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Alternatives économiques

2014/1 (N° 331)


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L'année qui s'ouvre sera notamment marquée par les premières consultations électorales depuis l'élection de François Hollande en mai 2012 : les municipales en mars prochain et les européennes en mai. Et le moins que l'on puisse dire est que cela nous promet un semestre politique sportif.

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Tout d'abord parce que les élections municipales seront pour beaucoup l'occasion d'exprimer un jugement sur la politique conduite par le gouvernement depuis deux ans. Ce n'est bien sûr pas l'objet de ce scrutin, mais nombre d'électeurs succomberont pourtant à cette tentation. Et il est probable que leur jugement sera alors sévère. C'est du moins ce que suggère le niveau de popularité de nos dirigeants. Ce qui risque d'affaiblir la gauche de gouvernement sans pour autant profiter à une droite traditionnelle de plus en plus incapable de résister à la pression de l'extrême droite.

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La seconde échéance - les élections européennes - présente des caractéristiques assez différentes. D'abord, elle n'est pas franco-française : ce sont tous les citoyens de l'Union européenne qui seront appelés aux urnes en mai prochain. Ensuite, ses enjeux sont perçus - à tort - comme secondaires par une très grande partie des électeurs de l'Union, ce qui laisse libre cours à toutes sortes de comportements. Enfin et surtout, c'est la première consultation sur l'avenir de l'Europe depuis le début de la crise de la zone euro. Les eurodéputés sortants ont été élus en 2009, au plus fort de la crise économique et financière, mais juste avant le déclenchement de la tempête qui a failli emporter la monnaie commune. Depuis cette date, l'Europe a parcouru un long chemin : elle a davantage évolué au cours des quatre dernières années que durant les dix qui les avaient précédées. Bien sûr, ce fut toujours dans la douleur, au dernier moment et sous la pression d'événements potentiellement dramatiques. Bien sûr, le travail n'est pas fini, comme en témoignent les débats récents sur l'union bancaire . Mais enfin, personne ne peut nier que l'Europe a déjà réalisé un gros travail sur elle-même.

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Sauf que les Européens ne l'entendent pas vraiment de cette oreille. Pour ceux qui vivent dans les pays qui ont le plus durement vécu la crise - ceux de la périphérie sud et l'Irlande -, l'Europe a d'abord le visage des ambassadeurs de la troïka qui leur ont imposé les lourds et nombreux sacrifices de ces dernières années. Pas sûr qu'il se trouve encore une majorité de citoyens grecs, portugais ou espagnols pour voir dans le projet européen un avenir désirable.

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Quant aux citoyens des pays du nord, ils ont beau avoir traversé la crise dans de meilleures conditions, ils pourraient avoir tendance à regarder l'Europe comme un risque inutile pour leurs finances publiques, et donc pour leur propre bien-être.

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Au total, les eurosceptiques pourraient donc faire une entrée en masse au Parlement et, par la même occasion, compliquer encore davantage l'indispensable refonte de l'Union vers une Europe plus solidaire, plus démocratique et plus écologique.


© Altern. économiques, 2014

Pour citer cet article

Pech Thierry, « Tangage », Alternatives économiques, 1/2014 (N° 331), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2014-1-page-5.htm


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