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Alternatives économiques

2013/5 (N° 324)


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Le débat fait de nouveau rage en France et en Europe autour des politiques d'austérité mises en oeuvre sur l'ensemble du continent depuis maintenant plus de deux ans. Il faut dire que leur bilan n'est pas brillant : l'Europe est retombée en récession et le chômage a explosé (on dénombrait 20 millions de chômeurs dans la zone euro en février dernier). Pour ne rien arranger, l'objectif principal affiché par ces politiques est lui-même largement manqué : la récession empêche en effet les Etats, mais aussi les acteurs privés, ménages et entreprises, de se désendetter. Un échec qui se traduit partout par une montée inquiétante des crises politiques et des replis identitaires.

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La perception de ce fiasco s'insinue même lentement jusqu'à Bruxelles, où la Commission européenne semble prête à ralentir le pas de l'ajustement budgétaire. Mais cette prise de conscience ne va pas jusqu'à remettre en cause ces politiques désastreuses pour se décider à soutenir l'activité. Pas plus qu'elle ne modifie les nouvelles règles du jeu décidées depuis deux ans, qui visent à graver ces politiques d'austérité dans le marbre.

Ressort cassé

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Cet échec concerne au premier chef la France. Jusque-là, l'Hexagone avait échappé au sort funeste de l'Espagne ou de l'Italie et s'était sorti sans trop d'égratignures de la crise, même si le chômage avait notablement augmenté. La France avait en particulier conservé la confiance des investisseurs sur les marchés financiers et bénéficié jusqu'ici de taux d'intérêt exceptionnellement bas, très proches des taux allemands. Un sérieux tour de vis budgétaire avait cependant été opéré en 2012. Il avait été encore renforcé par François Hollande à son arrivée, afin de tenir son engagement de ramener les déficits publics sous la barre des 3 % dès 2013. Cet effort a plongé l'économie française dans la récession et visiblement cassé le ressort de la consommation des ménages. Alors que celle-ci avait bien tenu jusque-là, jouant un rôle essentiel pour éviter que la zone euro ne craque, au moment où la demande s'effondrait dans le sud de l'Europe. Et cette récession se traduit, en France comme ailleurs, par une chute des recettes publiques qui annule pour une bonne part le redressement espéré des comptes publics.

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Pourtant, le gouvernement de François Hollande n'entend pas infléchir sa politique pour l'instant. Il a présenté le mois dernier un programme de stabilité qui prévoit une nouvelle restriction budgétaire à hauteur de 20 milliards d'euros en 2014. Mais cette fois, comme pour les années ultérieures, l'effort budgétaire doit porter essentiellement sur une baisse des dépenses publiques.

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Pour apprécier le réalisme de cette approche, nous avons voulu y regarder de plus près en analysant, secteur par secteur, les dépenses publiques françaises. Dans plusieurs domaines, comme l'école, le logement ou la santé, l'efficacité n'est en effet pas optimale ; la France pourrait et devrait dépenser mieux. En revanche, il n'est pas évident d'identifier des domaines où on pourrait tailler dans les dépenses de façon significative sans effets négatifs sensibles.

Plan de l'article

  1. Ressort cassé

© Altern. économiques, 2013

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Dépenses publiques : moins ou mieux ? (introduction au dossier) », Alternatives économiques, 5/2013 (N° 324), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2013-5-page-6.htm


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