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Alternatives économiques

2013/4 (N° 323)


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Depuis l'été dernier la spéculation sur les dettes européennes s'est calmée. L'épisode chypriote a certes relancé les inquiétudes le mois dernier, mais l'affaire - compliquée - a finalement pu être circonscrite. Les mécanismes progressivement mis en place depuis trois ans pour limiter la casse sur les marchés financiers sont désormais opérationnels et permettent (à peu près) de parer au plus pressé. On aurait pourtant tort d'en conclure que la crise de la zone euro est en voie de résolution. La bombe à retardement du chômage de masse risque de la faire exploser beaucoup plus sûrement encore que l'action des spéculateurs, si les gouvernants européens continuent de regarder passivement s'allonger la file des demandeurs d'emploi.

Une catastrophe sociale

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Les chiffres globaux au niveau de l'ensemble de la zone restent cependant trop abstraits pour donner une idée suffisamment précise - et suffisamment inquiétante - de l'ampleur des dégâts causés par les politiques menées aujourd'hui en Europe. C'est pourquoi nous avons voulu faire un tour d'horizon des pays en crise. En espérant que le constat d'un chômage des jeunes atteignant désormais 55 % en Espagne, de dépenses d'éducation en baisse de 7 % en Italie, d'un recul de 15 % de l'emploi en Irlande, d'une perte de pouvoir d'achat de 23 % et d'une baisse des dépenses de santé de 28 % en Grèce permette de mieux appréhender l'ampleur véritable de la catastrophe sociale en cours.

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Et qu'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit pas d'un mal social nécessaire en vue d'un bien économique futur. La catastrophe sociale actuelle est aussi dans le même temps une catastrophe économique. La récession empêche en effet les pays en crise de se désendetter, tant du côté de leurs acteurs privés que de celui des Etats, tandis que le chômage de masse, en persistant, devient de plus en plus structurel, compliquant d'autant tout redémarrage futur de l'économie. Paradoxalement, le calme relatif revenu sur les marchés financiers aggrave les choses en supprimant le sentiment d'urgence qui avait prévalu depuis 2010. Alors qu'en réalité, l'urgence de changer de politique et de réformer en profondeur la zone euro n'a jamais été aussi grande qu'aujourd'hui.

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Cette politique désastreuse est indiscutablement menée - on le dit très souvent en France comme dans le reste de l'Europe - sous l'impulsion du gouvernement d'Angela Merkel, qui dispose désormais d'un leadership incontesté en Europe. Mais elle l'est aussi avec le consentement de la Commission européenne et de la plupart des autres dirigeants nationaux européens, à commencer par les autorités françaises. Il est trop facile en effet de rejeter la faute de cette politique aveugle et contre-productive sur les seuls dirigeants allemands. Leurs homologues français, en particulier, du fait du poids du pays et de sa position intermédiaire entre les pays d'Europe du Nord et les pays en crise, pourraient prendre l'initiative d'un tournant européen. Mais pour l'instant, ils ont manifestement d'autres priorités.

Plan de l'article

  1. Une catastrophe sociale

© Altern. économiques, 2013

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Le tour d'Europe de la crise sociale », Alternatives économiques, 4/2013 (N° 323), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2013-4-page-6.htm


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