Accueil Magazines Magazine Numéro Article

Alternatives économiques

2012/6 (N° 314)


ALERTES EMAIL - MAGAZINE Alternatives économiques

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de ce magazine.

Fermer

Article précédent Pages 6 - 6 Article suivant
1

Retour en force de la crise grecque, lézardes inquiétantes dans le système bancaire espagnol, montée ininterrompue du chômage, succès croissant des partis extrémistes... Deux ans et demi après le début de la crise de la zone euro, force est de constater que la stratégie de sortie de crise impulsée par la chancelière allemande, Angela Merkel, et soutenue par l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, a totalement échoué.

2

Ce n'est pas faute pourtant d'avoir multiplié les sommets et pris des décisions inédites : création du Fonds européen de stabilisation financière (FESF) puis du Mécanisme européen de stabilité (MES), nouveau Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance... Sans oublier les initiatives peu orthodoxes prises parallèlement par la Banque centrale européenne (BCE), dont en particulier les 1 000 milliards d'euros prêtés aux banques pour trois ans à 1 % seulement. Pourtant rien n'y fait.

3

La raison en est simple. Les dirigeants européens demandent aux citoyens ordinaires de se serrer la ceinture pour rétablir partout et à marche forcée l'équilibre des finances publiques. Avec pour conséquence de déprimer l'activité économique. Parallèlement, pour limiter les effets de cette austérité excessive, ils subventionnent massivement les banques, responsables de la crise, en les inondant de liquidités à bas coût. Mais cela sans effet notable sur l'activité, faute de perspectives suffisamment rassurantes pour amener les ménages et les entreprises à consommer et à investir davantage. Cette politique se révèle donc à la fois très injuste socialement et totalement inefficace économiquement. Y compris du point de vue de la réduction effective des déficits et des dettes publiques.

Divergences

4

Avant même la victoire de François Hollande en France, de plus en plus d'acteurs se rendaient compte que l'Europe allait dans le mur. Mais les avis divergent sur les moyens à utiliser pour relancer l'activité. Pour de nombreux dirigeants européens, il faudrait surtout libéraliser encore plus les marchés, et en particulier celui du travail. Une voie qui a toutes les chances de se révéler contreproductive en insécurisant davantage encore les Européens. D'autres - dont François Hollande - mettent l'accent sur les investissements qu'il faudrait lancer à l'échelle européenne dans les énergies renouvelables ou les nouvelles technologies. Notamment en émettant les fameux project bonds, dont il est question depuis longtemps. Une voie plus prometteuse, mais les volumes financiers concernés pour l'instant ne permettent guère d'espérer un impact macroéconomique suffisamment fort.

5

En fait, ce sont surtout les politiques budgétaires des Etats eux-mêmes qu'il faudrait revoir de façon plus réaliste, ainsi que la gouvernance collective de ces politiques à l'échelle européenne. Mais sur ce plan, on reste, hélas, encore assez loin du compte.

Plan de l'article

  1. Divergences

© Altern. économiques, 2012

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Europe : le changement c'est urgent ! », Alternatives économiques, 6/2012 (N° 314), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2012-6-page-6.htm


Article précédent Pages 6 - 6 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback