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Alternatives économiques

2013/3 (N° 322)


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C'était promis, juré, intangible, irréversible... Et puis non finalement ! En dépit des engagements cent fois répétés, le déficit public français ne descendra pas sous la barre fatidique des 3 % de produit intérieur brut (PIB) en 2013. En cause, une croissance plus faible que prévu, et donc des recettes plus basses qu'escompté.

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Contrairement à ce que suggère sa mise en scène médiatique, la nouvelle n'est cependant ni une surprise ni un drame : nous l'écrivions déjà dans notre numéro de septembre dernier et nous étions loin d'être les seuls. Les marchés financiers l'ont d'ailleurs accueillie avec une souveraine indifférence. Non par manque de vigilance, mais parce qu'ils savent que le surcroît de sacrifices qu'il faudrait s'infliger pour atteindre un tel objectif serait potentiellement pire que le mal. Même le Fonds monétaire international a fini par se ranger à cette opinion en reconnaissant au passage ses erreurs passées. C'est dire !

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Mais à défaut d'être un événement économique, cette nouvelle constitue un sérieux problème politique. Car elle redonne des arguments aux partisans d'un nouveau tour de vis. De ce côté-ci du Rhin, pour exiger en urgence des coupes supplémentaires dans les dépenses publiques. Et de l'autre côté, pour faire, à quelques mois des prochaines élections législatives, une démonstration d'intransigeance devant l'opinion publique.

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Il y a pourtant de bonnes raisons de s'opposer à un nouvel ajustement budgétaire, outre qu'il serait économiquement et socialement dévastateur dans un pays qui compte désormais plus de trois millions de chômeurs. La première est que, si l'on s'en tient aux règles du traité de stabilité, il n'est pas absolument indispensable : le traité permet en effet de différer l'effort d'ajustement en cas de conjoncture particulièrement défavorable. C'est clairement le cas aujourd'hui.

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La seconde raison est politique : l'Hexagone a déjà fait une bonne partie du chemin en acceptant de signer le traité de stabilité sans le renégocier (contrairement aux promesses de François Hollande), en augmentant substantiellement les impôts et en s'apprêtant à transcrire dans la loi les réformes du marché du travail décidées par les partenaires sociaux le 11 janvier dernier. Quoi qu'on pense de ces décisions - et certaines ont été âprement critiquées ici même -, elles constituent des gages assez significatifs pour que Bruxelles et Berlin acceptent à présent de mettre de l'eau dans leur vin. Il ne s'agit nullement d'enterrer la nécessité de réduire les déficits publics, mais simplement de se donner un peu plus de temps pour le faire et de cueillir ainsi les fruits de la confiance retrouvée. Celle-là même qui, à force de concessions mutuelles, a permis de mettre un terme, au moins provisoire, à la crise de l'euro.

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Je ne voudrais pas achever cet éditorial sans signaler à nos lecteurs la naissance d'Alternativas Economicas et souhaiter bonne chance dans cette aventure à nos amis espagnols dont le pays connaît actuellement des difficultés bien plus graves encore que les nôtres .


© Altern. économiques, 2013

Pour citer cet article

Pech Thierry, « 3 % et alors ? », Alternatives économiques, 3/2013 (N° 322), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2013-3-page-5.htm


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