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Alternatives économiques

2012/7 (N° 315)


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Comme l'an passé, l'été sera chaud sur le front européen. Tandis que la Grèce poursuit sa descente aux enfers, les banques espagnoles boivent la tasse et Rome se voit à nouveau imposé des taux d'intérêt exorbitants sur sa dette. Un film qui sent le déjà-vu... Pourtant, les lignes bougent, du fait notamment des mutations de la relation franco-allemande. Certains voient là une dangereuse crise de leadership. Mais ces tensions sont aussi le prix à payer pour une discussion de fond sur l'avenir de la zone euro.

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De cette séquence, que peut-on retenir ? D'abord, que François Hollande a marqué un point : le soutien à l'activité par l'investissement est à nouveau à l'ordre du jour, même si l'effort financier consenti en la matière restera très modeste. Ensuite et surtout, Français et Allemands semblent enfin prêts à se poser les vraies questions. Alors que la crise atteint le coeur de la zone, il est de plus en plus évident que les rafistolages mis en place depuis deux ans ne suffiront pas à éteindre l'incendie. Pour rompre le lien de contagion entre banques et Etats, comme pour assurer les marchés que l'euro est adossé à un ensemble durable, il faut aller plus loin et remettre en marche le moteur de la construction européenne.

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Celui-ci est en panne depuis plus de dix ans. Le couple Chirac-Schröder avait considéré qu'après avoir réalisé la monnaie unique et l'élargissement à l'est, il avait gagné le droit de se reposer, quitte à laisser grandir en sourdine les contradictions d'une zone euro inachevée. Et le couple Merkel-Sarkozy se serait bien contenté de gérer ce statu quo. Mais la crise a révélé avec fracas les défauts de conception de l'édifice européen. Du coup, s'ils ne veulent pas voir s'effondrer la monnaie unique, les Européens doivent réaliser de nouveaux efforts de solidarité et d'intégration (bancaire, budgétaire, fiscale...).

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Dans quel ordre et jusqu'où ? L'intégration et la discipline d'abord, répond l'Allemagne. Pour la solidarité, on verra plus tard : en clair, on ne prête pas sa carte de crédit à ses voisins si on n'a pas d'abord l'assurance de contrôler leurs dépenses. Côté français, si l'on souhaite au contraire poser tout de suite les jalons d'une mutualisation future des dettes, on est désormais prêt à avancer dans les deux directions, mais prudemment et pas à pas : en clair, pas d'abandon de nouveaux pans de souveraineté si on n'est pas sûr d'y retrouver ses billes sur le terrain de la solidarité.

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La partie est donc loin d'être terminée. Il n'empêche, Angela Merkel doit mettre de l'eau dans son vin et François Hollande, fort de sa modeste victoire sur le pacte de croissance, est prêt à faire quelques concessions. L'heure d'un " saut fédéral " aurait-elle donc sonné ? On peut en douter. Si saut il y a, il se fera au ralenti et largement à contrecoeur. Car, même sensibles à la peur de l'éclatement, les opinions publiques demeurent sceptiques. Mais il faut avancer tout de même, quitte à le faire à bas bruit.


© Altern. économiques, 2012

Pour citer cet article

Pech Thierry, « Moteur ! », Alternatives économiques, 7/2012 (N° 315), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2012-7-page-5.htm


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