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Alternatives économiques

2012/2 (N° 310)


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La dégradation de la note de l'Etat français début janvier a eu jusqu'ici des effets limités sur sa capacité d'emprunt. Et, selon toute vraisemblance, cela devrait rester le cas au cours des prochains mois. Elle a en revanche déclenché un ultime prurit législatif de la part du président de la République qui risque, lui, d'avoir de lourdes conséquences pour l'économie et la société française.

Des remèdes pires que le mal

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Nous avons désormais 4,8 millions d'inscrits à Pôle emploi, un nombre en forte hausse mois après mois. La désindustrialisation, une tendance déjà ancienne, s'est cependant beaucoup accélérée avec la crise. Les déficits extérieurs continuent de se creuser, année après année, avec des points forts dans notre commerce extérieur de moins en moins nombreux et de plus en plus menacés. Il ne fait aucun doute que l'économie française est dans un état inquiétant et a besoin de profondes réformes structurelles. Mais il s'agit forcément d'une oeuvre de longue haleine, qui n'a de chance de réussir que si elle fait l'objet d'un large consensus au sein de la société française. Les remèdes improvisés dans l'urgence, par un président-candidat voulant faire oublier un bilan qu'il sait mauvais, risquent au contraire d'être pires que le mal.

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Tout d'abord, et Standard & Poor's l'a à juste titre souligné, la perte du triple A français comme la récession qui s'étend actuellement en Europe sont dues avant tout à la mauvaise gestion de la crise de la zone euro par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, a elle aussi tiré la sonnette d'alarme fin janvier en dénonçant l'austérité excessive dans la zone euro.

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Or, loin de profiter des dernières semaines de son quinquennat pour corriger le tir en cherchant à organiser une relance coordonnée de l'activité, Nicolas Sarkozy entend au contraire accentuer la politique déflationniste qui plombe l'économie française et l'économie européenne. C'est en particulier le cas avec le projet de TVA dite " sociale ". Les quelques pour cent de baisse du coût du travail qu'elle permettra n'auront bien entendu qu'un effet marginal sur les délocalisations vers la Chine, compte tenu de l'ampleur des écarts dans ce domaine. La hausse de la TVA va en revanche, comme cela avait déjà été le cas en 1995, peser négativement sur une consommation qui est en train de flancher. Aggravant les difficultés de l'économie de la France et de l'Europe.

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Quant aux accords dits " compétitivité-emploi ", en facilitant le chantage des dirigeants d'entreprise, ils risquent d'entraîner le pays dans une spirale sans fin de remise en cause des acquis sociaux et de déflation salariale. Non seulement cela va dégrader les conditions de vie et de travail des Français, mais aussi peser négativement sur l'activité économique. La précipitation est toujours mauvaise conseillère : qui va piano, va sano...

Plan de l'article

  1. Des remèdes pires que le mal

© Altern. économiques, 2012

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Pourquoi la France fait fausse route », Alternatives économiques 2/2012 (N° 310) , p. 6-6
URL : www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2012-2-page-6.htm.


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