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Alternatives économiques

2014/4 (N° 334)


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Legrand, Bonduelle, Seb, Criteo, Sofiproteol..., nous avons choisi de vous présenter douze entreprises industrielles françaises qui s'en sortent sur le marché mondial malgré un coût du travail indéniablement élevé, mais la liste aurait pu être beaucoup plus longue. Les exemples ne manquent en effet pas, tant dans les hautes technologies que dans les secteurs plus traditionnels, pour montrer que l'Hexagone n'est pas inévitablement voué à devenir un immense parc de loisirs pour touristes chinois, indiens ou brésiliens, enrichis par les succès de leurs propres industries !

De nombreux atouts

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Les histoires qui expliquent ces succès sont très variées, mais elles montrent toutes que le pays dispose en réalité d'atouts significatifs, qu'il s'agisse de la force de son agriculture, de la qualité de ses infrastructures ou encore de l'excellence de ses ingénieurs pour peu qu'ils ne dédaignent pas trop souvent l'industrie au profit des salles de marché. Il est indispensable en tout cas de s'accrocher à cet avenir industriel, car sans une industrie performante, et les exportations correspondantes, nous ne pourrons pas continuer longtemps à nous offrir les produits manufacturés que nous considérons comme indispensables à notre mode de vie, ainsi que l'énergie fossile dont nous continuons à dépendre.

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Ceci étant, même si de nombreux exemples montrent qu'il n' y a pas là de fatalité, il est indéniable que, dans son ensemble, l'industrie française se porte mal pour l'instant. Et que sa situation, déjà difficile avant la crise, s'est fortement dégradée depuis : l'emploi a fondu, les marges sont à la cave, les équipements ne sont plus suffisamment renouvelés... Dans beaucoup de régions et de secteurs d'activité, le risque est grand qu'un seuil soit franchi qui rende la désindustrialisation difficilement réversible. Il y a incontestablement urgence.

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Même si ce n'est pas le cas des exemples que nous avons choisis, l'industrie française souffre d'abord de déficits importants du côté de ce qu'on appelle la compétitivité hors-coût : la capacité à mettre sur le marché des produits innovants et de qualité, qui justifient des prix plus élevés que les concurrents et, par voie de conséquence, un coût du travail lui aussi plus important qu'ailleurs. Le diagnostic est posé depuis longtemps et des actions ont été lancées : pôles de compétitivité, crédit impôt recherche, Banque publique d'investissement... Mais ce type d'actions ne peut avoir d'effets qu'à long terme, et encore, à condition qu'elles soient menées avec suffisamment de constance, ce qui n'est pas toujours le cas en France.

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Mais si on veut enrayer le déclin industriel à court terme, il faut agir sur le volet de la compétitivité-coût. C'est la logique des 20 milliards du crédit d'impôt compétitivité emploi de 2012, gonflés à 30 milliards cette année avec le pacte de responsabilité. Dans les deux cas, le ciblage sur l'industrie s'avère cependant insuffisant et la volonté de privilégier la création rapide d'emplois à bas salaire en limite fortement l'impact positif. Tandis que l'effet dépressif de ces mesures sur la demande intérieure risque d'empêcher le redémarrage de l'investissement et des embauches.

Plan de l'article

  1. De nombreux atouts

© Altern. économiques, 2014

Pour citer cet article

Duval Guillaume, Chevallier Marc, « Industrie : cette France qui gagne », Alternatives économiques, 4/2014 (N° 334), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2014-4-page-6.htm


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