Santé publique 2005- 3 (Vol. 17)| ISSN 0995-3914 | ISSN numérique : en cours | ISBN : P-AS_D-_ISB-N | page 323 à 324

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La santé publique en 2005 : de nouveaux enjeux pour la SFSP…

François Bourdillon
Président de la SFSP


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La santé publique a connu ces dernières années de nombreux bouleversements.

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Les crises sanitaires de ces vingt dernières années : les affaires du sang contaminé et de l’hormone de croissance, la crise de la vache folle, ont fait émerger le concept de sécurité sanitaire ce qui a entraîné une réorganisation importante de notre système de santé. La France s’est dotée d’agences de sécurité sanitaire, et a mis en place un système de surveillance épidémiologique. L’Assurance-maladie régulièrement déficitaire a vu son déficit s’aggraver pour devenir « abyssal », et le gouvernement a dû réformer de manière profonde son fonctionnement (loi du 13 août 2004). Enfin, les constats établis sur la santé des français, sur le système de santé ont amené les pouvoirs publics à définir les droits et les responsabilités des personnes malades et les grandes orientations de la politique de santé (loi Kouchner du 4 mars 2002 et loi de santé publique du 9 août 2004).

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Nous sommes aujourd’hui dans un environnement beaucoup plus contraint.

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Les aspects financiers sont omniprésents : les établissements de santé vont être, dorénavant, financés à l’activité, la nouvelle classification des actes médicaux (CCAM) entre en vigueur, les remboursements des frais médicaux sont en diminution et modulés par le dispositif du médecin traitant ; la part des ménages dans la prise en compte de leurs dépenses de santé va croissant. Les coûts de la sécurité sanitaire, de l’innovation thérapeutique ou des progrès médicaux posent la question de leur financement et de la part que notre société veut bien consacrer à sa santé. Les professionnels de santé, quant à eux, font part de leur malaise devant la disparité de leurs revenus et des conditions d’exercice qu’ils jugent de plus en plus difficiles (horaire, responsabilité, permanence des soins, exigence des personnes malades, judiciarisation). La crise démographique annoncée inquiète : pour la première fois de leur histoire le nombre de soignants va diminuer ; des conseils généraux, des mairies s’alarment du nombre insuffisant de médecins dans certaines zones géographiques… Enfin, les exigences des malades et des usagers du système de santé sont fortes : plus d’information, plus de qualité dans les soins, la restauration d’une relation médecin-malade basée sur la confiance, une meilleure lisibilité de l’offre de soins et de ses possibilités, plus de dépistage et de prévention.

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La société fait face à de nouveaux enjeux sanitaires, démographiques, économiques et sociologiques.

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Le vieillissement de la population mérite une attention toute particulière. En 2004, la France a dépassé le chiffre symbolique de 80 ans d’espérance de vie. Derrière ces statistiques, les enjeux pour la société sont grands en terme de solidarité devant la dépendance et la perte d’autonomie, mais aussi en termes de prévention, de dépistage et de prise en charge des maladies chroniques et du cancer.

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Les modalités d’organisation des territoires de santé restent à définir. Les frontières administratives traditionnelles ne répondent qu’incomplètement aux besoins en matière d’organisation des soins et de santé publique. La régionalisation en santé doit prendre en compte différentes strates de planification comme les schémas régionaux d’organisation des soins (SROS) et les programmes régionaux de santé publique (PRSP) tout en intégrant les plans nationaux de santé publique, la construction des territoires de santé (ou des bassins de santé), la mise en place des réseaux de santé avec une articulation entre le social et le sanitaire.

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La vigilance à l’endroit des inégalités sociales de santé doit être permanente. En effet, notre société génère de nombreuses inégalités sociales dans le domaine du travail, de l’habitat, de l’environnement. La protection sociale dans ce contexte prend tout son sens. Dans la situation sociale actuelle difficile, nous devons nous assurer que l’accessibilité aux soins de tous est garantie.

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Les efforts en matière de prévention doivent être poursuivis. Si la prise de conscience de notre retard est bien réelle, les orientations annoncées doivent être traduites concrètement en mobilisant les acteurs de la promotion de la santé. Il est nécessaire d’agir à plusieurs niveaux : de manière locale par un travail de proximité d’éducation pour la santé et de manière institutionnelle afin de s’assurer des conditions du développement de l’éducation pour la santé mais aussi de l’éducation du patient. Enfin, nous avons besoin d’une politique de dépistage organisée et performante.

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Les innovations diagnostiques et thérapeutiques doivent être également appréciées sur leur intérêt en santé publique. L’analyse de leurs impacts sur le plan individuel et collectif, de leur efficience et de l’amélioration du service médical rendu, devient une nécessité.

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La Société française de santé publique implantée dans de nombreuses régions françaises, réunit la plupart des métiers de santé publique. Elle sera active pour analyser les phénomènes qui concourent à la santé des individus et à l’amélioration de l’état de santé globale de la collectivité, mais aussi pour accompagner les réformes entreprises de notre système de santé, formuler des propositions, animer des débats et développer dans notre pays une culture de santé publique.