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Alternatives économiques

2012/6 (N° 314)


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Les élections se succèdent, la crise demeure. Les Espagnols qui ont élu Mariano Rajoy il y a quelques mois à peine en font l'amère expérience : le chômage y atteint des niveaux insupportables, le PIB espagnol devrait se contracter de près de 2 % en 2012 et les taux auxquels l'Etat place ses obligations à dix ans sur les marchés ont à nouveau franchi la barre des 6 %. Une équation qui rend très théoriques les objectifs de réduction du déficit public. Même jeu - en pire - à Athènes, où les récentes élections n'ont pas permis de mettre en place un nouveau gouvernement. Tandis que la situation économique continue de se dégrader et que les prémices d'une panique bancaire se multiplient, les Grecs vont donc revoter sans trop savoir s'ils ont encore leur destin entre leurs mains.

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La récession, qui frappe désormais y compris le nord de l'Europe, répand partout le scepticisme : le politique a-t-il encore la moindre chance d'arrêter le train de la défiance et de la récession ? On aurait pourtant tort de succomber au désenchantement. Car une bonne partie de la difficulté réside précisément dans les choix politiques des Européens, à commencer par celui de l'austérité. Or, le vent tourne depuis quelques semaines. A Paris, l'élection de François Hollande pourrait modifier sensiblement l'équilibre du couple franco-allemand : le nouveau président est en effet décidé à revoir ou au moins à compléter le traité de stabilité voulu par Angela Merkel et à réorienter la politique économique de la zone euro. A Berlin, la chancelière, qui vient d'essuyer un nouveau revers électoral en Rhénanie du Nord-Westphalie et qui risque de ne pas trouver une majorité suffisante au Bundestag pour ratifier ce traité, commence à lâcher du lest. Bref, la politique n'a sans doute pas dit son dernier mot.

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Reste que la somme des changements politiques nationaux ne fait pas une politique européenne. Et c'est bien là tout le problème. Il ne sera pas résolu seulement en convenant d'un pacte pour relancer l'activité en Europe, pourtant éminemment souhaitable pour sortir de l'ornière de l'austérité. Il faut tirer de ces années de crise des enseignements plus profonds. Le principal d'entre eux est que l'Europe forme aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, une communauté de destin. Le fait d'en prendre conscience dans l'épreuve plutôt que dans un élan de construction positive ne change rien à l'affaire.

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Jamais les Européens n'ont été aussi près de l'échec, et jamais ils n'ont eu aussi vivement le sentiment de partager la même histoire. Mais pour que cette situation ne débouche pas précisément sur l'échec, il leur faut désormais coopérer davantage en se dotant de moyens d'action communs de plus grande envergure, en mutualisant une partie de leurs charges et de leurs investissements. L'intrication des intérêts des uns et des autres fait que la poursuite par chacun de ses intérêts particuliers nous conduit dans le mur, alors que la recherche de l'intérêt général européen est la seule voie qui permettra à tous de s'en sortir par le haut. Tel est le projet que les nouveaux leaders du continent devraient avoir l'ambition de servir.


© Altern. économiques, 2012

Pour citer cet article

Pech Thierry, « Coopérer », Alternatives économiques, 6/2012 (N° 314), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2012-6-page-5.htm


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