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Alternatives économiques

2012/10 (N° 317)


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François Hollande a hérité de deux cadeaux empoisonnés : un déficit public à 4,5 % du produit intérieur brut (PIB) associé à une dette à 90 % de ce même PIB et un engagement pris devant nos partenaires européens de réduire ce déficit à 3 % dès 2013. L'exercice est d'autant plus délicat qu'entre-temps, la conjoncture s'est profondément dégradée. Non seulement au niveau de la zone euro - qui est en récession - mais aussi au niveau national : après trois trimestres consécutifs au point mort, l'économie hexagonale est probablement entrée dans le rouge cet été. Du coup, le gouvernement a dû ramener ses prévisions de croissance pour 2013 de 1,2 % à 0,8 %. Une perspective encore trop optimiste pour la majorité des économistes qui parient plutôt sur un atterrissage autour, voire en dessous, de 0,2 %. Dans ces conditions, impossible de compter sur le développement de l'activité pour générer des recettes fiscales supplémentaires et adoucir l'effort de réduction des déficits. Le gouvernement prévoit donc d'appuyer simultanément sur l'accélérateur en matière fiscale et sur le frein en matière de dépenses publiques.

Les dangers du remède

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Comment ? Les efforts requis dans le budget 2013 porteront aux deux tiers sur des augmentations d'impôts et pour le tiers restant sur la réduction des dépenses publiques. Un choix qui occasionne l'ouverture d'un chantier fiscal de grande ampleur modifiant sensiblement la répartition des efforts entre les différentes catégories de Français : les plus aisés d'entre eux seront davantage sollicités que les autres, et les grandes entreprises plus que les petites. Un souci de justice qu'il faut saluer.

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Jusqu'où ? Non seulement le gouvernement veut tenir le déficit public sous la barre des 3 % du PIB en 2013, mais il s'est fixé comme objectif d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2017. Autrement dit, la rigueur qui est en train de se mettre en place durera bien au-delà de 2013, même si ce devrait être avec une intensité plus faible après cette date.

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Avec quelles conséquences ? C'est là que le bât blesse. Car une telle contraction budgétaire dans un contexte économique aussi fragile risque de tourner au vinaigre, comme on l'observe aujourd'hui chez nombre de nos voisins européens. Les politiques d'austérité y étouffent le peu d'activité, tout en entraînant des recettes fiscales moindres qu'escomptées et, au final, des déficits publics quasi inchangés, voire aggravés. L'effort budgétaire d'ampleur historique que propose François Hollande pourrait donc précipiter la deuxième économie de la zone euro dans la récession et accélérer encore la hausse du chômage. Ce qui a toutes les chances de se traduire par une défiance accrue à l'égard de la dette publique française et de nous faire entrer à notre tour dans la spirale italienne de la hausse des taux, relançant ainsi la crise de la zone euro . Bref, à trop haute dose et sur un organisme aussi affaibli, le remède risque fort d'être pire que le mal.

Plan de l'article

  1. Les dangers du remède

© Altern. économiques, 2012

Pour citer cet article

Pech Thierry, « Rigueur : l'overdose (introduction au dossier) », Alternatives économiques, 10/2012 (N° 317), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2012-10-page-6.htm


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