cas, « au nom de l’équité sociale et de l’égalité entre individus » et dans le second « au nom de la préservation de la cellule familiale en tant qu’institution sociale fondamentale » (op. cit.). Ceci amène notre pays à osciller entre deux idéaux de la mère : « celui de la mère au foyer et celui de la mère travailleuse, et cette hésitation ou cette recherche de compromis se répercute sur la nature des mesures mises en place par l’État » (op. cit., 219).
4Ce livre, comme d’autres sur ce thème, fait l’effort de prendre en compte les deux parents dans l’examen de ces conflits famille-travail. Mais il n’en demeure pas moins que les statistiques disponibles prennent souvent comme repère les mères et pas forcément les couples. Difficulté également dans la comparaison des informations recueillies, tous les pays ne retenant pas les mêmes critères. L’ouvrage de Silvera (2002) témoigne effectivement de ces problèmes de coordination de l’information, notamment sur la prise en charge des enfants de 0 à 6 ans et plus spécifiquement de 0 à 3 ans. Il est néanmoins relevé dans cette contribution qu’en Europe les efforts mis en place pour cette prise en charge concernent peu les 0-3 ans et plus fréquemment les 3-6 ans.
5Les formations du soignant organisent des journées Petite enfance à Paris sur les thèmes suivants :
6Tél. : 01 71 72 43 67 – c.jacquet@elsevier.fr
7À l’occasion de ses 20 ans, l’Association nationale des psychologues pour la petite enfance organise les 25 et 26 novembre 2005 à Paris un colloque intitulé « À l’écoute des bébés et de ceux qui les entourent ».
8Renseignements/Inscriptions : A.NA.PSY.p.e.
9Tél. : 01 45 41 40 32 – anapsype@free.fr
[ *] Biblio, vidéo, films et colloques, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur bébé, Hélène Ricaud-Droisy, psychologue, université de Toulouse-Le Mirail. ricaud@univ.tlse2.fr