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Alternatives économiques

2014/2 (N° 332)


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Hollande

1

François Hollande n'a cessé de répéter ces derniers mois que le plus dur était derrière nous. Que la crise de l'euro avait été surmontée. Que des initiatives avaient été prises au niveau européen pour relancer la croissance. Un optimisme de commande destiné à rétablir la confiance. Sauf qu'à trop forcer le trait, le Président va finir par endosser le rôle du Lo Ravi de la crèche. La borne a été franchie avec le compromis calamiteux négocié le mois dernier sur le budget européen, présenté par le chef de l'Etat comme un succès. On peut difficilement aller plus loin dans le déni de réalité : non seulement le niveau du budget baisse, mais le spectacle donné par les dirigeants européens a été affligeant. David Cameron s'est battu pour son rabais, Angela Merkel pour ses Länder de l'Est, François Hollande pour nos agriculteurs... et l'intérêt général européen est passé à la trappe.

2

Certes, il faut donner confiance et défendre le crédit de la France. Mais si la récession gagne ? Si la situation sociale se dégrade en Espagne ou en Italie ? Le moment va venir où il faudra oser dire que ça ne va pas. Que les dévaluations internes imposées aux pays en difficulté nous conduisent tous dans le mur. Et exiger du gouvernement allemand qu'il assume ses responsabilités et joue enfin le rôle de demandeur en dernier ressort de la zone euro. Reste qu'on n'obtiendra sans doute rien avant les élections allemandes. Rendez-vous à l'automne donc.

Rigueur

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On savait déjà lors de la présentation du budget que l'objectif des 3 % de déficit public ne serait pas tenu. Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que la vérité des chiffres s'impose. Va-t-on pour autant devoir à nouveau couper dans les dépenses ? Pas nécessairement. Olli Rehn, le commissaire européen en charge du dossier a déjà laissé entendre que la France serait d'abord jugée sur les mesures prises afin de rétablir l'équilibre durable des comptes publics, sans qu'il y ait nécessairement besoin d'appuyer encore sur le frein en 2013, pour ne pas aggraver la situation de l'économie hexagonale. Le gouvernement devrait donc rouvrir le dossier des retraites, redéployer les aides aux entreprises, réduire les transferts aux collectivités territoriales et rendre la politique familiale plus redistributive.

4

Sur ce dernier dossier, différentes pistes sont envisagées : soumettre les allocations familiales à l'impôt sur le revenu, une manière de reprendre aux plus aisés une partie de ce qu'ils ont reçu et de diminuer encore le plafond du quotient familial. On pourrait même, en jouant sur ce dernier levier, trouver de quoi financer une allocation d'autonomie pour les jeunes étudiants. Chiche !

Nucléaire

5

Les économistes du très officiel Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (ISRN) viennent de se livrer à un exercice qui fait honneur à cet organisme : évaluer le coût économique d'un accident nucléaire de niveau 7 (de type Fukushima ou Tchernobyl) si par malheur, il devait se produire en France. Résultat : 430 milliards d'euros, soit un peu plus de 20 % du produit intérieur brut. On comprend pourquoi, dans ces conditions, ce sont les Etats qui assurent le rôle d'assureur en dernier ressort des centrales nucléaires, aucun assureur privé n'étant assez fou pour couvrir pareils sinistres. La probabilité d'un tel événement est quasi nulle, nous expliquent cependant les défenseurs du nucléaire, compte tenu de la grande sûreté des centrales françaises - à la différence de Tchernobyl - et de leur moindre exposition aux risques naturels - contrairement à Fukushima. Un discours tenu depuis toujours par les nucléocrates au point qu'on se demande bien pourquoi il a été tout de même jugé souhaitable d'engager pour plus de 10 milliards d'euros de travaux afin d'améliorer la sûreté, pourtant irréprochable, des centrales hexagonales après Fukushima... Nul doute qu'on découvrira encore quelques failles lors du prochain accident. En espérant qu'il ne se produise pas en France.

6

L'étude de l'ISRN vient encore un peu plus semer le doute sur le coût réel de l'énergie nucléaire. On savait déjà que le coût de la gestion des déchets et du démantèlement des centrales était insuffisamment pris en compte, de même que celui des investissements nécessaires pour assurer la maintenance des installations et améliorer leur sûreté. Ces 420 milliards ne peuvent que renforcer dans leurs convictions tous ceux qui voient dans l'énergie nucléaire une solution à la fois dangereuse et coûteuse.

Plan de l'article

  1. Hollande
  2. Rigueur
  3. Nucléaire

© Altern. économiques, 2014

Pour citer cet article

Frémeaux Philippe, « le bloc-notes de février 2014 », Alternatives économiques, 2/2014 (N° 332), p. 98-98.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2014-2-page-98.htm


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