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Alternatives économiques

2013/6 (N° 325)


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La situation des entreprises est actuellement très difficile en France. Elle n'était déjà pas florissante avant la crise, mais elle s'est encore profondément dégradée depuis quatre ans. C'est d'abord, bien sûr, le contrecoup de la profonde dépression que traverse la zone euro du fait de l'austérité budgétaire excessive et généralisée qui étouffe l'activité. La dégradation de la situation des entreprises que la baisse de la demande intérieure entraîne contribue en retour à aggraver la situation économique en poussant ces mêmes entreprises à licencier et à freiner leurs investissements. Un cercle vicieux. Pour autant cette très mauvaise passe a aussi des racines plus structurelles que nous avons voulu analyser.

Le poids des dividendes

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En observant les comptes des entreprises sur longue période, on se rend compte en particulier que le changement le plus notable intervenu au cours des dernières décennies concerne la distribution des dividendes aux actionnaires : alors que dans les années 1970 les entreprises consacraient deux fois plus d'argent à leurs investissements nets qu'à la rémunération des propriétaires de leur capital, cette proportion est inversée aujourd'hui. Ce changement de rapport de force entre la finance et les activités productives contribue à expliquer la langueur prolongée des entreprises françaises. Et notamment le ralentissement de leurs investissements et l'affaiblissement de leur capacité d'innovation. Or, cette situation n'est pas aisée à modifier puisqu'elle est liée bien entendu à la libéralisation des flux financiers en Europe et à l'échelle mondiale, et à l'internationalisation croissante de la finance qu'elle a entraînée.

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Coût du travail, fiscalité, financement, formation, management..., nous avons examiné les différentes politiques menées actuellement pour essayer de redresser la barre du côté des entreprises. Sur le plan du coût du travail, les 20 milliards d'euros du crédit impôt compétitivité emploi vont incontestablement aider à restaurer les marges des entreprises, même si leur financement va avoir un effet récessif supplémentaire qui en limitera l'impact positif. Au-delà, se pose aussi la question toujours délicate de l'arbitrage entre réduction de salaires et suppression d'emplois dans les entreprises en difficulté. Avec la loi récemment adoptée, une flexibilité nouvelle a cependant été introduite sur ce plan.

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Du côté de la fiscalité, les entreprises ont été plutôt épargnées par la hausse des prélèvements intervenue cette année ; il est toutefois indispensable de corriger les profondes inégalités entre entreprises qui se sont creusées au cours des dernières décennies. En matière de financement, les entreprises françaises disposent d'un accès relativement bon marché au crédit, mais le financement en capital est problématique : l'épargne abondante des Français est beaucoup trop investie pour l'instant dans l'immobilier. Enfin, du côté de la formation des salariés, des modes de management, du lien recherche-entreprises et des rapports entre grands groupes et sous-traitants, beaucoup de faiblesses structurelles doivent être corrigées. Mais c'est - hélas ! - une tâche de longue haleine.

Plan de l'article

  1. Le poids des dividendes

© Altern. économiques, 2013

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Au chevet des entreprises françaises (introduction au dossier) », Alternatives économiques, 6/2013 (N° 325), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2013-6-page-6.htm


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