Que sais-je ? 2009/3403
L’action humanitaire
2009
128 pages
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AuteursMarie-Laure Le Coconnier du même auteur

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La manifestation d’un esprit d’humanité est universelle et de tradition ancienne. En Occident, c’est dès le Moyen Âge que la charité chrétienne inspire l’action des moines envers les plus faibles, la création des hospices, puis celle des fondations de Saint-Vincent-de-Paul. À partir des Lumières, l’action de solidarité se fait aussi politique et contestation de l’ordre établi. Le bilan humain effroyable des guerres des xixe et xxe siècles conduit à la structuration de l’idée et de l’action humanitaires. La création en 1863 du Comité international de la Croix-Rouge par Henry Dunant inaugure l’ère de l’humanitaire moderne. Blessés, prisonniers, civils reçoivent des secours et se voient promettre protection. Mais trop de souffrances demeurent hors d’atteinte dans des contextes où, au mépris du droit, États ou groupes armés abandonnent ou maltraitent leurs populations. Au début des années 1970, le mouvement sans-frontiériste s’affirme et revendique un devoir de dénonciation et d’action. De cette dynamique naîtra la notion de droit d’ingérence puis de sécurité humaine.

2 L’action humanitaire vise à sauver et préserver la vie et la dignité de personnes victimes d’un conflit ou d’une catastrophe. Déployée dans l’urgence, elle envisage aussi des opérations de prévention et rejoint parfois des actions plus structurelles relevant du développement. Expression d’une solidarité nationale ou internationale face aux drames humains du monde global, l’action humanitaire, spectaculaire ou discrète, y occupe une place singulière et disputée. Avec l’appui des médias et soutenues par leurs opinions publiques, les organisations humanitaires connaissent un formidable développement dans les années 1990. Cependant l’environnement géopolitique connaît de profonds changements. Opérations de maintien de la paix, doctrine de la sécurité globale, rhétoriques moralistes et interventionnistes, controverses autour du prétendu choc des civilisations, multiplication du nombre d’acteurs et de leurs agendas brouillent peu à peu la notion de l’action humanitaire. Des principes fondateurs, comme l’indépendance ou la neutralité, sont dilués dans une profusion d’initiatives et de discours dans lesquels le politique et l’humanitaire sont perçus, à tort ou à raison, comme des sphères de plus en plus perméables.

3 Conscients de cette évolution, les acteurs humanitaires font face à de nouveaux défis pour préserver leur réactivité, leur accès aux victimes et leur sécurité. Les organisations se professionnalisent et diversifient leurs modes d’action et de communication. La réflexion se développe autour de l’espace dit “ humanitaire ”, à conquérir ou à redéfinir.

 
L’action humanitaire

POUR CITER CET ARTICLE

Marie-Laure Le Coconnier et Bruno Pommier L’action humanitaire, P.U.F. « Que sais-je ? », 2009, p. 5-6.
URL :
www.cairn.info/l-action-humanitaire--9782130566441-page-5.htm.