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Alternatives économiques

2012/11 (N° 318)


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Les immigrés connaissent de moins bonnes conditions de vie que celles du reste de la population. Pas seulement à cause de leur origine.

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Les conditions de vie des immigrés [1][1]  Immigré : personne née étrangère dans un pays étranger,... en France sont moins bonnes que celles des autres résidents sur l'ensemble des critères observés (logement, emploi, niveau de vie, etc.). Celles de leurs descendants sont dans une position intermédiaire, c'est-à-dire meilleure que celles de leurs parents, mais toujours en deçà de celles du reste de la population. C'est ce qui ressort d'une étude de l'Insee  [2][2] "Immigrés et descendants d'immigrés en France", Insee... publiée en octobre dernier.

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En France, on comptait 5,3 millions d'immigrés (8,4 % de la population) en 2008. Quant aux descendants d'immigrés, ils étaient 6,7 millions, soit 11 %. Alors que dans les années 1970 l'immigration venait principalement de six pays (Algérie, Maroc, Tunisie, Espagne, Italie, Portugal), les origines se sont beaucoup diversifiées depuis le début des années 2000. Ainsi en 2008, la moitié de la population étrangère venait d'Afrique subsaharienne, d'Asie, de Turquie, de Chine et d'autres pays d'Europe, notamment de l'Est.

Une combinaison de facteurs

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Concernant leurs conditions de vie, leur niveau de vie médian, par exemple, est inférieur de 30 % à celui de l'ensemble de la population. Et seulement 45 % des immigrés d'origine extra-européenne vivent dans des logements de bonne qualité, contre 75 % des ménages français.

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Ce constat doit être cependant nuancé : très souvent, ces écarts s'expliquent par une combinaison de facteurs sociodémographiques comme l'âge, le niveau d'éducation, les conditions d'emploi, etc. Cependant, toutes choses égales par ailleurs, c'est-à-dire une fois neutralisés ces facteurs, il apparaît que les effets liés spécifiquement à l'origine ne peuvent être totalement effacés.

L'exemple du travail

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Ainsi en matière d'accès à l'emploi : cinq ans après leur sortie du système éducatif, 82 % des descendants d'immigrés d'Europe du Sud ont un emploi. Leur situation est très proche de celle des enfants de natifs. En revanche, seuls 61 % des descendants d'immigrés d'Afrique en occupent un. Ce différentiel s'explique notamment par le poids du diplôme dans l'accès à l'emploi. Les descendants d'immigrés d'Afrique sont moins diplômés que les autres et 30 % d'entre eux quittent le système scolaire sans qualification, soit moitié plus que les autres. Une situation due au fait qu'ils sont plus souvent issus des classes populaires et que l'école peine à réduire les inégalités sociales.

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Mais, au final, une fois prises en compte ces différences d'origine sociale, de contexte familial, de parcours scolaire et de diplôme, il apparaît que la part inexpliquée de ces écarts de taux d'emploi varie de 5 à 12 points. D'ailleurs, 38 % des descendants d'immigrés d'Afrique se sont sentis discriminés à l'embauche au cours des trois années suivant leur sortie du système scolaire en 2004, contre seulement 10 % pour tous les autres.

Notes

[1]

Immigré : personne née étrangère dans un pays étranger, résidant en France. Un descendant d'immigré est une personne née et résidant en France, ayant au moins un parent immigré.

[2]

"Immigrés et descendants d'immigrés en France", Insee Références, édition 2012.

Plan de l'article

  1. Une combinaison de facteurs
  2. L'exemple du travail

© Altern. économiques, 2012

Pour citer cet article

Alet Claire, « Discriminations : plus dure la vie », Alternatives économiques, 11/2012 (N° 318), p. 49-49.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2012-11-page-49.htm


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