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La responsabilité sociale d’entreprise

2010



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La thématique de la responsabilité sociale d’entreprise (RSE) a émergé seulement depuis quelques années en Europe et on s’est interrogé au début pour savoir s’il s’agissait d’une mode passagère comme en sont coutumiers les milieux managériaux et les consultants. Même si l’effet de mode existe, il faut admettre aujourd’hui que cette notion s’enracine, poussée par un mouvement diversifié produisant des effets dans les pratiques de management des entreprises.

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Si la notion s’ancre de plus en plus dans notre quotidien, c’est d’une part parce qu’elle répond, sous une locution nouvelle, à des préoccupations anciennes (on pourrait dire séculaires) et d’autre part parce que ces préoccupations prennent, en ce début de XXIe siècle, des tournures interrogatives de plus en plus inquiétantes.

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En d’autres termes, l’humanité s’interroge sur la finalité des activités économiques, sur ses effets sur la configuration géophysique de la planète, sur ses conséquences à long terme pour les générations à venir. Ce sont donc les entreprises, principaux agents de cette activité, vers lesquelles les regards se tournent, pour leur demander des comptes non seulement sur leurs résultats économiques, mais aussi sur leurs comportements à l’égard des individus, des sociétés humaines et de notre environnement naturel.

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Le champ est particulièrement vaste et on peut dire que presque tout peut relever de la RSE, à partir du moment où l’on considère que, directement ou indirectement, peu de choses échappent dans nos sociétés contemporaines à la sphère de l’activité économique et que toute activité économique peut avoir des répercussions insoupçonnées sur une multitude de personnes.

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Il n’est donc pas étonnant que les individus et groupes concernés soient très nombreux et que tous les acteurs de la vie économique, sociale et civique soient amenés à être aussi des acteurs de la RSE. Il n’est pas étonnant non plus que les visions de la RSE se révèlent très diverses et que les acceptions en soient nombreuses, ce qui donne souvent la sensation d’un maquis touffu dans lequel règnent la confusion et l’ambiguïté.

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Sous la locution RSE, il y a en fait deux grands types de significations : d’une part, un mouvement d’idées qui s’exprime à travers des représentations, des discours de ce que nous appelons les « acteurs » et, d’autre part, des pratiques de management, de conseil, d’évaluation, de reddition s’appuyant sur des dispositifs et des instruments mis en oeuvre non seulement par les entreprises mais aussi par des milieux professionnels (ou non) en train de constituer un nouveau marché.

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Face à cela, trois approches sont possibles pour appréhender ce champ :

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— une approche normative qui consiste à élaborer et à préconiser les meilleures pratiques possibles avec l’idée sous-jacente que la RSE constitue un modèle de contribution à une société meilleure ;

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— une approche interprétative visant à comprendre à quoi correspondent le concept et le mouvement dans l’évolution contemporaine de nos sociétés et de leurs activités économiques ; — une approche constructiviste partant de l’idée que la RSE est un concept qui s’est développé sans qu’un sens lui ait été donné et que le mouvement en marche peut lui en donner un.

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Cet ouvrage se situe résolument dans la deuxième approche, sans toutefois s’interdire de faire parfois des incursions dans les deux autres approches.

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Nous tenterons d’abord de comprendre les origines du mouvement et son évolution dans la perspective historique du système socioproductif (chapitre I). Nous examinerons ensuite les multiples définitions et acceptions de la RSE et les problèmes qu’elles soulèvent (chapitre II). Cela nous conduira à nous interroger, à la lumière des interprétations théoriques, sur les raisons qui poussent les entreprises à être socialement responsables (chapitre III). Puis nous plongerons dans le monde des acteurs afin de distinguer lesquels sont les moteurs du mouvement (chapitre IV). Enfin, nous nous intéresserons aux changements de comportements stratégiques des firmes qu’induit la RSE (chapitre V) et aux différentes formes d’instrumentation destinées à rendre crédibles ces nouveaux comportements (chapitre VI).

Pour citer cet article

Capron Michel , Quairel-Lanoizelée Françoise , La responsabilité sociale d’entreprise, La découverte « Repères », 2010, p. 3-4.
URL : www.cairn.info/la-responsabilite-sociale-d-entreprise--9782707165008-page-3.htm.

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