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Alternatives économiques

2011/5 (N°302)


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Cela fait maintenant un an et demi que la crise économique et financière déclenchée par la chute de Lehman Brothers s'est transformée en une grave crise de la zone euro. Fin 2009, on s'était en effet rendu compte, à l'occasion d'une alternance politique, que les comptes de l'Etat grec avaient été truqués et que le pays aurait probablement les plus grandes difficultés à rembourser la dette qu'il avait accumulée. Depuis, s'y sont ajoutées, pour des raisons différentes, une crise de la dette irlandaise et, maintenant, celle de la dette portugaise.

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Ces événements ont déclenché une cascade de réunions au sommet pour essayer de régler la question qui fâche : qui doit payer ? Une question à laquelle aucune réponse n'était prévue avant la crise. Ou plus exactement la réponse théorique inscrite dans les traités européens - chacun est seul responsable de ses dettes - s'est avérée impraticable, sauf à risquer l'explosion de la zone euro et, avec elle, la remise en cause de l'ensemble de la construction européenne.

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L'Europe n'avance que dans les crises. Ce n'est que lorsque l'Union se trouve au bord du gouffre que les Etats membres finissent par accepter les solidarités supplémentaires et les abandons de souveraineté indispensables pour approfondir l'intégration européenne et résoudre ses difficultés. Où en est-on sur ce plan après un an et demi de crise quasi ininterrompue ? Des étapes, inimaginables il y a dix-huit mois ont été franchies, notamment avec la création de la facilité européenne de stabilité financière (FESF), habilitée à prêter 440 milliards d'euros aux Etats en difficulté, qui sera relayée en 2013 par un futur mécanisme européen de stabilité (MES). Mais on reste encore loin du compte, tant pour régler la crise actuelle que pour prévenir demain les dérapages qui ont conduit aux difficultés présentes.

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La viabilité des politiques d'austérité très sévères imposées aux Etats en difficulté et donc leur capacité à faire réellement face à leurs engagements financiers restent largement incertaines. La question d'une contribution éventuelle du secteur privé au règlement de ce type de crise n'est pas réglée : doit-on, peut-on, et si oui à quelles conditions mettre à contribution les créanciers privés de ces Etats ?

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Les doutes concernant les purges douloureuses imposées actuellement aux pays en crise sont encore renforcés par les politiques économiques trop restrictives mises en oeuvre parallèlement dans le reste de l'Union, tant sur le plan budgétaire que monétaire. Dans un contexte où la hausse des prix des matières premières ralentit déjà de façon significative l'activité économique au sein de la zone euro, ces politiques, loin de concourir à résoudre la crise des dettes publiques des pays périphériques, risquent au contraire de l'aggraver...


© Altern. économiques, 2011

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Dettes publiques : qui doit payer ? », Alternatives économiques, 5/2011 (N°302), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2011-5-page-6.htm


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