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Alternatives économiques

2013/1 (N° 320)


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Et si l'an nouveau que l'on annonce comme un cru particulièrement amer nous réservait quelques bonnes surprises ? A l'heure des voeux et des bonnes résolutions, il n'est pas interdit d'espérer... Après tout, il suffit de regarder derrière nous, de songer dans quelles ornières se trouvait l'Europe il y a encore un an pour se dire que l'histoire est peut-être repartie dans le bon sens.

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Les signes en sont encore timides, mais sérieux. Qui contestera que les marchés financiers se sont un peu calmés depuis que Mario Draghi, le patron de la Banque centrale européenne (BCE), a annoncé dans la torpeur de l'été finissant sa détermination à agir "de manière illimitée" pour empêcher les taux d'intérêt sur la dette des Etats de franchir les limites du supportable ? Certes, les Etats concernés doivent pour cela se mettre dans la main de Bruxelles et accepter des conditions sévères. Mais enfin, jusqu'ici, la théorie du "bazooka de Paulson" a plutôt bien fonctionné : "Si vous avez un bazooka dans votre poche et que les gens le savent, expliquait plaisamment l'ancien secrétaire d'Etat au Trésor des Etats-Unis, vous n'aurez probablement pas à vous en servir." Il aura juste fallu quatre ans aux Européens pour le comprendre et renoncer au dogme selon lequel la BCE devait s'interdire d'intervenir sur le marché des obligations d'Etat.

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De même, après bien des tourments, l'Europe a décidé de mettre ses banques sous le contrôle d'un superviseur commun et de leur imposer des règles strictes pour éviter d'avoir à les renflouer aux frais du contribuable en cas de crise. C'est l'objectif de l'union bancaire dont les bases ont été jetées en décembre dernier, au terme d'interminables tractations. Certes, tout cela s'est fait à la manière européenne, c'est-à-dire au pas de l'âne et dans la douleur. Et bien sûr le Royaume-Uni et quelques autres ont décidé de faire bande à part. Mais enfin, chacun a pris sur soi pour faire avancer l'intérêt de tous. Bref, après trois années de tempêtes continuelles, la zone euro apercevra peut-être bientôt le bout du tunnel.

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Le problème est que si l'Europe va un peu mieux, les Européens, eux, vont un peu plus mal. Car, dans le même temps, les politiques d'austérité qui déferlent sur les populations du continent étouffent toujours l'activité économique et gonflent les voiles du chômage.

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Pour que l'Europe double véritablement le cap des tempêtes en 2013, il faudrait qu'elle renonce encore à quelques-uns de ses dogmes les plus chers, à commencer par son obsession contre-productive du désendettement accéléré. Qu'elle engage la lutte contre le dumping social et fiscal qui mine sa cohésion. Qu'elle consolide la légitimité démocratique de ses institutions, etc. Un programme que ses dirigeants, harassés par des années de crise et tenaillés par les échéances électorales qui les attendent, ne sont manifestement pas pressés d'entamer. Finalement, si le soulagement les conduit à nouveau à la torpeur, il vaut peut-être mieux rester inquiet.


© Altern. économiques, 2013

Pour citer cet article

Pech Thierry, « Bazooka », Alternatives économiques, 1/2013 (N° 320), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2013-1-page-5.htm


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