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Alternatives économiques

2012/11 (N° 318)


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La crise a eu quatre ans il y a quelques semaines. Quatre années depuis la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers qui marqua le déclenchement de l'une des pires séquences de l'histoire économique mondiale. Alors qu'elle est encore loin de son terme, quelles leçons en tirons-nous ?

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A en croire la presse économique, son enseignement principal est simple et se résume à une formule désormais consacrée : le basculement du centre de gravité de la mondialisation d'Ouest en Est. Comment le nier ? La Chine, désormais deuxième puissance économique mondiale, a manifestement décollé, tandis que l'"hyperpuissance" américaine commençait à douter d'elle-même et que l'Europe plongeait dans le marasme. Pour les livres d'histoire du futur, 2008 marquera peut-être, dans la chronologie simplifiée des événements de cette période, la fin de l'hégémonie occidentale sur le monde.

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Mais l'histoire risque de démontrer assez rapidement l'outrancière simplification de ce récit. Car la crise de 2008 est aussi celle d'un système global qui a enfanté les monstrueux déséquilibres que nous connaissons encore aujourd'hui. Et l'Orient, tout autant que l'Occident, était partie prenante à ce jeu ; autant que lui, il doit réfléchir à présent à un autre système.

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Le jeu ? Il était au fond assez simple. L'exploitation d'une main-d'oeuvre jeune, abondante et bon marché a permis aux émergents, Chine en tête, de dégager de gigantesques excédents commerciaux et d'accumuler ainsi de grandes quantités d'épargne capables de financer à bas coûts l'endettement des pays riches et de leur faire croire encore quelque temps au caractère soutenable de leur modèle de croissance. D'un côté, des hommes et des femmes dans la force de l'âge, à peine arrivés des campagnes dans les villes, se tuaient à la tâche pour des salaires de misère ; de l'autre, des salariés aux emplois de plus en plus précaires consommaient de plus en plus à crédit, avec la complicité d'une industrie financière devenue experte dans l'art de dissimuler les risques et de faire passer des vessies pour des lanternes.

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Ce sont ces déséquilibres qui nous ont conduits dans le mur. Mais ce "nous" est plus large qu'on ne le pense souvent. Si les Occidentaux doivent désormais inventer un capitalisme "post-dettes", les émergents ont, pour leur part, à trouver les moyens d'un développement plus autonome et moins générateur de déséquilibres. Or, ils en sont encore très loin. A commencer par la Chine, qui peine à jeter les bases d'un développement plus autocentré, moins inégalitaire et plus cohérent avec une situation démographique devenue une véritable bombe à mèche lente .

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Dans quelques jours, le 6 novembre, l'Amérique aura un nouveau Président. Et le surlendemain s'ouvrira le 18e Congrès du Parti communiste chinois d'où sortiront les nouveaux leaders de l'empire du Milieu. D'un côté comme de l'autre, la tâche qui les attend est décisive et d'autant plus lourde qu'aux graves déséquilibres susmentionnés s'ajoute le mur de la crise écologique.


© Altern. économiques, 2012

Pour citer cet article

Pech Thierry, « Chinamérique », Alternatives économiques, 11/2012 (N° 318), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2012-11-page-5.htm


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