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L’art italien

2009

  • Pages : 128
  • Éditeur : P.U.F.


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L’art et l’Italie sont étroitement liés : cela se vérifie autant dans la réalité que dans l’imaginaire collectif. À la présence effective d’un nombre étonnant d’œuvres d’art sur le territoire italien, s’ajoute l’image que les étrangers se font de l’Italie et que les Italiens ont aussi d’eux-mêmes – une image où l’art et la culture occupent le premier plan. Selon les comptages effectués par les organisations internationales, l’Italie, malgré la relative petitesse de son territoire, possède près de 60 % des plus importantes œuvres d’art du monde, entre les fouilles archéologiques, les cathédrales, les églises, les palais, les fontaines, les statues, les tableaux... Si l’on considère les seuls sites à caractère culturel classés par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’humanité, l’Italie en possède quarante-deux ; et, là encore, le pays est en tête au niveau mondial – devant l’Espagne et la France. Sans compter qu’en dehors de l’Italie l’art italien est largement présent dans les plus grands musées : les œuvres de l’école italienne conservées notamment au Louvre à Paris ou à la National Gallery de Londres sont d’une richesse prodigieuse et constituent une part de choix dans l’ensemble des collections.

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Même si la beauté n’est pas quantifiable, il reste que la densité de la présence artistique en Italie est perceptible par les visiteurs qui remarquent ici, à l’angle d’une rue, un oratoire peint à fresque ; là, au milieu d’une place à arcades, une statue équestre ; ailleurs, dans une boutique résolument moderne, un bas-relief antique miraculeusement préservé... Les étrangers reconnaissent volontiers à l’Italie et aux Italiens cette primauté dans le domaine du beau. On parle du génie italien.

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Quant aux Italiens eux-mêmes, spontanément ils mettent en avant leur patrimoine culturel comme métaphore de leur propre identité. Un exemple unique nous est donné avec les huit pièces de monnaie éditées au moment du passage à l’euro. Si l’on joue à pile ou face avec ces pièces italo-européennes, on peut tomber, bien sûr, sur le revers qui est le même pour tous les pays de l’Union, mais aussi sur l’avers qui est spécifique à l’Italie. Alors que la France s’en est tenue aux trois symboles républicains que sont l’Arbre de la Liberté, la Semeuse et la populaire Marianne, l’Italie propose huit images différentes qui sont autant de références culturelles : l’Italie, qui se reconnaît dans ses monuments, au sens large du terme, a opté pour un hommage multiple à ses richesses artistiques et littéraires. Même si la figuration numismatique est stylisée, voire sommaire, l’énumération des sujets représentés est un éblouissement. De la pièce de 2 E à celle de 1 centime, voici ce qu’un porte-monnaie italien peut contenir : l’effigie du poète Dante Alighieri telle que l’a peinte Raphaël dans sa fresque du Parnasse au Vatican ; L’homme aux divines proportions dessiné par Léonard de Vinci pour illustrer les théories sur le nombre d’or de l’architecte antique Vitruve ; la statue équestre de l’empereur Marc Aurèle se dressant au centre du pavage géométrique conçu par Michel-Ange pour la place du Capitole à Rome – lieu chargé d’histoire et de symboles – ; la sculpture Formes uniques dans la continuité de l’espace, emblème de l’avant-garde futuriste imaginé par Umberto Boccioni ; le charmant visage de Vénus dû au pinceau de Botticelli ; la masse du Colisée de Rome ; une autre masse, la Mole Antonelliana, cette tour qui, depuis le tout début du xxe siècle, domine Turin du haut de ses 167 m ; enfin, Castel del Monte, le puissant et mystérieux château octogonal de l’empereur Frédéric II de Souabe, édifié sur une éminence des Pouilles...

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Ce florilège numismatique englobe symboliquement tout le faisceau de la culture italienne dans le temps et dans l’espace, de l’Antiquité aux Temps modernes en passant par le Moyen Âge et la Renaissance, des rives du Pô jusqu’au Mezzogiorno, sans oublier Florence et la Ville Éternelle. Se trouvant constamment à la portée de tout un chacun, ce modeste résumé culturel est mis à l’honneur dans les menus échanges de la vie de tous les jours.

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Le présent « Que sais-je ? », que l’on peut également glisser dans sa poche, se propose de poursuivre ce florilège. Dans les limites de ses moyens, il entend raconter l’histoire de cet art selon son évolution. La contribution des principaux artistes sera mise en avant avec l’évocation de leurs chefs-d’œuvre. Mais il sera surtout question d’héritages, d’influences, de croisements. L’art italien s’est développé selon des jeux de transmissions, de stratifications, de concurrences, de ruptures, voire de contradictions. C’est à la découverte de cette dialectique que le lecteur est invité.

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À la fin de ce « Que sais-je ? », il sera proposé une brève bibliographie avec des ouvrages généraux, de référence ou d’initiation, tous de publication récente. Les références littéraires seront données en note au fil du texte.

Pour citer cet article

Feuillet Michel , L’art italien, P.U.F. « Que sais-je ? », 2009, p. 3-7.
URL : www.cairn.info/l-art-italien--9782130565345-page-3.htm.

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