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Principes du gouvernement représentatif (1995)
Cet ouvrage part d’un constat étonnant : nos démocraties contemporaines indirectes, fondées sur un système d’élections et de délégations des pouvoirs, « sont issues d’une forme de gouvernement que ses fondateurs opposaient à la démocratie » ! Pour Madison et Sieyès, deux des acteurs essentiels dans l’établissement de la représentation politique moderne, celle-ci est non seulement substantiellement différente de la démocratie directe athénienne, mais supérieure à celle-ci. « Certains choix institutionnels faits par les fondateurs (...) n’ont pratiquement jamais été remis en cause par la suite. » Ce sont ces « principes du gouvernement représentatif » que B. Manin se propose d’approfondir. Il insiste d’abord sur l’importance – le « triomphe » dit-il – de l’élection, alors que celle-ci était considérée comme peu démocratique par les Grecs (pour qui seul le tirage au sort est réellement égalitaire). Mais c’est surtout la constitution d’une aristocratie démocratique, une « distinction » particulière des élus, que B. Manin met en valeur. Comparant les situations française, anglaise et américaine du XVIIIE au xxE siècle, il défend la façon dont les éléments démocratiques (les élections) et non démocratiques (entre les élections les représentants ne sont pas révocables) se mêlent pour façonner les régimes représentatifs : c’est justement dans leur relative marge d’indépendance par rapport à leurs électeurs que les élus peuvent faire apparaître le politique comme moteur des sociétés.
TITRES RECENSÉS
POUR CITER CET ARTICLE
Véronique BEDIN et Martine FOURNIER (dir.), « Bernard Manin », La Bibliothèque idéale des sciences humaines, Editions Sciences humaines, 2009.
URL : www.cairn.info/la-bibliotheque-ideale-des-sciences-humaines-article-270.htm.



