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| Cette contribution : "Le rapport international est toujours dominant" |
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AuteurFrançois FOURQUET du même auteur
Résumé
Cet article met en question un concept central de la théorie de la régulation (la hiérarchie entre les « formes institutionnelles ») et montre que le « régime international » est toujours dominant ; ou, pour être plus exact, que le lien d’un pays avec le reste du monde — son rapport international — domine toujours les formes nationales. C’est aussi une interprétation des deux derniers siècles de mondialisation, resitués dans une rétrospective de longue durée remontant au Moyen Âge. Elle révèle un mouvement hésitant, contradictoire. Deux processus s’appuient et se contrarient à la fois : la mondialisation d’un côté, la croissance des États dirigistes de l’autre. Ces États, prélevant une part grandissante du produit social, s’efforcent de s’approprier l’économie, de la « nationaliser », mais ce faisant la mondialisent, car ils ne peuvent la fixer sur un territoire. Finalement, ce n’est pas eux qui dirigent l’économie mondiale ; c’est bien plutôt elle qui, plus ancienne et plus large qu’eux, les emporte dans un ample mouvement qui ne peut être régulé, ou du moins accompagné, qu’à l’échelle du monde. Le monde s’unifie par l’économie et la culture, mais se divise par la politique. Or c’est à la politique que les économistes empruntent à leur insu leur représentation du monde, faisant des nations le fondement de leurs recherches, et de l’économie mondiale la somme des économies nationales. Le renversement du point de vue consiste à placer le monde comme tel au centre de l’analyse. L’économie mondiale, simple aspect d’une société mondiale, apparaît alors comme un ensemble cohérent régi par des « règles » esquissées jadis par les historiens à propos de l’économie-monde européenne (fonctionnement en réseau, pouvoir mondial exercé par une « ville-monde ») et très différentes de celles formalisées par les économistes concernant l’échange international.
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The international connection is always prevailing This essay brings into question a central concept of the regulation theory : hierarchy between “institutional forms”, and shows that the link between a country and the rest of the world – its international connection – always dominates national forms. It is also an interpretation of the last two centuries of globalization, replaced in a long-lasting retrospective dating back to the Middle Ages. Two processes both rely on each other and act against each other : globalization on one hand, interventionist states on the other hand. These states taking a growing part of the social product endeavour to take over the economy, to nationalize it, but in so doing they globalize it, for they cannot fix it to a single territory. Eventually, they are not the ones who run the worldwide economy ; the latter, older and broader than the former, is rather the one who carries them along in a sweeping movement that can be controlled, or at least accompanied, solely on a world scale. Economists are borrowing their world representation from politics, making nations the basis of their researches, and worldwide economy the sum of national economies. The reversal of the point of view consists in putting the world as such at the centre of analysis. Worldwide economy, reduced to an aspect of a worldwide society, appears a consistent whole, governed by some rules once outlined by historians about European world-economy, and that are very different from those formalized by economists regarding international trade.
PLAN DE L'ARTICLE
- INTRODUCTION : VOIR LE MONDE COMME UN ENSEMBLE
- LE RÉGIME INTERNATIONAL DANS LA THÉORIE DE LA RÉGULATION
- Le statut du « régime international » est flou
- Hiérarchie des formes institutionnelles et passage d’un régime à l’autre
- Du régime international au rapport international
- UNE THÉORIE DE L’ÉCONOMIE-MONDE
- L’unité de base est l’économie-monde, et non l’économie nationale
- L’économie-monde est l’aspect économique d’une civilisation
- Les économies-monde ont fusionné au XIXe siècle en une économie mondiale unique
- UNE THÉORIE DU POUVOIR MONDIAL
- Le pouvoir du leader est un « plus-de-pouvoir » qui appartient à tous
- L’État mondial existe : c’est l’État fédéral américain !
- Le pouvoir mondial ne commande pas, il capte
- La mondialisation n’est possible que parce qu’elle existe déjà
- LA DIALECTIQUE UNITÉ ÉCONOMIQUE/DIVISION ÉTATIQUE
- La politique divise le monde, l’économie-monde l’unit
- Le hélage du capital : une très ancienne structure de l’histoire européenne
- UNE INTERPRÉTATION DE LA MONDIALISATION MODERNE
- Le XIXe siècle : décloisonnement du monde et divisions nationalistes (1815-1914)
- Les cinq ruptures de la première guerre mondiale
- Une crise mondiale, des réponses nationales (1929-1939)
- La guerre froide coupe le monde en deux (1947-1989)
- La fin du socialisme et le début d’une nouvelle ère (1978-1989)
- La guerre de 75 ans, ou la guerre de succession (1914-1989)
- CONCLUSIONS
- Conclusion 1 : émergence des États-civilisations
- Conclusion 2 : penser mondialement




