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Alternatives économiques

2011/11 (N° 307)


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Avec le ralentissement de l'économie, le chômage a repris sa progression depuis le printemps dernier (+ 4,3 % de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en un an). En particulier le chômage de longue durée et celui des plus de cinquante ans (voir page 9). Cette dégradation devrait se poursuivre, selon les prévisions dont on dispose actuellement : le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi (y compris ceux qui ont travaillé quelques heures dans le mois) devrait atteindre près de 4,2 millions fin 2011 et 4,3 millions en 2012, selon les prévisions de l'Unedic. Des chiffres inégalés.

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Malgré cela, affichant son souci de réduire les déficits publics le gouvernement a fait le choix de la rigueur budgétaire au risque d'accentuer encore le ralentissement de l'activité. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2012 prévoit ainsi en particulier une baisse sensible des dépenses de l'Etat en matière de marché du travail : les crédits de la mission Travail-Emploi doivent diminuer de 1,39 milliard d'euros en 2012 par rapport à 2011, soit un recul de 12 % !

Les chômeurs en souffrance

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Plusieurs indices montrent que les chômeurs risquent de figurer parmi les principales victimes de la rigueur. Ainsi, alors qu'un nombre croissant de demandeurs d'emploi ne perçoit aucune indemnisation, le plan Rebond pour l'emploi en faveur des chômeurs en fin de droits n'a pas été reconduit. Le financement par les pouvoirs publics du dispositif de chômage partiel a été réduit. L'accès à l'allocation équivalent retraite (AER), réservée aux seniors au chômage, a été fortement restreint. Le nombre de contrats aidés programmés pour 2012 est lui aussi en baisse : 400 000 selon le PLF, contre 520 000 réalisés en 2011. Les crédits accordés aux structures de l'insertion par l'activité économique (IAE) stagnent depuis deux ans, alors qu'un nombre croissant de chômeurs s'adressent à elles pour accéder à l'emploi et être accompagnés dans leurs difficultés. Quant aux allocataires du revenu de solidarité active (RSA) qui ne travaillent pas, ils sont montrés du doigt par la majorité actuelle alors que pourtant personne n'a d'emplois à leur proposer. Le gouvernement veut certes leur imposer, dans quinze départements, à titre expérimental, des contrats aidés de sept heures par semaine. Des contrats loin de satisfaire à une norme minimale de qualité de l'emploi (voir page 14). Pour ne rien arranger, le gouvernement poursuit sa politique de suppression d'emplois dans la fonction publique d'Etat, tout en accentuant la pression sur les collectivités locales pour qu'elles cessent de développer l'emploi.

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Dans un tel contexte, l'indemnisation des chômeurs doit être repensée (voir entretien page 11), mais aussi les politiques d'emploi. Pour mettre davantage l'accent sur les contrats aidés et le chômage partiel et poursuivre la réduction du temps de travail, à travers, par exemple, l'instauration de congés parentaux mieux indemnisés et mieux partagés entre hommes et femmes (voir page 12). Le chômage n'est pas une fatalité. Il peut être combattu mais encore faut-il le vouloir.

Plan de l'article

  1. Les chômeurs en souffrance

© Altern. économiques, 2011

Pour citer cet article

Dorival Camille, « Emploi : la France pourrait mieux faire », Alternatives économiques, 11/2011 (N° 307), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2011-11-page-6.htm


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