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Alternatives économiques

2012/10 (N° 317)


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Pour aider les entreprises à grandir, le soutien à l'innovation et à l'accès aux marchés étrangers peut jouer. Mais pas seulement.

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La compétitivité d'une économie et sa place dans le commerce mondial reposent sur les performances de ses entreprises. La taille de ces dernières est déterminante : les grandes entreprises sont en effet plus productives, distribuent des salaires plus élevés, réalisent des profits plus importants et, enfin, innovent et exportent davantage. Les différences entre pays européens sur le plan de la taille de leurs entreprises peuvent par conséquent fournir une grille de lecture des écarts de compétitivité au sein de la zone euro.

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Ainsi, les entreprises italiennes et espagnoles sont en moyenne 40 % plus petites que leurs homologues allemandes, relève une étude réalisée par le think tank européen Bruegel. Et alors que l'Espagne et l'Italie comptent seulement 5 % d'entreprises manufacturières employant plus de 250 salariés, l'Allemagne en affiche 11 %. Le Royaume-Uni compense en partie son manque de grandes sociétés par une proportion d'entreprises de 50 à 249 salariés presque aussi élevée qu'en Allemagne. Tandis que la France occupe une place intermédiaire entre l'Allemagne et les pays du Sud de l'Europe.

Les coûts ne font pas tout

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Quelles sont les barrières à la croissance des entreprises ?, s'interrogent les économistes de Bruegel. Deux variables jouent principalement : le coût de l'innovation et le coût d'accès aux marchés étrangers (coûts de transports, procédures administratives...). Les deux sont étroitement liées, puisqu'une entreprise qui exporte croît, et donc dépense mécaniquement davantage en recherche et développement (R&D). Elles ne jouent cependant pas de la même manière selon les pays : ainsi, la grande proportion de petites entreprises en Italie semble principalement liée, selon Bruegel, au coût de l'innovation, tandis qu'en Espagne, elle serait le fruit tout à la fois d'un coût de l'innovation et de coûts d'exportation trop élevés. Il suffirait donc à l'Italie et à l'Espagne de soutenir l'innovation et à cette dernière d'agir en plus sur les barrières au commerce pour que la donne change.

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Répartition des entreprises selon leur effectif, en %Répartition des entreprises selon leur effectif, en %
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Le raisonnement est tout de même un peu trop mécaniste : depuis quelques années, la France consent un effort sans équivalent ailleurs pour soutenir l'innovation des entreprises avec le crédit impôt recherche (13,4 milliards d'euros de dépenses fiscales sur la période 2009-2011), sans effet sensible pour l'instant. D'autres caractéristiques plus subtiles ont aussi leur importance, comme la manière dont une innovation trouve sa voie vers le marché. Sans compter que l'innovation ne se mesure pas simplement au montant des dépenses de R&D, comme le prouve l'exemple d'Apple, qui n'y consacre que 3 % de son chiffre d'affaires. Ce n'est pas parce que les PME italiennes consacrent peu d'argent à la R&D qu'elles n'innovent pas, par exemple sur le plan du design ou du marketing de leurs produits.

Le frein de l'austérité

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L'étude a cependant le mérite de chercher à mesurer l'impact des mesures d'austérité adoptées en Europe. Ainsi, la baisse des dépenses publiques de R&D décidée par le gouvernement espagnol depuis 2009 a eu pour effet de réduire la valeur ajoutée créée par le secteur manufacturier de 2,1 % et la consommation des ménages de 2,7 %. Un éclatement de la zone euro aurait des conséquences plus lourdes encore. Loin de doper les exportations européennes, il les déprimerait, et par ricochet la richesse créée par les entreprises et la consommation des ménages, celle-ci plongeant d'entre 7 % et 15 %, les petits pays trinquant plus que les grands. Une estimation optimiste, observent les auteurs, puisqu'elle ne prend pas en compte les autres effets négatifs d'un tel événement.


Bibliographie

  • www.bruegel.org/publications/publication-detail/publication/744-breaking-down-the-barriers-to-firmgrowth-in-europe-the-fourth-efige-policy-report/

Plan de l'article

  1. Les coûts ne font pas tout
  2. Le frein de l'austérité

© Altern. économiques, 2012

Pour citer cet article

Chevallier Marc, « Compétitivité : les clés de l'essor des entreprises », Alternatives économiques, 10/2012 (N° 317), p. 50-50.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2012-10-page-50.htm


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