Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.
S'inscrire Alertes e-mail - Recherches Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezIntroduction
AuteursJean-François Giret
Les correspondances entre les formations et les emplois n’ont rien de naturel. Elles se construisent, se tissent et se détissent, se négocient et se renégocient entre divers acteurs institutionnels. Parmi les principaux protagonistes, on trouve l’État, les partenaires sociaux et les collectivités territoriales. Comment participent-ils à une mise en rapports des formations et des emplois ? Y sont-ils toujours favorables et à quel niveau ?
2 Les trois textes de cette partie montrent que les positions respectives des différents acteurs institutionnels sont loin d’être figées. Ainsi, Guy Brucy rappelle les efforts de la Direction des enseignements techniques et de l’État pour qu’au niveau local les employeurs soient étroitement impliqués dans la conception des formations et même dans la gestion des établissements, souvent financés par les municipalités. Cela se passe au tout début du xxe siècle, mais à partir de 1920, cette politique d’ajustement aux besoins locaux fait place à une extension des prérogatives de l’État. Il s’agit alors de dispenser un apprentissage « méthodique et complet » (dont la finalité n’est plus seulement de préparer les jeunes à l’emploi mais de préparer l’homme, le producteur et le citoyen), de créer (et garantir) des diplômes nationaux et d’aller vers une planification nationale. Les conventions collectives viennent instituer des correspondances entre diplômes et métiers dans de nombreuses branches. Autour du Plan se développent des outils visant à ajuster à partir d’une prévision des besoins en emplois, les besoins de formations.
3 Laurence Coutrot et Jacques Lautman analysent de leur côté les positions patronales dans le cadre du pilotage de la formation professionnelle. Les attitudes et les discours varient en fonction du type de représentants, du lieu et du temps. Ils soulignent ainsi le grand écart entre les interventions des représentants de branches dans les commissions professionnelles consultatives et les nouveaux discours du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) sur le thème des compétences. Tandis que les uns participent activement à un affinement de la grille des diplômes, demandant parfois l’ajout de nouvelles spécialités, les autres minimisent l’importance d’une spécialisation et d’une qualification rivée au diplôme de formation initiale pour annoncer les vertus d’une gestion par les compétences de salariés mobiles et évolutifs.
La décentralisation entraîne un repositionnement des trois types d’acteurs (État, partenaires sociaux et collectivités territoriales) conférant à la Région un rôle d’acteur pivot et instaurant plus de partenariat entre les divers protagonistes. Dans un tel contexte, exigeant exploitation et négociation des décisions, la démarche adéquationniste aurait pu connaître une deuxième jeunesse. D’après Guy Ourliac, la décentralisation conduit certes à un développement des « diagnostics formation-emploi » dans les régions mais la proximité du terrain est plutôt de nature à favoriser un regard moins simplificateur sur les liens formations-emplois.
POUR CITER CET ARTICLE
« Introduction », in Des formations pour quels emplois ?, La Découverte, 2005, p. 23-26.
URL : www.cairn.info/des-formations-pour-quels-emplois--9782707146939-page-23.htm.





