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Alternatives économiques

2013/7 (N° 326)


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Les Français ont le blues. Dans la plupart des études, ils figurent parmi les Européens les plus pessimistes pour eux-mêmes comme pour l'avenir de leur pays. Certes, les raisons ne manquent pas de s'inquiéter : la France est retombée en récession, sa dette publique est très élevée, on dénombre déjà plus de 5 millions d'inscrits à Pôle emploi et la désindustrialisation continue. Mais en même temps, l'Hexagone a été jusqu'ici nettement moins affecté par la crise que beaucoup d'autres pays européens, dont les populations se révèlent pourtant moins pessimistes. Or, cette morosité hexagonale risque d'être autoréalisatrice : quand on est inquiet, on n'innove pas, on n'investit pas et on épargne beaucoup trop. Des comportements qui renforcent les difficultés rencontrées au lieu d'aider à les surmonter.

Un pessimisme excessif

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C'est la raison pour laquelle, sans sous-estimer l'ampleur des problèmes actuels, nous avons voulu lister quelques-unes des raisons de considérer qu'un tel pessimisme est excessif. Tout d'abord les Français considèrent généralement que la mondialisation va inévitablement continuer à remettre en cause leur modèle social. Depuis trente ans, la (très) mauvaise régulation de cette mondialisation y a incontestablement contribué. Mais il existe aussi des raisons d'espérer qu'on puisse en infléchir le cours à l'avenir. La mobilisation citoyenne suite à l'affaire du Rana Plaza au Bangladesh a par exemple obligé les multinationales du textile à accepter enfin des mesures contraignantes qu'elles refusaient jusque-là. De même, les progrès rapides, quoiqu'encore insuffisants, réalisés ces derniers mois dans la lutte contre les paradis fiscaux montrent qu'il n'y a pas de fatalité à ce que le monde reste un poulailler ouvert à tous les renards. Bien sûr, la France et l'Europe ne disposent quasiment plus de matières premières et d'énergies fossiles sur leur territoire, mais si nous sommes capables d'accélérer la transition énergétique et la conversion écologique de nos économies, cela peut devenir un atout plutôt qu'un handicap.

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De même, les Français(es) désespèrent volontiers de l'euro et de l'Europe. Le bilan n'est certes pas brillant et les défauts de construction de la zone euro étaient indéniablement très graves. Mais des progrès, inimaginables il y a quatre ans, ont été faits dans le sens d'une architecture plus rationnelle de la zone. Et il n'est pas interdit de penser qu'on puisse amener le gouvernement allemand à renoncer à l'approche moralisatrice et punitive qui reste le principal obstacle au redressement de la zone. Quant à la France, entre sa démographie équilibrée, ses infrastructures de qualité, ses institutions solides, ses scientifiques bien formés ou encore ses espaces agricoles importants, elle dispose toujours d'atouts non négligeables pour s'insérer positivement dans la division internationale du travail. A condition de surmonter ses antagonismes traditionnels pour dégager un diagnostic partagé et des priorités communes. Elle n'est certes plus, et ne sera plus jamais, une "grande puissance". Mais ce n'est pas un drame : de nombreux "petits pays" s'en sortent très bien.

Plan de l'article

  1. Un pessimisme excessif

© Altern. économiques, 2013

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « France : cinq raisons de ne pas désespérer », Alternatives économiques, 7/2013 (N° 326), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2013-7-page-6.htm


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