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Alternatives économiques

2012/3 (N° 311)


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Après deux années de sommets d'urgence, on a le sentiment de pouvoir commencer à souffler un peu en Europe : la spéculation s'est calmée sur les marchés financiers ; un plan d'aide imposant a finalement été approuvé pour la Grèce après nombre de péripéties ; et deux nouveaux traités sont en cours de ratification pour corriger les défauts de l'architecture de la zone euro. Selon toute vraisemblance, ce répit n'est cependant que provisoire tant les problèmes restent lourds et les remèdes apportés inadaptés.

Le poids de l'austérité

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Si la spéculation s'est un peu calmée sur les dettes publiques, c'est surtout parce que la Banque centrale européenne (BCE) a injecté plusieurs centaines de milliards d'euros dans le circuit économique. Une action bienvenue, mais qui comporte malgré tout des inconvénients : en leur fournissant de grandes quantités d'argent à prix très bas, la BCE récompense de fait les banques qui, par leurs imprudences antérieures, ont plongé l'Europe dans la crise. Une politique qui risque de freiner l'indispensable restructuration du secteur.

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De plus, cette action reste puissamment contrebalancée par l'austérité budgétaire massive engagée par tous les Etats européens en même temps. Cette austérité a déjà fait replonger l'Europe dans la récession fin 2011. Elle a également fait bondir le chômage, qui excède désormais les sommets atteints dans la foulée de la chute de Lehman Brothers. Il bat même les records établis dans les années 1990. Et pour ne rien arranger, ces politiques d'austérité freinent aussi le redressement budgétaire, en limitant les recettes publiques. Un problème particulièrement sensible au Portugal, menacé de ce fait de devenir une seconde Grèce.

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Par ailleurs, ces politiques accroissent fortement les tensions sociales et politiques. A cet égard, le plan d'aide à la Grèce paraît particulièrement fragile tant l'hostilité aux mesures qu'il contient semble profonde et les hypothèses économiques sur lesquelles il est basé irréalistes. L'affaire est donc loin d'être close.

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Enfin, du côté des réformes de l'architecture de la zone euro, la mise en place d'un Mécanisme européen de stabilité (MES) permanent est bien sûr une bonne chose. Les interrogations demeurent cependant sur l'insuffisance de sa puissance de feu. En outre, sa gouvernance, purement intergouvernementale, pose et posera à l'avenir de sérieux problèmes en termes de démocratie et de transparence. Quant au nouveau traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), imposé en catastrophe par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, il ne permet aucune avancée sur des sujets aussi essentiels que l'harmonisation fiscale ou la politique industrielle. Le carcan supplémentaire qu'il impose aux politiques budgétaires nationales risque par surcroît de paralyser la politique économique en Europe. Ce traité ne permettra donc pas le saut qualitatif tant attendu dans la gouvernance de la zone euro, qui lui fasse retrouver durablement le chemin du développement économique et social. Une nouvelle occasion manquée.

Plan de l'article

  1. Le poids de l'austérité

© Altern. économiques, 2012

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Pourquoi l'Europe n'est pas tirée d'affaire (introduction au dossier) », Alternatives économiques, 3/2012 (N° 311), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2012-3-page-6.htm


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