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Alternatives économiques

2014/10 (N° 339)


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Rythmes scolaires

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Comment une réforme qui semblait faire l'unanimité avant son lancement a-t-elle pu susciter tant de problèmes ? En fait, le gouvernement n'a pas su apporter de réponses satisfaisantes à ses conséquences sur les horaires de travail des enseignants, sur le ramassage scolaire, sur l'organisation des activités proposées lors du temps périscolaire et, bien entendu, sur leur financement. Résultat : un dossier finalement secondaire, au vu de l'ensemble des mesures à prendre pour réduire l'échec scolaire, a focalisé le débat. Plus grave, les solutions adoptées, au nom de la flexibilité laissée aux communes, dénaturent souvent l'esprit de la réforme et font parfois peser de nouvelles contraintes sur les parents, c'est-à-dire généralement les mères.

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Alors que le gouvernement peine depuis deux ans à inverser la courbe du chômage, n'aurait-il pas été plus simple de lancer un nouveau programme emplois-jeunes financé par l'Etat et dédié à l'accompagnement de la réforme en parallèle avec les emplois d'avenir ? Le gouvernement aurait pu faire d'une pierre deux coups : faire passer en douceur la modification des rythmes scolaires tout en créant des emplois à forte utilité sociale. Mais la pression en faveur d'une baisse des dépenses publiques est telle que nul ne semble y avoir pensé en haut lieu.

Bien-être soutenable

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France Stratégie, l'organisme qui a succédé au Centre d'analyse stratégique, lui-même héritier du défunt Commissariat général du Plan, vient de relancer le débat sur la mesure de la qualité de l'activité économique. Il était temps. On commençait en effet à se demander si les travaux de la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi sur la mesure de la performance économique n'avaient pas été mis au placard. France Stratégie suggère de suivre sept indicateurs, afin de mesurer si la croissance est ou non soutenable : l'évolution des stocks d'actifs, incorporels et physiques, du secteur productif ; la proportion de titulaires d'un diplôme supérieur au brevet des collèges parmi les 25 à 64 ans ; la proportion artificialisée du territoire national ; l'empreinte carbone française annuelle, importations incluses ; le rapport entre les revenus détenus par le cinquième le plus riche de la population et ceux détenus par le cinquième le plus pauvre ; la dette publique nette rapportée au produit intérieur brut (PIB) ; la dette extérieure nette rapportée au PIB.

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On pourra évidemment discuter de la qualité de ces indicateurs et notamment du premier d'entre eux. La note qui accompagne cette annonce n'élude d'ailleurs pas ces difficultés. En revanche, on ne peut que se féliciter de voir pris en compte l'évolution des inégalités ainsi que les conséquences sur l'environnement de l'activité économique. Reste à savoir ce qui en sera fait. Car il ne suffit pas de nourrir le débat social, il faudra aussi que les pouvoirs publics s'en saisissent et agissent en conséquence pour mettre l'économie sur une trajectoire enfin soutenable tout en améliorant le bien-être de chacun et de tous.

Tabou

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La réduction du temps de travail est, elle aussi, devenue tabou. Les 35 heures seraient d'ailleurs responsables de tous nos maux, à en croire les commentateurs de tout poil, au mépris de toute analyse sérieuse du sujet. Non seulement la durée hebdomadaire de travail effective, en France, se situe dans la moyenne européenne, mais le dispositif actuel, suite aux multiples réformes dont il a été l'objet, est finalement peu contraignant pour les entreprises. Et notamment pour toutes celles qui ont négocié des accords d'annualisation du temps de travail. Alors que le chômage est au plus haut, il ferait pourtant sens que ceux qui ont un emploi travaillent moins afin de faire un peu de place à ceux qui n'en ont pas.

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Rien de malthusien là-dedans, car le vrai malthusianisme consiste plutôt à maintenir des millions de personnes éloignées de l'emploi, à commencer par de nombreux jeunes. S'il apparaît difficile de renouer avec des mesures générales, type semaine de quatre jours, il ne manque pas de moyens d'agir en faveur d'un partage du travail réversible : en encourageant le temps partiel non contraint, en instituant des droits à la formation tout au long de la vie sous forme de périodes sabbatiques, en aidant les entreprises prêtes à créer des emplois en contrepartie d'une réduction négociée du temps de travail, à la manière de la loi Robien de 1996, en prenant garde toutefois à ne pas créer autant d'effets d'aubaine qu'à l'époque.

Plan de l'article

  1. Rythmes scolaires
  2. Bien-être soutenable
  3. Tabou

© Altern. économiques, 2014

Pour citer cet article

Frémeaux Philippe, « Le bloc-notes d'octobre 2014 », Alternatives économiques, 10/2014 (N° 339), p. 98-98.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2014-10-page-98.htm


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