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Alternatives économiques

2011/3 (N°300)


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En difficulté sur la scène intérieure, Nicolas Sarkozy veut faire de la présidence française du G20 une réussite. De quoi apporter la preuve, à la veille de l'échéance présidentielle, de sa capacité d'agir inentamée et convaincre une opinion en plein désamour qu'il vaut mieux que l'image donnée ces derniers mois : celle d'un bateleur dont le volontarisme brouillon tourne à vide.

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Au vu du faible consensus réuni autour des différents dossiers placés sur la table du G20, on peut se demander si le Président a bien choisi son terrain de reconquête. La réforme du système monétaire international ? Les Etats-Unis s'opposent à tout développement d'une monnaie internationale qui viendrait marginaliser le dollar, et la Chine entend conserver la maîtrise de son taux de change. La résorption des déséquilibres mondiaux ? La création d'une batterie d'indicateurs permettant de juger de la situation des différents pays, acquise le mois dernier, est utile, mais elle ne suffira pas à obtenir des Etats-Unis qu'ils limitent leurs déficits alors que le chômage demeure au plus haut outre-Atlantique. Ni à contraindre la Chine et l'Allemagne à réduire leurs excédents. Le financement du développement ? La proposition française d'une taxe sur les transactions financières suscite peu d'enthousiasme, y compris de la part du gouverneur de la Banque de France ! La régulation financière ? Le monde de la finance montre déjà sa capacité à contourner les règles alors que les réformes engagées lors des premiers G20 sont loin d'être encore entrées en application.

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La tâche du Président s'avère donc bien ardue. Et peu en phase avec son tempérament, puisqu'elle consiste moins à formuler des propositions audacieuses, compte tenu de la capacité limitée de la France à les faire aboutir, qu'à nouer patiemment les fils d'un dialogue de nature à faire émerger des compromis acceptables par tous.

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Reste un enjeu où notre pays pourrait donner l'exemple : la lutte contre la volatilité des prix des matières premières. Face à la montée des cours, Nicolas Sarkozy dénonce la spéculation. Une démarche qui se veut politiquement habile et qui n'est pas infondée : il est nécessaire d'encadrer les marchés à terme de produits agricoles, comme l'ont d'ores et déjà décidé les Etats-Unis sur leur sol. Mais il faut aussi agir sur les fondamentaux. En matière agricole, la priorité est d'aider les pays en développement à investir dans leurs agricultures pour diminuer leur dépendance vis-à-vis de leurs importations. Un objectif que la France, gros exportateur de céréales, ne soutient que du bout des lèvres. Même constat en matière énergétique : la priorité serait de réduire la dépendance au pétrole en encourageant les économies d'énergie et en développant la production renouvelable. Or, qu'observe-t-on aujourd'hui en France même, sinon un reniement des engagements pris lors du Grenelle de l'environnement ?


© Altern. économiques, 2011

Pour citer cet article

« G vain ? », Alternatives économiques, 3/2011 (N°300), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2011-3-page-5.htm


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