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Alternatives économiques

2014/5 (N° 335)


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Vous ne le savez peut-être pas, car c'est encore loin d'être manifeste en France, mais un vent d'optimisme souffle parmi les conjoncturistes. La reprise mondiale serait à portée de main. Début avril, le Fonds monétaire international (FMI) a relevé ses prévisions de croissance pour la plupart des pays. Aux Etats-Unis, elle atteindrait 2,8 % en 2014 et 3 % en 2015. En France, même si elle ne devrait être que de 1 % en 2014, elle grimperait à 1,5 % en 2015, c'est-à-dire dans la moyenne de la zone euro. En Allemagne, le ministère de l'Economie a lui aussi revu ses prévisions à la hausse, assurant que la croissance (1,8 % cette année et 2 % en 2015) serait tirée cette fois par la consommation des ménages et l'investissement dans le BTP et non par les seules exportations. Dans la foulée, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) livrait également des chiffres en hausse, avec des échanges au niveau mondial qui progresseraient deux fois plus vite en 2014 qu'en 2013. Bien entendu, cette progression est davantage due aux pays émergents qu'aux pays développés.

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Tous ces chiffres pour dire qu'après sept ans de crise, la reprise atteint désormais presque tous les pays. Sans doute faut-il ressortir de nos manuels la théorie des cycles économiques de Clément Juglar, qui expliquait ces cycles décennaux par les anticipations négatives puis positives des agents économiques. De fait, les enquêtes auprès des milieux d'affaires allemands, par exemple, montrent une nette amélioration de leur moral. Encore faut-il que les gouvernements européens ne cassent pas cette reprise par des politiques de rigueur trop déflationnistes. L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) redoute d'ailleurs que les mesures de consolidation budgétaire prises par Manuel Valls (les fameux 50 milliards d'euros de baisse des dépenses d'ici à 2017) n'handicapent la croissance qui vient. Mais on peut aussi soutenir que les principales mesures prendront effet l'an prochain, alors que dès cette année l'allègement du coût du travail (chiffré à 8,8 milliards d'euros par l'OFCE) devrait, lui, jouer un rôle positif sur l'activité.

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Doit-on se réjouir de telles perspectives ? Pas encore, car il faudra attendre 2016 pour que la reprise soit assez forte pour créer vraiment des emplois. Or le chômage est, à juste titre, l'indicateur qui compte pour les Français. De plus, on peut craindre que la construction européenne et la zone euro, qui ont quelque peu progressé sous la pression depuis 2008 (voir pages 6-14), ne succombent encore une fois aux charmes de l'immobilisme.

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Enfin, cette reprise ne saurait masquer les problèmes structurels de l'Hexagone et notamment le manque de compétitivité de son industrie. Sur cette question, l'Etat a aussi sa part de responsabilité. Malheureusement, hormis les projets touchant l'organisation des collectivités, Manuel Valls a jusqu'à présent annoncé plus de coups de rabot que de vraies réformes.


© Altern. économiques, 2014

Pour citer cet article

Thureau-Dangin Philippe, « Reprise, es-tu là ? », Alternatives économiques, 5/2014 (N° 335), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2014-5-page-5.htm


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