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Alternatives économiques

2013/1 (N° 320)


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Il faut un "compromis historique" qui permette de flexibiliser le droit du travail du point de vue des entreprises tout en sécurisant davantage les parcours professionnels des salariés, selon le fameux modèle de la flexisécurité danoise. Tel était le souhait de François Hollande en lançant à l'automne dernier une grande négociation sociale entre patronat et syndicats, censée aboutir avant la fin 2012. Mais au bout du compte les évolutions sur lesquelles les partenaires sociaux devraient réussir à se mettre d'accord risquent d'être relativement mineures.

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Rien d'étonnant à cela : le marché du travail français est déjà beaucoup plus flexible qu'on ne le dit généralement. En outre, le patronat refuse de payer le prix - certes potentiellement élevé en termes de cotisations sociales - de progrès sensibles en matière de sécurisation des parcours professionnels (assurance chômage plus généreuse, meilleure couverture santé pour tous, davantage de formation continue...). Il est tout aussi réticent à accepter les indispensables contreparties en termes de pouvoir des représentants des salariés, qui pourraient justifier de nouvelles avancées significatives en matière de flexibilité interne aux entreprises.

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Pourtant, si le pouvoir politique misait autant sur cette négociation, c'est parce que la dégradation du marché du travail français est rapide et inquiétante. Avec plus de 5 millions d'inscrits à Pôle emploi, tous les records établis en quarante ans de crise sont battus. Et cette dégradation aggrave encore les inégalités face à l'emploi. Le chômage des jeunes, qui avait reculé en 2010 et 2011, est reparti en flèche. Il touche désormais un quart des moins de 25 ans présents sur le marché du travail. A l'autre bout du spectre, la situation des plus de 50 ans est elle aussi de plus en plus préoccupante : avec une hausse des deux tiers du chômage les concernant, ils sont les principales victimes de la crise. Et du fait des réformes des retraites de ces dernières années, beaucoup d'entre eux se retrouvent acculés aux minima sociaux pendant plusieurs années.

La flexibilité ne fait pas de miracles

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Malheureusement, un changement des règles du jeu sur le marché du travail, même substantiel, ne pourrait guère régler ces questions explosives. L'enjeu prioritaire en la matière reste celui des politiques économiques menées en Europe, dont le caractère récessif prolonge et aggrave la crise au lieu de la résoudre. D'autant que la comparaison avec nos voisins ne fait apparaître aucun manque sensible de flexibilité dans l'Hexagone. Les pays manifestement plus "flexibles", comme le Royaume-Uni, le Danemark ou les Etats-Unis, rencontrent encore plus de difficultés que nous. Quant au modèle allemand, qui a en effet créé des emplois malgré la crise, si on voulait le copier, il nous faudrait au contraire limiter le recours aux contrats précaires, tout en renforçant la protection des salariés contre les licenciements individuels et se montrer plus exigeant vis-à-vis des entreprises en matière de licenciement collectif. Chiche ?

Plan de l'article

  1. La flexibilité ne fait pas de miracles

© Altern. économiques, 2013

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Liberté, inégalité, flexibilité », Alternatives économiques, 1/2013 (N° 320), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2013-1-page-6.htm


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